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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 02:53


C'est un cube enfermé dans un cube-rubik-originalautre, 
enfermé dans un autre encore, 
sur lequel on s'asseoit.
Cela s'appelle un siège.

Et comme je suis fille d'Alger, cela s'appelle un pouf moderne,
mon "Rubik's pouf", sur lequel  point besoin de chercher des combinaisons qui mettraient les couleurs en concordance, au point de se  démettre les méninges et le dos, à moins de se rêver contorsionniste, de se couper en quatre et, quand je dis en quatre, cela veut dire en quinze, en mille, cela veut dire se séparer quasiment de soi-même, de se couper de soi, de s'abstraire, être de peu devenu, sans plus d'existence qui tienne, puisque tête et corps seraient à jamais désunis, sans possibilité de retrouvailles, étrangers l'un à l'autre quoi qu'il advienne, perdus l'un pour l'autre quoi qu'il arrive, désaccordés quoi qu'il s'orchestre de notes et de croches, quoi qu'il s'accroche à la partition, si pour autant on considère qu'aucune musique ne serait plus ni jouable, ni audible, tant la disharmonie serait imputable aux dysfonctions des organes dans leur trouble extrême et, sans pécher par excès de lucidité ni complaisance dans une dramaturgie fantasmée, irréversible, j'en ai peur !

Mon Rubik's pouf insinue dans la bibliothèque une touche de couleurs notables, ceci dit sans faire état d'une situation sociale de premier rang sur la place de Bordeaux, puisque l'élévation qu'offre un pouf reste toujours d'une hauteur raisonnable et il y aurait bien du monde pour se plaindre du manque de dossier et de l'ennui qu'il y a à se tenir les genoux toute une soirée pour une position point trop molle, car le corps, assis quand même sur son squelette, fatigue vite et se vautre, bien que les couleurs soient notables malgré tout, c'est-à-dire dignes d'être notées, puisque effectivement remarquables  dans leur pureté première, j'allais dire dans leur nudité, faisant référence ici à la formule Camusienne quant à l'amour, n'importe quel amour, dit-il, révèlant l'homme dans sa misère, son infirmité et son néant.

Mon Rubik's pouf (que je regarde à présent d'un oeil neuf), est donc un siège intelligent, qui vient me confronter à moi-même dans ma pauvre humanité humaine qui me tient debout, qui me tient vivante par la seule conscience que j'ai de la précarité de la vie, par celle entretenue de la mort à venir, celle-même de cette certitude-même, et quand je dis "debout", il est bien entendu que je suis exactement assise pour énoncer une telle affirmation, en liens, vous le devinez vous-mêmes, avec quelques concepts psychanalitiques,  philosophiques et comportementaux, soit à des manières de conduites, dans un ensemble de réactions possibles et observables objectivement, d'un individu lambda agissant en réponse aux stimulations venues de son milieu extérieur et intérieur.

Mon Rubik's pouf (que je considère d'ores et déjà comme un éminent élément de connaissance , vous ne trouvez pas qu'il  offre d'évidentes passerelles à défaut de ressemblances béton avec le rocher de "Zarathoustra"  de notre ami Nietzsche ?) n'est donc pas le lieu de manoeuvres mécanistes ou de calculs insensés et projectifs pour un simple alignement, certes ardu et mettant en oeuvre de réelles compétences organisées autour d'un rigoureux agencement des couleurs, mais pour le moins il est celui, de loin plus élégant, plus poétique, et plus essentiel de la rencontre de l'être avec lui-même, de la vie de l'en-dehors réfléchie sur celle de l'en-dedans, de la géographie du paysage extérieur assortie à la topographie du paysage intérieur, celui de l'intime, des rêves et de l'imaginaire, des fantasmes et de la création, des passes (pas partout, faut pas pousser quand même !)et des meilleurs.

Mon Rubik's pouf est donc beaucoup plus qu'un objet, qu'un meuble banal, qu'un élément design d'un intérieur identifié, il est le parangon de l'intérieur dans l'intérieur, un modèle exclusif de l'espace compris entre les limites humaines, la représentation symbolisée en trois dimensions de l'esprit, de la vie psychologique de l'être et de ses fils tordus, forcément tordus...

Je disais quoi déjà au début ?
Un cube contenu dans un cube, lui-même contenu dans un cube ?
Et bien, c'est cela ! Tout à fait cela !
Une sorte de gros cube sur lequel on peut s'asseoir, tu vois.
Ca s'appelle un siège, pas vrai ?

25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 12:24

    aquarium_calvados.jpgDans la salle d'attente, il y a un
aquarium.
Il ressemble à celui-ci.
C'est très agaçant, un aquarium.
Des petits poissons y ont incessamment la bougeote en angles droits.
Obligés de les observer que nous sommes, l'oeil dans le vague tant on sait bien que l'on n'apprendra rien, sinon la belle indifférence dans laquelle nous plongeons eux et nous, dans ce face à face idiot.
La dame à côté de moi a l'air gentil, me sourit quand nos regards se croisent, ainsi que ses jambes dans un bruissement de rayonne rêche.
Elle a l'air vraiment gentil, la dame, avec ses yeux bleus, perdus dans le bleu de l'aquarium.
Je me dis que ses jambes gigotent par imitation des poissons qui glissent.
D'ailleurs, moi-même, est-ce que je ne vibre pas du pied droit, (mouvement latéral, nerveux et saccadé, de droite à gauche et de gauche à droite, je ne sais mieux dire !) ?
...Vraiment gentil, l'air de la dame qui sourit, ramollie sous les lampes du bassin aux poiscailles, la paupière lourde et pâle. Et stupide.
Un mérou, c'est un mérou, la dame ! Pouvez me croire, c'est comme je vous le dis, un mérou !
V'là qu'elle laisse tomber l'aquarium et qu'elle s'attarde sur mes cheveux et mon front... Mon Dieu, j'ai peur, le mérou va me sauter dessus et me bouffer tout le dedans de la tête !
Pourquoi son regard ne repart pas vers les fretins qui bougent ?
Ah ! Quand même ! Pour un peu je quittais la pièce, moi.
"- Qu'est-ce que c'est reposant, un aquarium, n'est-ce pas ?
- Heu... Non. Ben non, madame, ben non, j'trouve pas. Ca me déprimerait plutôt..."
Le mérou n'a plus l'air gentil du tout.
Crois même que ses yeux se rapprochent l'un de l'autre, que des écailles lui poussent aux jambes, à la dame, de l'écume à ses lèvres qui moussent.

Voilà, elle est prête pour le psy, la donzelle !

Restée seule dans la salle d'attente, j'ai pensé à ce néant d'émotion rassemblé dans ces corps en mouvements.
Rien.
Rien du tout.
Ces poissons ne provoquent rien qu'un blanc immense à l'intérieur de soi.
Quand il n'y a plus d'émotion, c'est là que le corps et la tête se reposent ?
On ne ressent rien.
Rien que du vide.
Est-ce ce vide alors que l'on nomme "paix de l'âme" ?

Plaise à moi que ce ne soit pas vrai !



726727032_small.jpgJe préfère les grandes baies et les heures hindoues, même si je ne suis rien, si j'suis personne, (et pas plus qu'un poisson mort sur le quai de Marseille, juin, juillet, août !, me disait une amie, y'a pas mal de temps de ça.)
24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 22:49
J'ai beaucoup écouté Charles Dumont et il me semble n'avoir retenu que cette chanson-là.
Peut-être n'ai-je jamais entendu que celle-ci, allez savoir...



100 3481Une image plantée dans les yeux.
Au fond du trou des yeux.
Et là, tu sais, tu te rends compte du paradoxe,
encore un : "ce qui éloigne d'un lieu en rapproche".
Parfois, c'est comme ça !

La chose contenue dans la chose génère la chose que la chose combat.

C'est opaque ? Je m'explique.
Une voiture s'éloigne. Pareil, c'est pareil !
Sur l'autoroute, par exemple, là où ça file rapide.
Tu la suis du regard : les feux d'arrêt, un trait qui passe, un clignotement...
Elle t'a happée dans sa vitesse et tu ne sais pas pourquoi.
Tu dis qu'entre mille tu la reconnaîtrais.
Tu dis que tu en as déjà oublié la couleur.
Tu dis que tu ne sais rien qu'une ombre.
Tu dis que ça n'a pas d'importance la couleur, la vitesse et l'ombre.
Tu dis qu'elle existe, c'est tout.

Tu dis aussi que ce qui s'éloigne100 3482
dans l'évanescence de la disparition d'un ruban de fumée,
la dilution d'une trace,
tourbillon de poussière,
reviendra dans tes marques.

Un jour, l'image circonscrite à un hasard, saturera l'espace, une infiltration subitement au coeur,
et le temps voudra dire que dalle qui tienne la route !
Elle sera là, la voiture,
revenue au creux de ta rétine,
échappée de ses limites,
de ses bornes
et des lisières.

Ne pas penser aux trébuchements des hommes !

Ce qui les éloigne d'eux-mêmes
(La chose dans la chose...)
les ramène toujours à l'ancre (...génère la chose qu'elle combat.)

100 3486Ce qui éloigne est déjà une manière de retour.
La chose qui contient la chose génère la chose qu'elle combat.
24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 13:22

100_3701.jpg     
A défaut,
épuiser ce que tu aimes, quand c'est mission impossible,
pas suffisants, les mots ?



Faudrait des bruissements de la nuit,
des clochettes du jour,
une pour chaque heure qui cogne,

ou un rayon laser arrêté
à ton corps, 
sa lumière renvoyée vers moi, vers moi,
où lire ta présence sur la Terre.
100 3627-copie-1




Epuiser qui tu es,
ne l'aurais-je jamais pu ?
24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 03:59
100_3871.jpgVoilà, j'ai regardé mes toiles à m'en crever les yeux.
Je ne sais pas ce que je cherche à voir.

"Qu'est-ce que tu extrais de ces mille regards ?
Lequel vois-tu d'abord ?
Est-ce toi qui les observes ou bien eux qui te fixent ?
Dans quel espace lis-tu leurs histoires qui sont la tienne,
toujours la tienne,
ajustée au trait qui manque peut-être ici, 
au grain d'une couleur,
à la musique d'un mot
accordé à la nuit ?"

Je reviens à "Toi",
tournoyant aux orgues des pluies chagrines,
qui trament l'ombre 
et la lumière.

J'ai pensé que le printemps ne se ferait pas attendre cette année,
que même les bonzaïs en prenaient à leur aise,
que marcher sur la plage était une affaire de vent debout,
et je me suis souvenue de cette librairie/bar, il y longtemps à Saint-Michel, qui s'appelait ainsi "Vent debout".
Je me suis demandée si le printemps était la belle saison des poètes aux enfers, j'ai convenu que le paradoxe valait le coup du hasard, que l'enfer100 3833 était peut-être pavé des bonnes intentions qu'on lui prêtait.
Un mal pour un bien. La même équation me revient toujours.
Comme s'il fallait payer de soi pour ce qui advenait de grâce et de beautés.

J'ai réussi ensuite à laisser un commentaire sur le blog de Corinne, C comme.
J'ai tapé un identifiant et je ne sais pas toujours ce qu'il est "mon identifiant", quoi faire de lui, quelle forme lui donner, puis... ben ça a fonctionné ! Le mot de passe aussi. Pour un peu, j'aurais bouger le bout du nez pour me croire une sorcière bien aimée et ...

100 3869
...Et la nuit se serait sauvée par la fenêtre,
excentrée d'elle-même,
la nuit,
la nuit dans ses grands bras.
23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 17:18



Des milliers de gens,
de visages,
de regards 
 qui me traînent dans leur sillage,
obstinément,
obscurément.
Quand parfois il n'y en a qu'un,
me souriant dans l'ombre,
obstinément,
obscurément
.
22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 17:44
main-moi-copie-1.jpg           breton_image003.jpg        main-villepin.jpg


Voilà une phrase que j'ai attrapée au vol tirée de Nadja d'André Breton :

"Qui suis-je ? Si par exception je m'en remettais à un adage : en effet pourquoi tout ne reviendrait-il pas à savoir qui je "hante" ?"

Qui je HANTE et Breton souligne le verbe, à plusieurs sens, pour le fantôme que je deviens alors, errant dans les limites de cette vie,
en qui est-ce que je me dépose ?
Qui se dépose en moi,
qui JE hante ?

Moi dont la vie me hante
ou moi qui hante la vie ?

Est-ce moi qui vis ma vie
ou parfois n'est-ce pas la vie elle-même qui m'invente ?
21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 16:50
Ecrire de la musique
ou la lire.
N'importe quelle musique pour être lue
et enregistrée sur son calepin,
un stylo pour la toile,
un pinceau dans la trame,
puis là,
des lettres sur un clavier azerty...

"Un agencement", dit-il,100_3824-copie-1.jpg
ou des dispositions affûtées à un possible,
dont je/tu/il/elle dispose dans un domaine donné.
Le clavier des sensations toujours,
ainsi que des touches sous la pulpe des doigts,
un instrument que tu t'accordes...
... ou une adhésion à toi-même.

Tes notes harmonieuses et dissonantes mêlées,
ta composition intérieure en quelque sorte,
sa batterie de vie,
et des déviations de repères
à la surface du corps qui bouge,
une force de Coriolis, tu vois.
Des notes qui tournent et se retournent
dans une saccade de mots
et des mouvements bègues.
20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 21:17


A toi !
Une musique,
une chanson,
une ballade en quelque sorte
sur le bord du monde,
pour, juste cela,
un peu de chaud à l'âme...

Et quoi !.. se foutre de ce qui encombre,
meurtrit
et tord,
quand on sait bien où se tient l'essentiel.

19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 14:41

100 3493Une expérience humaine.
Chaque jour en est une.
Un jour de plus à être, où être.
Des autres autour de soi.
Des histoires.
Leurs histoires de vie.
Des trajectoires de cailloux qui traversent les mers,
toutes les mares, Corinne,
et tant de plaines...

Hier le CADA encore.
Le Centre D'accueil pour les Demandeurs d'Asile.

Vers qui peut-il se tourner, lui, quand son dossier est rejeté par la commission, les diverses commissions administratives,
quand les étapes ont été franchies, dans l'accident de la vie,
que l'OFPRA, avec sa politique des quotas, puis la CNDA opposent un non-recevoir ?
Que fera-t-il, demain, quand la structure et ses assistants sociaux, dans leur générosité, leur professionnalisme intègre et leur impuissance, lui diront qu'il doit quitter les lieux, qu'il n'obtiendra aucun papier de résidence sur le territoire ?
Que fera-t-il quand la préfecture lui donnera un mois pour retourner d'où il vient ?

D'où il vient ?
D'où il vient ?
Il vient du Congo.
Il a lu un trac avec lequel il était d'accord et qui invitait à manifester.
Il a été manifester parce qu'il pense la situation sociale et politique de son pays insupportable.
Il en a parlé avec son voisin.
Il en a parlé souvent avec son voisin qui crève la misère comme lui.
Il a été arrêté après la manifestation.
Il a été fiché.
Il a subi des représailles.
Il a été emprisonné plusieurs mois pour insubordination au régime.
Sa mère, plus tard, est morte de misère et de peur.
Alors il a fui son pays et a trouvé refuge ici.
Une protection de la République française, à laquelle il a cru. Il parle bien le français.
Il devait sûrement y avoir une petite place pour lui au soleil d'un pays libre !
Seulement, l'enquête réclame des preuves plus probantes de ses opinions politiques,
met en doute le danger qu'il court en revenant au Congo, caricature sa détresse, banalise finalement son engagement pour lequel il n'a pas laissé la peau.
Si ça avait été le cas, s'il était mort sous les coups, ils auraient pu "se pencher" davantage sur le dossier et le traiter avec plus d'attention. Z'auraient ptête versé une larmichette !

C'est l'histoire d'un homme qui refusera l'aide au retour qu'on va lui proposer,
celle d'un homme qui sait bien sa malchance de vivre dans la paix des hommes libres,
celle d'un être qui, demain, sera sans papier
et jeté à la rue.
Un sans domicile fixe.
L' errant qui vous tendra une main pleine de honte.
Un arpenteur de la ville,
d'une ville,
de toutes les villes,
et qui aura peur.

Tout le temps peur.
 

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