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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 16:12

Voilà un livre qui a fait parler de lui.

Parce que j'en parle.

Et que de l'un à l'autre, sujet brûlant... Alors que !

david Lodge

Voilà, on suit une dizaine d'êtres. Jeunes et vivants. On observe. On entre dans la complexité éducative de ces jeunes en construction et de ses répercussions sur leur vie. Ils sont pris en tenaille et forcément soumis, tout jeunes qu'ils sont, entre les trois grands groupes de l'Eglise du Christ, reliés entre eux grâce à la prière ; l'Eglise militante (sur terre), l'Eglise souffrante (au purgatoire) et l'Eglise triomphante (au ciel). La rebellion n'est pas possible, pas souhaitée non plus, c'est "la donne", elle chemine doucement.

On sait depuis... depuis quelque temps quand même, que la pensée n'avance pas sans les émotions. On apprend et on pense en même temps, en tout cas, à un moment, ça arrive, les pensées se bousculent et sont quelquefois ravageuses. Des dégâts sont constatés, repérés. On parlait encore à cette époque lointaine (et pas tant !) de "crise de nerfs", et pas encore de "dépression", le conflit trop grand entre les désirs et la contrainte de fautes imaginaires, éprouvées quand même, était de l'angoisse incompréhensible et coupable.  

"Pourquoi s'est-on gâché la vie à cause une croyance d'un péché possible, du prix à payer, de l'enfer promis, de la faute ?" C'est Dennis qui se parle doucement, dans le secret de son coeur.

Où l'on assiste donc à l'évolution de jeunes gens, des années 50 aux années 75, à l'intérieur de leur éducation catholique traditionnelle (en existait-il une autre, que "traditionnelle" ?) Nous sommes en Angleterre et peu importe après tout. Le dogme est le même et les questionnements aussi.

Où il est question de la limite et ça ! c'est assez brillant. Bravo David lodge ! Parce que d'une question à l'autre, d'une respiration à une autre, d'une ouverture libérée du Diable et de l'Enfer à une autre, se pose toujours la question de la limite (et c'est d'ailleurs le titre du livre "How Far Can You Go") : "Jusqu'où aller ? Avons-nous le droit et le pouvoir d'échapper au trop loin qui menace ? Je prends du plaisIr à aimer, je le peux, on me dit après l'encyclique  Humanae Vitae, que je le peux, ainsi alors : jusqu'où ce plaisir m'est-il permis, ne vais-je pas aller trop loin et retrouver encore,, et malgré moi, les ornières du péché ?" Toujours le mal de soi menace.

Où nous assistons à l'évolution, à petits pas, de l'Eglise, des prêtres qui  en sont les missionnaires et qui, eux aussi, eux aussi, sont  dans leur questionnements du "trop loin", entre la libéralité des moeurs possibles et des repères à conserver quand même...

Il est évident que c'est de l'Eglise dont il s'agit et non pas de religion. C'est la crise de l'Eglise qui va  se répandre sur chaque être et chacun devra se débrouiller avec le sentiment de la faute, du rachat, de la liberté, de la culpabilité et de l'aspect émotif des pratiques.

 

Où l'on assiste finalement, avec mai 68 et les Beatles passant par là, à cette déconstruction des règles et des usages, la disparition progressive de la métaphysique traditionnelle catholique, où les âmes devaient gagner leur Paradis par doses d'espoirs et de craintes du péché mortel, véniel et originel.

Bien des souffrances auraient pu être évitées et des vies allégées. C'est si peu simple de vivre simplement, alors ... Que croire en Dieu, pour ceux qui y croient,  soit une aide et non pas une torture "envoyée par le ciel" !

Parce qu'aucun questionnement sur l'existence du Très-Haut ne sera tranché. Rien ne sera révélé. Tout demeure du mystère.

"Mais de tous les actes de chaque homme, je ne suis plus sûre, dit Miriam, qu'il s'agisse en toute circonstance (ceci concernant la sexualité, le plaisir, le contrôle des naissances,  l'homosexualité et l'avortement) d'un mal absolu."

 

Drames, deuils, divorces, rien ne leur sera épargné, à ces jeunes qui ne le sont plus tant ! Aux prises avec la vie ! A l'arraché !

La morale, quand elle est tant nocive, est une méchante dame.

 

commentaires

marie-claude 12/05/2013 18:39

Voilà un livre qu'il me faudra lire ! Il semble être un résumé d'une partie de mon adolescence ... avant mai 68 ...
Amitié .

brigitte giraud 13/05/2013 12:02



Oui, oui, lis-le ! je l'ai lu grâce à une amie. Très beau papier qu'elel avait fait. Moi, je le fais autrement. Que ça te donne envie, c'est pas vain alors ! et tu prendras pleind e plaisir à le
lire, tu verras. Amitiés à toi



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