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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 19:01

Je regarde cette femme. ViVANTE. Elle est fatiguée extrêmement. Sa vie pèse une plume d'ange. Son sourire mange toute sa figure.

On pourrait penser qu'elle n'est pas là. Mais non ! elle parle, questionne et se souvient.

Elle raconte un coin de cuisine et sa mère.

Se rappelle sa mère dans l'angle du mur d'une cuisine.

Se souvient de sa peur pour cette mère dépressive.

Se souvient de l'inutilité de sa peau...

Un décor si ordinaire... Un moment si simple.

Une fille et sa mère dans une cuisine, des mots de passage,

et l'éprouvé d'une violence tout à coup. Des mots ternes, anodins, mais porteurs, là, dans ce moment-là, auprès de cet être-là, d'une violence, d'une coupure du lien. 

Le ressenti de la violence imaginaire fait des dégâts.

Le signal du signal de la peur, d'une peur fantasmée, produit toujours de la peur. L'objet de la peur demeure dans l'imaginaire, mais il n'empêche qu'on aura quand même peur.

A un autre moment, sous un autre éclairage, tout aurait été différent. Les mêmes mots, mais pas le même éprouvé de ces mots.

Elle est là, près de moi. Elle sait bien tout ça. Elle sait qu'elle veut vivre. Elle veut grandir. Elle a toujours dix-sept ans, dans la cuisine, avec sa mère.

La mère n'a commis aucune faute. Le sentiment de culpabilité de la fille a empêché la vie de se déplier en elle.

Elle a dix-sept ans toujours et depuis vingt ans, elle est dans une cuisine, sous le regard de sa mère.

Une tristesse par-dessus tout.

Elle dit ça, une tristesse par-dessus tout.

Je regarde cette jeune femme de trente-sept ans.

Elle est belle. Elle est maigre.Extrêmement.

Elle dit qu'elle veut vivre, par-dessus tout, (elle touche son ventre),

là où se tient le plus fort de la vie.

 

 

Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
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commentaires

christiane c 03/11/2010 18:57


il a fallu que je lise ton texte aujourdh'ui par hasard, la tristesse et souffrance qu'il s'en dégage m'a fait verser des larmes. C'est différent pour moi, mais c'est.
Je t'envoie un mail.


brigitte giraud 03/11/2010 23:00



Yes, christiane.



Jacinta Delapuertadelsol 17/09/2010 23:47


parmi tes textes je choisis celui-ci pour y laisser un compliment, bien écrit, touchant
Amitiés
Jacinte


brigitte giraud 18/09/2010 09:02



mERCI MILLE ET UNE FOIS jACINTE !



marie-claude 12/09/2010 14:30


une tristesse qui lui prend au coeur, au ventre qu'elle soutient de ses mains, qui lui monte la tête ... Pourquoi ?


brigitte giraud 12/09/2010 23:59



La vie est parfois dans des paradoxes fous, oui.



C comme Corinne 12/09/2010 06:54


Le frisson m'est venu et puis là un tristesse infinie, un mal là pour elle, dans le ventre.
Texte sublime, comme un cri dans la vie


brigitte giraud 12/09/2010 14:02



"Un cri dans la vie", un cri qui respire en silence, oui, c'est exactement ça ! La vie qui est là pourtant et qui n'est pas vue, peut-être...



carole 11/09/2010 09:37


bonjour ! j'entends l'écho en moi ... de cette tristesse là. tellement semblable bien que sans doute différente.


brigitte giraud 11/09/2010 12:12



Une tristesse inaudible, mais là, à pouvoir presque la toucher. Merci à toi, carole !



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