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16 juillet 2010 5 16 /07 /juillet /2010 22:29
"Etre heureux c'est plus ou moins ce qu'on cherche..."
Yes, il a bien raison !
Y parvenir n'est pourtant pas une évidence.
Savoir les moments doux que l'on a vécus, les savoir.
Published by brigitte giraud - dans Intimité
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15 juillet 2010 4 15 /07 /juillet /2010 23:51

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 Les femmes de Calcutta sont blanches.

C'est Marguerite Duras qui le dit.

Oublier quoi ?

Rien.

Est-ce possible ?

Non.

Ce serait devenir fou.

Devenir folle.

Quand, derrière les yeux, se tiennent toutes ces images que je n'ai pas vues.

"C'était demain", hein ?

 

Published by brigitte giraud - dans Intimité
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15 juillet 2010 4 15 /07 /juillet /2010 14:14
"Un petit bal ", comme ici et là hier soir.
Une improvisation du moment. Un impromptu qui se rencontre.
Les gens qui tournent, mouvements cassés, sous les sDD.jpgun-lights liquides,
la nuit griffée de spots...
Vivre de l'art,  écrit sur un gobelet en plastique jaune,
un tourbillon de la vie alors ?
Quand le "Ville de Bordeaux" défonce le quai,   
sous les étoiles  d'artifice,
les feux filant les mailles du ciel...
Sous les lampes du fleuve,
un oiseau s'est perdu.
Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
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14 juillet 2010 3 14 /07 /juillet /2010 01:58

 

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A moins d'un détail perdu,

je remplirai le vase

de sel et d'eau,

une flaque irisée du miroir,

 et ce ne seront pas mes yeux

ni mes mains,

ni mon corps de paille...

Seulement l' ombre de l'eau,

seulement l'ombre du sel.

Toute horizontale sur la mousse, 

une lumière tremblée.                                               Tableau Egon Schiele

 

 

 

 

 

 

 

Published by brigitte giraud - dans Intimité
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13 juillet 2010 2 13 /07 /juillet /2010 11:11

 

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"Ce n'est que beaucoup plus tard et à la lumière de mon analyse que je compris comment ma mère m'aimait.

En face d'elle, et hors d'elle, je me sentais toujours accablé de ne pas vivre par moi-même et pour moi-même.

J'ai toujours eu le sentiment qu'il y avait eu maldonne et que ce n'était pas vraiment moi qu'elle aimait et regardait.

Je ne l'accable nullement, notant ce trait : la malheureuse, elle vivait comme elle le pouvait ce qui lui était advenu : d'avoir un enfant qu'elle n'avait pu se retenir de baptiser du nom de l'homme mort qu'elle avait aimé et aimait toujours en son âme.

Quand elle me regardait, ce n'était sans doute pas moi qu'elle voyait, mais, derrière mon dos, à l'infini d'un ciel imaginaire à jamais marqué par la mort, un autre, cet autre dont je portais le nom, mais que je n'étais pas.

J'étais ainsi comme traversé par son regard, je disparaissais pour moi dans ce regard qui me survolait pour rejoindre dans le lointain de la mort le visage d'un autre qui n'était pas moi, qui ne serait jamais moi. Je recompose ici ce que j'ai vécu et ce que j'en ai compris. (...)

De toute façon, à ma naissance, j'eus droit au nom d'un homme qui ne cessa de vivre d'amour dans la tête de ma mère : le nom d'un mort."

 

 "L'avenir dure longtemps"   Louis Althusser

 

 

12 juillet 2010 1 12 /07 /juillet /2010 11:21

Pour les "Croqueurs de mots", il convient de relever ce défi d'écriture.

 

1 Pour faire le lien avec la plage, déjà évoquée dans les précédents défis, je vous propose de nous raconter "des vacances".

2 Récit sous forme de votre choix. Seul impératif : utiliser toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, selon Isaac Newton, à savoir, telles les 7 notes de la gamme, les 7 couleurs suivantes :

rouge, orange, jaune, vert, bleu, indigo, violet.

                 

                      X                      X                         X                            X

 

BG 3 FOURAS MAI 2010 010

On disait :" Vacances !"

Moi, je pensais  : "vacant", "coeur vacant".

Je pensais : "vacuité".

"Vide au-dedans", par-dessous ma toile orange amère. 

A bas-bruit, la tranche d'un livre me venait. Ou celle d'un poème :   "la Terre est bleue comme une orange". Eluard. Un questionnement sans fin de ce vers que je tirais dans tous les sens, une sorte d'élastique près de mon coeur, et d'un coup, vlan ! Je basculais chez Rimbaud, le beau...

Des livres ! Les stations service en donnaient, il y a longtemps avec un plein d'essence. "Berrurier au sérail" de San Antonio, le premier sur la pile, sans doute. Une couverture bleue qui suintait le mauvais goût et le comique troupier. Ce type énorme avec une tête d'idiot centré dans l'image ne m'inspirait pas la rencontre au coin d'un bois ! D'ailleurs, même sur une aire d'autoroute, il sentait le négligé et la bêtise.

Moi, je préférais toujours Arthur et son trou rouge au côté droit, le dormeur du val  éclaboussé pour toujours d'un soleil vert, qui n'en finirait pas de lui pleuvoir sur les mains.

Mon père était revenu de la cabine de la station-service avec "Berrurier". Il l'avait tendu à ma mère, ma mère à ma soeur, et ma soeur l'avait balancé sur la lunette arrière de la voiture, où, allez savoir ! il finit peut-être encore de jaunir doucement.

Pour être vraiment sérieux, je me demande bien ce qu'il  est devenu ce livre bleu et jaune que le groupe Esso (oui, c'était Esso !) avait élu comme livre de plage.  

Seulement nous, la plage n'était pas notre direction.

 La plage, on la verrait pas. A moins que... Bah ! On  s'en foutait finalement des châteaux de sable que nos mains ne bâtiraient  jamais, dont les tours et les pinacles seraient emportés par la marée qu'on ne verrait pas non plus.

La marée, je l'ai eue dans le coeur, moi. Léo Ferré sur les lèvres.

On en faisait la remarque, année après année : ça bouchonnait toujours  aux alentours de Bourges. Et Bourges, ça semblait moche ! Y'avait pas de raison esthétique à faire du cul à cul sur cette Nationale. Bah ! On s'en foutait encore. On se racontait des histoires, on avait chaud, on chantait parfois les chansons scout des grandes qu'elles nous avaient apprises. Je me souviens de "Fanny", de "J'étouffe dans la ville", et de celle-ci que j'aimais bien, à faire vriller ma voix et trembler le menton. Je chantais quand même :

" Ils ne sont plus les beaux jours de l'amitié,

tous nos copains ont quitté les cotonniers,

 ils sont partis là où je serai bientôt,

j'entends leurs douces voix chanter

hé ! ho ! Vieux Jo !"

La mère avait acheté un bob  pour chacune de nous, quatre gosses bien sages qui ne demandaient rien, ou si peu, si peu ! Le chapeau sur nos cheveux, elle était sûre que nos têtes ne prendraient pas un coup de chaud. Nous, ça nous leurrait un peu, ce chapeau à la mode de chez nous... On se sentait des airs de privilégiés qui allaient vers un Eldorado lumineux, on se sentait dans le mouvement de la France qui déménage avec ses transats et la bouteille Thermos sous le bras. On cherchait un Routier pour se rafraîchir la gorge. C'était les vacances, je vous dis ! 

Moi, ce que j'aimais, c'était quand on mettait les bouts en fin de soirée. On allait rouler toute la nuit. Mon père faisait la sieste l'après-midi du départ. Quand il s'endormait, on était déjà un peu partis, on bouclait les valises.

Je me disais que, tout à l'heure dans la nuit, je compterai les loupiotes sur des kilomètres,   le regard emporté dans le mouvement des arbres, et je m'endormirai doucement  sur le strapontin de la break, la tête contre la vitre,  posée de guingois   et toute penchée.

L'essentiel des vacances, c'était de partir !  D'être dans "un" mouvement. 

Je savais bien qu'une déception viendrait. Je sentais monter en moi une espèce de chagrin. Mais je ne revendiquais rien, je ne nommais rien, je ne disais rien.

Je pensais à mon amie qui voyait la mer. Qui la voyait pour moi en quelque sorte. Ca me suffisait. Elle m'écrivait de Juan-les-Pins sur du papier violet, où figuraient des vagues et un coin de sable.

Moi, j'étais à Niort, short et bob, assise des heures sur un strapontin chez la grand-mère. J'avais horreur de porter un short. J'ai jamais aimé ce vêtement sans élégance et sans grâce. J'aimais mieux le falbala, les coquetteries, les petites fantaisies introuvables dans le catalogue "Vert Baudet".  

La véranda où on s'installait  bruissait d'amabilités sans amour, celles qui permettaient juste d'affirmer qu'on avait été  voir Grand-mère, accompli le devoir filial, mais,  quand même, ça avait coûté des sous trois semaines de location dans un bled à côté d'une ville  morte. Niort , "ville fleurie", on disait. Pour ma part, je n'en avais rien à battre des pots de géraniums qui pendouillaient aux lampadaires de la grand-place.

Deux, trois fois, durant toutes ces années bénies, on allait au bord de la mer.  Châtellaillon. C'était à Châtellaillon. On avait mis nos maillots entre deux portières ouvertes de la voiture et ma mère tendait une serviette pour nous faire croire à une cabine de bain. On  enfilait le deux-pièces en éponge, qu'on retirerait de la même façon un peu plus tard, des taches de mazout sur la peau. On avait pourtant  regardé où on mettait les pieds pour éviter les galettes de mazout brûlantes sur le sable.

Moi, j'avais surtout regardé les autres gens. "Tout à leur aise", je pensais. Et ce n'était peut-être pas vrai.

N'empêche, Juan-les -pins, c'était ailleurs !

N'empêche, j'avais vu la mer. Et mes soeurs aussi. On avait eu notre tour.  

J'avais vu la mer...

 

 

...Et, allez savoir ! je sentais peut-être encore le vent d'Algérie sur mes jambes, à Oran. 

Mes premiers pas contenus dans une ombre. 

Sur une autre plage.

Devant une autre mer dont je ne savais plus rien. 

Indigo. La mer, là-bas, devait bien être de cette couleur-là, oui.

Indigo. 

A cause du vent des dunes, de la montagne, 

celui des hautes plaines du Hoggar.

 

Et puis celui du Sahara,

du plus loin venu de la terre des hommes : 

le désert... 

Le désert.

Dans ses vagues tremblées

et ses mirages en feu,

sous un arc-en-ciel à ne pas y croire.

 

 

 

 

 

 

 

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11 juillet 2010 7 11 /07 /juillet /2010 01:18
 

Mon camescope joue avec les ombres.

 Où suis-je dans l'ombre de moi-même ?

Apprivoiser son ombre comme un autre que soi.

Autonome et vivant.

Seul aussi.

De l'ombre de ses d100_4561.jpgoigts, effleurer l'ombre de sa joue.

Est-ce que la joue en sentirait la caresse ? Ou le froid ?

Ou un frisson ?

Une émotion passante ?

Est-ce que l'ombre des doigts tuerait celle de la joue ?

Une ombre strangulée par une autre, soi-même et pourtant une autre ?

Est-ce possible ?

Des bouts d'ombre de soi,

effacés, suspendus,

quand ils sont,

à jamais,

l'ombre de nous.

 

Published by brigitte giraud - dans Intimité
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7 juillet 2010 3 07 /07 /juillet /2010 20:34

Décalages horair100 4467es, culturels, identitaires, linguistiques.

Puis... décalage entre le rêve et la réalité, entre ce qui est dit et ce qui doit être tu, entre ce qu'on exprime et ce qui est entendu...

On est perdu dans le discours, quand ce qui importe toujours est la relation humaine.

Les décales entre les êtres apparaissent brusquement, c'est là tout d'un coup. On ignore ce qui s'est passé vraiment pour que sa place devienne soudain la question d'une légitimité à démontrer. A qui ? On ne sait trop. Seulement une manière d' isolement, son sable venu d'ailleurs,  d'une autre plage, d'une autre marge.

Lost in translation : décalages, chemin perdu, mouvement en peine.

Peine perdue dans un mouvement du chemin ou un virage en épingle à cheveux.

Un mouvement de la peine dans un chemin perdu.

 

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C'est ça, exactement ça, lost in translation, le titre d'un film dont je ne me souviens plus de rien, sauf des immeubles peut-être, hauts et vides, je crois bien. Un type qui ne comprend pas ce qu'il fait là, les mains entre les genoux serrés à blanc.

"Poetry is what gets lost in translation", le titre viendrait de cette phrase là, j'ai vérifié. Ou "La poésie est ce qui est perdu dans une traduction".

Oui, la poésie est ce qui perdu. Je trouve de la justesse, là. 

Ce qui se perd entre les mots. Peut-être.

Ce qui, à soi-même, échappe et se livre.

 

 

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6 juillet 2010 2 06 /07 /juillet /2010 15:15

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Je sais, je sais... Il est tard souvent !

On est demain et j'ai oublié l'heure.

Noctambule, moi ?

Peut-être.

 D'ailleurs, j'aime bien ce mot.

 

"Se coucher tard nuit", disait Desproges qui ne verra plus jamais clair, lui.

Voir le soleil poindre en matinée, s'avancer comme un chat, prendre son élan...

Ah, pas de temps perdu quand on s'éveille au monde

et qu'on l'aime un peu ! 

Se couler dans les heures du jour,

et les ensemencer pour qu'elles fleurissent.

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5 juillet 2010 1 05 /07 /juillet /2010 02:06

Le cou est une région du corps très sensuelle.

Il apparaît par effraction d'un mouvement.

En basculement.

En oblique.

Là où bat le sang. La vie.

L'appel d'un baiser,  dans l'ombre des cheveux.

Là où bat le sang. La vie.

Une fleur sur sa tige  arrachée à la lame pendant si longtemps.

 

Alors je pense  à ce texte de Jean Genet : "Le condamné à mort", chanté par Marc Ogeret.

Jean Genet a écrit ce texte magnifique à Fresnes, alors qu'il y purgeait une peine de prison. "Le condamné à mort" est dédié à la mémoire de Maurice Pilorge, jeune assassin de vingt ans guillotiné à Saint-Brieuc, le 17 mars 1939.

 "Oh ! traverse les mers, s'il le faut marche au bord des toits

des océans... "

Je ne sais pourquoi ces mots-là m'émeuvent toujours à ce point !

 

 

 

     

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