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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 21:59

BELLAN MOI 014

  Un thé au Sahara, j'ai entendu le titre de ce livre de Paul Bowles, aujourd'hui. Un film aussi de Bertolucci que je n'avais pas aimé dans les années 90, je me souviens. Qu'en serait-il maintenant ? Je ne sais pas. 

 

L'heure sonne, l'eau est assez chaude. Il enlève du bout de la table des petits tas de photos et des enveloppes, des mots griffonnés un jour de grand soleil, l'esquisse d'un tableau à se sortir presque tout seul de l'ombre, un chien dans la tête poursuivant le fantôme de Giaccometti, à la terrasse du Dôme, à trois heures du matin, à Paris, à Paris...

Il ouvre une boîte à cake, celle où ils le mettaient depuis des lunes, elle et lui, celui qu'il mange tout seul à présent. Il l'effrite un peu entre ses doigts.

Il dit que plus il avance en âge, moins il sait le sens à porter à la vie,   moins il comprend le mystère de l'homme et de ses certitudes, moins il  sait  la couleur des bleus.

Il ne sucre pas son thé. Il veut se réchauffer à petites gorgées. Et auprès de quelques-uns. De quelques regards. De femmes qu'il aime.

Et des livres.

Il parle aussi de Bonnard et de sa femme Marthe, morte trop tôt à moitié folle, de Bacon, de Vélasquez, de Vermeer. Il nous parle.

Il peint toujours. Il peint encore.    Des portraits.  

Presque plus que des portraits. Il m'offre le mien et un chagrin me vient.

Un bonheur et un chagrin.

Et...

une mélancolie.

Tout finit par se mélanger. Tout se trame toujours sur son étoffe. Le coeur se serre. Et on se fabrique tout un livre d'images tombées.

 

Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
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commentaires

C comme Corinne 23/01/2011 21:33


oui ! du sable bleu à mettre au bout de nos pinceaux...on s'y roulera !


brigitte giraud 23/01/2011 21:53



Yes !



C comme Corinne 23/01/2011 20:15


Très beau tableau, je te reconnais bien. Couleur Touareg, couleur du sable qui pique les yeux, couleur de la chèche où on cache l'émotion, le sourire qui naît et les lèvres qui tremblent.
Je te serre fort


brigitte giraud 23/01/2011 21:20



Le sable bleu où on ira un jour se tremper les pieds, hein ?



marie-claude 23/01/2011 16:25


les images tombées ...
qui peuvent en un livre se regrouper ...
plus que de mélancolie, nourrissent l'âme de vécu !
L'oeil du tableau ne s'y trompe pas, il brille des feux de la vie et le bleu dit j'en veux .
amitié .


brigitte giraud 23/01/2011 17:19



Le bleu qui parle, tu as raison, "bleu touareg" a dit Nana, je garderai ce nom, cette expression-là du bleu.


 



Nana Massart 23/01/2011 13:28


Trois heures du matin, c'est l'heure à laquelle j'ai pu enfin fermer les yeux...Ce portrait reflète l'absence, l'interrogation ; j'aime ces tons bleu-touareg et sable dans les gorges
profondes.Est-ce le tien?
Mais quel est ce "vague à l'âme"? Ton écriture "Des yeux dans les arbres" est une merveille... J'adhère complètement. Comme le dit Florence Beaugier de Claude Bellan "Les questions qu'il pose ont
l'urgence et l'acuité du temps présent. Il donne à voir, à penser, marchant hors des sentiers battus". Je ne sucre pas le café, mais le thé oui! comme au fin fond du Tibesti.Continuons à nous
nourrir à en mourir de ce qui nous semble beau et nous porte, "Esta la vida"...


brigitte giraud 23/01/2011 15:01



Merci,nana de ce l'on commentaire. Oui, c est mon portrait par Claude Balkan. Émotions et frissons, même les yeux brillants... Mais dos- moi, qui est- ce Florence Beaugier qui doit bien me
connaitre,parce qu elle dit vrai ? Son bleu, touareg tu dit et tu sais ça est vraiment très beau et ri qu a lui. Il a du que le bleu 'touareg' était ma couleur...



marie jo staes 23/01/2011 00:08


C'est un joli mot "mélancolie"; Mon Dieu que c'est touchant , c'est toi vu par le peintre Bellan , J'ai hâte de l'admirer, Je viens le voir dès que je rentre.


brigitte giraud 23/01/2011 01:55



Oui, viens, je te le montrerai, oui.  Baisers à toi.



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