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21 août 2013 3 21 /08 /août /2013 00:25

 

BARCELONE-ET-RETOUR-16-aout-2013-014-1-.JPG

 

On se trouvera quand même un coin. Dans un aéroport, il n'y en a pas.

Le coin est un alignement de chaises, au milieu d'une allée très dégagée. On s'assiéra. Au  bout d'un moment, on sortira un livre, on sait qu'on est là pour quelques heures.

D'abord, on aura regardé passer les gens. On s'en sera amusé. On aura sorti un calepin pour, sans en avoir vraiment conscience, authentifier sa présence à soi, et on aura noté : "Japonais avec une minerve", "Trois valises orange emballées dans du plastique", "Homme avec canne", "Clône de John Lennon", "Commandant de bord dans son costume de commandant de bord, très élégant, comme tous les commandants de bord",  "Deux types en polo mauve", "Femme avec chien portant une caisse pour chien", etc... Finalement, on se lassera vite du jeu pérequien. On aura envie de filer dans l'étriqué de soi. Laisser le monde. Mettre une barrière, au moins un paravent...

Je m'enfouis donc dans mes pages. Les romans d'aéroport n'existent pas. Pas plus que les romans de plage. J'ai dans les mains "Un secret" de Philippe Grimbert. Il y a des ombres, des fantômes, des trains qui roulent et se s'arrêtent qu'à Auschwitch, des fardeaux coupables de vivre, des corps qui basculent en paquets de souvenirs dans une malle, un petit ours oublié/pas oublié, des larmes retenues et qui sortent d'un coup, un auvent qui aurait lâché son abat d'eau de grands chagrins inconsolables... Et je suis moi-même l'abat d'eau, dans l'aéroport sans coin...

Alors ensuite marcher. Revenir et aller dans des allées à moitié vides, passer des passages pleins, une agitation soudaine de mouvements et de corps tendus de bagages à roulettes. Prendre un café sur un tabouret haut sur pattes dans un coffee-shop sans coin. Et puis.

Ne pas savoir ce qui se passe/ne se passe pas. Est-ce que le livre y est pour quelque chose ?

Chercher.

Voilà, je cherche. Je ne sais pas encore ce que je cherche.

Je ne sais pas tout de suite ce que je ne trouve pas. Ce qui n'est pas dans la liste de tout à l'heure. Et puis, d'un seul coup, je sais. Je sais.

Alors j'ajoute, comme si c'était vrai :

"Amoureux", "Amoureux qui s'embrassent comme pas possible", "Etreintes folles", "Serments d'amour", "Serrements à tout va", "Corps en miettes de désirs fous", "Blessures vives de coeur", "Bouche sur une autre bouche", "Mains jointes, disjointes et reprises", "Corps contre un autre corps", "Caresses sur peau", "Visage dans des mains" ...

 

Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
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commentaires

C comme Corinne 03/09/2013 07:01

Comment se fait-il que tu n'aies pas vu d'étreintes d'amoureux ? Les déchirements de la séparation...On croit alors que la vie s'arrête et puis non. Tout finit toujours par continuer.
Je me sens toujours entre parenthèse, incapable de lire, dans ces coins d'aéroport.

brigitte giraud 03/09/2013 12:47



Ben voilà, c'est la parenthèse justement qui est longue, souvent. Alors il y a moins l'urgence des baisers.   L'esprit est déjà dans l'ailleurs, et le présent dans une parenthèse un peu trop
vaste. Sauf exception.... 



Dominique Hasselmann 23/08/2013 11:44

Voilà une façon de "tromper l'attente" (sans qu'elle s'en aperçoive) : "romans d'aéroport", oui, belle expression, histoire de décoller...

brigitte giraud 25/08/2013 00:28



Les turbulences, il se peut qu'on les sente dans un ciel intérieur.


Amitiés à toi, Dominique.



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