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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 02:51

 

papillons-de-Corinne-013.JPG

Ceux qui me connaissent le savent : j'ai toujours aimé les papillons...

Et puis voilà que ce livre commandé sur les conseils de Gérard Ostermann m'arrive ce matin par la poste. Il n'est pas écrit par n'importe qui : Michela Marzano "Légère comme un papillon" aux éditions Grasset.

images-copie-1.jpg

- Vous verrez, il m'a dit, elle vous rejoint sur bien des points.

C'est une sorte de choc. Oui. J'écris là sous l'émotion, rapidment et il est tard. Un peu de colère appuie avec moi sur les touches du clavier. Je lis, sous la plume de Michela Marzano, la philosophe qu'on connait, les mots perdus et blessants de ceux qui ont cru comprendre et qui n'ont rien entendu à ce mal. 

Je me souviens de toi, qui, un jour, as dit  aimer une femme anorexique et qui la trouvais si égoïste, si orgueilleuse, et dans un désir  d'amour si excessif et manipulateur  qu'un secours apporté à un être en fragilité de vie en était suspect...

Michela Marzano  raconte, dans son livre intime et émouvant,  son parcours d'anorexique papillons-de-Corinne-008.JPG fait  de douleurs dérobées. Bizarrement, elle affronte les mêmes lieux communs, ligne à ligne, que ceux dont je rends compte dans mon livre "Le désespoir amoureux de la vie", à croire que l'incompétence d'écoute, de ceux qui veulent du bien et de ceux qui rejettent, a l' imagination identiquement pauvre. Elle écrit :

"Comme si on n'avait pas le droit d'exister, qu'on devait s'excuser d'occuper un peu d'espace, qu'on quémandait le droit d'"être". "L'anorexique manipule", c'est un lieu commun. Les mots des charlatans. Se faire remarquer. Je suis là, regardez-moi.

C'est vrai, les anorexiques veulent qu'on les regarde. Pour attirer l'attention.... Mais ce corps en quête d'attention n'est qu'un symptôme.

"Moi, je suis là. Et vous, où êtes-vous?"


Ah, oui ! Que j'aime bien cette prise à rebours du questionnement.!!!.. Quelle intelligence dans ce renversement des choses, auquel je n'avais pas pensé en cette formulation. L'énonciation, c'est toujours cela qui fait la différence. Et qui emmène ailleurs.  Cette adresse à celui qui est là, ben oui.

Vous, où êtes-vous pour moi ? papillons de Corinne 004

Quelle place m'accordez-vous, sans sévérité, mais avec la bienveillance que j'aime tant avoir pour les autres ?

Et là, Michela Marzano me rejoint quand il s'agit de parler de maladie de l'idéal de l'amour blessé. Il y a longtemps. Quand elle était petite, puis adolescente, puis en fac. Sage et invisible pour ses parents. Rien ne la distinguait des autres. On connait bien cela, oui. Elle écrit :

"C'est le seul moyen que j'ai trouvé pour que vous me voyiez comme je suis. Pour vous dire que je suis "autre chose" que ce vous pensez, même si je ne suis rien sans votre amour.

Ceci est mon corps. Livré pour vous...."

  

 

Voilà il faut respirer. Il faut que je marque une pause. Que je ne lise pas tout d'un trait.

Je sais que le papillon s'envolera à la fin du livre,

je sais qu'il est en chemin.

Moi, en tout cas, j'en ai une myriade aux ailes de couleurs sur un petit haut tout neuf que j'ai mis il y a peu. Et je sais qu'ils sont tout prêts à   s'envoler, ces papillons, quand on caresse doucement leurs ailes fragiles.

commentaires

Juliette 02/01/2017 16:57

Ce livre est absolument magnifique. Il fait aussi beaucoup réfléchir sur la vie, l'amour...
Merci pour cet article.
Courage à toutes ces personnes malades, il y à de l'espoir dans toutes les vies, ne dites jamais qu'ilm'y a plus rien à faire...
Juliette :)

Véronique Grauby 10/10/2012 21:37

moi je souffre d anorexie depuis 33 ans. Un père ULTRA controlant et une mère voulant rester jeune et belle a tout pris. J ai 3 garcons et un mari extraordinaire depuis 27 ans mais cela ne suffit
toujours pas pour me guérir. Car comme Josiane mon père est encore la pour me critiquer , me rabaisser , me tourmanter. Je souhaite pouvoir un jour lui tenir tête et guérir ...

brigitte giraud 10/10/2012 21:57



Essayez de laisser tous les encombrements de côté, essayez de ne plus "vouloir"  entendre ce qui vous blesse, essayez... Même si je sais bien que ce n'est pas si facile. Calez-vous sur les
belles relations, pas sur celles qui vous sont nocives...


Amitiés à vous



helene 15/06/2012 10:41

Merci pour ce bel article !
Mais je ne comprends pas cette phrase :
"Je me souviens de toi, qui, un jour, as dit aimer une femme anorexique et qui la trouvais si égoïste, si orgueilleuse, et dans un désir d'amour si excessif et manipulateur qu'un secours apporté à
un être en fragilité de vie en était suspect... "
Que veux tu dire par là ? Merci d'avance.

brigitte giraud 15/06/2012 10:49



Je veux dire que quand chaque action est perçue au travers du prisme de la maladie, tout devient suspect. L'aide apportée à quelqu'un est une chose élémentaire, mais tout à coup elle ne l'est
plus, comme si, en chaque chose, la maladie seule s'exprimait.  L'être est alors réduit à sa maladie.



Josiane Léonard 09/06/2012 17:33

Je n'ai pas encore lu le livre (commandé). J'ai vécu une anorexie, subi aussi le déni familial, la colère d'un père que je dérangeais même en me faisant la plus mince possible. Depuis, je m'en
suis-je guérie(?). Il m'a fallu atteindre ma 64è année de vie, être fibromyalgique, pour pouvoir enfin dire un "non" ferme à ce père de 90 ans qui voudrait toujours que je lui obéisse. J'aimerais
aussi écrire sur ce moment de ma vie. J'ai lu avec bonheur "la faim de l'âme" de Jacqueline Kelen, qui a même répondu à un courrier, et je vous conseille la lecture de ce livre qui donne une valeur
positive à cette "maladie", un éclairage spirituel rare. Car , lorsque l'on souffre jusqu'à vouloir détruire son corps, il s'agit bien d'une grande souffrance de l'âme. Et ceux qui ne veulent pas
nous regarder n'ont pas d'âme.
je ne sais pas si on guérit vraiment un jour....
Josiane

brigitte giraud 09/06/2012 22:30



Merci Josiane de votre commentaire. Merci infiniment. Je retiens ce titre, mais surtout allez bien, oui, allez bien ! Il n'est jamais trop tard pour se faire du bien, aller mieux, et s'épargner
des souffrances anciennes, s'en affranchir, oser s'en affranchir. La vie est offerte et veut sa part vivante. Allez bien !



Dominique Hasselmann 22/05/2012 10:32

Le lien HTML n'ayant pas fonctionné, je le remets en clair :

http://www.etonnants-voyageurs.com/spip.php?article184

brigitte giraud 22/05/2012 15:55



MERCI A TOI, Dominique !



Dominique Hasselmann 22/05/2012 10:31

Tu peux trouver quelques précisions sur l'auteur ici.

brigitte giraud 22/05/2012 15:55



ok



Dominique Hasselmann 22/05/2012 08:09

Je repense soudain à un livre de poche qui doit être quelque part chez moi, à cause de son titre (car je ne me souviens plus du tout de ce qu'il raconte) :

"Des vols de Vanessa", de Georges Walter.

Il avait une tête un peu à la Joseph Kessel et une voix grave.

brigitte giraud 22/05/2012 10:14



Ah, je ne connais pas, ... je vais voir...Non, tu pourras te renseigner Dominique ?


Amitiés à toi



cafardages 22/05/2012 07:29

un paradoxe auquel on n'avait pas pensé

brigitte giraud 22/05/2012 10:12



Il semblerait que ce mal ne soit constitué que de paradoxes...


Amitiés



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