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29 janvier 2011 6 29 /01 /janvier /2011 17:30

D'une façon ou d'une autre, les choses bougent. Elle avancent comme une fourmi, ou plutôt des fourmis. Les images et les mots prennent leur place. Pas une qui serait usurpée, non, non. Un film métré, millimétré, je pourrais dire, par les arrangements et sur le vif de ce qui a lieu. IMG 1972

Voilà, je ne prévois rien.  J'entrevois seulement. Le pire est possible. J'invente. Un flou. Un sfumato. Une poche de fumée.

"La fumée alourdit le poids des larmes". Un gamin écrit ça. Je ne l'avais pas prévu. Lui non plus. Et voilà que les mots se bousculent sur la feuille etcette phrase qui surgit.

Elle me va bien, je me dis.

C'est vrai, je me raconte.

Et qu'est-ce qu'il en sait de ce que je me raconte, ce gosse ? Rien, évidemment que rien. Mais c'est là. La preuve par les mots.

Et ainsi vont les choses, dans leur intimité majeure et légère, sur un fil d'imprécision errante.

Je fais pour le mieux, pour tout le monde, au mieux du meilleur des mondes qui ne sont que des superpositions additionnées de flous et de vagues à l'âme qui finissent, à un moment, par tenir ensemble. Je ne sais pas comment. Je ne comprends pas la structure de l'architecture qui résiste. Je veux dire qui me résite.

Je ne suis maître de rien. J'envoie en l'air des bouteilles à la mer qui retombent où elles peuvent. Je fais des paris. Je parie sur le désir à être, c'est tout.

Parfois, cela me trouble.

Ca donne quoi ? Ca a l'air de quoi ? Un paquet de marée plein la figure et des algues et du varech et du sel sur la plaie ?

"L'histoire du chagrin se perd sur un chemin de liberté."

Paf ! Une autre phrase arrive ! Une beauté ! Je l'écris au tableau. Le gamin  a aimé le poème de Salah Al Hamdani, et il dit ça. Il sait qu'il dit quelque chose d'important, qu'il entrevoit un monde, qu'il accède à une hauteur qu'il ne savait pas encore.

"L'histoire du chagrin... Oui, bonhomme, c'est ça. Tout juste ça. Tu es, là, dans la langue. Et tu le sais."

Voilà. Ca arrive. La poésie. Une inutilité vitale. Un secours.

Et ce qui reste sur les lèvres qui attendent la réponse.

- Vous revenez demain, dites ?

Finalement, peut-être que tout revient toujours, le pire et le bon. On se souvient un jour de bon et on ne le lâche plus ?

Ca arrive. Se dire seulement ces mots : ça arrive.

Published by brigitte giraud - dans Intimité
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commentaires

giulio 31/01/2011 09:55


C'est très beau. Moi aussi je te remercie, Brigitte


brigitte giraud 31/01/2011 15:18



La poésie doit vivre, nous pouvons en être des passeurs. belle journée à toi, Giulio !



giulio 30/01/2011 19:40


Chère Brigitte, "L'histoire du chagrin se perd sur un chemin de liberté." c'est le titre d'un poème de Salah ? Ou bien un vers tiré de l'un de ses poèmes ?
Dans les deux cas, peux-tu nous le dire en entier ?


brigitte giraud 30/01/2011 20:11



Non, c'est une phrase écrite par un enfant après que je leur ai parlé et lu des poèmes de Salah, dont celui-ci qu'ils ont gardé


L'écho du miroir


Un mot qui fait écho


mes chemins indomptés


un mot, les rêves et les rides.


Un désert déplié,


froissé comme un livre


où le vent fouette inlassablement.


il écrit sur ses pages l'histoire du sable.


Où sont les hommes ?


Que fais-tu ?


Qui es-tu ?


 


Avec ton ciel,


ta ville et ton incertitude


et cette vie, lente agonuie sur le s trottoirs.


Un mot encore


déplie ma vie


et mes nuits


en désordre.


 


Je remercie d'ailleurs Salah de leur envoyer une phrase, comme un poème, pour les remercier de cette phrase cadeau.



marie-claude 30/01/2011 10:42


ce texte est tellement profond que je le relis, relis, relis ...
Nous sommes :" l'Histoire du chagrin se perd sur un chemin de Liberté" où tout peut arriver :" le pire et le bon" !
Vive la poésie
amitié .


brigitte giraud 30/01/2011 15:26



Une chose dont on est sûres, nous : "la poésie est une clameur".


Merci à toi. Belle journée sous ce signe.



Dominique Boudou 29/01/2011 22:25


VERDI ! Viva El Rey Di Italia ! Le pauvre homme fut bien surpris de voir son nom peint, tagué on dirait aujourd'hui, sur les murs murmurant de Rome.


brigitte giraud 30/01/2011 15:27



"Le mur murant la ville est un mur murmurant", Victor Hugo, non ?



Z 29/01/2011 19:24


... et c'est ainsi que les dunes disparaissent, que les générations se suivent, que restent Rimbaud et Verdi, que naissent les étoiles... et que se prendre la tête ou pas, ça ne change pas
grand-chose. Tu as bien raison, bien raison.


brigitte giraud 29/01/2011 22:14



Hello Z ! je suis contente de te lire. Demain dimanche et puis c'est lundi... ça arrive !



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