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5 avril 2011 2 05 /04 /avril /2011 20:14

Il dit : "un processus, un processus à l'oeuvre".

 Je pense au processus de séduction cher à Brassens, au processus de la rupture, au processus inflationniste... Non, rien à voir, ceux-là.

"Le processus en marche, à côté de moi".

Le processus ? Un point de départ. Il y eut un jour où quelque chose a commencé. Un événement. Un geste. Une idée qui vient avec le jour, que sais-je. Puis une pensée. Une autre. Une autre encore. Une insistance de la pensée. Puis un enchaînement d'actions, de faits, et d'événements coordonnés pour aboutir à un  résultat déterminé. Un processus est né. Divin. Inévitable enfant de la conscience.

Prenez la marche, par exemple. C'est un agencement de complexités pour aboutir à une volonté de mettre un pas devant l'autre, le déplacement de son corps dans un espace. Un point de départ et un point d'arrivée.

Le processus est une mécanique dans laquelle la volonté est agissante.

Une suite continue d'opérations constituant une manière de fabriquer quelque chose, de donner lieu à une autre situation.

Est-ce que le processus fonctionne tout seul, et arrive à son terme, comme un organisme autonome qui  aurait  juste besoin  du temps  pour achever son parcours ?

Le processus... Quel processus ? (voilà, c'est moi, bonjour ! je suis le processus...)

Pour quel sens ? Faire quoi ? Aller où ? Si on ne sait pas quel sens lui donner, ni pour quel désir il existe, ni le où du quand comment de son désir, le processus reste informe, à l'image de son tourment. Il changera autant de fois que l'on changera de cap, le gouvernail rendu fou, l'horizon mouvant.

Je ne crois pas qu'il soit des automatismes en sciences humaines, justement parce qu'elles sont humaines. Il n'y a que du désir.

Mais celui qui sait absolument ce que toujours  il veut n'est pas encore né.  Le processus vaut pour ce à quoi on croit et travaille pour soi. Seulement pour soi. Pour approcher ses doutes, ses angoisses, ses paradoxes, pour comprendre quelque chose du mystère de soi.

Aller voir un psy est la preuve d'un processus enclanché pour d'autres processus de soi à démonter. Sa mécanique intérieure sur le billot. Pas de cadeau à se faire, pas de complaisance pour soi-même, une lucidité de ses neurones à l'oeuvre, et l'observation sous une lampe blanche de ce qui peut être dessoudé, démonté, relié, réuni, accepté, admis...

"Le processus" est une évolution des phénomènes.

Il n'agit pas. Il est agi. 

Published by brigitte giraud - dans Intimité
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commentaires

C comme Corinne 10/04/2011 17:47


Je ne sais pas trop ce qui ne résulterait pas d'un processus dans nos pensées et nos actes. Choix ou non, avancer résulte d'un processus. Même si c'est à reculons.
Le processus s'enclenche et qui peut l'arrêter avant la fin ?
Qui ?


brigitte giraud 10/04/2011 20:40



Quel que soit ce qui arrive, ce n'est pas tout à fait le hasard qui décide, tout est en lien, relié, et bouge. Le syndrôme du battement d'aile du papillon qui changera tout de l'univers.



Le FIl 07/04/2011 20:01


le processus, c'est une chaîne qui se déroule plus ou moins lentement, plus ou moins consciemment. Le désir, l'amour, oui bien sûr, cela ouvre vers un espace infini, vers tous les possibles.


brigitte giraud 07/04/2011 20:42



...oui, en tout cas vers quelque chose, bien ou non, mais quelque chose se passe. Il peut être destructeur, constructif, réparateur, mortifère...



giulio 06/04/2011 13:44


Le processus, chère Brigitte, c'est ce qui joint (se situe en gros entre) la cause et l'effet.

Cause : désir de tarte à la crème
Processus : préparation/cuisson de ladite tarte
Effet : consommation............ " " "

C'est bien sûr plus compliqué que ça et la chaîne des causes>processus>effets=nouvelles causes>processus>effets = nouvelles causes>processus>effet, etc. ad aeternam : les causes
pouvant être à la fois effets et processus, les processus causes et effets et les effets causes et processus. entre l'une des étreintes de tes arrière-grand-parents (peu importe lesquels), cause,
et ta naissance, il y a eu une telle infinité de causes, de processus et d'effets qu'elle est à priori totalement invraisemblable et qu'à l'époque le joueur le plus aventureux n'eût pas parié un
sou là-dessus. Processus quasi-miraculeux, c'est vrai, mais pas besoin de devenir sentimental pour si peu!


brigitte giraud 06/04/2011 16:02



oui, oui, cause et effet, maîtrisable ou non. J'aime bienfinalement la fin de ton com. Merci Giulio. Je t'embrasse


 



Sienne 06/04/2011 11:01


- processus : "ensemble d'activités corrélées ou interactives qui transforme des éléments d'entrée en éléments de sortie".


Il dit : "aller de l'avant en utilisant les données ultérieures "

Le processus se décline sous diverses formes et chacun cherche ( trouve ) la sienne ( donc, le sien ).


brigitte giraud 06/04/2011 13:42



Oui, c'est cela.


Amitiés



Zinette 06/04/2011 10:16


Vous décrivez si bien un programme informatique, une suite de lignes de code.


brigitte giraud 06/04/2011 13:42



Informatique, non, je ne crois pas. Humain , je crois.



DEB 05/04/2011 22:45


Je serais assez d'accord avec "il", tu vois. Et si, quand "il" parle de "processus" il parlait d'une sorte d'oeuvre commune (quelque chose qui engloberait les "autres", les z'autres dans leur
cheminement). Comme une construction commune qui laisserait à chacun, à chacune le temps de se retourner, le temps d'y voir clair, le temps de voir la brume se dissiper afin qu'apparaisse le
port... Le "désir", tarte à la crème des psys, voyons ! Et quel désir, de qui ? pour qui ? vers quoi ? Tarte à la crème que cette histoire de désir, chère Brigitte...


brigitte giraud 06/04/2011 02:15



Le désir? (pas sexuel là évidemment)  tarte à la crème ? Tu crois ? Moi, je pense qu'il n'y a que lui qui vaille, le désir. Son désir à soi, relié à ceux des autres, pour ce qu'on tente de
vivre ou non, pour le temps qu'il nous est donné sur cette terre, pour le sens qu'on accorde à la vie, à la sienne, à celles des autres, au sens perdu des choses aussi... Quant aux autres, ils
participent de la vie, et de la dynamique et des frottements de la vie. Que cela plaise ou pas, il faut faire avec le vivant et ce qui advient. Comme on peut. Même mal posé le désir, mal défini,
mal formulé, malade et tout de guingois. Essayer d'y voir clair, oui, là, tu as raison.



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