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26 juillet 2010 1 26 /07 /juillet /2010 08:00

Défi pour les "Croqueurs de mots".

 

La liponymie : Ecrire un texte en s'interdisant d'employer tel ou tel mot.

Par analogie avec la lipogramme, cela peut s'appeler la liponymie,

(du grec léipein : laisser, manquer et de onoma : le mot).

 

Choisir un astre, en s'interdisant d'en écrire le mot, qui peut uniquement apparaître dans le titre, et lui adresser un voeu, un souhait, une prière.

Forme libre.

 

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J'ai été affublée d'un sobriquet que je n'aimais pas. Mais comment dire, comment dire qu'il est une erreur dans votre vie, quand on vous en habille avec  mille simagrées entendues.

Le monde s'entendait  pour s'exercer à la moquerie, usant, sur ma tête, du ridicule  pour s'en protéger soi-même et en sourire ?

D'autant que le monde s'était plié naturellement à l'affreuse chose qui me blessait et avait fini naturellement  par me désigner de ce diminutif idiot. Il s'était imposé à lui, il en avait imprégné tout mon corps et jusqu'à son ombre. De la façon la plus naturelle qui soit, vous dis-je, je devenais peu à peu le sobriquet même.

Les grâces, j'en étais certaine, me quittaient à jamais. Un idéal imaginaire se brisait sur le carrelage de la cuisine comme une plaque de verre. 

Pourtant   un tableau   le faisait renaître, encore et encore. Une naissance infiniment recommencée  de l'infinie beauté offerte et pure.  Je dois à Sandro Felipepi, dit Botticelli, ma première émotion artistique et toutes mes inquiétudes spirituelles.  

Une star du ciel dans une conque ? J'appris alors à lever les yeux et à suivre du doigt le dessin des étoiles.

- Regarde ! C'est elle !

Moi, je ne voyais rien de rien. Le ciel ne me parlait pas. Il était définitivement noir et aveugle, sans berger pour me conduire.

Je filais alors devant le miroir de la salle de bain. J'essayais de surprendre dans mes yeux une lumière stellaire, une pépite d'or, un scintillement magnifique.

Puis, j'allais dans les Jardins. On dit que l'Amour les garde. On raconte que des fleurs y poussent sous la terre, que leurs statues ont des larmes qui coulent à la Lune et que leurs veines se comblent d'un sang lourd.

Parfois je surprenais un mouvement.

...Un mouvement... Mais non !

Silence. Noir sur l'écran.

 Aphrodite arrête le film.

Ce soir, elle se maquillera encore les yeux, mettra des paillettes sur ses cheveux, surperposera ses voiles, et, dans de longs rubans de fumée pâle, elle écrasera  son mégot de clope dans une coquille de noix de Saint-Jacques.

 

 

 

commentaires

hauteclaire 27/07/2010 19:12


Une fin abrupte, pour un nom en décalage !
Un texte qui bouscule, coup de tonnerre dans un ciel serein, ce sont les impressions qui me viennent en le lisant.
Amitiés


brigitte giraud 27/07/2010 19:17



Il y a dans le lointain quelques échos du tonnerre, oui. Tu lis très bien, hauteclaire !


belle journée soleil à toi.



DEB 27/07/2010 03:51


Non, non, faut pas arrêter le film, ou provisoirement... Superbe texte. Magnifique chute. Vénus inspire le commentaire on dirait.


brigitte giraud 27/07/2010 11:19



La chute de Vénus !!!! j'arrête pas le film, non. Je



fransua 26/07/2010 23:03


C'est sûr qu'il faut savoir et oser le porter


brigitte giraud 27/07/2010 11:21



fransua, je vous espère encore en bonne compagnie sur votre blog.



Qu'importe 26/07/2010 22:59


La fin en noir et blanc, panoramique sur ce jardin, un petit rien qui me fait penser à un film italien des années 60'...
J'adore l'image de fin...Merci...


brigitte giraud 27/07/2010 11:22



Bonne journée à vous, Qu'importe. Ah les films italiens qui nous manquent !



@giulio 26/07/2010 19:52


Super ton excursion dans le jardin... du bien et du mal?
Quant à ton paragraphe sur la clope de Vénus, la rescapée, il est génial. À bas l'enfer de Savonarole devant qui Botticelli s'est incliné après avoir connu les paradis payens!

C'est qu'ils ne sont jamais morts les Savonaroles et reviennent tous azimuts.


brigitte giraud 27/07/2010 11:31



Mais il a mal fini, le bougre !


Mon jardin en tout cas n'est pas celui des supplices ! quel horrible livre de... Bah je ne sais plus tiens !


j'espère que tu vas bien bien giulio ! Baisers



Tricôtine 26/07/2010 19:36


merci Brigitte, ça m'en coupe les bras à la Milo !! bravo !!


brigitte giraud 27/07/2010 11:33



Sans bras, pas de mains ! bouh ! les mains sont toujours fascinantes.


Belle journée à toi, Tricôtine.



Zineb 26/07/2010 16:34


j'aime la fin. Le mégot de clope dans la coquille saint-jacques. oui j'adore la fin.
grosse bise ma fumeuse aux cheveux d'or :)


brigitte giraud 26/07/2010 16:57



La fin est en décalage. Les fins sont toujours décalées, va savoir !


"C'est du décalage que vient la conscience" dit l'Autre. Il a raison.


Baisers à toi. Piscine or no piscine ce soir ? That is the question.



Eglantine 26/07/2010 12:44


je dis bravo ! :-)))


brigitte giraud 26/07/2010 15:55



"Bravo ! bravo !" comme dans les films italiens, tu sais. Merci à toi Eglantine. Belle journée.



Nat 26/07/2010 11:21


Vénus, un nom, une histoire, la tienne semble t'il
déesse de l'amour, fleur ou planète
le rêve incarné pour beaucoup
merci de ta participation brigitte


brigitte giraud 26/07/2010 11:26



Le rêve qui n'est jamais réalité réalisée. Heureusement, ainsi le rêve a toujours sa place...



Jeanne Fadosi 26/07/2010 10:52


un défi bien relevé, il est des noms difficiles à porter et des réputations que l'on met longtemps à accepter, même quand elles sont élogieuses


brigitte giraud 26/07/2010 11:25



Défi auquel je me suis mise un peu tard hier. Bien relevé ? je ne sais pas. Relevé, oui. Merci Jeanne.



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