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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 19:02

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"Je joue donc à moi seul bien des personnages/ Dont nul n'est satisfait" (William Shakespeare, Richard II).

"A moi seul bien des personnages" de John Irving est un roman politique qui arrive à point nommé  en France en plein débat sur la question du mariage pour tous. Peut-être que son humanisme éclairera les passions et les désirs des hommes écorchés par les archaïsmes et l'intolérance sociale ? 

 

Billy est un être complexe qui ne peut être rangé dans une case. L'adolescent de treize ans, entre au début du roman dans une bibliothèque du Vermont et demande des livres "avec des béguins, des béguins contre nature". Billy y tombera simultanément amoureux de la bibliothècaire et de la littérature.

"Car cet éveil soudain de ma sexualité a également marqué la naissance tumultueuse de ma vocation littéraire. Nos désirs nous façonnent : il ne m'a pas fallu plus d'une minute de tension libidinale secrète pour désirer à la fois devenir écrivain et coucher avec Miss Frost - pas forcément dans cet ordre, d'ailleurs."

Mais il ne sait comment faire avec ses interrogations, ses angoisses,  ses peurs, et tous ses désirs qui se téléscopent, exprimés par une difficulté à prononcer certains mots ("pénétration", "pénis", "bibliothèque" ). On suivra Billy le long de son parcours en épingle à cheveux, attiré à la fois par les hommes, les femmes, et les transexuels.

La vie est comme une mise en scène des désirs, "avec des erreurs d'aiguillages amoureux", un théâtre d'ombres et de lumière. Il y a le roman et le  la pièce de Shakespeare "La Tempête" que n'en finit pas de monter  la troupe amateur de la petite ville du Vermont. Les personnages   jouent ce qu'ils désirent être, pendant que d'autres regardent ?  Rien n'est jamais aussi simple qu'on croit...

On assiste alors, vers les années 80, à la fois à la montée de la défense des droits des minorités sexuelles et à l'émergence des années noires du SIDA. Billy est devenu écrivain, libre de ses désirs et empêché toujours par les mots qui le désigneront,  hanté par les images des visages près de mourir, et des amis ajoutés à la liste maudite des morts pour cause d'amour déviant.

Jubilation, hymne à la tolérance, intelligence du roman commencé par Irving il y a 4 ans.

Pour autant, l'écrivain américain n'ignore pas ce qui se passe en ce moment en France et ne cache pas son soutien au mariage pour tous, qu'il considère comme "une position sur l'égalité des droits", pour lui "les droits des gays entrent à la rubrique des droits civiques, tout simplement comme le droit des noirs, le droit des femmes." Avec une pointe d'ironie, l'auteur rappelle également que c'est "comme le droit à l'avortement qui n'est pas le devoir d'avorter", en ajoutant une bonne nouvelle pour  ceux qui ne voudraient pas du mariage gay : personne ne les y contraint.  "Et étant donné l'état de leurs préjugés sur la question, je leur déconseillerais personnellement de se marier avec une personne du même sexe." Voilà qui est dit.

 

 

A moi seul bien des personnages John Irving, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Josée Kamoun, Olivier Grenot - Edtions du Seuil - 

commentaires

Dominique Boudou 21/06/2013 20:55

J'attends pour le lire que tu l'aies fini. Irving ne m'a jamais déçu.

brigitte giraud 21/06/2013 23:19



ayé ! pffffffffffffffff !



marie-claude 21/06/2013 20:46

La société évolue et le propre de l'homme n'est il pas de s'adapter ?
Dans ce sens je serai toujours en partance, en avant vers l'ouverture aux idées nouvelles ...
Quant aux conservatismes idéologiques qui nous laisseraient plantés au moyen-âge, que nenni !
Amitié .

brigitte giraud 21/06/2013 23:19



c'est purement idéologique tout ça, oui.


Amitiés



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