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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 12:30

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                                               Photo | Isabelle Lagny

 

 

Regarde ! Le lit du fleuve n'existe pas.

Les hommes ont cousu la terre.

Les nuages portent des cicatrices.

Le trapéziste n'en finit pas de tomber,

la mer brûle.

 

Les hommes échancrent seulement des rêves, une cigarette aux lèvres,

accoudés à la table, ils penchent sur des flûtes, des becs à anche,

et des sons emplissent les cages, les chambres,

les toiles peintes, des escaliers,

mon livre à ton chevet.

 

Une enclave perdue, arrachée à la hache, des familles maudites,

des noms maudits, noyés et maudits...

 

Le sens unique déserte le fleuve, l'océan, la mer morte.

Je sais, dans le chant de Rouben, sur le bout de son alphabet,

dans le dessin du papillon ou de l'avion jeté par-dessus son épaule,

une litanie de traits, dans sa paille d'enfance.

 

Nous construisons une maison forestière, 

assemblages de tronçons de bois, de rondins à la hâte,

nous perforons des murs d'enceinte,

avec des oeufs durs couleur sienne

et des pelures d'oignon bouillies.

 

Nous ouvrons notre porte et nos fenêtres

pour entrer chez vous.

 

 

Published by brigitte giraud - dans Recueil de photos et textes
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commentaires

Isabelle Lagny 07/05/2011 16:26


j'aime beaucoup ce texte. Puissent d'autres photos te provoquer encore et encore!
Bien affectueusement et avec admiration
Isabelle


brigitte giraud 07/05/2011 16:46



Ma ptite isabelle, merci de ces images et de tes mots. Que cela continue et que nous ouvrions un jour un livre...  Ce qui attend, est à ta porte bientôt.



bourmaud 03/05/2011 09:26


"Nous ouvrons nos portes et nos fenêtres pour entrer chez vous" : je verrais bien tes mots déclamés devant les guichets de la Préf ! Mais ce serait peut être de la provoc ? En tous cas comme ils me
parlent! de quitter la peur , de s'ouvrir tout grand ... Et je préfère oublier les cicatrices, les chutes et les brûlures pour ne retenir qu'eux
En te lisant je voyais le petit visage sérieux de Rouben, concentré, appliqué devant son livre ou son dessin, et la fureur des hommes par dessus lui ...
Encore merci de traduire si bien des émotions que je partage et que je ne saurais jamais dire aussi fort


brigitte giraud 03/05/2011 10:27



Merci Dominique ! mille fois ! A m'en donner des larmes, (tout est émotion, tout est émotion,) les mots me servent bien  quelquefois à les déposer quelque part...


Devant la préfecture, ce serait bien...


Je t'embrasse doux



Sienne 26/04/2011 10:50


Superbe ... Les hommes ont cousu la terre .... Je suis enRubennisée .

Merci et encore !


brigitte giraud 26/04/2011 12:34



Rouben ! Tout doit être pour lui ! écrire comme faire se rejoindre les territoires...


Merci à vous



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