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25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 17:54

 "Il n'y a pas d'argument qui n'ait son contraire."  dit  Montaigne, et il a raison.

Cependant, on peut réfléchir à cela. On peut. C'est un bon sujet, je trouve. Qu'est-ce que cela veut dire, au juste... On affirme une chose, et on argumente. On peut aussi affirmer son contraire et l'argumenter également. On dira que c'est une affaire de point de vue, de sensibilité, de perception personnelle. 

Ce qui pose question, c'est le glissement initié d'un point de vue à un autre point de vue. Le paysage change tout à coup. Le paysage qui change parce qu'on choisit de le faire changer ?

Dire par exemple : "J'aime lire, parce qu'on m'a donné le goût de la lecture."peut s'entendre au même titre que : "J'aime lire, parce que j'ai appris tout seul et que ça été pour moi un moyen d'être reconnu."

Là, on est en plein affectif et personne ne peut contester une raison donnée par quelqu'un engagé dans sa réponse.

Mais n'y a-t-il pas des commodités d'arguments qui, mêlant l'envers et l'endroit, le blanc avec le noir, le oui avec le non, ne feraient jamais aucune différence entre rien, ne verraient donc jamais rien non plus. Tout serait finalement pareil et uniforme. Je me demandais si ce n'était pas là, une façon d'être plus lucide ou plus désespéré...  Comme dire en quelque sorte : Tout peut s'abstraire et moi aussi. Rien ne sert à rien, moi itou, rien n'est utile à rien, et moi non plus.  Les gens ordinaires disent : "rien n'engage à rien".

C'est ainsi qu'on se protège le mieux sans doute.  En cela qu'on se tient à l'abri avec des réponses interchangeables, des arguments si lisses qu'on glisse dessus sans n'en rien retenir vraiment, sans qu'ils aient quelque importance que ce soit.  Si tout et son contraire pouvait être énoncé presque dans le même temps,  ce ne serait peut-être pas l'expression d'une liberté, mais un agencement de commodités, histoire de tenir un cap, une route, un Nord, sans accroche, finalement,  sans encombrement, presque sans souvenirs, ou si vite zippés, zip ! 

Commode, juste commode, de pouvoir revenir sur tout, et s'en revenir de tout peut-être alors aussi, dans une vaste confusion du laid et du beau,  tout l'un, tout l'autre, et  sans s'égratigner soi-même ?

Ainsi qui nous sommes, ne se verrait jamais.

Rien, pas même une fleur à la boutonnière, ou comme un bijou à la main...

Pour tout avouer, je n'aime pas cette assertion que Montaigne aurait dû compléter par : "Pour sa sensible et libre nature".

 

 

 

 

commentaires

Christine 27/07/2011 07:00


on renonce alors, on attend quoi? si on le savait, on serai(en)t sauvé(e)s, peut-être un petit signe pour aller respirer ailleurs, éclater de rire sans contrainte ...fatigue, fatigue


brigitte giraud 27/07/2011 10:29



Non, on ne renonce pas, on choisit, (si on peut) pour aussi se sauver... et éclater d'en rire, se moquer de soi à défaut d'en pleurer.


Tu te lèves bien tôt...



Christine 26/07/2011 14:04


si, Brigitte, il y a le plaisir de la polémique, parfois comme un sport, une jubilation de l'esprit


brigitte giraud 26/07/2011 17:58



Qu'elle reste un plaisir, et non pas une bataille, où devoir justifier d'être soi, seulement soi, où se défendre d'être soi, juste soi, devient une fatigue... Débattre des idées, oui, bien sûr...
Mais pas avec n'importe qui non plus, souvent cela ne sert à rien quand les plages sont tellement éloignées l'une de l'autre.



Tante Léonie 26/07/2011 09:10


D'où la surprise, l'étonnement, quand forte de cette conviction, -Il n'y a pas d'argument sans son contraire- on s'entend dire "NON", tranquillement. Comme un avènement à soi-même...


brigitte giraud 26/07/2011 17:53



Ne pas déraper, oui, tu as raison. Dans la sérénité et son "combat" (intérieur), ajuster les pierres de son chemin.



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