Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 04:23

 Le corps connaît ses limites, pas nous. L'excès arrive, on ne s'y attend pas. On savait puis on a oublié le moment venu. On mange trop, on boit trop... mais on n'aime pas trop.

D'où le soupir.

Le soupir ce serait donc le coeur. C'est une histoire de coeur. De muscle et d'émotion.

Le soupirant soupire pour sa belle (même si elle est moche, il soupire !)

Il est dans une tension. Le fil électrifié de la tension amoureuse. On prend le jus sans se rendre compte de rien. A l'école, on apprend que les sens sont trompeurs. Se méfier alors des belles ...et même des moches. Foutue morale de la méfiance !

Il soupire donc, l'amoureux. D'aise ? Pas si sûr. En tout cas il soupire.

Alors, voir un autre sens du mot : "le soupir de pas d'aise".

J'en connais, moi, qui soupirent longuement et ça a l'air d'être douloureux, à entendre ce ronronnement de pas d'aise, et le soulèvement de poitrine que c'est. Une histoire de muscle et d'émotion. Un état émotionnel bousculé. Le muscle respiratoire tire sur les poumons, le diaphragme s'étire, et l'air remplit un espace libéré plus largement. La respiration est forcée en quelque sorte, juste pour que l'oxygène appelé en urgence entre dans la cage thoracique, pour  cette détente que le corps se cherche et se procure instinctivement. 

Je souffre, je soupire. Je soupire donc je souffre ? Pas certain non plus. Degré de la souffrance à définir, âge et qualité de la souffrance aussi, à définir.

Reprenons : le soupirant souffre pour sa belle (même moche !) et soupire d'aise, un aise qui n'en est pas un, puisqu'il est dans le bousculement des sens qui veulent respirer. A croire que c'est pour ça que les fenêtres ont tellement d'importance  dans le romanesque amoureux. On guette à la fenêtre, on chante sous la fenêtre, on y accroche un mouchoir... On signe le soupir en quelque sorte, et tout à la fois, le soupir se signe, à tomber à genoux comme en prière.

Je soupire, donc je respire, ça c' est indéniable. Donc, je vis, doSEDnc je souffre, donc je soupire, je soupire d'aise, et de pas d'aise, à l'excès et  par peur : de ne pas être aimé, pas assez aimé, de me tromper, d'être trompé, de l'étroit dans mon coeur, des maudits mots dits, pas dits, mal dits, des départs, des arrivées, des retours, des non-retours, des illusions, gagnées ?  perdues, des ratages, des arcs-en-ciel, des comètes, des queues de comète, des fleurs coupées, de la pluie sur la mer, du chocolat à cracher, et de l'air qui manque, 

et de tout ce qui manque, 

...d'amour, de vie, de chant, de vérité, de signe, de mouchoir à la fenêtre, d'air, de respiration, de protection, de liberté, de paix, de bras autour des épaules, de nuits sereines, douces et de lune pleine, à la belle étoile, à la bonne étoile, à la polaire, à celle du Berger,

alors, parfois, c'est elle, l'étoile qui prend le relai, qui en a marre, et vaincue, écroulée, tombée par terre, c'est elle qui soupire, et pire...

Dès lors plus rien ne va plus, parce que l'étoile, elle, elle est bien obligée de tenir au ciel. Si elle n'existait plus, l'étoile, l'inaccessible étoile, on ferait quoi ? L'étoile est faite pour être inaccessible, c'est ça le désir, non ?   Alors on soupire on soupire on soupire on ... 

"Dis, je peux regarder dans le caléïdoscope pour voir le monde autrement ?" Je disais aux enfants que le monde a tout un tas de facettes différentes et qu'ils pouvaient les voir, qu'ils pouvaient, quand ils le souhaitaient ou quand ça n'allait pas bien en eux, mettre leur oeil sur la lorgnette, et que tout changeait toujours si on le voulait bien, que finalement on s'en foutait du monde, qu'il pouvait bien être ce qu'il veut, le monde, et que, même s'il était moche, c'était ce qu'on en faisait qui importait toujours. Je ne racontais pas d'histoire, je voulais simplement que soit symbolisée notre capacité à voir des beautés, malgré tout. Malgré tout...

 

commentaires

Christine 23/07/2011 20:02


"Monteverdi lamento della Ninfa Amor dicea si tra sedgno"
ou le duo entre Poppée et Néron dans le "couronnement de Poppée Si dolce el'tormento"
je te laisse choisir, j'aurai la surprise, histoire de bien faire soupirer nos soupirants, merci Giulio!


brigitte giraud 23/07/2011 21:15



Je choisirai donc. Nous les inviterons à la fête !



giulioT'as pas vu 23/07/2011 19:17


Petit coup d'oeil par le soupirail !

On part en soupirant... et puis... c'est que vous avez l'air de bien vous amuser, les filles. Jolie façon de soupirer !

Qu'en disent vos soupirants ?

À part ça, bons anniversaires à toutes deux !


brigitte giraud 23/07/2011 21:05



Fêtes, Giulio, c'est notre fête, à un jour près, yes ! On soupire... pfff ! y'en a marre ! mais c'est une étude de caractère, façon La Bruyère en fleur coupée. On attend nos
bouquets, voilà !......... tiens ! on sonne à la porte... ça doit être le fleuriste. ...Yes, c'était le fleuriste !


Amitiés à toi, Giulio !



Christine 23/07/2011 18:30


merci de me donner de belles choses à lire, Brigitte
et bonne fête!
Brigitte le 23 juillet Christine le 24 juillet hé, hé!
encore un signe!


brigitte giraud 23/07/2011 19:15



Oh yes, Christine !!!! Le monde des signes nous devient familier, on dirait.


Bonne fête à toi, par avance !


Quelle chanson tu veux demain, je la mettrai  ici, for you.


 



Cat 23/07/2011 14:51


Bonne fête, Brigitte.


brigitte giraud 23/07/2011 17:56



Ah toi enfin ! merci à toi, bella, merci. A très vite. Baisers



Christine 23/07/2011 12:14


je n'ai rien à dire, c'est ça, enfin rien d'intéressant et puis peut-être un peu flemmarde... c'est si bien de se laisser porter par les autres!


brigitte giraud 23/07/2011 17:58



"Lis-moi pour apprendre à m'aimer.


Äme qui souffre et va cherchant son paradis..."


Belle journée à toi, Christine



Christine 23/07/2011 10:50


non, tu sais je n'écris pas,je ne sais pas faire
je lis, je lis, je lis et parfois commente
le galet est une exclusivité
bonne journée,
bien sûr la pièce m’intéresse, pour l'instant je ne regarde pas trop tes vidéos because petite connexion 3G, je verrai tout ça en rentrant surtout celles de Misrahi


brigitte giraud 23/07/2011 11:39



aH, dommage ! je suis certaine que tu saurais "faire". Ca ne veut pas dire grand chose "je ne sais pas faire", c'est plutôt, "j'ai pas envie de ça ! " ou "ça me ferait peur alors je laisse de
côté parce que je ne me fais pas confiance, et puis j'ai rien à dire, moi ! Si c'est la deuxième proposition qui est la plus vraie, tu devrais juste essayer, parce que je suis bien persuadée que
tu saurais mener ton embarcation, voilà.


La clé 3G est quand même formidable ! elle connecte, elle connecte, j'en sais quelque chose ! Oui, Robert Misrahi, ça t'intéressera forcément  !



brigitte giraud 23/07/2011 09:50


Hou ! ça commence à remonter la pendule du temps, ça, Christine ! Mais dis donc, si tu as envoyé ce billet comme "galet à ricocher", c'est que tu aurais un blog ? Facebook actif ? ou quelque chose
comme ça ? une plage en somme sur laquelle je pourrais venir me balader ?


Christine 23/07/2011 09:34


je soupire, aie,
tu as raison
ça fait mal quand le temps nous joue des tours, prend des raccourcis, se joue de nous, fait des galipettes sur des signes hasardeux (même si on ne croit pas aux signes...)
j'aime beaucoup, Brigitte, je l'ai même envoyé comme un galet qui demande à ricocher...
il me rappelle un petit livre que tu avais écris avec les gamins de la classe d'adaptation et que je dois toujours avoir sur une étagère par là


Brigitte Giraud 23/07/2011 09:58



Oh mince ! je t'ai répondu, oui, mais pas dans "la zone administration du blog", donc mes mots seront comptés comme commentaire, et je ne peux pas faire le commentaire de ce que
j'écris... Oui, je voulais rajouter que la pièce dont tu as vu un extrait sera jouée, dans des écoles qui le voudront bien, par la Compagnie du Petit Rien, à partir d'octobre... Peut-être que la
tienne serait intéressée, on ne sait pas ; je t'enverrai une documentation pédagogique et le livret qui vont être réalisés, tu veux ?



Présentation

  • : Le blog de Brigitte Giraud
  • Le blog de Brigitte Giraud
  • : Donner mon regard sur le monde, ce qui me réjouit en cela que c'est la seule chose possible de faire.
  • Contact

Recherche