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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 18:30

 


 

 

 
  10 mai 2011. Conseil Général de la Gironde. Colloque du C.R.A.A. (Collège Régional des Alcooliques Aquitains).

Sous la présidence de Boris Cyrulnik et de Gérard Ostermann, cette journée de réflexion se consacrait au "récit de vie", à l' utilité de la "clinique narrative" permettant de cerner des vécus de conscience pour des choix existentiels.

Gérard Jorland, Julien Betbeze, Philippe Lacadée, Sylvia Nabinger, Christophe Niewiadomski, Elizeu Clemention de Souza et Sandra Cabral Baron ont apporté à ce colloque leur participation  singulière.
 
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J'y étais. Moi, d'autres avec moi. J'ai filmé. Par fragments.
Dans l'extrait, ici, Gérard Ostermann va nous parler de l'ineffable et de "la parole suffoquée"  (une magnifique énonciation, "la parole suffoquée" !)
et Boris Cyrulnik de la carence affective et de la résilience possible.

Zhirayh Markaryan, musicien remarquable, a, quant à lui, enchanté la journée par des interventions musicales au duduk (instrument traditionnel arménien) aux sonorités venues des profondeurs de l"être".

commentaires

Amb55/Solange 13/05/2011 14:44


"Certaines âmes bien pensantes crurent bon de commenter cette tragédie en assurant que la perte d’une mère n’était en rien aussi dramatique que celle d’un père, et, considérant la dernière-née qui
n’avait pas passé son premier anniversaire lorsque le terrible déchirement fit pleurer les aînées, d’autres rajoutèrent encore : « La petite est bien trop jeune pour comprendre ».
....
La petite, c’est sûr, n’avait rien dit. Elle ne savait pas encore parler. Tous ceux qui l’entouraient avaient par conséquent cette certitude, qu’elle au moins, aurait échappé au traumatisme.
Comment imaginer qu’un enfant puisse mériter qu’on lui arrache son essentiel en lui soustrayant aussi brutalement la présence et l’amour de celle qui l’avait mis au monde ? Toutes ces questions, la
petite s’en était trouvée imprégnée bien avant de pouvoir s’exprimer. Avant de pouvoir parler. En grandissant sa différence avec les autres enfants qui parlaient à l’école de leur mère, de leur
père, de leurs frères et sœurs, l’amena à réfléchir sur cette injustice qu’elle ne percevait pas encore comme telle mais qui la tenait très souvent à l’écart des autres, ce dont elle souffrait. Et
si, dans sa tête d’enfant elle ne trouvait pas de réponse, elle ne pouvait se résoudre à accepter les interprétations qu’on lui fournissait.
....
La méfiance qui avait fait sa place dans l’inconscient de la fillette avait conduit celle-ci à observer, réfléchir et le plus souvent se taire. Elle avait d’ailleurs bien failli se taire à jamais.
L’immense douleur emprisonnée dans le monde du silence, eut pour conséquence de maintenir le bébé dans un mutisme anormal. A deux ans elle ne parlait pas, ce qui commençait à inquiéter son
entourage." .....

Voilà ce que je viens d'écrire ... dans mon récit. Alors autant de dire, Brigitte que ta vidéo Brigitte m'a quelque peu troublée. Merci pour le partage.
Cirulnik dit tellement de choses vraies. Hélas, on a beau les dire, cela ne résout pas le problème des enfants qui sont touchés, un problème qui reste absolument individuel, des enfants qui restent
absolument seuls avec leur être profond. J'ai beau lire et relire ce qu'il affirme, je reste persuadée que la résilience n'est pas possible pour tous.


brigitte giraud 13/05/2011 19:44



C'est bien là, une question essentielle. Malgré l'entourage affectif, malgré des liens retissés et un maillage protecteur et enveloppant, quelques-uns n'accèdent pas à la réparation. Y
a-t-il  une force de vie blessée extrêmement et une altération psychique de la représentation du monde qui sera empêchante... Je veux penser que la rencontre avec le vivant restera pour eux
à venir et que la vie insécure sera adoucie par une prise en charge psychologique précieuse, un "Boris Cyrulnik" à la croisée de leur chemin.



marie-claude 12/05/2011 09:45


je savais l'importance de la reconnaissance affective depuis le plus jeune âge, il m'est bon de l'entendre dire ... et si on en a manqué l'écrire peut aider à se reconstruire ...
merci !


brigitte giraud 12/05/2011 14:51



Oui, oui... Cette part manquante fait d'inconsolables dégâts, d'où l'importance du récit qui donne sens autrement et pourra réparer la meurtrissure. Non pas effacer mais réparer.


Amitiés



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