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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 13:42

Ma poche, ta poche, je me souviens.

Les nuages dedans y entrent tous.

Avec le vent.


 

Je me souviens de ça :

Il y avait Le poids du Monde de Peter Handke que nous lisions à voix haute, calés sur nos oreillers. De courts textes qui nous faisaient toujours penser à. Je  passais beaucoup de temps à penser à. On se racontait. Avec des mots tricotés par ceux des autres, reliés à la terre, aux oiseaux, à la mélancolie et où aucun mystère ne pouvait se nicher. Nous étions nous-mêmes un mystère total, "mystère total", c'est cela que nous disions dans la gravité d'un rire,  presque effrayés de nous savoir l'un à côté de l'autre. Nous étions peut-être les seuls à ne pas douter  de notre talent ajouté. 

La vie avait-elle déjà mal au coeur ? Ou bien nous-mêmes avions-nous le sentiment de ne rien peser dans un monde si lourd ? Est-ce que j'aimais déjà les papillons ?

J' avançais par rebonds, la voix soudée à la texture du texte qui me propulsait vers ailleurs...Je ne savais pas où. Et je m'en foutais bien.

Tu t'appliquais pour moi à la lecture.

 

Et puis un jour, j'ai vu ce film. Cette séquence m'a profondément marquée. J'y ai longuement pensé. Souvent longuement pensé. J'étais comme la poche en plastique. Chahutée. Un parachute sans équilibre, seulement des mouvements fous, de fous, des arabesques molles?

J'y pense souvent, je ne sais pas vraiment pourquoi. A cause de l'invisible du vent ? De la sensation d'être rejoint par quelqu'un à un moment de sa vie ? De la solitude ?  Et de la poésie qui niche toujours dans le réel quand on y met de la lumière ?  

C'est tellement important une poche de rien du tout. Qui parle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
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commentaires

stéphane 19/10/2012 13:17

Cette scène du plastique qui virevolte m'a également beaucoup marqué. Oui, la poésie se niche partout, si tant est qu'on sache regarder, enfin qu'on regarde, qu'on pose le regard. La beauté serait
donc plus dans le regard que dans l'objet?

brigitte giraud 19/10/2012 14:48



Oui, je crois ça.


Je crois que certains ne verront jamais rien,


quand d'autres poétiseront la vie.


Une éducation du regard sans doute, plus une "sensible sensibilité"...


Tu as tout ça..



C comme Corinne 15/10/2012 20:10

Très beau ce texte. ta poche n'est pas vide donc, chahutée parfois peut-être mais bien pleine.

brigitte giraud 15/10/2012 20:14



On la remplis de ce qu'on veut alors. Du meilleur de préférence, et du doux, et du bon, et du beau...de préférence, hein ?



Christine 14/10/2012 12:01

http://ousontlesenfants.hautetfort.com/album/plastick/
[mis dans mon comité de lecture l'an dernier...:) ]

brigitte giraud 14/10/2012 13:21



super ! t'en fait des trucs chouettes, toi !



marie-claude 13/10/2012 17:41

oui il y a le poids du monde, celui très lourd de certains moments de nos vies ... et ce souvenir des moments si légers qui nous ont accrochés si fort ... si bien ... auxquels on tient !
amitié .

brigitte giraud 13/10/2012 19:44



Le monde peut être léger ; on voudrait qiu'il le soit !



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