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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 12:12

Café. Petit crème. Une noisette à une terrasse. Une page d'écriture.

Une lettre.

On n'écrit pas pareil un texto, un mail et ...une lettre.

On ne reçoit pas de façon égale un texto, un mail et ...une lettre.

La feuille, la plume, et l'encre. Rien de plus simple que ça !

Une tache blanche sur le carrelage. Adresse calligraphiée. 

Fébrilité. Je me baisse. Je reconnais. Je sais. La lettre.

Ne pas l'ouvrir aussitôt. Choisir de s'installer ici plutôt qu'ici. Se mettre en condition pour la recevoir complètement dans les yeux  et  ne pas aller trop vite, ne pas risquer la glissade sur la sensation.

Au contraire, s'en laisser remplir, se laisser faire par elle.  Physiquement (comme  pour un livre, en tournant les pages pour humer l'odeur des encres, du neuf des encres), et psychologiquement.  

Sentir le sentiment de la lettre,

et s'ajuster à elle.

 

Imaginer la main qui s'empare du stylo,

les forces internes toutes rassemblées et tenues, au bout des doigts qui écrivent.

Ce temps du don.

Lire sans rien se formuler, mais sachant bien tout ça, le sentiment de la lettre.

Puisqu'on s'en passe, qu'on peut bien s'en passer avec nos technologies de la vitesse... 

 

 

Le jour alors se poétise.

Lisa Portelli sur "l'horizon".

Published by brigitte giraud - dans Intimité
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commentaires

tempesdutemps.over-blog.com 10/06/2011 11:10


Une autre anecdote : mon amie canadienne devant un truc pas terrible me dit tout de go "Il n'y a pas de quoi écrire à sa mère ! " (expression équivalente à il n'y a pas de quoi se relever la nuit).
À moi, la destinataire Des Dernières lettres à ma mère. Nous nous regardons... et explosons de rire !


brigitte giraud 10/06/2011 14:55



C'est bien cette connivence... cette parfaite complicité qui permet ce rire-là. Baiser à toi, bella !



Christine 09/06/2011 16:57


de désespoir plutôt,Brigitte, pour revenir sur le beau texte lu il y a peu...
celles d'amour ont disparu, mais restent des bouts de papier furtifs, pages d'agenda arrachées, quelques mots qui touchent au graphisme reconnaissable entre tous


brigitte giraud 09/06/2011 18:00



Oui, "Dernières lettres à ma mère"... Je ne peux pas ne pas y penser. Ce qui hante aussi l'amour, et ce que l'amour hante...



Mokhtar EL Amraoui 09/06/2011 14:24


@Prompt rétablissement, Brigitte.


brigitte giraud 09/06/2011 18:02



Merci Mokhtar, ça va encore tenir un peu, oui, allez, pas grave, ça ! Le temps est détraqué, alors forcément...



Mokhtar EL Amraoui 09/06/2011 07:29


@Christine

Très belle question fort inspirante. Personnellement, je n'ai jeté aucune des lettres que j'avais reçues. Je les re-déguste, tout rêvassant, en regardant les différentes ghraphies, les mots et ce
qu'ils évoquent comme personnes, circonstances,etc.Toute lettre a sa personnalité, son être profond et très évocateur.


brigitte giraud 09/06/2011 11:14



Moi aussi, je garde. Je suis très "conservatrice" des traces.  Je ne sais pas jeter. Je ne le peux pas. Ce serait comme une trahison alors.


Bonne journée à toi, moi je tente d'éliminer ma grippe.



Christine 09/06/2011 06:27


Il en est de la lettre et du mail comme du livre et des tablettes numériques, chacun a sa place qui évolue et bouge comme notre société ; à nous de concevoir des usages personnels et
complémentaires
Mais n'avons nous pas, tous, caché dans quelque coin secret, un courrier jauni, précieux entre tous?


brigitte giraud 09/06/2011 11:10



Une lettre d'amour ou qui aurait à voir avec l'amour...



Mokhtar EL Amraoui 08/06/2011 21:00


La lettre, tout un rituel tant au niveau de l'émission qu'à celui de la réception.Cette attente fébrile , cette consultation de la boîte aux lettres comme un oracle et puis c'est la joie ou la
tristesse, l'espoir ou la déception qui nous enveloppent ou nous timbrent parfois , à jamais!
Je n'ai pas oublié, bien entendu, tout cette belle littérature épistolaires et ses pistes en l'air. Pars facteur, reviens vite , facteur, je te confie mes lettres!
Une petite blague ; peut-être la connaissez-vous: Un jour, un facteur apporte le courrier de Jean-Paul-Sartre, il lui dit: "Tu sais, Jean-Paul, entre gens de lettres, on se comprend bien!"


brigitte giraud 09/06/2011 02:09



Ah non, je ne connaissais pas cette anecdote. Elle est drôle. Elle me plaît beaucoup en fait...



C comme Corinne 08/06/2011 20:55


une communion - funambule n° 38


brigitte giraud 09/06/2011 02:10



Oh oui, je viens de voir ça... Et tes albums !!! c'est magique... Mais comment t'as fait ça ?



marie-claude 08/06/2011 18:22


Tu as raison, il y a un lien évident entre l'écrit et l'amitié .


brigitte giraud 09/06/2011 02:12



Je crois que c'est vrai. Quelque chose est forcément chevillé.



marie-claude 08/06/2011 17:17


Nostalgie de ce temps de l'écrit,
Qu'il était bon d'attendre le facteur porteur de messages attendus, de se laisser surprendre par ce courrier non attendu ...
Et d'y répondre !
Mais ce temps là prenait trop de temps .
amitié .


brigitte giraud 08/06/2011 18:09



Non, non ! On le trouve forcément le temps. J'entretiens encore des échanges épistolaires. Quelques-uns. Avec des gens très loin d'ici. Le téléphone est compliqué. Alors, est-ce justement
l'éloignement allié à la force de l'amitié ? 



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