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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 22:05

Ne pas regarder derrière soi.

Pour avancer.

Tenir debout. Le coeur battant.

(C'est si important le coeur ! je le sais, j'en connais un qui a flanché d'un coup...Ce qui arrive souvent, paraît-il, à  ceux qui en ont, du coeur. Je veux dire, surtout à ceux-là ! Ceux qui sont constitués ainsi et vivent de son énergie, pour être, pour donner, pour l'avoir trop grand... ou trop gros)

Donc le coeur battant !

Et hier fout le camp,

je l'observe et il se fait la malle. Je regarde dans le rétroviseur. Effet garanti. J'y suis, ou non. J'y suis. Je vois à rebours. Comme une marée d'hier.

 Il s'éloigne de moi,

ou c'est moi qui m'éloigne de lui.

Je regarde dans le rétroviseur, en plein, cadrage décalé.

Je suis là. Ou non. Comme j'aime. J'existe.

Avec ou sans moi. Décider comment.

 

Je regarde le monde à l'envers.

Devant et derrière moi.

Tirer des conséquences émotionnelles qui, à leur tour, me regardent. A moi de les lire. A plat. A plat est-ce possible ? Non, je sais bien cela. Je laisse quand même les choses aller, en me forçant, sinon, je sais que ça ne serira à rien.

Je filme. Droit devant moi, la route. Mon chemin. Des pavés, qu'importe ! Ils brillent sous la pluie de tout à l'heure. Et j'adore ça, la pluie.

Donc les pavés rutilent.

Puis voilà qu'il me parle de ce lieu : un restaurant-brocante. En partant, on peut acheter et emporter sa chaise, son assiette, un cadre, une cueillière, que sais-je encore !

Je trouve cela superbement surprenant. Se reconstituer sur un coup de coeur un décor d'hier qui ne nous jamais appartenu, une relique d'un autre temps, d'un autre lieu, d'une autre histoire dont on pourrait se souvenir, en brodant un peu autour.

Hier, c'est aujourd'hui remodelé, revisité, relu au-dedans de soi, mais avec d'autres gens,

d'autres livres et des fringues, de celles que je n'ai pas jetées aux orties du tempo.

(-Dis, tu aimes mes petits noeuds aux chevilles ?

Dit que oui.

- Oui, c'est mignon, ça te va bien, papillon !)

 

 

 

 

 

 

 

Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
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commentaires

Dominique Hasselmann 28/10/2012 16:28

L'important, c'est le cadre : son immobilité met en valeur le moindre mouvement, les grands cinéastes l'ont compris.

brigitte giraud 28/10/2012 16:32



C'est celà, et je cite Antoine Emaz :" Ce qui pourrait passer au travers du corps et reste pris." C'est ça LaPhotoquiBouge.


Belle soirée à toi



Claire 27/10/2012 13:09

Je suis très contente de retrouver aujourd'hui ton écriture d'avant, que j'aime tant !

brigitte giraud 28/10/2012 13:00



ah bon ? Je n'ai pas bien conscience de ça, en fait !


A très vite, ma belle. Ta présence m'est douceur, toujours.



Cédric 27/10/2012 10:23

Aujourd'hui, c'est hier remodelé, revisité, relu au-dedans de soi, mais avec d'autres gens, aussi

Mettre à plat, trop difficile : aplanir une réalité palpable, en relief. Juste le voir, en conserver les formes, pour en tirer de nouvelles, et foutre un nouveau camp dans son champ de vision.

- Aime beaucoup -

Amitiés

brigitte giraud 28/10/2012 12:58



oui, se faire sculpteur de sa glaise...


Merci à toi, cécécédric !



marie-claude 27/10/2012 07:22

hier ne s'éloigne pas de nous, il sera toujours là, un peu plus loin de jour en jour car nous continuons à avancer lourd de nos souvenirs mais léger de plus en plus léger vers un avenir qui
s'amenuise ... et sous la pluie des jours les pavés rutilent hier, aujourd'hui, demain ...
amitié .

brigitte giraud 28/10/2012 12:57



On fait avec sa donne et on essaie, (comme au foot, je crois) de transformer l'essai. Aller vers le mieux avec tristesse un peu, oui, une espèce de nostalgie des années qui se déroulent, mais en
découverte d'autres espaces, de soi et des autres, des autres et de soi... En puisant ailleurs des créativités nouvelles de sa vie...Avec tout ça dans son bagage !


amitiés, marie-claude



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