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27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 05:59
Irvin Yalom était psychiatre (professeur émérite à l’Université de Stanford)
En savoir plus sur http://www.paperblog.fr/2444474/irvin-yalom-le-jardin-d-epicure-regarder-le-soleil-en-face/#bfDJmYYOfFqZP8gU.99

irvin yalom

 

 "Le jardin d'Epicure"  regarder le soleil en face" (titre anglais du livre) de Irvin Yalom est un livre de circonstance, de toutes les circonstances. L'angoisse de mort est toujours présente, nichée au fond de nous, sans mot et à bas bruit, réveillée de temps à autre par des événements de vie, mêmes minuscules.

C'est un livre à la fois de "vulgarisation" et pour les "professionnels". Il s'adresse aux  thérapeutes et aux profanes, et il nous enjoint à entrer dans le sujet : non pas dans la mort, mais dans ce rapport compliqué qu'on entretient avec elle. Panique, terreur ou appel désespéré...

Le fait est que nous sommes encore vivants pour la penser. Nous trébuchons sur un caillou et notre pied souffre, mais, -et ce sera tout l'objet du livre-, si nous ne pouvons éviter le caillou, nous pouvons tenter de comprendre notre souffrance, et ainsi la rendre un peu moins vive. Peut-être. 

Il n'est nullement question de se leurrer d'une supposée disparition de toute angoisse, mais, au travers de récits de ses patients, (parfois prêts de mourir, mais parfois non), Irvin Yalom nous permet de mieux savoir la reconnaître, si la garce avait l'envie subite de se travestir. Sur quoi s'appuie l'angoisse de mort ? La perte d'un chat, le départ d'un fils dans une autre ville, la pluie d'un matin, un problème d'emploi, un conflit avec son voisin ou son chef de service, etc.  Il se peut que...

Heidegger, Schoppenhauer, Nietzsche, Epicure, Montaigne, Tolstoï, Dostoïevski  et quelques autres sont conviés à la table d'une sorte de réconciliation (impossible ?) avec la vie empêchée, trop empêchée parfois, par ce scandale qui nous perdra tous. Tous ces philosophes, penseurs, écrivains aident, dans cet aujourd'hui et maintenant, dans nos expériences révélatrices à consumer la vie, la liberté, les liens aux autres, et à "écouter  les chiens sauvages qui aboient dans la cave".

Puis c'est également, (et c'est là, à mon sens, la force du livre),  l'observation d'une relation thérapeutique réconfortée. Le lien patient/thérapeute n'est pas figé par une orthodoxie obligée dans laquelle le thérapeute serait un être de marbre, un bloc d'oreilles flottantes sans angoisse, et sans rien laisser,  jamais, transpirer de sa fragilité humaine. On peut ajouter à cela qu'un thérapeute, vulnérable comme nous tous, est aussi un être mortel et que, s'il est aidant, il laissera sa trace dans quelques vies qu'il aura, un moment, accompagnées.

"Nous devons abandonner ces résidus d'un modèle médical suivant lequel les patients souffrent d'une étrange affliction et ont besoin d'un guérisseur impassible, irréprochable et insensible. Nous affrontons tous la même terreur, la blessure de la mortalité, le ver au coeur de l'existence."

 

NB : A noter p.219, dans un récit de patient :
"- Pourtant vous avez un goût de mort tous les soirs en vous endormant. Savez-vous que dans la mythologie grecque Hypnos et Thanatos, le sommeil et la mort, étaient frères jumeaux ?
- C'est peut-être pour cette raison que j'ai du mal à aller me coucher. C'est juste tellement barbare, tellement injuste de devoir mourir."
  

Irvin Yalom propose plusieurs réponses possibles, s’appuyant sur la sagesse de nombreux philosophes : les grecs d’abord, plus particulièrement Epicure et sa fameuse maxime : "La mort n’est rien pour nous". En gros, nous dit Epicure, pourquoi nous angoisser à l’idée de notre propre mort puisque, lorsque celle-ci sera là, alors "nous" n’y serons plus, nous ne saurons donc pas que nous ne sommes pas là !

Plus proches de nous, Montaigne, Schopenhauer et Nietzsche peuvent également être d’un grand réconfort pour estomper l’angoisse de mort. Notamment ces trois réflexions de Schopenhauer qui se placent sur le terrain existentiel : 1- ce que nous possédons : pour le philosophe allemand les biens matériels sont des illusions, d’ailleurs plus nous possédons, plus nos exigence


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airie, j’ai été attiré par une publication très récente : Le jardin d’Epicure. Regarder le soleil en face. Titre impropre puisque le titre
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commentaires

C comme Corinne 13/12/2013 06:20

S'accompagner non pas pour aller vers mais pour être, tout simplement. Vivants et aimants.

brigitte giraud 13/12/2013 12:56



"Vivant et aimant", des mots simples qui inonderaient une vie... mais on ricoche dessus parfois. On n'est jamais sûrs de rien, sauf du vide. Et on le remplit encore des mêmes mots pour faire son
boulot de vivant, avec une rage qui désire.


Je t'embrasse, bella.



Claire Massart 02/12/2013 18:47

Nous tous, qui écrivons, peignons, vivons en art et en amitié, savons bien que nous faisons ainsi un petit bras de fer... Dur désir de durer

brigitte giraud 03/12/2013 22:01



Nous nous accompagnons, cela à quoi les hommes devraient tenir, la confiance donnée. Nous nous accompagnons. Cela seul est aidant.



d i v 27/11/2013 20:43

un peu plus bas, il y avait ça :


[Quelque chose tremble en moi,

une rame au passage

d'un mot,

une image sans ronce. ]

et ça me parle, comme un écho. Dedans...

brigitte giraud 27/11/2013 23:43



y'avait erreur sans doute, un bout d'un autre texte....


Merci de votre passage ici.



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