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29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 15:28

Japon, 1946, l'occupation américaine, les plaies de la guerre.mingarelli.jpg

 C'est l'histoire d'un homme qui a besoin de s'en sortir.

Dans le peu de la langue, dans l'essentiel des sensations et sans un mot de trop, Hubert Mingarelli raconte les rêves qui   hantent Hisao Kikuchi, la maladie de la soif, et la consolation. La consolation...

En pointillés : une feuille d'orme, un oeuf en jade dans une valise jaune, les lettres de Shigeko la femme aimée, une pierre sur laquelle ruisselle l'eau qui sauve, une chanson deTakeshi chuchotée tout bas, presqu'à l'oreille, parmi le bruit des pics,  des pelles et les soubresauts de la montagne qui explose dans la bataille de Peleliu, le filet de salive qui coule de la bouche d'un jeune garçon endormi, "il ne put en détacher son regard, et ressentit pour lui soudain et justement à cause de ce filet de salive, un drôle de sentiment, quelque chose qui lui faisait du bien et du mal", l'amitié entre les hommes, dans les interstices humains de  la fragilité, là où la solitude et de la peur se taisent.

C'est un livre sur la fraternité, plus grande que la vie-même, une offrande de la souffrance sans doute ! Elle se dit sans se dire. Un trou dans un mur par lequel  le ciel pleut.

On court avec Hisao, on est silencieux avec Hisao,  apeurés avec Hisao, désemparés avec Hisao, espérant quelque chose avec Hisao, une providence, une chance venue on ne sait d'où. Peut-être.

Quand tout est cassé, se reconstruire devient le seul recours possible de la vie. Une nécessité informulée qui contemple la soif. Une eau  qui étancherait, un moment, toutes les voix du malheur. Infiniment.

 

 

 

commentaires

marie-claude 29/06/2014 18:03

vive la curiosité !
merci

brigitte giraud 21/07/2014 16:15



Merci à toi marie-claude !


amitiés



marie-claude 29/06/2014 17:34

avoir soif, de tous ces livres à lire que l'on voudrait avaler comme l'eau à la source, s'enivrer de leurs mots quand ils savent nous toucher là où la soif est si dense ...
je vais au bord de l'eau étancher cette soif de lire, tout un sac plein à ras le bord, que mon esprit va digérer lentement au gré du soleil goutte à goutte ...
à bientôt
amitié .

brigitte giraud 29/06/2014 18:01



Belle balade marie-claude ! On découvre sans cesse, oui. On n'en aura jamais fini. Et c'est même pas grave, la curiosité nous mène.


Amitiés



Dominique Boudou 29/06/2014 17:32

Beau roman de Mingarelli en effet. L'un de ses meileurs.

brigitte giraud 29/06/2014 17:59



Oui alors. Magnifique. C'est peu dire.  Délicat et profond.



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