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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 15:21

Chateau-Lemoine--mon-poizeau--debut-decembre-2012-046.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je suis une ligne, imaginaire ou non. Ca peut être une branche cassée, parmi les feuilles.

Une langue lapidaire de la marche.

Trois rayons de soleil, le jardin a un éclat de sourire. En l'état de brousaille et de terre humide. Il poussera bientôt des champignons, chapeaux bas, qui perceront dans le matin, si les mousses n'en font qu'à leur tête.

C'est bien de tête, d'ailleurs, dont il s'agit. De têtes d'arbres. Des yeux et une bouche  ouverte, longue, toute verticale à lapper le jour de Pâques. J'ai pensé à Munch. Une sorte d'appel. Je procède par références,  elles sont là, des images en vrac que je tire malgré moi. Ce qui marque et dont on ne se défait pas. Ce qui colle -colle bien- à soi. Des têtes d'arbres, une généalogie à décliner.

Donc l'arbre.

 

 

Chateau-Lemoine--mon-poizeau--debut-decembre-2012-032-2-.JPG

 

Dans son costume d'écorce. Inaccessible, juste à s'y appuyer.

Essayer de ne pas forcer la résistance de l'arbre, en toute chose pareil.

Se trouver une zone d'appui, sans effriter la construction.

Tellement d'années derrière soi qu'une fragilité est possible, un coup de froid, un coup du sort, un mauvais coup... et tète la lumière quand même, la bouche à la demande d'air.

Toujours depuis toujours tout le temps tel que.

 

 

 

Donc, la langue du bois. Des veines et du sang dedans.

Sa peau.

Les racines retournées vers le ciel. Pour le voir, les cyclones et anti, et ce qui lève de sève du Canada aux frontières du Mexique, et là... un envol des pèlerins papillons.

 

 

 

Les arbres racontent, et, revenant aux racines, 

je reviens à Edvard Munch.  Montés en graines des arbres. Soi. La graine dans une écorce, carcasse en bois dur/tendre.

Enveloppe du coeur d'arbre.

On compte les strates.

Couleurs du clair ou plus noir, comme des cheveux.

Des mèches de fibres.

Les toucher du doigt, de toute la main. Fragiles.

Ca râpe et c'est d'une douceur de pas de souffle, à cause de l'équilibre.

L'arbre penche.

Mon Dieu, ce que ça peut pencher, un arbre ! 

On sent bien qu'il va tomber un jour. Mais  pas encore, c'est pas encore, on sent bien.

Avec la marge de la bouche, toute à la verticale.

Il y a de la marge, un espace où écrire,

dans la faille.

 

 

 "J'étais déjà un être malade en venant au monde. La neige froide recouvre mes racines. Le vent glacial a empêché mon arbre généalogique de croître. Le soleil brûlant de la vie ne brille pas sur cette jeune feuille verte.

Ainsi l'arbre de ma vie était maudit dès le départ. Ce que je compris très tôt. C'est ainsi que mon seul espoir est dévénu un escalier étroit, un escalier solitaire, qui finalement pourrait m'offrir une ouverture lumineuse sur la vie." Edvard Munch

 

                                                                               Le baiser

edvard-munch-baiser-plage.jpg

edvard-munch-baiser-I.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Le baiser sur la plage

 

 

 

Les vagues

edvard-munch-vagues.jpg         Séparation

edvard-munch-separation.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

edvard-munch-cendres-I.jpg

                                    Cendres

 

 

 

Chateau-Lemoine--mon-poizeau--debut-decembre-20-copie-1.JPG

 Ca c'est pas Munch, mais une de mes photos malmenée par PIcasa... Pas confondre ! (Au cas où...)

 

 

commentaires

tempesdutemps.over-blog.com 05/04/2013 10:47

(mes ennuis d'ordi m'ont fait rater ce billet à sa parution). Les arbres ont peau, corps, bras mais, en plus -et là nous bipèdes devenons fragiles - ils on racines. J'aime aussi que nous devions
lever la tête pour les voir en entier.
Beau texte, très beau !

brigitte giraud 14/04/2013 18:46



merci claire, c'es que tu es une connaisseuse, toi, en arbres et "en nature" (ceci dit en toute honnêteté !).



Christine 01/04/2013 19:48

au risque de me répéter , mais se répète-t-on quand on reprend Guillevic...

Ce qui n'est pas dans la pierre
Ce qui n'est pas dans le mur de pierre et de terre,
Même pas dans les arbres,
Ce qui tremble toujours un peu,
Alors, c'est dans nous.
Eugène Guillevic (Sphère, p.39, Poésie/Gallimard)

J'aime décidemement toujours autant

brigitte giraud 14/04/2013 18:43



oui c'est en nous, sûr que c'est "en nous" !!!


Je t'embrasse christine !



Marie-claude 01/04/2013 19:18

malmenée ou pas, cette photo s'inspire en largeur ... comme quoi, les arbres ne rêvent pas toujours de grandeur ...et s'ils poussent dans le sens que le vent oblige, ils vivent tout aussi vieux que
les "droits" de nos parcs et jardins tuteurés pour notre fierté malsaine et tordue ...
amitié .

brigitte giraud 14/04/2013 18:42



joli commentaire ! mais pourquoi je ne reçois plus, over-blog merdoie en ce moment. Je découvre ton com avec bonheur . Merci !


Amitiés à toi



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