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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 00:31

Vivre.

Il faut tenter de vivre et le temps est court.

Répondre à la vie. A la liste des possibles et des impossibles. Cocher la sienne.

Se soumettre à la question. "Qu'est-ce que tu veux, hein, mais parle, dis, qu'est-ce que tu veux ?"

Invariablement la langue sera muette, ou convenue. Une pensée bien pensante parce que la question est fermée. Faudrait trier. Prendre le temps de faire le tri.

Vite fait d'abord. Puis, une confusion tamise l'éclairage de nos lampes.

On voit moins clair, moins net, trop flou. Puis...

"Pas tant que ça, tu sais ! Je ne suis pas un mauvais cheval après tout ! J'ai du Prozac, mais aussi un peu d'hélium dans ma besace, un concentré de capucines et de la mauve, un peu de champagne rose, et des tonnes de bonnes folies extra-ordinaires... je sais, c'est ce qu'on dit toujours...Elles ont belle réputation les bonnes folies qu'on se croit être tout seul à posséder et qui nous singularise si bien... Ben tant pis ! Je veux bien me reposer sur elles, moi, et même, tu vois, assise en tailleur sur une terrasse imaginaire ouverte sur la mer, un petit tas de sable blanc dans une chaussure délacée, Glenn Gould au piano pour une variation Goldberg... Musique !"

Un épuisement dans ton "mobilhome" des manières de faire avec ce "vivre" qui nous empoisonne et nous fait fleurir.

Deux pans contraires, deux versants pour une même unité : la vie.

Est-ce qu'on n'est pas trop vieux pour s'égarer dans des vents en capilotade d'un ciel en capilotade ?

Quand le désir n'y est pas, la journée sera saccage. Mais quand même quelque chose est là. Quand même.

Qui n'est pas la défaite.

Vivre.

"Vivre debout", chante Brel... On se laisse prendre à se coucher, tout fatigués qu'on est, peut-être.

Vivre. Debout.

Tenir la vie pour y tenir.

Ma vidéo sur la plage, tu sais "Dis, c'est quoi le désert ?"Je pense, là, au vent que l'on entend si fort. J'en sentais bien sa présence sur ma peau et dans mes cheveux, mais je ne l'entendais pas ainsi, non.

Voilà, on croit que ce n'est pas, et pourtant c'est. Ca existe. Et ce "ça" contient son immensité.

Comme la vie... tuée, empêchée, tordue... Mais qui résiste. Mais qu'on veut, vaille que vaille. A laquelle on accroche ses oripeaux. Pour un peu, on dirait qu'on pourrait y laisser la peau, quand le vivant, en soi, est si fort.
Ce vent ! Oui, j'y reviens encore et lui aussi me revient dans l'oreille. Ce qui sourd du monde, pour peu qu'on l' écoute.

Une tension qu'on ne sait pas être, qui, en nous, fait son travail. Sur son fil.

Et j'aime cette sensation de la tension, ce qui surgira d'elle ensuite : un allègement !  3911902366_f77debd29b.jpg

Musique ! Des notes, d'autres notes sur un autre fil. 

Musique ! Des mots mis ensemble sur la bande son, musique de la vie  !

Tension, et rétention.

Une tension, puis un retrait.

Ne reste plus qu'une voix. ...Et le vent.

Vivre pour une alternance du rythme, un mouvement de marée, le désir qui vient et se retire, la tension nécessaire et le retrait, le mot sur le fil de la tension...

La tension ou une pensée, abstraite, comme un vent du large qui viendra te chercher à son tour. Travaille d'abord. La pensée en observation.

Des notes, des mots, de la musique...

Pour la nécessité de la vie,

et ses mots ensablés,

entre tiens et miens, "Entre tiens et miens",

pour la vie dans une trace,

pour le trou d'un coquillage aperçu au couteau de l'oeil,

pour une ligne d'un tableau de Mark Rothko,

pour l'apaisement de la ligne près du canapé de Carole,

où fermer les yeux est possible

puisqu'on les a ouverts sur une manière à vivre les vagues du balancier,

Ah mon Dieu, l'effet que ça me fait !

Pas à toi, dis ? Pas à toi ?

Published by brigitte giraud - dans Entre tiens et miens
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4 août 2010 3 04 /08 /août /2010 13:39
Je ne parviens pas à changer l'image première de couverture de ma vidéo.
Tant pis. Je la mets quand même ici.
Un jour, un jour c'est sûr, reviendra le jour pur.... (c'est de qui ça ?)
J'irai vers le désert.
A sa rencontre. Comme vers un  ami.
Depuis longtemps, je suis attirée par cette étendue de sable innommable.
On a tenté de le saisir.
Je pense à Edmond Jabès, à Le Clézio, à ...
Moi, je ne peux qu'en chuchoter de pauvres mots,
en coulant du sable entre mes doigts,
en regardant au loin,
une mer qui n'en aura jamais fini de se déplier...
 
Published by brigitte giraud - dans Vidéos
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3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 05:02
Andernos. La plage.
2 août 2010, vers les cinq heures de l'après-midi.
Une saute de vent soudaine jette le panama blanc de l'homme dans les nues.
Un moment que je filme.
Un instant improbable de bonheur. 
Le "vouloir saisir" de Roland est venu se nicher dans un soulèvement de paille et de papier.
Et le vent a pris ton chapeau en volée de sable à la renverse.
Published by brigitte giraud - dans Vidéos
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2 août 2010 1 02 /08 /août /2010 05:35
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Un principe de prévoyance ?
Je lis qu'il convient de le mettre en place. On est bien peu de chose, alors...
Pour vivre bien, pour être mieux.
 
Moi, ça me fait peur. Sortis d'un contexte, ces mots-là me font peur.
On dirait une publicité pour une assurance vie. On "met de côté", dans son bas de laine ce qu'il faut pour l'hiver. La relation humaine, la seule chose qui m'intéresse, échappe à ça, non ?
 
J'ai toujours préféré la confiance. A tort parfois ? Mais non. Non. Je ne peux pas autrement.
"Tout ou rien", on pourrait dire, et voilà qu' un vague sourire se dessine sur mes lèvres, dans ce petit matin...
 
Je ne veux pas prévoir. Cette rationalité, qui mettrait en cases, abcisses et ordonnées, ne me plaît pas.
 
Une échappée plutôt, où les hommes parleraient leurs élans tap tap tap, et la chamade battrait tap tap tap sa mélodie du coeur.
Rien que ça.
Ce vieux voeu pieux, si tu veux.
Ce vieux voeu pieux...
Ce vieux voeu pieux...
Un bel exercice d'articulation que voilà, en tout cas !
Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
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30 juillet 2010 5 30 /07 /juillet /2010 14:12

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L'attente de la rencontre est inquiétude.

Une joie et une inquiétude.

Un enchantement et une inquiétude.

On se dit ça et on a raison, puisque trente ans... Hein, trente ans ? C'est un vide qui occupe de la place tout d'un coup.

Je voudrais ne retenir que la joie et l'enchantement.

Mais il y a cette "angoisse d'attente funambule". Funambule, parce que l'inquiétude, heureusement, n'est pas constante.

L'inquiétude ne vient-elle pas du fait que l'autre n'est pas tout à fait réel...?

 Puis il l'est tout d'un coup, une bouffée de réalité qui prend.

"Oui, elle viendra, oui, elle va venir. Oui, je vais la voir et prendre sa tête dans mes mains."

Je me dis cela. C'est apaisant. C'est simple finalement. Si simple.

 

Dans la bibliothèque, attends... je cherche... attends...attends...  Ah ! ça y est, il est là !

Je sors cette espèce de bible, "Fragments d'un discours amoureux" que j'ai parcourue mille fois il y a quelques années. Un livre achété à la fnac, très exactement le 18 janvier 1996. Oui, j'ai pour habitude d'écrire toujours la date sur la première page des livres, la date et une petite phrase à vif, sur le vif du moment, et de la vie qui me traverse.   J'en ai déjà parlé ici de Barthes. Roland Barthes. C'est une mine sur les "figures" que peuvent prendre le sentiment et la sensation. Amoureux ou non, mais en liens, toujours, avec ce qui a à voir avec l'amour.

Sur l'attente, il écrit ceci :"Dans le transfert, on attend toujours -chez le médecin, chez le dentiste, l'analyste. Bien plus : si j'attends à un guichet de banque, au départ d'un avion, j'établis aussitôt un lien agressif avec l'employé, l'hôtesse, dont l'indifférence dévoile et irrite ma sujétion ; en sorte qu'on peut dire que partout où il y a attente, il y a transfert. Dans l'attente, tout est solennel : je n'ai pas le sens des proportions."

 

Bouh ! Que c'est vite compliqué, les choses de la vie dès qu'on les approche et les décortique un peu, même un tout petit peu !

Alors je laisse tomber !

Je veux n'être que dans la pureté de l'attente de la rencontre.

Accompagnée de l'enchantement et y naître.

Le sens des proportions ? Pas envie de l'avoir !

 

 

 

 

 

 

 

 

29 juillet 2010 4 29 /07 /juillet /2010 14:48

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  "C'est donc la frustration et non le fait d'être comblés qui nous rend vivants".

Je relis cette phrase. Je relis cette phrase. Je relis cette phr... Je relis cett... Je relis...

 

Est-ce que c'est vraiment la frustration, ou bien le processus qui veut recommencer un comblement ? 

Le comblement vient calmer, on pourrait dire, notre désir d'exister idéalement.

Cette course aux désirs, celle de vouloir embrasser le monde, est une réponse adaptative aux frottements de la vie qui nous écorchent, qui nous déçoivent. Je vois ça comme ça. Et parfois, est-ce que je suis sûre que c'est bien de "mon" désir dont il s'agit. On peut s'interroger sur ça, je ne crois pas que ce soit une mauvaise question.

Le désir c'est être vivant. Mais de quel désir s'agit-il ? Pour quel vivant ? on est tellement prisonnier de représentations de tous ordres qu'on s'oublie parfois.

  

Couper les cheveux en quatre,

juste alors 

pour ne pas

s'oublier.

 

 

 

Published by brigitte giraud - dans Entre tiens et miens
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28 juillet 2010 3 28 /07 /juillet /2010 03:06

D'abord infiniment, ce roulis des heures 4337691417_e3334b823c.jpg

au néon de mes tempes,

une argenterie soufflée de tes bougies.

Puis,

maintenant,

si tu me venais,

portant une lampe...

 

 

J'ai beaucoup écouté Jacques Bertin,

alors je vous le donne en partage.

 

27 juillet 2010 2 27 /07 /juillet /2010 11:41

J'ai trouvé cette anecdote assez troublante sur le : "Est-ce qu'une lettre arrive toujours à son destinaire ?"

 

On sait qu'il y a des lettres qui n'ont jamais atteint leur destinaire, on se désole de la traîtrise de la vie et du mauvais hasard, on imagine une folie incommensurable, le désarroi, le désordre qui se répand dans les têtes comme lancée de poudre. Le grain de sable qui édifie le château hanté... Tiens, il n'y a qu'à revoir Jean de Florette, Yves Montand sur le banc qui prend conscience à la fois de sa paternité et de sa barbarie. Ah3418853306_a4b556a068.jpg ! Jean de Florette !

 Alors je lisais que Lacan eut ce mot fabuleux, considérant, à l'instar d'Althusser, que les lettres trouvaient toujours leur destinaire :

"Mais Althusser n'est pas un praticien !"

Ben non, il est un philosophe. Et alors ? Je veux croire que Lacan ne se trompe pas et pourtant j'en doute.

Si un trouble, une déviance, un cri de l'âme s'adresse toujours à quelqu'un, il n'est pas certain que ce trouble, cette déviance, ce cri de l'âme soit entendu par son destinaire. De la même façon, est-ce que la "parole" du praticien sera entendue par le patient ?(c'est-à-dire est-ce qu'un questionnement trouvera ses résonances ?)

Sans doute ne le sera-t-elle pas tout de suite. Parce qu'il faut du temps pour construire des ponts-levis, d'autres fondations à la fois plus souples et plus stables, pour un meilleur équilibre sur le fil de la vie.

Sans doute que Lacan et Althusser ne se situaient pas, là, tout à fait sur le même palier de la sémantique.

26 juillet 2010 1 26 /07 /juillet /2010 08:00

Défi pour les "Croqueurs de mots".

 

La liponymie : Ecrire un texte en s'interdisant d'employer tel ou tel mot.

Par analogie avec la lipogramme, cela peut s'appeler la liponymie,

(du grec léipein : laisser, manquer et de onoma : le mot).

 

Choisir un astre, en s'interdisant d'en écrire le mot, qui peut uniquement apparaître dans le titre, et lui adresser un voeu, un souhait, une prière.

Forme libre.

 

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J'ai été affublée d'un sobriquet que je n'aimais pas. Mais comment dire, comment dire qu'il est une erreur dans votre vie, quand on vous en habille avec  mille simagrées entendues.

Le monde s'entendait  pour s'exercer à la moquerie, usant, sur ma tête, du ridicule  pour s'en protéger soi-même et en sourire ?

D'autant que le monde s'était plié naturellement à l'affreuse chose qui me blessait et avait fini naturellement  par me désigner de ce diminutif idiot. Il s'était imposé à lui, il en avait imprégné tout mon corps et jusqu'à son ombre. De la façon la plus naturelle qui soit, vous dis-je, je devenais peu à peu le sobriquet même.

Les grâces, j'en étais certaine, me quittaient à jamais. Un idéal imaginaire se brisait sur le carrelage de la cuisine comme une plaque de verre. 

Pourtant   un tableau   le faisait renaître, encore et encore. Une naissance infiniment recommencée  de l'infinie beauté offerte et pure.  Je dois à Sandro Felipepi, dit Botticelli, ma première émotion artistique et toutes mes inquiétudes spirituelles.  

Une star du ciel dans une conque ? J'appris alors à lever les yeux et à suivre du doigt le dessin des étoiles.

- Regarde ! C'est elle !

Moi, je ne voyais rien de rien. Le ciel ne me parlait pas. Il était définitivement noir et aveugle, sans berger pour me conduire.

Je filais alors devant le miroir de la salle de bain. J'essayais de surprendre dans mes yeux une lumière stellaire, une pépite d'or, un scintillement magnifique.

Puis, j'allais dans les Jardins. On dit que l'Amour les garde. On raconte que des fleurs y poussent sous la terre, que leurs statues ont des larmes qui coulent à la Lune et que leurs veines se comblent d'un sang lourd.

Parfois je surprenais un mouvement.

...Un mouvement... Mais non !

Silence. Noir sur l'écran.

 Aphrodite arrête le film.

Ce soir, elle se maquillera encore les yeux, mettra des paillettes sur ses cheveux, surperposera ses voiles, et, dans de longs rubans de fumée pâle, elle écrasera  son mégot de clope dans une coquille de noix de Saint-Jacques.

 

 

 

25 juillet 2010 7 25 /07 /juillet /2010 20:33

100 4186Etre dans l'inconnu à venir est une chose singulière. (J'ai failli mettre un "e" à l'inconnu, mais non, Corinne n'est pas une inconnue, ou bien n'est plus celle éloignée de moi).

Chose singulière, oui, parce qu'elle nourrit son propre trouble.

Et ce trouble devient une inquiétude. Je fais des petits pas, des petits riens qui agissent en moi, des questions qui sautent en chaussons de danseuse, des réponses en arabesques...

- Et si je n'étais pas à la hauteur ?

- Mais à la hauteur de quoi ?

- Eh bien de ce qui élabore mon fantasme,  qui me dit, tout bas, que ce moment sera marqué dans le marbre de nos vies et que la calligraphie doit être toute dorure, toute pureté de la dorure. Que l'erreur est impensable et que ma pensée de l'erreur possible est déjà une erreur peut-être.

- Oui, mais l'inquiétude ? Qu'en fait-on ? On l'efface, on la gomme, on ne la considère pas ?

- Si, puisque c'est d'elle que naît la magie. C'est comme la chrysalide du papillon. On ne sait pas la couleur du papillon, mais on sait que le papillon sera.

- Est-ce que c'est vrai que la chrysalide est souvent enfermée dans un cocon de soie ?  J'ai vérifié mes fiches. Elles le disent. Donc, le trouble est dans un cocon de soie ?

- Oui, et c'est quand même un  trouble... Le trac de notre entrée en scène, hein ?. Indissociable de la place accordée à notre musique. Des accords pour nos pas.

- Trébuchants ?

- Cela n'importe pas !

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