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6 juin 2010 7 06 /06 /juin /2010 00:40

Le théâtre, c'est drôlement bien quand même ! Surtout quand il est bien servi, par de bons auteurs et de bons comédiens.

Une mise en scène qui fonctionne à merveille et  la parole  s'échappe, passe de l'un à l'autre, se donne harmonieusement d'une bouche à une autre bouche, et  pirouette comme une équilibriste sur ses fils à mots.

J'ai filmé. Pas assez de lumière je crois dans mes images. Je verrai bien au montage demain.

 

 

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Puis nous traversons la ville.

11 heures du soir. Il fait chaud encore.

Nous longeons les quais jusqu'à Bacalan.

 Un tracé qui coule, irisé vert et rouge. Des couleurs mélangées à la nuit . 

Bordeaux est belle sous ses lanternes en bordure de Garonne.

Le fleuve est une fraîcheur ce soir. 

Les gens sentent sa respiration, une indéniable présence  qui tremble.

Une peau tout près.

Alors, ils sont là, se tiennent sur les pelouses, dans l'ombre langoureuse des quais, dans le tamis des lumières de wood, autour du miroir d'eau et dans les courbes couchées de la cité qui n'a pas envie de dormir, toute suspendue qu'elle est à son ciel marine et à ses rêveries de promeneuse languide.

Une réussite, monsieur Juppé !4216837500_416e7bd883.jpg

 

4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 23:43

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J'ai vu "mort aux vaches" graffité sur un mur...

Ca faisait bien longtemps que ça avait disparu du lexique cette expression, non ?

Qu'est-ce qu'elles avaient donc fait  les vaches qui, ordinairement  dit-on, regardent paisiblement passer les trains ?

Pourquoi leur en vouloir ? Leur promettre la mort, à ces braves bêtes ?

A moins que les vaches ne désignent pas nos ruminants  autour desquels s'affolent toujours les mouches ! Bon, d'accord, on sait, bien, on sait bien... mais encore !

Eh bien, voilà l'histoire.

Cette expression date de ce temps où les Allemands ont investi l'Alsace et une partie de la Lorraine. Je connais ce coin de France, moi. Fin du 19 ème siècle.

Sur leurs guérites était écrit "wache" qui signifie "garde".

Les Français ont alors détourné ce mot pour insulter les Allemands.

MORT AUX VACHES s'est alors, peu à peu, propagé aux forces de l'ordre.

 

La force, et l'ordre.

Ce qui est aujourd'hui à l'oeuvre. La commission des Droits de l'homme a dénoncé les excès policiers en augmentation. Ceci explique cela, non ?

3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 14:28

kandinsky_1.jpgNous marchons dans l'histoire, dans notre histoire.

Nos pas dansent le même rythme, nous avançons ensemble, sur de mêmes notes de bitume ramolli par le soleil.

Je pense à Kandinski et à ses toiles lumineuses et musicales. Un concert de couleurs jamais heurtées.

 

Nous tenons la cadence, et ...

Mince je trébuche sur un caillou ! Foutu caillou ! Toujours le même qui se met en travers de mon histoire, heu... de mon chemin.

Et voilà, j'ai perdu le rythme;

Tu dis "Au temps pour moi !" ...

Au temps pour moi... une forme d'excuse, d'erreur reconnue...

 

Au temps pour moi...

Au temps des lilas roses, au temps de ma splendeur, au temps jadis, au temps qu'il fait, au temps du cinéma muet et des limonaires (du nom de l'inventeur de l'orgue de Barbarie)...chef-realisations.jpg

 

Ah oui, il s'agit bien de ça, de silence et de musique quand même,

une musique du silence en quelque sorte,

une musique dans un mouvement qui résonne,

dans un temps qui nous contient et que l'on arpente.

 

Je marche, tu marches,

et ça produit une vibration,

des sons venus de l'intérieur,

une deux, une deux, une deux...

nous sommes tous, parfois, des musiciens de l'asphalte.

 

"Au temps pour moi", et non "autant pour moi" comme on le voit si souvent écrit.

 

Je pensais que cette expression venait du registre militaire, mais  peut-être  a-t-elle plusieurs origines après tout !

Cependant elle trouverait sa source dans la musique, oui, oui, la musique !!!

 

Orchestre.jpgElle viendrait (et là, vous voyez comme  c'est joli !) de l'utilisation qu'en faisait le  chef  d'orchestre lorsqu'il se perdait dans le lecture de la partition.

Un écart avait lieu sur l'indication qu'il donnait aux musiciens, alors il demandait de reprendre "au temps pour lui" (puisque c'est le chef d'orchestre qui doit indiquer le temps), afin que chacun soit à la même mesure.

 

Nous sommes comme Monsieur Jourdain, mais encore faut-il s'en étonner, s'en ravir et le savoir : nous jouons notre musique du dedans, qui vient de l'intérieur.

Dans chacun de nos pas, nous composons nos arpèges, 

des notes, des "blue note",

nos petites berceuses, nos symphonies, nos  requiems...

 

 

 

 

 

 

2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 20:23

 

Je vous convie aujourd'hui à visiter l'excellent blog :

http://mobilhome.over-blog.org

 

Imaginez une maison en apesanteur,

un monde au-dessus du monde,

un être avec ce monde en lui,

une délicatesse du coeur sensible.

 

Prenez  garde,

car à lire les notes qui flottent autour du mobilhome,

vous serez piégé par la musicalité d'une écriture...

 

Et quand je parle de musique,

je pense à des accords en contrepoint,

à une originalité de la pensée qui danse sur le fil de la vie.

Les mots y sont mélodie,

toujours résonnante en soi,

une petite vibration sonore,

suivie de son écho.

 

100_4566.jpg

 

Tiens, je partage avec elle, amie bella belle, un p'tit café/clope sous le soleil exactement. Là. 

Et la vie en est poétisée !

 

 

 

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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 18:59

louise-bourgeois

 

 La peinture est de Louise Bourgeois. Elle est morte hier à 99 ans.

J'ai vu une superbe et très dense expo d'elle à Paris, il y a quelques années. Elégance de cette femme créateur, qui a inventé son expression en dehors de tous  codes et conventions ! Elle relisait son histoire incessamment, et son art fut à la hauteur de ses difficultés familiales non amorties.

 

Extreme-tension-Louise-Bourgeois.jpgLes amortisseurs sont d'utilité vitale.

Dans la vie qui nous conduit, là où on ne voulait pas aller, là où on décide d'aller, là où  on pense être dans l'urgence d'aller, parce que "aller" est devenu une urgence.

Que ça roule cahin-caha.

"Aller", c'est-à-dire faire son chemin, qu'il soit chemin de croix, de ronde, de fer, ou de Damas. 

 "Faire son chemin", n'est-ce pas  engager sa liberté d'humain ? 

D'un point à un autre point de soi ? 

 

Les amortisseurs sont des alliés pour bien cheminer, 

un dispositif pour limiter la violence des chocs,

se protéger des émotions qui plombent sa carcasse sur le bitume.

 

Alors, on va sa route

puisqu'il faut la tracer  

dans sa droiture.

 

... Même si la ligne droite n'existe pour personne sur cette terre..

 

 

 

 

 

31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 11:40

100 3813-1Ecrire une légende.

Une légende tirée de son imaginaire, une histoire érigée en Histoire, une à soi.

La communauté "Les croqueurs de mots" lance un nouveau défi : raconter une atmosphère de légende vécue ou imaginaire.

 

 

 

 

 

 

J'ai écrit un temps à l'encre couleur "bleu des mers de sud".

Me figurais-je alors plus  proche des grandes marées qui m'emmèneraient ailleurs ?  

Plus proche de cette ligne au loin, au plus loin qu'il était permis de voir ? 

Me croyais-je funambule sur ce fil pas plus épais qu'un cheveu depuis le point de mire sombre et lourd où je me tenais ?

... Là-bas, c'était l'horizon ! 

Moi, j'étais vissée à mon bureau d'écolière, les yeux dans les arabesques de ma plume courant sur la page, et, fermant les yeux très fort,  je voyais une immensité se défroisser devant moi, des mouvements d'eau,  des vagues frissonner travaillant la dentelle d'une mousse pure.

 

Puis j'ai essayé l'encre sympathique. "Un secret revenu de loin", je me disais. " L'invisible renforcerait ma singularité".

Mais c'était toute une affaire cette écriture au citron, les lettres s'évaporaient dans un tracé trop aléatoire, et la sensation  d'être perdue dans le rectangle de la page agaçait mes doigts. Mes repères s'en trouvaient bouleversés, je gesticulais sur ma chaise, la tête de côté, penchée extrêmement, le regard tout de biais.

Le secret, peu à peu, se dissipait dans le vide. Je ne donnais forme à rien.

 

Les mots, malgré moi, ont gagné leur importance dans l'illisible. 

Il me semblait les enfermer dans  un bocal, le couvercle vissée à mort.

Non, je ne pouvais pas commettre ce saccage !

Les mots effacés n'étaient que marécage.

 100 3793

Je conclus, à ce moment-là, des épousailles éternelles avec mon vieux bic, un stylo  sans chichi.

Ah ! ce que ça me plaisait cette encre-là, légèrement pâteuse et qui bavait parfois, une perle de goudron, une vraie nacre ensablée noire qui tachait les doigts ! 

 

L'horizon pouvait bien éloigner sa ligne de sorcière, elle était calée dans mon oeil.

 

Je n'avais plus qu'à casser des cailloux à Cayenne si je voulais écrire,

me cogner aux rochers pour une phrase ou deux, et puis une autre encore...

 

Sur une plage, sur toutes les plages du monde, si je voulais.

 

L'encre se révèlait dans l'humain.

Dans l'humain.

L'humain.

 

 

31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 00:29

Giulio-Enrico Pisani présente Salah al Hamdani

Dans le dernier numéro de la Zeitung Vum Lëtzebuerger Vollek, notre ami l'écrivain Giulio-Enrico Pisani présente le poète irakien Salah al Hamdani :


Salah al Hamdani ou...
« L’exilé (qui) se couche seul entre les lignes de l’histoire »
 
Grâce à l’interview que Brigitte Giraud (1), écrivaine et artiste bordelaise, a mis en ligne, j’ai découvert le poète, acteur et dramaturge irakien Salah al Hamdani. Vous en faire partager les points forts et les commenter de mon mieux c’est bien sûr tout un. Quant à l’original, écoutez & voyez-le donc sur http://paradisbancale.over-blog.com/article-une-rencontre-avec-salah-al-hamdani-ma-video-49744167-comments.html ! Encore un de ces poètes et écrivains au génie passerelle entre sud et nord, orient et occident ! Un de plus, en fait, parmi ces esprits qui, attachés à leurs racines, à leur argile, comme dit Salah, savent pourtant voir et « empathiser » bien au-delà de leur pré carré. Je vous en ai déjà présentés quelques-uns dans ces colonnes, des Jalel El Gharbi, Amin Maalouf, Tahar Bekri, Abdellatif Laâbi, Mahmoud Darwich, Laurent Mignon, Hamid Skif, Boualem Sansal, Jean Ziegler et autres Tawfiq Zayyad, ces hommes dont se nourrit l’espoir.
Né en 1951 à Bagdad, Salah s’oppose à la dictature et aux guerres de Saddam Hussein, est exilé 30 années durant en France et s’oppose toujours... à l’occupation anglo-américaine de l’Irak. À l’instar de son « ancêtre »( ?) (2) Abu Firas al Hamdani, il commence à écrire en prison... politique. Il a 20 ans. Aujourd’hui, acteur et metteur en scène, il a joué dans plusieurs films, dont « Bagdad on/off » de Saad Salman, dont il a coécrit les dialogues et a interprété divers rôles au théâtre, dont L’épopée de Gilgamesh au Théâtre National de Chaillot et Kofor Shama, tournée européenne avec la troupe El Hakawatti de Jérusalem. (3) Il écrit et publie en arabe et en français de nombreux récits, nouvelles et poèmes. Certains de ses textes furent même publiés en arabe dans des journaux interdits en Irak à l’époque de Saddam.
« Je suis d’une famille modeste et nombreuse du centre de Bagdad », nous dit Salah, « et je me rappelle toujours mon père... Il disait : “Si tu sors et si tu n’as même pas dix centimes, ce n’est pas la peine de revenir à la maison.” C’est-à-dire qu’on est un enfant embarqué directement dans la vie ; on ne sait pas quoi faire. Alors il y a l’angoisse de l’enfant qui ne sait comment rentrer. Il n’avait pas de violence, mais c’était un lâche. J’ai commencé à travailler pratiquement à l’âge de sept ans. Avec insistance, je pleurais, je disais à mon père que je voulais aller à l’école... Puis je suis allé à l’école... »
Et voici quelques extraits des réponses de Salah al Hamdani à Brigitte Giraud, qui nous le présente comme « le Poète entre deux rives » et précise qu’elle a filmé l’entrevue au théâtre « La Boîte à jouer » de Bordeaux le 24 mars 2010. C’était juste avant le spectacle “Au large de douleur”, mis en scène par François Mauget du Théâtre des Tafurs d’après le livre de Salah, dans le cadre de « Demandez l’impossible - Le Printemps des poètes ».
Lorsque Brigitte lui demande : « Qui est-tu vraiment, Salah : écrivain, poète, certes, mais « au large de quelle douleur ? » (4), pense-t-il seulement à son poème « …Tant de jours / où Bagdad glisse dans un raz de douleur / qui recouvre / d’éloignement / les remous du deuil./ Et aujourd’hui, / l’Euphrate berceau des voiliers / dans les mains d’un pirate./ Tant de nuits / à écouter les gémissements des palmiers / comme un parjure à toutes les souffrances./ Il est tant de blessures à te dire encore : / Je veux que la vie soit aux habitants de Mésopotamie / ce que leur bourreau est à la tombe… », qui sera dit dans quelques instants ? Qui sait ? Quoiqu’il en soit, il sourit et précise modestement :
C’est important pour un écrivain de venir écouter les autres dans son propre texte. On a un autre écho. J’ai (...) quelques ouvrages parce que je ne peux pas tout amener, donc c’est à moi de trimballer mes livres, un vendeur de tapis, quoi ! Je suis un ancien exilé du régime de Saddam Hussein ; en fait c’est ça. (...) on parle des exilés d’aujourd’hui, des gens qui fuient l’Irak parce qu’il y a des problèmes catastrophiques, mais des vrais exilés de Saddam, on n’en parle plus, comme si on n’était plus des victimes. Pourtant on a souffert avec ce régime.
- Dans ta chair, tu as souffert ?
- J’ai été torturé, j’ai été condamné.
- Ce qui fait que lorsque tu es venu en France, tu t’es plus ou moins sauvé, il fallait sauver ta peau ?
- Oui, un exilé, sa tête est mise à prix, c’est pour ça qu’il est exilé. Il n’est pas immigré (...) l’exilé a un projet politique pour son pays, c’est pour cela aussi qu’il est exilé et qu’il reste une menace. (Plus tard, à deux pas de là, les spectateurs d’« Au large de douleur » entendront : « L’exilé se couche seul / entre les lignes de l’histoire / tandis que les larmes de sa bien-aimée / elles aussi / montrent la noyade du fleuve. »)
- Et depuis la France, tu as une façon de résister, d’entrer en résistance ?
- Oui, j’ai été engagé jusqu’à aujourd’hui. Je me suis engagé dans des partis politiques contre le régime, j’étais responsable de la Ligue des artistes irakiens démocratiques en France (...) Je suis à visage découvert, je n’ai pas de cagoule, et donc c’est une menace à la fois sur ma vie et sur ma famille en Irak. C’est un risque à prendre à un moment donné et que j’ai pris, bien évidemment. J’ai milité, j’affichais la nuit pour dénoncer le régime, là où on sait que se trouvaient les services de renseignements de Saddam Hussein. C’est une bataille de toutes les nuits (...), de toutes les saisons. Il y a des militants en France qui militent contre les fachos, contre les ambassadeurs, ou des ministères.
- Mais ici, on risque moins ?
- Non, ils peuvent nous tuer, ce n’est pas caché. Ils ne se cachent pas (...) les fachos. Je me rappelle qu’un jour, devant l’ambassade de l’Irak, un policier français a été tué et après, Saddam a payé...
- Mais comment est-ce qu’ils voyagent en Irak, tes livres ?
- Ils ne les connaissent pas.
- Même sous le manteau ?
- A une certaine époque, mes textes passaient en arabe, pas en français, bien entendu. Certaines radios libres, dans le nord de l’Irak, (...) Kurdes, passaient mes textes, et les gens les écoutaient... Après trente ans, arrivé à Bagdad, je n’ai rien reconnu. (...) J’arrive. Il y a une maison. Je suis je ne sais où. En trente ans, les gens ont vécu, ils ont fait le deuil aussi, ils ont fait le deuil de toi, tu n’existes plus. Donc tu réveilles toute cette histoire ancienne et du coup toute la douleur remonte. Dans ce livre, “Le retour à Bagdad”, j’explique comment la porte s’ouvre, et les gens sont venus courir vers moi comme si une flamme était dans leur vêtement. C’était ça. On attrape l’autre, on a tellement d’amour à lui donner, on ne sait plus quoi faire, on le mord, on l’embrasse, on lui tire les cheveux, on ne sait pas... Quand après trente ans d’exil, il y a la rencontre avec la mère, elle ne sait pas quoi faire, cette pauvre femme, moi non plus d’ailleurs. Donc les larmes, cette lamentation, les pleurs... On pleure pendant une demi-journée. Après, tu te dis, bon, qu’il faut arrêter, que la vie continue... »
(Un très beau poème de Salah, « Seul le vieux tapis fleurissait le sol » évoque ce moment d’égarement et de bonheur : « La maison avait changé d’adresse / ma photo avait changé de place / la table avait été pliée derrière la porte / la chaise de mon père, aussi,/ seul le vieux tapis fleurissait le sol // Je t’ai trouvée enfin / dans un jardin nu / avec ton grand châle noir / l’esprit en dérive / enfilée dans tes prières / l’âge cousu sur le visage // J’ai cru serrer un palmier agonisant / Puis dans mes bras,/ j’ai reconnu ma mère. »).
- Le rapport avec la terre est très fort, non ?
- Oui, bien entendu, l’Irak est un rapport direct avec l’argile. L’Irak est une terre d’argile, une terre fertile. La Mésopotamie... bien entendu, c’est une relation avec la terre...
L’entrevue prend fin, car la rencontre avec le public commence. Brigitte nous avoue : « Moi, j’aurais aimé prendre dans ma boîte à images et à mots, ce qu’il dit de sa rencontre de lecture avec Albert Camus, qui est à l’origine du choix de sa terre d’exil. “Un pays qui avait porté un tel homme ne pouvait pas être mauvais. C’était là, en France, où je devais aller.” » Camus ? Et pourquoi pas ? Quand je pense qu’il y en a pour comparer son « ancêtre » Abu Firas à Edgar Poe !
***
1) Brigitte Giraud a publié aux Éditions Le Bord de l’eau « L’anorexie, un mystère galvaudé » ; chez Pleine Page « La Nuit se sauve par la fenêtre » et « Des ortolans et puis rien » ; chez l’Harmattan « L’éternité, bien sûr » et anime plein de choses, dont le blog paradisbancale.over-blog.com
2) Ancêtre ? Qui sait ? Parent en poésie de prison comme Villon, de Viau Marot, Chénier, Apollinaire, Pellico, en tout cas. Peut-être aussi de nation, car né à Mossoul (Iraq) en 932 et mort à Homs (Syrie) en 968, Abu Firas al Hamdani est un poète de la grande famille des Hamdanides (Haute Mésopotamie). Capturé par les Byzantins lors d’une bataille, il écrivit notamment les « Rûmiyyât », son recueil de poèmes le plus connu.
3) La troupe El Hakawatti est attachée au Palestinian National Theatre (PNT), association non lucrative oeuvrant pour la vie culturelle de Jérusalem avec des programmes artistiques, pédagogiques et ludiques, qui reflètent les aspirations du peuple palestinien.
4) Allusion à l’ouvrage « Au Large de douleur » de Salah al Hamdani, L’Harmattan, Paris, 2000, dont est inspiré le spectacle et sont extraits ces vers. Autres publications en français : voir encadré !
°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Gorges bédouines, Le Cherche Midi, Paris, 1979
Les Hauts Matins, L’Escalier blanc, Paris, 1981
Mémoire d’eau, Caractères, Paris, 1983
Traces, Editions Spéciales, Paris, 1985
Au-dessus de la Table, un Ciel, L’Harmattan, Paris, 1988 et 2001
Le Doute, Caractères, Paris, 1992
Mémoire de braise, L’Harmattan, Paris, 1993
L’Arrogance des jours, L’Harmattan, Paris, 1997 *
Ce qu’il reste de lumière, L’Harmattan, Paris, 1999
Au large de Douleur, L’Harmattan, Paris, 2000
J’ai vu, L’Harmattan, Paris, 2001
Le cimetière des oiseaux La traversée, L’Aube, France, 2003
Le Cimetière des oiseaux (récits), suivi de Bagdad mon amour (poèmes),
Éditions de l’Aube, 2003, avec la collaboration d’Isabelle Lagny.
Le retour à Bagdad, Les points sur les i, 2006
Bagdad à ciel ouvert, L’Idée bleue / “Les Écrits des Forges”, 2006
Bagdad mon amour, Les Ecrits des Forges - FIP (2008)
Le balayeur du désert, Editions Bruno Doucey (2010)

Giulio-Enrico Pisani

 

29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 02:41
 
 
Salon du livre de Parentis.
Le 8 mai dernier.
J'étais invitée à parler en particulier de mon  livre "Le désespoir amoureux de la vie", édité aux éditions du Bord De L'eau en 2009.
Une partie de l'entretien mené par Bernard Labat est là.
 
Je remercie Dominique-Emmanuel Blanchard d'avoir prêté son savoir-faire idéal au montage  de cette vidéo.
28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 01:31
 
"Dans le silence de la mer,
il y a comme un balancement maudit qui vous remet le coeur à l'heure..."
27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 17:07

BG 2 FOURAS MAI 2010 010

 

 

 

 

 

 

 

 

  Mieux vaut marcher à pied et dans le sable, tiens !

 

 

- Mais c'est très fatigant !

- Oui, c'est épuisant. A un moment, en tout cas, ça le devient. On n'a pas d'appui véritable. On marche à l'aveugle.

 

 

Mieux vaut marcher à pied, quoique !  J'aime bien l'habitacle de la voiture, moi.

- Un lieu protecteur, tu trouves ?

- Oui, oui. Tu mets France Culture, France Musique, Radio Classique et puis Radio Nostalgie aussi et t'es chez toi, peinarde, à l'abri du monde... "toute seule, mais peinarde..." (tiens, vlà Ferré qui se traîne sa camarade mélancolie !)

 

Et pourtant, "chez toi", c'est pas sûr.

Hier, installée l'amble dans ma file, je me croyais dans un film, un film tiré d'un roman, (j'ai cette manie dans la foule humaine -supermarché, grand magasin, rue commerçante...- de me croire l'héroÏne d'un roman, et ce penchant m'a rendu de fiers services, une veille de Noêl chez M Leclerc par exemple-), quand une voiture, gentillement mais sûrement, est venue  percuter l'avant gauche de la mienne, ne m'ayant pas vue "dans son angle mort". La fille s'est mise à pleurer.

 

- Dans son angle mort ?

- Ben oui, j'étais juste dedans. Dans l'angle. Mort. L'angle mort est invisible et quand t'es dedans,il est possible que tu n'en reviennes pas, de l'angle. Ou bien que t'en ressortes aussi raide que lui. Faudrait l'inventer celui-là. Après l'angle droit, obtu, aigu, viendrait l'angle raide. Dirait bien ce qu'il a à dire, lui, parlerait instantanément sans calcul à te casser la tête, elle le serait déjà, toute toute toute cassée...

 

Donc j'étais dans son angle mort, à l'abri, croyais-je, de ma carcasse de tôle. Bon, que du froissage, pas de quoi fouetter un chat ! et pourquoi d'ailleurs faudrait-il en plus fouetter un chat !

Tout se passe correctement, normalement, ordinairement. La fille et moi (elle avait cessé de pleurer, ne pensait plus à son assurance "jeune conducteur sérieux"), nous remplissons le constat. On constate de concert, stylo en main, papiers en main, permis de conduire en main...

Puis aujourd'hui je téléphone à l'assurance.

 

- Ben forcément, comme tout le monde...

- Oui, sauf... Sauf, que l'on me dit de ne rien envoyer. Tout se fait par téléphone, par fax, par le net...

- Même la réparation, peut-être tant que tu y es !

- Ne te moque pas... Les experts ne passent plus visiter l'engin comme un docteur de la mécanique malade, non, non, quelques photos du mal sont prises par le carrossier et envoyées à un expert qui donne accord...Et y'a plus qu'à réparer en un temps record.

Pas d'envoi, pas de timbre, pas d'expert pour voir...

 

- Le net fait les choses nettes, alors ?

- Yes, pas de bavure, et sans rien oublier dans son angle raide.

- Dis, quand est-ce qu'on va encore marcher à pied dans du sable ?

 

 

 

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