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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 03:56

J'ai trouvé ce lien dans ma messagerie ce matin.

  http://www.recoursaupoeme.fr/link

http://www.recoursaupoeme.fr/critiques/brigitte-giraud/dominique-boudou link

 

Merci Dominique, qui toujours m'étonne. Qui donc ferait naturellement cela ?

Brigitte Giraud


"On croit s'éloigner, on tend seulement la corde du retour.", écrit Brigitte Giraud dans Seulement la vie,  tu sais, sa dernière livraison poétique. Voilà qui illustre bien le chemin d'écriture de l'auteur. Comme dans ses précédents recueils, Brigitte Giraud nous offre une poésie de mouvements.

  Un train venu des brumes du nord file vers Bordeaux. Dans la cité girondine, le tram de la ligne B sillonne la ville.  "Mouvement dans le mouvement " des rails ici et là-bas, un carrousel tourne sur son axe avec ses chevaux de bois, des cordes à linge ou à songe se pendent dans le vent, des oiseaux griffonnent le ciel de leurs signes improbables.

  Mais " aucun pédalier n'actionne jamais le monde, aucune horloge jamais n'a indiqué l'heure juste ". Le retour est déjà là, avant même que de partir, dans le temps comme dans l'espace. Le retour de l'être aimé qui aime une autre femme aux yeux verts et au corsage bleu, au " sang jeune ". Le paysage ne tient plus debout. L'attente trébuche sur les corps lourds. Les mouvements mêmes du désir ne sont plus des lieux sûrs.  

  C'est que l'homme du train, qui revient sans être jamais parti, laisse deviner un autre homme, celui du tram, dans une géographie incertaine " sur l'échangeur des sentiments ". La narratrice, car c'est bien, aussi, un récit qui agit tout au long de ces pages enrayées, sent [son corps tout entier glisser dans la fissure du désir ].

  D'où, peut-être, la nécessité de retenir ce qui doit être retenu, des émotions comme des souvenirs, sur un calepin ou dans une boîte en métal. Mémoire et oubli, liés par le même souffle, se livrent un combat sans merci sur les berges de la fatigue. Le vide est à l'affût ; il ne faut pas tomber.

  " Je rattrape tous les fragments de toi-même. ", écrit Brigitte Giraud. L'enfance, ce rivage où l'homme fourbu revient toujours, égrène ses litanies de courtilières, de silences et de chiens jaunes. Un cheval passe aussi. Qu'on retrouve inventé sur le carrousel bientôt immobile. Une petite fille s'accroche à lui, demande à son père si l'animal est mort par temps de pluie.

  La plume de Brigitte Giraud, dans le transport des métaphores et le relevé des notations ordinaires, émarge une fois encore au registre des émotions qui troublent le visage de l'amour aussi bien que celui de la ville.

De nombreuses images, celle notamment du manège aux chevaux de bois, pourraient faire penser à Léo Ferré pensant lui-même à Verlaine. Il y a de la musique dans la poésie giraldienne. Les mots tament-tament, rauques ou feutrés, les notes parfois bégaient, " Pleut. Re-pleut. Pleut. Pleut. ", et l'alexandrin souvent, qui n'est pas invité, impose sa lenteur : " L'ombre sauve toujours une part de mémoire ".

  Parfois, dans une langue aux contours plus blancs, plus fragiles, c'est à Marguerite Duras que l'on songerait. " Elle dit que les amants du tram souffrent et jouissent en même temps, que les livres ont toujours une longueur d'avance sur la mort. Elle dit que cette pensée est insupportable. "

  Seulement lavie, tu sais, publié par Paul Sanda aux éditions Rafaël de Surtis, confirme un talent récompensé en 2006 par le prix Jean-Follain et remarqué par Antoine Emaz dans la revue N4728 qui publia un extrait de ce recueil.

 

"Seulement la vie tu, sais" | Brigitte Giraud

éditions Rafaël de Surtis, 55 pages, (15 euros + 3,50 de port)

7, rue Saint Michel

81170 Cordes sur Ciel

commentaires

C comme Corinne 15/10/2012 20:00

Qui ferait naturellement cela ?

Quelqu'un de bien. Quelqu'un qui aime une qui écrit très très bien.

Vous êtes beaux tous les deux !

brigitte giraud 15/10/2012 20:13



Ah ma couine !


nous sommes bien couines, nous !


Je te clins d'oeil


t'aime.



Nana Massart 12/10/2012 19:54

Quel doux et beau clin d'oeil!. Orgueilleusement, je clame que j'ai "Seulement la vie, tu sais",et en plus avec une délicate dédicace... Il m'accompagne si quelques insomnies m'ennnuient, je ne
suis plus seule....

brigitte giraud 13/10/2012 01:27



T'imagine, Nana, si tout le monde faisait comme toi, j'achèterais une grande maison au bord de la mer, et ce serait celle des amis...



marie-claude 12/10/2012 11:18

je ne l'ai pas encore acheté ( n'étant pas encore une adepte de l'achat en ligne) faut que je m'y mette (mon fils m'aidera) car ces mots (ici écrits) m'en donne plus que l'envie ...
amitié à vous deux .

brigitte giraud 12/10/2012 13:36



Tu es une vraie gentille !



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