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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 22:49

"Nous ne pouvons vivre qu'en mourant dans le même temps", écrit Max Frisch.

Je ne connais pas Max Frisch, mais je trouve une drôle de justesse à cette phrase. On meurt toujours à quelque chose. On apprend cela tout petit. On ne sait pas que ça s'appelle : la frustration et qu'elle joue son rôle dans notre capacité à vivre avec les autres. Je veux ce jouet, mais si je ne l'ai pas, je dois accepter de ne pas l'avoir et admettre que c'est comme ça : je ne l'ai pas ! Dur d'accepter ! Dur d'admettre ! 

"Je ne peux pas le sortir du mur...." Qui donc n'a pas entendu cette réponse ? Qui donc n'a pas, à son tour, prononcé ces mots-là ?

L'expérience de la frustration, ( la vie qui s'apprend)  nous pousse-t-elle vers nos véritables désirs ? Est-ce "cela" que je veux vraiment  ? Qu'est-ce qui est essentiel pour moi ? Et tutti quanti, vous savez bien tout ça...

Mais ce qui est  intéressant, c'est toujours la part meurtrie. Celle qui va devoir vivre autrement, qui ne pourra mourir qu'en vivant ailleurs. Le "jouet manqué" est toujours là, on se l'invente encore et toujours et différemment par des tas5083769312_3af2c837ba.jpg de questions : Qui suis-je ? Qui sont-ils les autres ? Comment ils font les autres ? Et c'est tout le chemin de l'enfance, depuis le jouet raté ou la queue du Mickey qu'on n'attrapait jamais sur le foutu manège de la vie toute alors contenue là, toute entière, qui revient à nos pattes d'oiseau.

 

J'emprunte à Nathalie un fragment de son texte de blog, "Les carnets de milady" en lien ici, je vous invite à vous y rendre :

 

"Une autre voie s'ouvre.

Où les personnages vivent de façon inconnue.

Respirent autrement.

Où le temps s'écoule comme il le souhaite.

Comme il l'entend.

Un point commun à nos désirs, à ces histoires qui se tamponnent, à ces histoires contées.

La fin."

 

Published by brigitte giraud - dans Intimité
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commentaires

Christine 13/04/2011 07:56


oui, bien sûr ça à voir dans un certain sens mais ce cher Spinoza a aussi écrit :
"Les hommes se trompent en ce qu'ils se croient libres et cette opinion consiste en cela seul qu'ils sont conscients de leurs actions, et ignorants des causes qui les déterminent."


brigitte giraud 13/04/2011 13:43



Ce sont toujours l'affrontement de nos paradoxes et la râpe de la vie contre nos désirs. Mais on sait un peu, je crois, quand on s'est interrogé longtemps ( les psy et les philosophes servent à
ça) ce qui construit le fonctionnement de notre "machine intérieure", on peut en tout cas ouvrir des questionnements de soi, même si on n'a pas les réponses, quelques pistes qu'on devine là...


Bonne journée vacances !!!!! Avec soleil comme effet de la cause...



Christine 12/04/2011 19:43


emberlificotées, c'est mieux


brigitte giraud 12/04/2011 20:46



 yes !



Christine 12/04/2011 19:42


tu oublies là une composante essentielle :
cette "putain d'éducation judo chrétienne" qui peut fausser le jeu dès le départ en te faisant croire que la frustration est un passage non pas éducatif mais obligé et la souffrance le chemin de la
rédemption, alléluia!
le désir étouffé, refoulé,
les petites pattes toutes emberlificotée


brigitte giraud 12/04/2011 20:45



Oui, tu as raison, la frustration sert aussi la soumission. Mais je me dis qu'on doit bien y consentir un peu, quand choses on les sait. Ca me fait penser à cette phrase de Spinoza -est-ce que ça
a à voir ?-  "Ce n'est pas parce que c'est difficile qu'on n'ose pas, c'est parce qu'on n'ose pas que c'est difficile".


Bonne soirée début de vacances  !!!



Nathalie Cailloux 12/04/2011 08:50


Très beau ton texte, j'aime, il y a ce coté qui envoie, qui respire, vivant, génial ma Brigitte et merci pour Milady, je t'embrasse fort en ce matin où je n'ai pas encore ouvert les volets...


brigitte giraud 12/04/2011 20:41



Je te remercie de ton texte, il est tout juste comme tu dis là. Je continue à te lire...


 



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