Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
10 juillet 2009 5 10 /07 /juillet /2009 20:04



Jardin public
Calme et quiétude d'un jardin où des enfants batifolent
Terrasse d'un café où mon ami croit voir Georges Chelon
Camionnette de la police
Passants qui jogginguent
Arbres centenaires
Amoureux qui se quitteront bientôt et ne le savent pas encore
Camionnette de la police
Pelouse tondue de frais
Escaliers où on s'assoit
Pigeons extravagants
Rosa Bonheur qui n'a pas été toujours heureuse assise sur son socle
Ballon qui roule échappé d'une main, mais laquelle ?
Mains qui se tiennent
Ciel languissant
Camionnette de la police qui refait un tour
Bouches qui articulent des mots que je ne saisis pas
Jeunes torse nu
Petite fille qui escalade les escaliers comme un petit cabri imprudent
Peur et vigilance de mon ami
Camionnette de la police arrêtée près du groupe des jeunes indolents un jour de soleil tardif
Fouille des jeunes indolents un jour de soleil tardif qui se laissent faire
Rosa Bonheur ne la ramène pas !
Amoureux qui, eux, s'aimeront toujours
Magnolia qui rappelle un livre
Couple de vieux dont la vieille tangue sur sa canne
Mains accordées
Oeil de biche et noisettes
Ecureuils en amour
Camionnette de la police qui s'éloigne des jeunes indolents, le soleil tangue comme la vieille
Ecureuils ici, au jardin public ? Et pas d'étonnement pour autant
Fleur de magnolia que je sens pour la première fois
Feuilles qu'on croirait frottées à la cire d'abeille
Parchemin où écrire quoi ?
Ecureuils qui se sauveront s'ils le veulent
Supposé Georges Chelon se lève de sa chaise pour aller sans doute aux toilettes
Rosa Bonheur ne voit ni Georges Chelon ni les écureuils qui, eux, la voit
Chewing-gum à la fraise
Georges Chelon est soulagé, il sourit
Porte du jardin

Les écureuils sont dans la ville,
soit par là, soit par ici.
En apesanteur.
En déséquilibre.
Mais là.



Merci à Clarinesse à qui j'ai emprunté le titre de cet article, inversant les mots.
 






commentaires

Didier Goux 12/07/2009 15:37

Chelon sans s, pardon ! (Ce doit être à cause de ma naissance, à Chelons-sur-Marne...)

Didier Goux 12/07/2009 15:36

Mince de zut, alors : je n'aurais jamais cru que quelqu'un d'autre que moi puisse se souvenir de l'existence de Georges Chelons ! Il est octogénaire, votre ami ?

Clarinesse 11/07/2009 17:36

Oups ! Blush !
Merci pour le titre. Ca balance beaucoup mieux dans ce sens là, fort juste.
Et cette vision panoramique, qui s'attarde sur les mains, sur le refrain des paisibles jeunes indolents.
Une bienfaisante rêverie...

Chr.Borhen 11/07/2009 02:19

Je suis heureux de vous lire ici (aussi).
À vous relire donc.

Brigitte Giraud 11/07/2009 11:16


Plaisir de lire votre commentaire. Merci à vous.
A bientôt donc.


dominique boudou 10/07/2009 22:18

Un ami qui pense voir Georges Chelon ? Hum ! Une façon aussi efficace que le carbone 14 pour dater icelui. Je parle de l'ami, pas de Chelon car le bougre peut prétendre à une éternité...relative... Tiens ! Mais ça serait pas Moustaki qui passe sous mes fenêtres...

Horatio 10/07/2009 21:14

Magnifiques textes. Voici celui d'Aragon que Reggiani fait vibrer :

La Soif Et La Source
Louis ARAGON / Gérard-André Gaillard

L'amour de toi qui te ressemble

C'est l'enfer et le ciel mêlés

Le feu léger comme les cendres

Eteint aussitôt que volé


L'amour de toi biche à la course

C'est l'eau qui fuit entre les doigts

La soif à la fois et la source

La source et la soif à la fois


L'amour de toi qui me divise

Comme un sable à dire le temps
C'est pourtant l'unité divine

Qui fit un seul jour de trente ans


L'amour de toi c'est la fontaine

Et la bague qui brille au fond

Et c'est dans la forêt châtaine

L'écureuil roux qui tourne en rond


Déchiré d'être pour un geste

Un mot d'ailleurs indifférent

Un air distrait La main qui jette

Un journal ou qui le reprend


Tout est toujours mis à l'épreuve

Rien ne sert ni la passion

Et toujours une angoisse neuve

Nous pose une autre question


L'amour de toi veut que j'attende

Comme un drap propre sur le lit

Qui sent le frais et la lavande
Où ton chiffre brodé se lit


Que suis-je de plus que ton chiffre

Un signe entre autres de ta vie

Le verre bu qui demeure ivre

A son bord des lèvres qu'il vit

Présentation

  • : Le blog de Brigitte Giraud
  • Le blog de Brigitte Giraud
  • : Donner mon regard sur le monde, ce qui me réjouit en cela que c'est la seule chose possible de faire.
  • Contact

Recherche