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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 20:10

 

 

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S'étourdir les yeux.

Attentive et étonnée.

En spectatrice de moi-même. De l'autre.

Et du train roulant la vie.

En dehors du mouvement qui porte les jours.

Dans un geste  inabouti...

Allez, va !  

Plus loin !

Toujours plus loin, de toi-même !

Cherche la sortie,

ou le point rencontre des gares.

Mais il n'y a pas de point rencontre ! 

juste des aiguillages, des voix ferrées de fer,

des rouilles gercées et des montres folles,

 "on the move",  ma jeunesse inachevée...

Cette chanson pour Suzanne

quand, avec elle, je l'ai fredonnée.

Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
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commentaires

C comme Corinne 13/10/2010 00:20


Ces histoires de train, de temps qui défile à la vitesse du TGV me donnent envie de pleurer...
Les ares sont des lieux de mauvaises rencontres -sauf pour Giulio, d'accord - on y perd son âme dans les rails et les aiguillages me font perdre le Nord.


brigitte giraud 13/10/2010 01:15



Ca embarque, oui. Un paysage file et défile ta pelote de laine. Défile, défile... Mais il y a des verrières et le ciel par-dessus !



@giulio 10/10/2010 20:01


Claude Nougaro c'est bien aussi,
sauf que "é pericoloso sporgersi"
ne rime qu'en tuant l'accent tonique
d'une langue par ailleurs magnifique.

Ses deux parents m'en soient témoin,
c'est "spor" qu'il faut accentuer
et non le "si" ni encore le "ger"
même si on oublie son italien.

Alors dans le morne train des familles
une fois arrivé à Vintimille…
Claude s’y voit refuser l’entrée
Et retourner aux champs Élysées


Brigitte giraud 10/10/2010 21:26



Ben , j'irais bien faire un tour en Italie, (la Toscane de Léo ferré !) et même sur les Champs, près de la place des Vosges.



DEB 10/10/2010 19:15


E pericoloso sporgersi


brigitte giraud 10/10/2010 21:23



iL EST INTERDIT DE SE PENCHER A LA FENETRE, moi je regarde le paysage tout auour et ses tourbillons; mais ce n'est plus écrit sur les vitres des trains depuis la "chute des compartiments" qui
avaient du bon, dit Giulio et la pratique des TGV. On est pris de vitesse.



DEB 10/10/2010 19:08


"Je m'en souviens, je m'en souviens, j'y ai souvent pensé depuis" (Cendrars.)


bRIGITTE GIRAUD 10/10/2010 21:19



Et puis des trains  se rencontrent, "je m'abandonne aux sursauts de ma mémoire...et comme mon ami Chagall, je pourrais faire une série de tableaux déments..."



DEB 10/10/2010 18:52


Antoine Pol n'est quand même pas un des poètes les plus connus !


brigitte giraud 10/10/2010 19:03



Je ne m'en souvenais plus. Et le voilà qu'il me revient.



@giulio 10/10/2010 17:55


Peut-être, chère Brigitte; il ne te reste donc qu'à paraphraser Antonio Machado et rester "suspendida entre la espera y la esperanza, entre la ilusión y la desilusión"


brigitte giraud 10/10/2010 19:03



En suspension, oui. C'est pas mal parfois d'être en suspension.



@giulio 10/10/2010 16:29


écrit par un inconnu??? Ne serait-pas la poésie/chanson ci-dessous dont tu parles ? Ou bien penses-tu à un autre poème


Antoine Paul : Les Passantes (chanté par Georges Brassens)

Je veux dédier ce poème
A toutes les femmes qu'on aime
Pendant quelques instants secrets
A celles qu'on connaît à peine
Qu'un destin différent entraîne
Et qu'on ne retrouve jamais

A celle qu'on voit apparaître
Une seconde à sa fenêtre
Et qui, preste, s'évanouit
Mais dont la svelte silhouette
Est si gracieuse et fluette
Qu'on en demeure épanoui

A la compagne de voyage
Dont les yeux, charmant paysage
Font paraître court le chemin
Qu'on est seul, peut-être, à comprendre
Et qu'on laisse pourtant descendre
Sans avoir effleuré sa main

A celles qui sont déjà prises
Et qui, vivant des heures grises
Près d'un être trop différent
Vous ont, inutile folie,
Laissé voir la mélancolie
D'un avenir désespérant

Chères images aperçues
Espérances d'un jour déçues
Vous serez dans l'oubli demain
Pour peu que le bonheur survienne
Il est rare qu'on se souvienne
Des épisodes du chemin

Mais si l'on a manqué sa vie
On songe avec un peu d'envie
A tous ces bonheurs entrevus
Aux baisers qu'on n'osa pas prendre
Aux cœurs qui doivent vous attendre
Aux yeux qu'on n'a jamais revus

Alors, aux soirs de lassitude
Tout en peuplant sa solitude
Des fantômes du souvenir
On pleure les lèvres absentes
De toutes ces belles passantes
Que l'on n'a pas su retenir


brigitte giraud 10/10/2010 16:34



Ah oui, tu as raison giulio ! je pensais à ce poème mais je me trompais alors. Je ne sais plus quel poème, qu'il chante, est écrit par un inconnu... Quelqu'un nous renseignera
peut-être. 



@giulio 10/10/2010 12:07


Les trains ont bien changé; jeune homme j'adorais y draguer; les gares pas tellement et c'est à Luxembourg Centre qu'il y a 8 lustres, jai rencontré ma femme.

Voici un petit extrait de ma bio :

"Durant plus d'un siècle CFF, CFB, SBB, FSI, DBB, Amtrak et consorts ou prédécesseurs aux engins fumants et sifflants furent les plus brillants et romantiques entremetteurs des deux mondes. Dans
les entrailles cloisonnées de leurs processionnaires d'acier ne manquaient jamais jeunesses ou mystérieuses dames à voilette, disposées à tailler une bavette ou à s'en laisser conter. Sur la terre
ferme souvent fières, voire distantes et froides, ces dames ou demoiselles devenaient presque toujours abordables et se voyaient souvent, en effet, abordées. Qu'elles eussent laissé derrière elles
sur le quai un petit ami agitant main ou mouchoir, un mari inquiet ou une mère débitant ses recommandations, avait peu d'importance. À peine refermée la vitre des adieux, elles glissaient dans une
autre dimension. Plus le voyage était long, plus les barrières tombaient vite et plus les défenses conventionnelles devenaient dérisoires. La première chose à faire : apprendre où se rend la
compagne de voyage. Si elle descend au prochain arrêt, autant changer de compartiment tout de suite. Mais deux, trois cent kilomètres ou davantage permettent tous les espoirs. Même les
compartiments bondés ne gâchent rien. Ces chambres à six étaient les cellules d'un monde à part, celui des hôtes du rail, société pourvue de ses propres lois et de son savoir vivre. Une des règles
non écrites du train était : toujours ouvert, secourable, amical ; mais face à la naissance d'un flirt ferroviaire, se découvrir une passion pour la lecture, un amour béat du paysage ou un
irrésistible besoin de sommeil. La discrétion complice, quoi ! Ces moeurs élégantes se perdent hélas avec la mode monospace reprise aux troisièmes de naguère et aux transports aériens, dont les
monstrueuses salles communes caractérisent de plus en plus souvent les trains à grande distance et autres TGV. Plus rationnel ? Bien sûr. A quant les WC perchoirs collectifs ? Quelle économie de
place et d'entretien! Mais pour en revenir à nos voitures, s'il est possible qu'un, deux ou quatre voyageurs soient les complices plus ou moins désintéressés d'une amourette, on ne saurait exiger
que cent passagers imitent en bloc les trois singes de la sagesse. Ajoutez à cela les constants passages dans le couloir médian, le vacarme, l'indélicatesse générale et, pis que tout, les
réservations qui vous clouent à l’unique siège auquel vous ayez droit. La plupart du temps ni votre voisin, ni votre voisine ne vous inspirent conversation ou badinage. Quant au flirt, oubliez
!

Où aller trouver l'âme soeur de ce voyage,
sans bousculer l’indifférence d'autres gens,
se faire remarquer, vilipender et j'en passe ?
Laissez donc tomber ! On parle du bon vieux temps.

Les gares, elles, n’ont heureusement pas trop changé. Ne sont-elles pas le lieu de rencontre idéal ? Oui et non. Plutôt non ; en tout cas pas dans la salle des pas perdus. Là, sauf aubaine digne du
grand lot (c’est pourtant ce qu finira par m’arriver), toute personne pouvant susciter votre intérêt attend soit quelqu'un qui vienne la chercher, soit un train qui ne sera pas le vôtre.
Si l'on voyage par contre fréquemment, une "instantanée" tirée à Victoria Station, Roma Termini ou Gare du Nord peut conduire, des semaines ou des mois plus tard à quelque "Ne nous sommes nous pas
déjà rencontrés?" authentique et porteur d'intéressantes recherches de souvenirs communs...


brigitte giraud 10/10/2010 16:11



Les échangeurs de la vitesse ont bousculé la poésie de l'échange qui s'attardait au coin de l'oeil, d'un sourire, de la courbure d'un cil sur un livre. Je pense au poème de Brassens écrit par un
inconnu sur ces femmes passantes, aperçues, adorées, fantasmées, tous les possibles susgissaient et on ne savait pas quoi.


Les gares sont des lieux magiques. Tu en sais quelque chose et tu ne saurais mieux en témoigner, giulio !


belle journée à toi, l'ami !



DEB 09/10/2010 23:07


"Il y a des gares où on n'arrive jamais ?" Le point d'interrogation est de toi. Mais peut-être est-ce un point d'exclamation ? Dis-moi.


brigitte giraud 10/10/2010 02:54



C'est une nouvelle ponctuation Giraud, à mi-chemin de la question qui interroge la question de l'autre dans une clamation hors de soi... C'est clair, je suppose que c'est clair ?



Dominique Boudou 09/10/2010 21:54


Les gares et leur mélancolie, encore aujourd'hui.


brigitte giraud 10/10/2010 02:56



Et les pigeons des verrières, sous l'horloge, une annonce, une voix, des voies qui attendent et la fragilité des hommes du no man's land ferroviaire, j'adore !



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