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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 01:58

 

 

Décidément, la nuit m'a toujours inspirée ses gammes, tantôt mineures, tantôt vibrato, ou molto,  allegro, ou malo...

Enfin, c'est une drôle de musique. L'est passé où le chef d'orchestre, au battant de la nuit ? Ailleurs dans une autre galaxie, pour un opéra quoi, un vrai, avec une baguette qui s'agite et des musiciens qui jouent.

Là, rien. C'est pas de l'opéra ! Du théâtre alors ? Oui, le théâtre populaire de la nuit. Avec du temps. Côté jardin au côté cour, faut des enjambements, de grands écarts, des ronds de jambe. Et des bras pour accompagner le mouvement.

Ou alors,... se replier sur soi. Les bras ? Autour du torse, entortillés à soi comme une racine de figuier maudit, ou celle d'un manguier. Les manguiers sont moins impressionnants, ils parlent. 

Ils racontent. Mon histoire, ton histoire... Se parlent entre eux. Laissent des espaces à occuper.                                              Se taire ? Non, pas se taire. Varier la narration au fil des années, y mettre des mots, d'autres mots peut-être sous d'autres lanternes et des émotions étayées par d'autres émotions. Ce qui en nous se modifie, s'atténue, se calme, se repose.

Et la sensibilité, qu'on s'est construite avec et par les autres, qui est à nous, rien qu'à nous, va son chemin de nomade. Nous sommes tous des nomades de sa vie. 

Il dit que ça n'a pas d'importance, que le passé est passé, et que c'est devant que "ça" se passe.

Mais ce qui, derrière soi demeure et pousse, doit bien en avoir une, puisqu'on est là à ressentir encore, à éprouver encore, à s'accorder le temps de son discours pour ne pas être une mouche qui volera infiniment d'un mur à un autre courant d'air, une trajectoire en angles droits.

Les mots ne sont pas des vérités, mais une manière de sens accordé à son histoire, à des mouvements de l'âme qui sont nos briques.

 

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La nuit dans ses gammes ! La nuit dans ma nuit, avec ses gamelles, ses ramassées, de la peinture qui coule comm

e une eau de pluie sur la vitre de la fenêtre, un bris de tête glacée avec des yeux ouverts sur l'étrange profondeur du noir et de l'écran blanc pur où s'accrochent des lettres. Pour des mots à la mer...             

  A ressasser des notes, des courbes indéchiffrables avec des coronaires et des vaisseaux sanguins qui pulsent un sang rouge sombre, des coups de sang, des angoisses, des "je ne tiens pas en place", et puis, vous savez, tout ce qui fait battre le coeur, vous arrache vos colères, vos forces et même vos larmes... Quand à la fin de l'avenir,on 

disait qu'il durerait encore longtemps.

La vie l'emportera, il me l'a dit.

Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
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commentaires

marie-claude 24/02/2011 15:03


ni opéra, ni théâtre ...
une danse lente qui parcourt la nuit
c'est ce que m'inspire ton texte .
amitié .


brigitte giraud 24/02/2011 23:10



La nuit entraîne on ne sait pas où. Elle est un mouvement, ainsi que la danse.


Bonne nuit douce à toi.



DEB 22/02/2011 20:04


"Pleurer sans préavis", magnifique expression. De la "vraie" vie ça. Pleurer avec préavis, c'est au théâtre. Eh oui, je crois bien, moi aussi, que la nuit n'est pas la meilleure conseillère qui
soit... Les heures pâles de la nuit, certes, mais au réveil ? Croissants chauds, café, clope et un sourire dans des yeux au rimmel dégouliné, ça j'aime...


brigitte giraud 22/02/2011 20:11



L'insomnie ne se décrête pas, alors les neurones galopent sur leur petit vélo... Le matin garde la trace des rêves, bons, mauvais, éveillés... 



marie-Jo 22/02/2011 13:28


La nuit dans ses gammes... Moi je sais bien qu'aux pales heures de la nuit on ne pense pas avec lucidité. Pour moi il n'y a rien de bien à attendre de ces moments. Mais c'est vrai que je pleure en
intérieur sans préavis.


brigitte giraud 22/02/2011 19:51



Un ressassement qui tourne vide, ou bien, je crois, une lucidité accrue. J'ai ce sentiment de voir mieux, la nuit. D'y voir plus clair parfois. Toi, tu pleures "sans préavis", je sais ça. Même
pleurer sans larme. A l'intérieur. Rien ne se voit et pourtant au-dedans de toi, un effondrement ! Alors vivement un peu de soleil, et un café en terrasse...


 



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