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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 01:51

 100 3813-1La parole  est voyageuse, tapageuse, même à bas-bruit. (j'emploie souvent cette expression et chaque fois je la trouve très belle !)

Je constate, je lis, j'observe. 

Je constate, je lis et j'observe : les groupes d'appartenance, le sérail d'ici, de là, les propos tenus ici, et là, les cercles fermés, toujours fermés les cercles forcément, et l'hypothénuse bien carrée aussi, des géométries d'initiés : on met, on enlève, on remet, on supprime,  on flatte  ceux qu'on aura dénigrés, on dit "merci, merci" se faisant un "entre soi" avec ceux qui seront des nôtres, se donnant force et loi, un clic et le tour est joué, on rumine ses pensées, j'aime/j'aime pas/j'aime plus, c'est simple, si simple, comme sur Facebook, "j'aime" et c'est fait : ça se passe ici, maintenant, et on en est, on est content d'en être, et tant pis pour l'autre qui n'en est pas, puisque nous, on en est.

Je constate, je lis, j'observe que : dans ces limites-là, finalement, on ne tiendra à rien. Le j'aime/j'aime pas sera bienvenu. On tiendra les rênes. On pourra toujours se dédire, ça craint pas, ça risque rien, on dira "qu'on ne comprend rien à ce que l'autre raconte et à son délire"  (très mince), on aura tout oublié, mais vraiment tout oublié, ou on fera comme si, encore, c'est plus simple, tellement plus simple, on aura la paix des chiens au repos après qu'ils ont mordu le profond du coeur...mais on s'en moquera, fera semblant, gardera la tête froide, et jurera qu'au fond de nous on y a été pour si peu dans une histoire qui se sera jouée sans nous. On en fera grief éternellement à la terre entière d'avoir failli, et on le croira.  Déposant en elle toutes ses lourdeurs douloureuses, on s'en trouvera  idéalement allégé, avec sous le manteau sous la table et sous la main, un coupable à ses maux.

J'observe, je lis, je constate. A un niveau plus intime des êtres de sérail, ou d'un sérail, ou tenu par un sérail, bref assujetti à une norme, et donc conforme, et donc non libre de leur être, (le sachant bien, mais tout en niant le sachant), la mécanique humaine fonctionnera (ou dysfonctionnera) merveilleusement :         "Je suis mal, je te donne ce mal, tu en deviens le réceptacle et l'objet de mon ressentiment, je puis donc te haïr en toute légitimité, et ceux qui t'entourent,  et tout ce que tu aimes, par le seul fait que tu aimes cela."                                   Puis l'allègement en eux fera tomber les tensions, et, dans une relation amoureuse, (Roland Barthes en parlait si bien !), l'objet d'amour redeviendra désirable absolument, le désir amènera d'autres tensions qui retendront la corde du ressentiment qui conviera la haine  allègeant les tensions qui retendront passionnément le lien amoureux qui..., et ainsi de suite pour monter et redescendre sans cesse les marches de pierre d'un infernal escalier.

Le "j'aime/j'aime pas/je re-aime, je re-aime pas, je re- re-aime, je..."  facebookien  laisse toute latitude à l'engrenage pathologique pour s'exprimer.

 

Evidemment, ce "j'aime/j'aime pas" n'a rien à voir avec celui de Perec, qui tentait, lui, d'épuiser le champ du réel, en connection direct avec ses émotions durables et ses choix de l'infra-ordinaire.

commentaires

marie-claude 17/11/2011 18:28


"j'aime" le produit "facebook", pas toujours l'usage que certains en font ...
Il m'arrive parfois de chercher le "j'aime" à cliquer au-bas d'un commentaire de blog ...
amitié .


brigitte giraud 17/11/2011 22:34



le facebook sentimental??? pas bon !


amitiés à toi



tempesdutemps.over-blog.com 15/11/2011 13:50


J'aime, j'aime pas. AR-GU-MEN-TEZ, disait un de mes profs à la fac. Et à ce niveau d'engagement (je veux parler de celui de face de bouc), même pas la peine d'argumenter. Je le dis et ça suffit que
je le dise, et les autres, je "communique" mais je m'en tape en fait. Je l'ai dit alors c'est vrai. Et le plus important du MOOOOONDE, c'est que j'existe dans cette péremption. Bouhhhhh, ma Birgit,
enfuyons nous de ce noir/blanc fatal, filons les métaphores comme des étoiles...


brigitte giraud 15/11/2011 14:14



J'aime bien pour autant facebook, mais pas la méthode "facebook" de la relation humaine qui se manifeste dans la vie, entre les êtres. "Je t'aime et je je ne t'aime pas tout à la fois....", mais
c'est le paradoxe grandeur nature accepté, parce qu'il y a toujours : cet "empêchement " de la vie-même et le désir de vie qui est la vie-même. Donc se faire un équilibre avec ça et reconnaître
ses véritables choix. 


Belle journée à toi, claire.



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