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4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 01:30

BRIGITTE--MOI.jpg

J'aurais pu oser ma capeline.

"Couvre-toi la tête ! ", me disait un ami. Une façon de m'inviter à prendre soin de moi. On attrape froid par la tête, mais le coup de chaud vient également de notre sommet .

Le point le plus élevé de nous-même : la tête.

Là où se logent nos fragilités, nos fantaisies, notre ténèbre inconsolable.

"Le corps n'aura qu'à suivre ! Le corps suivra. Le corps, de toute façon, se rangera tout seul dans les starting-block de mes neurones. Il suivra.  L'infâme suivra toujours !"

Voilà ce que pense la tête en son plein de midi, à son zénith de tête, en son lieu de maître à penser, un éventail à portée de synapses, les neurotransmetteurs vissés à mort aux cheveux, une couverture sur le cou ou une soie impénétrable, tant pis pour la petite brise flottante ! Oui, tant pis ! J'aurais du les relever en banane. Mais le mot est vilain ! Je laisse à Joséphine Baker l'originalité de son pagne fruitier qui a amusé la France et bâti sa réputation de danseuse de music-hall américaine. Les années trente étaient folles, on voulait bien être fous aussi pour être dans le vent.

"Mais y'a pas de vent ici, aujourd'hui !" pense la tête. "Le corps suivra, le corps suit toujours le vent de sa terre intérieure. Y'a pas de vent. Juste un orage bientôt, une déchirure en pleine nuit que ce sera ! La terre gorgée d'eau et de larmes. Toutes les larmes de cet après-midi et celles de ce soir. Parce que le temps s'écoule et goutte-à-goutte... et monte aux yeux ... Sur le visage, une transparence de vitre sale... Le regard s'étire vers le coins de l'oeil. S'incline dans la porosité de l'instant. Tu pleures," pense la tête.

 " C'est moi qui pleure, dit la tête. Le corps suivra. On s'aime et c'est difficile. Le corps suit toujours. Tiens, regarde-le, tout penché en avant sur les bras. Le corps, à présent, il pleure !...Le corps pleure toujours... La chaleur  aussi peut-être.  Ou une montée mélancolique qui coule sur les joues. Une marée de rien, à La Rochelle, dans un livre de Simenon.Y'a pas de vent, ici. Une touffeur. De la fatigue. Arrimée au corps. Un étouffement dans l'air."

Elle dit : "Je suis tellement fatiguée !"

Lui, il dit la même chose.

 

La tête et le corps ont oublié de relever leurs cheveux.

Pour mieux respirer.100 4558

 L'un  et l'autre. L'un avec l'autre.

Chair de poule sur la peau.

Pourtant y'a pas de vent ici.

Juste un orage bientôt.

Une déchirure dans la nuit.

Pour un peu, on croira à un voyage.

A un rêve.

Et je portais ma capeline noire, un bord relevé par-dessus l'arc des cils.

 

 

 

 

 

3 juillet 2010 6 03 /07 /juillet /2010 02:56
J'ai déjà mis cette vidéo, je sais. Ce soir, je ne me souvenais plus des paroles.
 Il y a des chansons comme celle-ci qu'il ne faudrait pas oublier.
Des événements qu'il ne faudrait pas oublier.
Des gestes. Des mots aussi.
Et puis des moments.
Souvent, je me dis  : "Ce que tu vois , là, ce que tu vis, là, ce que tu entends, là, il ne faut pas, jamais, que tu l'oublies".
Mais je sais que les choses s'éparpillent. J'essaie de les fixer.
De garder la joie.
De mettre dans mes poches les grâces que je trouve et qui m'étonnent, quand "tenir la route" ressemble d'abord à un défrichage de son terrain.
"L'étonnement, c'est la connaissance", disait Socrate.
Alors...
L'étonnement pour le meilleur du bon et le pire du mal.
La connaissance ou l'état de réceptivité de l'humaine comédie humaine, un questionnement, toujours, pour donner du sens à l'histoire.
Son histoire au coeur de la grande Histoire. 
 
Alors, on peut écouter le texte de "Nuit et brouillard". 
 
 
1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 10:33

 

Je vous convie à aller visiter le blog de Corinne, nouveau sur Over-blog.

 

Des impressions, des attentions, des sensations...

et c'est tout une gamme d'émotions qui se déploie sous nos yeux.

 

"Des petits riens", dit-elle, là où se loge l'essentiel de la vie.

  100 3793

 

Un papillon, l'envol d'un papillon,

ses trébuchements à la lampe,

ses battements d'ailes,

l'effet Butterfly, en quelque sorte.

 

Parce que la sensation déplie un imaginaire

 et on s'en va voyager avec elle et ses "riens" remplis de sens.

 

 

 http://petitriendecorinne.over-blog.com

 

 en lien dans mes liens.

 

Pour elle et comme elle, cette chanson-là :

 

 

 

 

29 juin 2010 2 29 /06 /juin /2010 17:16
27 juin. Il fait chaud.
Ecole de Flamenco.
La scène.
Un ravissement des yeux.
Tout peut bien exister ailleurs. Je suis ici.
Dans les arabesques de la danse,
des pas sur un fil tendu,
un bouillonnement dans les veines,
un débordement  maintenu,
de ce qui,
noir et rouge,
palpite. 
 
Carole Staës nous offre son talent et sa beauté.
 Un enchantement du corps dans sa chanson de gestes.
Une grâce au bout des doigts.
Un envoûtement lâché dans l'ombre du feston et l'ourlet du "duende".
Une litanie des mains...
 
Et nos yeux pour le voir.
28 juin 2010 1 28 /06 /juin /2010 05:15

Défi n° 32

Pour «  LES CROQUEURS DE MOTS  »


 

Vous êtes journaliste, rubrique faits divers. On attend votre article pour la prochaine édition.

Les éléments dont vous disposez: La plage, un animal inattendu, une vieille dame,  des enfants .

Brodez, tricottinez, crochetez, calligraphiez...

 

BG FOURAS MAI 2010 011

 

 

Je n'arrivais pas à écrire mon papier. A cause de ce papier justement. Trouvé à mes pieds, apporté par le vent qui vibrillonnait l'air. Personne sur la plage à cette heure : le monde bouffait sa pitance sur les midis. Le monde désertait le monde  dans les pâleurs du jour ou dans celles de la nuit. Et moi, ça me convenait comme ça. Je vivais en décalé, j'aimais me situer dans la marge. 

 

"T'es pas journaliste pour que dalle !", je me disais, "tu traces ta trace là où il n'y en pas. Rien à voir, rien à entendre et la vie chuchote quand même."

 

Je savais bien, moi, que  l'ombre de l'ombre en est une autre,  plus noire que la bille de charbon que mon père jetait tous les matins dans la chaudière, un chapeau de papier sur la tête, qu'il se confectionnait à la va vite avec le journal de la veille, une espèce de bateau à l'envers tenu par ses oreilles. 

Je le revoyais le dos courbe, penché sur le tas noir carboné. 

Je revoyais aussi le chien, pas avare d'amitiés,  tout arrimé à lui,  les pattes sur ses reins, des tonnes d'amour flairées dans les paluches de son maître, rêvant d'avoir des bras pour enserrer dedans ce corps qui lui manquait toujours, quand pourtant, partout, il le suivait.

 

Ce chien ! Voilà que je pensais à ce chien et à mon père ! 

A cause  de cette histoire de trace, de cette boule de papier que je venais de ramasser sur la plage, de... Allez savoir pourquoi les images s'animent ! Elles me rendaient un homme et un chien, morts tous les deux, depuis hier, depuis presque dix ans, c'était pareil ! 

 

Une tétanition prenait en moi comme une cire.

 

Je devais faire un article. Je devais faire un article, puisque j'étais journaliste. J'étais journaliste... J'étais, je suis, je suis ? Non. Rien. Rien à être. Rien à dire. Il n'y a personne sur la plage. Une vieille dame, des enfants ? Non, je ne vois rien. je ne veux rien voir. Que l'homme et le chien dans ma tête. Un papier sur la plage. Un chapeau dans un journal. Un chien. Faits divers. Ils sont morts. Paix aux morts. Aux hommes de bonne volonté. Paix aux chiens toujours perdus. Aux perdants. Paix.

Il n'y a pas d'enfant sur la plage.

Je ne vois pas la vieille dame.

Juste un papier froissé qui roule sur le sable.

Du sable au vent.

Le papier.

Le vent.

Rien.

Le chien et le sable.

Un homme ? Oui, un homme.

Puis rien.

Des oiseaux ? Oui, des ortolans peut-être.

Et puis le sable.

Et puis le vent.

Un chien.

Et puis...

Rien.

27 juin 2010 7 27 /06 /juin /2010 01:44

 

Le tram. Ce 24 juin, veille de l'anniversaire de mon père qui ne l'aura jamais vu.

Les quais s'inclinent vers le fleuve. 

L' ombre des heures ramasse un visage et c'est le tien.

Le ciel se perd au bout du rail-saxophone ténor,

du paysage électrifié d'une guitare

de claviers à la renverse.

Il est dans les six heures qui passent.

La ville pèse si peu.

Elle s'appelle "Tram en Jazz".

 

 

  

 

Le groupe MovieJazzProject  est remarquable.

"Entre Ciel et Terre", moi, ça me convient toujours, l'apesanteur !

 

 

 

 

 

 

 

25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 23:20

 

 

 

Parfois je suis assise, en éclaireuse de rien.

Je regarde.

J'assiste.

Je ne pense rien. J'assiste.

Je pense trop. J'assiste.

Soundpainting ? J'assiste.

 

Alors c'est là.  

Avec le talent d'Etienne Rolin et de tous ceux qui l'ont accompagné dans cette aventure.

Le son n'est-il pas un mystère ? 

Ancré dans un système nerveux de fils, de diamants, d'ondes...

Une marée musicale qui vient nous consoler, si on a besoin de l'être.

Soundpainting !

 

 

 

25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 01:17
 
A la bas sous-marine, c'est magique !
Toujours !
Un lieu magnifique, chimérique, où l'imaginaire joue sa partition.
Ca tombe plutôt bien, un jour de fête de la musique.
Du monde pour écouter et fêter le vingtième anniversaire du groupe "Sixun".
Des coeurs qui battent à l'unisson des bassins à flots, du soir douceur, et des lumières du noir. 
Des ballons qui tombent du ciel, frémissent de mille et une paillettes, .
Des brillances dans les yeux.
"Sixun" fête ses vingt ans...
et la musique est bonne !
24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 01:56

  

2538806842_1ed8b429ab.jpgEn anglais, paraît que  "maladie" se dit "disease".

 

 

- "Disease", maladie, ou, littéralement, "perte de la facilité". Donc, c'est  quand tout (allez, je te le fais dans la même caisse, tout)...  Donc, c'est quand tout devient poussif, éteint, à l'arraché, sans vibration, sans flamme intérieure... qu'on serait sujet à la maladie.

 

- Ben, quelle maladie ? Hein, quelle maladie ?

- Peu importe "la maladie" ! La maladie, j'te dis.  Maladie, maladie, maladie...  (Allez, tout dans la même caisse aussi, je ne détaille pas, moi !) On est sujet à la maladie, c'est comme ça !

- Sujet, mais comment ça ? Vraiment sujet ?

- Oui, on devient sujet, ou plutôt le sujet de la maladie. Si tu préfères, on est malade de son sujet. Un sujet malade de son sujet. De soi-même, quoi ! De sa maladie. Couic ! Malade, le sujet en perte de sa facilité.

- De sa facilité à quoi ?

- Ben, je ne sais pas moi, de sa facilité à... la bonne santé du bonheur, celui qui ne rend pas de compte et qui se trouve sous le sabot du premier ch'val qui passe ! 

-L'en passe plus beaucoup de ch'val. Moi, j'en vois jamais !

- C'est parce que tu ne sais pas les voir. Ah ! T'es pas douée, toi, quand même! Y'a pas à dire, t'es un peu déboulonnée. Malingre et déboulonnée. M'étonnerait pas que tu couves quelque chose...

- Ouaih ! P't'être bien, parce que j'arrête pas de me poser des questions. J'ai regardé Deleuze à la télévision. La lettre N et la O de son abécédaire. N comme neurologie, O comme objet. Ca doit fabriquer de la maladie, les questions.

- Forcément, les questions c'est rien que du mouvement dans la tête.

- Alors, ça doit être pour ça que j'ai mal au coeur ! J'ai jamais eu le pied marin, moi. C'est une affaire d'homme, le pied marin, non ? Y'a un môme qui s'est fait radiographier le pied, ben je peux te dire qu'il restait là, à contempler sa radio, dans une espèce de stupeur.

- Si t'as mal au coeur, ça veut donc dire que t'as pas mal au pied !

- Ben, ça dépend. Parce que je ne marche pas tout à fait droit quand j'ai mal au coeur, alors je me demande si ça serait pas le pied qui trinque ?

- Parce que tu bois, en plus ?

- Non, ça me chavirerait tout en dedans si je buvais du champ, ça bougerait de partout, et mon coeur tomberait tout seul sur la table. Heureusement qu'hier, on m'en a donné un,de coeur, tout rouge et clignotant à porter en broche sur mon corsage.  Mais je crois bien que l'ai perdu ! Ou on me l'a piqué. La facilité se fait la malle  quand le coeur met les bouts, pas vrai ? Ton "disease" est à mes basques, sur mes talons, et je peux pas m'empêcher de penser à un p'tit coquelicot. Oui, c'est tout juste à ça qu'il ressemble ton disease !

- A un...  ?

- A un coquelicot, oui.  C'est fragile, un coquelicot. Trois pétales qui tombent tout seul. Et c'est marre !

 

 

Voilà, je me suis débrouillée pour mettre cette chanson pas jeune et très belle que chante si bien mon frère de coeur, un chéri de Jean-Claude. La prochaine fois que je l'attrape, sûr qu'il me la rechantera, puisque je lui demanderai, et qu'il ne me refuse jamais jamais rien. Et ce sera bonheur !

 

23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 17:25

J'ai toujours ai4435704746_7c184ec5a9.jpgmé les papillons.

Sur l'épaule.

 

 

Les ailes scintillantes, si fines, si fines.

Puis, sous la lampe, 

une transparence aux aguets,

une trouée dans le voile,

les ailes sont des gerçures éclatées.

Le papier crépon se déchire. 

 

 

Tu le vois !

Regarde, il virevolte au vent,

danse avec des ballons blancs après la fête,

s'accroche aux lumières de la rampe,

passe à ta portée...

un lampion,

puis,

passe pas,

passe pas la porte !

 

Un tremblement dans les paumes.

Les ailes se souviennent du papillon.

  

 

 

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