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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 22:38

  20 octobre 1854, c'est la naissance de Rimbaud. C'est de là que tout est venu.

Je me suis demandé s'il pleuvait aussi ce jour-là. Puis je me suis demandé si la perception d'un arbre en pluie modifiait quelque chose à la perception que je pouvais avoir du monde, et je me suis dit que oui. Je ne sais pas bien dire pourquoi, sinon les circonstances, sinon l'environnement, sinon quelques voix, quelques mots qui ne s'effaceraient pas.

Je me suis demandé si un non-choix de circonstance devenait, à un moment, un vrai choix, et quand donc en était le point de basculement. Un non-choix est toujours un choix de circonstance. C'est la circonstance qui décide en quelque sorte... Mais le premier mouvement du premier arpège musical, il passe où ?

L'arbre est un arbre. La pluie ne le transforme pas, mais elle transforme  la perception que j'ai  de cet arbre, donc, pour moi, il n'est plus un arbre tout à fait comme les autres. Il s'anime, par la perception que j'ai  de la pluie, à ce moment-là, et de l'arbre au moment de cette pluie.

Mais quand est-ce que la mutation a vraiment lieu ? C'est-à-dire, quand est-ce qu'elle commence à avoir lieu, la nouvelle perception de l'arbre et de la pluie ? On ne sait pas cette frontière, sauf si on observe bien l'arbre, couler doucement de lui-même.

Alors, à force d'observer la pluie, les coulures des branches et des feuilles, je me suis demandé s'il était possible de décider de la frontière. Et ça, je ne le crois pas. Je crois, (aussi sûrement que le cri de Rimbaud a existé, ce jour-là, qu'il ait plu ou non) qu'il est vraiment impossible de suivre exactement la ligne de la frontière de la frontière.

 

Les liens sont tissés trop étroitement. Ca fait des noeuds partout. Les points de raccordements, ce sont eux, ficelés à pleurer dans le bois d'un arbre.Il n'y a rien à y faire. Il ne pourrait se produire qu'une répétition du schéma initial : infiniment, un cri.

 

 

 

Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
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commentaires

C comme Corinne 26/11/2013 21:23

la frontière de la frontière...ce fil mince à suivre des yeux intensément. Trouble étrange. Je pense aux cordes serrées du violon, bois précieux qui pleure sous l'archet.

brigitte giraud 27/11/2013 23:44



Comment tu t'es retrouvée là, sur cette frontière ?


Tu es ma Corinne, voilà.



marie-claude 24/10/2012 11:33

Que dire après Mokhtar ???
Mais quand la pluie a cessé, coulent encore des perles de poésie ... éloignant la frontière ... de nos perceptions ...
amitié .

brigitte giraud 24/10/2012 12:18



Ce qui se déposera toujours et reste...


Belle journée à toi, marie-claude !



Mokhtar El Amraoui 23/10/2012 16:26

En hommage à Rimbaud et en osmose avec ce que tu as écrit, Brigitte, voici ce poème.




A Rimbaud

Arthur,
Blanc Abyssinien,
Tes voyelles étouffant de lumière,
Embrasent ma solitude
Et éclairent ma tristesse
Qui râle sous le poids muet des mots inutiles.
Tu m’offris la couleur
Et rendis aux étoiles leur sève juvénile.
Inchoative ivresse
Créant l’univers
De mystères,
De questions nues.
Tu me reviens, ramage de baobab,
En transes de cithare,
Sur les flots scintillants de l’Oued Joumine !
Arthur,
Jeune âme
Mordant les éclairs de l’impossible !

Mokhtar El Amraoui : Arpèges sur les ailes de mes ans

brigitte giraud 23/10/2012 16:55



Merci Mokhtar ! ton texte est beau !


Amitiés à toi



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