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27 juillet 2010 2 27 /07 /juillet /2010 11:41

J'ai trouvé cette anecdote assez troublante sur le : "Est-ce qu'une lettre arrive toujours à son destinaire ?"

 

On sait qu'il y a des lettres qui n'ont jamais atteint leur destinaire, on se désole de la traîtrise de la vie et du mauvais hasard, on imagine une folie incommensurable, le désarroi, le désordre qui se répand dans les têtes comme lancée de poudre. Le grain de sable qui édifie le château hanté... Tiens, il n'y a qu'à revoir Jean de Florette, Yves Montand sur le banc qui prend conscience à la fois de sa paternité et de sa barbarie. Ah3418853306_a4b556a068.jpg ! Jean de Florette !

 Alors je lisais que Lacan eut ce mot fabuleux, considérant, à l'instar d'Althusser, que les lettres trouvaient toujours leur destinaire :

"Mais Althusser n'est pas un praticien !"

Ben non, il est un philosophe. Et alors ? Je veux croire que Lacan ne se trompe pas et pourtant j'en doute.

Si un trouble, une déviance, un cri de l'âme s'adresse toujours à quelqu'un, il n'est pas certain que ce trouble, cette déviance, ce cri de l'âme soit entendu par son destinaire. De la même façon, est-ce que la "parole" du praticien sera entendue par le patient ?(c'est-à-dire est-ce qu'un questionnement trouvera ses résonances ?)

Sans doute ne le sera-t-elle pas tout de suite. Parce qu'il faut du temps pour construire des ponts-levis, d'autres fondations à la fois plus souples et plus stables, pour un meilleur équilibre sur le fil de la vie.

Sans doute que Lacan et Althusser ne se situaient pas, là, tout à fait sur le même palier de la sémantique.

commentaires

Saravati 27/07/2010 21:57


Les lettres trouvent toujours leur destinataire, je dirais un destinataire car au moment où je t'écris, je t'écris en tant que personne dans ma réalité immédiate et quand je reçois ta lettre, je ne
suis déjà plus celui-là, l'espace-temps s'est ouvert et a provoqué peut-être une fêlure, visible ou invisible.
Je crois que pour que les personnes puissent se rencontrer, elles doivent arriver à faire coïncider leurs réalités respectives. C'est pour cela qu'il est difficile d'être sur la même longueur
d'onde. Encore plus entre praticien et patient car une notion d'hiérarchie-dépendance vient se greffer au coeur d'une relation déjà problématique.


Brigitte giraud 28/07/2010 03:05



"Faire coïncider ses réalités respectives", oui, sans doute forcément cela dans la rencontre.


Et, entre praticien et patient, il ne s'agiot pas de cela, de rencontre, mais d'aide et de soin, tu as raison.



Dominique Boudou 27/07/2010 13:08


Ah ! J'ignorais ce néologisme : "destinaire".


brigitte giraud 27/07/2010 19:18



Moi aussi !!! j'ai cru écrire "destinataire" bien sûr, mais finalement, destinaire, c'est pas mal, non ?


Ne bois pas trop chez François !!!!!



DEB 27/07/2010 12:32


Si la parole du praticien ne parvient pas au patient, est-ce qu'il faut y voir la mention "n'habite pas à l'adresse indiquée" ?


brigitte giraud 27/07/2010 19:20



Peut-être "s'est absenté un ptit moment, laissez le message à la concierge qui fera suivre".


Bonne fin de journée à toi.



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