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17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 15:42

MOI 010Le réel c'est le présent. On part sur une énonciation précise, nette et sans plis.

Sans plis ? Non, car ce serait  ne pas prendre en compte les "faux plis".

Des mots sous les mots du pli, en quelque sorte.

 

L'imaginaire est actif, il travaille  le présent, il s'insinue dans le réel.

Donc le réel est une donne, et ...une mal donne.

Donné/mal donné par qui ? On verra plus tard. Les choses sont telles que : on prend ce qui est donné, ou bien encore, on prend ce qui est donné, parce cela l'a été un jour. Donc le présent, c'est aujourd'hui, plus "ce qui a été donné un jour".

"Ce qui a été donné un jour" est du présent qui ne l'est plus tout à fait tout en l'étant, puisque la donne n'a pas bougé quand mon imaginaire a pu, lui, se déployer au fil des présents traversés.

Le présent d'aujourd'hui est constitué de mon imaginaire d'aujourd'hui conjugué en décalé avec mon imaginaire de mon autre présent d'hier, édifiant une sorte de réel codifié.

Le code est donné, socialement. On fonctionne par signes codifiés, dans une langue codifiée, des échanges codifiés qui codifient à leur tour... la donne.

Donc, la donne, donnée par des codes sociaux d'appartenance au monde, est du réel, ici, d'un présent,  imprégné d'un imaginaire en mouvement.

Mais le présent est toujours en avance sur la ligne du temps, c'est le moment juste après, vous voyez, cette sorte de résonance d'une note qui nous balance dans la note suivante avec l'écho de la précédente. L'imaginaire a par conséquent de l'espace dans les interstices minuscules de l'entre-deux notes.

Le malaise indicible des hommes est celui du réel de l'imaginaire, celui qui voudrait faire entrer dans un même mouvement la cohérence avec la dissidence, le fini avec l'indéfini, la forme avec l'imodelé de la forme, qui en sera une quand même.

Quoi faire alors avec le réel de l'imaginaire ?

Je reviens à cela, une phrase qui me semble convenir très bien, de mon ami Robert Misrahi, dans "Construction d'un château" :

"On gardera cependant, tout au fond de soi, tout miroir éteint, comme le souvenir d'une exaltation."

commentaires

Amb55/Solange 19/08/2011 20:08


le réel est parfois cruel, s'alimentant du passé et de toutes ses douleurs, l'imaginaire lui donne alors quelques notes plus légères se permettant un voyage dans le futur en prenant soin de faire
disparaître les notes noires. Et pourtant rien de plus réel en effet que l'imaginaire qui ne peut se nourrir que de choses connues.


brigitte giraud 19/08/2011 23:12



L'imaginaire est un réel filtré, chassé, enrichi...


Belle soirée à vous



Christine 18/08/2011 07:21


L’imaginaire, ça se bichonne, ça vient de loin, de très, très loin, alimenté dès la conception forcement par le réel, par la compréhension que l’on en a, par nos « exaltations ».Peau poreuse entre
réel et imaginaire, plus ou moins poreuse suivant l’individu.
La maîtrise du réel, son implication dans l’imaginaire, les mots mis sur l’un et l’autre sont notre équilibre.
Se souvenir du futur pour vivre le présent et donner une chance au passé, éviter la folie ou flirter avec elle…


brigitte giraud 18/08/2011 11:09



Des maillons en liens, pour que la chaîne existentielle se cheville et s'incarne vraiment. Se souvenir du futur, oui, pour l'accueillir; "Donner une chance au passé" j'aime bien ça. En
faire quelque chose résonnant. Enfin, résonnant !


Amitiés à toi, Chrisitine !



DEB 17/08/2011 20:10


Passer de Barthes à Misrahi, fallait oser. Bravo. La tof est vachement bien... (Mais le texte aussi, bah, c'est pour plaisanter.) Et puis, c'est commode les glissements sémantiques... Tiens, à
propos de glisse, je viens de voir un mecs en pleine campagne avec un parapente (un grand cerf-volant, tu vois) et une sorte de skate... l'ennui c'est que dans l'herbe ça roule mal un skate... Mais
il essayait le garçon, il essayait... (Comme dans "Vol au-dessus d'un nid de coucous", l'Indien...) mais pourquoi je raconte ça ? Ah si : glissement sémantique...


brigitte giraud 17/08/2011 21:00



Icare s'imaginait l'oiseau de ses ailes mais c'était pas un géant. On n'est pas des géants ! Qui donc a parlé de Barthes. Je n'y fais pas référence. Le langage est précieux, toujours précieux
pour moi.



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