Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
7 juillet 2013 7 07 /07 /juillet /2013 20:37

Le passage n'est pas limpide

il se jette à l'eau

on le prend.

 

 

 

4 juillet 2013 4 04 /07 /juillet /2013 22:19

 

 

                                              Passages extérieurs

coursives, galeries, rues, dalles, cul-de-sac, kiosques,  vestibule, verrières, écran

 

 

                                              Passages intérieurs

   couloirs, îlots de mémoire, visions, fantômes, fantasmes, cachettes, racines 

 

 

  passage-1.jpg                                                                                                                       

 

 

 

Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
commenter cet article
30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 20:00

 LE-PLANCHER.jpg

 

C'est un coup au coeur, à la tête, au ventre.

Un livre à l'écriture flamboyante, flamboyante, non seulement parce qu'elle flamboie, mais parce qu'elle nous flambe.

"Si je te donne ma longitude, ma latitude, ma solitude, tu viendras me chercher ?"

On y entend comme une ultime prière, en un long cri très silencieux. Comment raconter le cri ? Comment dire le silence ? On aurait peur d'être intrusif, voyeur de misère et de souffrance,  réducteur et extrêmement bavard. 

On choisira alors de rester à la surface de l'histoire de Perrine Le Querrec.

On pensera à un fait  divers dans une campagne très profonde, un huis clos familial  dans l'ombre d'une ferme et des bois. On avancera doucement dans le marais de la folie qui s'organise autour des êtres : père, mère, frère, soeur, Mortné, L'enfant X.

Un jeu indicible de dominos qui tombent.

Un empilement de colères de violences de rages d'interdits d'arrachements de poussières d'éboulis.

 

"Les arbres les prés les bêtes envahissent la ferme et le lierre grimpre sur la facçade, plante ses ventouses, descelle les pierres. Les arbres les prés les bêtes le lierre le vent traversent  les pièces grimpent l'escalier couchent dans les lits. Lorsque toutes les issues seront bloquées ou effondrées, ils passeront par le toit crevé et descendront par l'arbre, arracheront le plancher, creuseront un tunnel. Mais qui songerait à fuir ?"

 

Tout à la fin, tout à la fin de sa vie, au burin et durant cinq mois, Jean/Jeannot va graver ses mots dans le bois, sur 15m² de plancher. Il devient le plancher qui "bouge, s'élève, retombe, vague noire au centre de la pièce". Ses mots ne suffiront pas à le libérer de sa douleur. 

 

"Je suis fatras d'organes qui parle

sillons du départ invisible

c'est un plan d'évasion"

 

Qui est véritablement l'auteur du "Plancher de Jeannot", cette pièce de bois découverte en 1993, achetée et revendue à un laboratoire, exploitée comme "art brut", puis (source wikipédia : en grande partie grâce à l'insistance du professeur Jean-Pierre Olié, chef du service hospitalo-universitaire, qui souhaite l'exposer pour combattre la honte et les préjugés qui pèsent sur les maladies mentales) visible à présent, rue Cabanis, contre un mur de l’hôpital Sainte-Anne, à Paris, ? 

Jean n'est ni écrivain ni artiste, mais un souffrant à mort. Perrine Le Querrec lui aura rendu  voix et corps, dans une langue âpre, crue et poétique. On la suit, sur les chemins épineux de son écriture qui creuse une terre étrange, essentiellement humaine.  On ne sait pas où classer  son livre (roman récit poésie) et c'est très bien ainsi.

 

 

"Le plancher" | Perrine Le Querrec, éditions Les doigts dans la prose

 


27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 18:15

Une ligne de parpaings

tout le long de la route

on se laisse conduire par le passage

une rangée d'arbres coupés

une autre ville sort de terre

 

Ce ne sont pas des habits du dimanche

qu'on met forcément

aujourd'hui n'est pas un dimanche

 

On regarde dans le vide

sans une idée à suivre

 

 

Tu sens l'odeur du bois

de l'encens

le passage est encore à venir

 

 

 

 

26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 22:00

Mur blanc, présageant le passage, 

soleil absorbé par le mur tu vois ça

une sorte de débarcadaire à la verticale

les choses  toutes les choses (je te dirai ça !)

n'auront jamais l'air naturel

 

c'est seulement le regard qui tremble 

sur le mur 

un étonnement du mur 

du mur  

même du mur

 

 

 

Avignon 95 013

25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 23:58

Tu chasses du bout de ta chaussure

des poussières de sable, une feuille d'acacia

et puis rien

au passage

des ortolans

 

le banc attend

veille l'âme  dans son bois

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                  Puis 

                                  plaise au vent qui déborde les toits

                                  c'est un autre phare 

                                  date de lune pleine

                                  sur l'écran du calendrier

passage--25-juin-2020.jpg

 

 

 

Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
commenter cet article
24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 13:15

Etre sûr un peu sûr un peu mais pas trop  tu  prends la claque en pleine bourrasque la figure paf ! la figure c'est pour de rire tu crois rire pour de rire même si du jaune gribouille la nuit 

Regarder autour le tour autour le contre et le pourtour à la fenêtre sur son coin poussé des ciels et des murs de passage

on garde ce qui entre

 

 

 

 

 

23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 17:12

Suivre quelque chose de soi- HERVE BEGOU 2

même avec des fruits rouges

quelque chose de nous

on ne sait pas

quoi

penser à

quoi se laver les yeux

de l'inquiétude 

un temps de solitude

à la pluie du trottoir

                                                                                              Photo | Hervé Bégou

 

 

 


 

 

22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 07:51

 

 

chaussure-chassee-du-reve.JPG

 

 

 

                                     Rien au monde d'absolument perdu

                                               au milieu de la nuit

                                                       d'un rêve

 

 

21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 19:02

irving.jpg

 

"Je joue donc à moi seul bien des personnages/ Dont nul n'est satisfait" (William Shakespeare, Richard II).

"A moi seul bien des personnages" de John Irving est un roman politique qui arrive à point nommé  en France en plein débat sur la question du mariage pour tous. Peut-être que son humanisme éclairera les passions et les désirs des hommes écorchés par les archaïsmes et l'intolérance sociale ? 

 

Billy est un être complexe qui ne peut être rangé dans une case. L'adolescent de treize ans, entre au début du roman dans une bibliothèque du Vermont et demande des livres "avec des béguins, des béguins contre nature". Billy y tombera simultanément amoureux de la bibliothècaire et de la littérature.

"Car cet éveil soudain de ma sexualité a également marqué la naissance tumultueuse de ma vocation littéraire. Nos désirs nous façonnent : il ne m'a pas fallu plus d'une minute de tension libidinale secrète pour désirer à la fois devenir écrivain et coucher avec Miss Frost - pas forcément dans cet ordre, d'ailleurs."

Mais il ne sait comment faire avec ses interrogations, ses angoisses,  ses peurs, et tous ses désirs qui se téléscopent, exprimés par une difficulté à prononcer certains mots ("pénétration", "pénis", "bibliothèque" ). On suivra Billy le long de son parcours en épingle à cheveux, attiré à la fois par les hommes, les femmes, et les transexuels.

La vie est comme une mise en scène des désirs, "avec des erreurs d'aiguillages amoureux", un théâtre d'ombres et de lumière. Il y a le roman et le  la pièce de Shakespeare "La Tempête" que n'en finit pas de monter  la troupe amateur de la petite ville du Vermont. Les personnages   jouent ce qu'ils désirent être, pendant que d'autres regardent ?  Rien n'est jamais aussi simple qu'on croit...

On assiste alors, vers les années 80, à la fois à la montée de la défense des droits des minorités sexuelles et à l'émergence des années noires du SIDA. Billy est devenu écrivain, libre de ses désirs et empêché toujours par les mots qui le désigneront,  hanté par les images des visages près de mourir, et des amis ajoutés à la liste maudite des morts pour cause d'amour déviant.

Jubilation, hymne à la tolérance, intelligence du roman commencé par Irving il y a 4 ans.

Pour autant, l'écrivain américain n'ignore pas ce qui se passe en ce moment en France et ne cache pas son soutien au mariage pour tous, qu'il considère comme "une position sur l'égalité des droits", pour lui "les droits des gays entrent à la rubrique des droits civiques, tout simplement comme le droit des noirs, le droit des femmes." Avec une pointe d'ironie, l'auteur rappelle également que c'est "comme le droit à l'avortement qui n'est pas le devoir d'avorter", en ajoutant une bonne nouvelle pour  ceux qui ne voudraient pas du mariage gay : personne ne les y contraint.  "Et étant donné l'état de leurs préjugés sur la question, je leur déconseillerais personnellement de se marier avec une personne du même sexe." Voilà qui est dit.

 

 

A moi seul bien des personnages John Irving, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Josée Kamoun, Olivier Grenot - Edtions du Seuil - 

Présentation

  • : Le blog de Brigitte Giraud
  • Le blog de Brigitte Giraud
  • : Donner mon regard sur le monde, ce qui me réjouit en cela que c'est la seule chose possible de faire.
  • Contact

Recherche