Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 04:07

Je me souviens de ce "jeu" d'enfance : suivre une ligne sur un carrelage, ou les pierres des trottoirs. Suivre une ligne. La ligne. De quoi ?

C'était toujours courir un risque : poser son pied à côté, une disgrâce assurée. Jouer avec la peur. Mettre en balance la réussite et l'échec, le bien et le mal, la vie et la mort.

Se traîner dans les rayons du symbolique, en plein jour. La ligne !

Faire attention où poser ses baskets. La ligne ! La ligne ! Ne pas avoir confiance, en somme. Un déséquilibre soudain, pas prévu, avoir tout faux. La ligne elle-même, d'ailleurs, joue de vilains tours. C'est le plein danger. La ligne !

Il pleut, on dit qu'on regarde la mer, qu'on se troue les yeux pour l'apercevoir dans la flaque sur le goudron qui brille. La ligne est tordue comme une paille dans un verre d'eau.

Ligne de sorcière. Pas tracé à l'équerre. Su depuis presque toujours.

L'allégorie inventée de la ligne à suivre de nos pieds trébuchants, tu vois ça ? C'est Imaginer une idéale confiance. Pour oser lui sourire.

L'un en l'autre, et puis soi avec soi. 

 

Et puis quoi ? sinon croire en l'impossible perte.

 

 

 

Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
commenter cet article
13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 22:33

Un pape des pauvres, 

peut trouver un espace dans notre monde à l'envers

et tout de guingois...

 

 

 

Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
commenter cet article
11 mars 2013 1 11 /03 /mars /2013 20:02

Voilà que le temps se met à la douceur, voilà qu'il pleut... Et je plonge dala-crue-de-juillet-M104827.jpgns les eaux de rocailles rugissantes, débordantes, assassines.

 On ne sait pas où ça se passe, le nom de la ville où arrive Thérèse, (peut-être en Allemagne ?).

On ne sait pas non plus dans quel pays on est.

On ne sait pas grand chose, d'abord.

Personne ne sait rien d'ailleurs dans ce roman.

Qui est au juste ce grand peintre ombrageux et mourant (la rumeur court) Will Jung, que Thérèse journaliste  doit rencontrer ?

On ne sait pas si la copine qui doit l'accueillir pointera finalement son museau (quelle lâcheuse !).

Mais on sait, on sait la crue du fleuve. Un mois de juillet. Tout le monde en parle. Une jeune Tchétchène en est morte, roulée par les eaux, et voulant sauver son enfant.   Thérèse y revient toujours, au basculement de la femme dans le fleuve, à ce corps qui pouvait vivre (comme si pourtant il était condamné d'avance).

Alors, est-ce à cause de l'événement, de l'angoisse, de l'errance que Thérèse est troublée par un homme ? Oui/non/on ne sait pas. Un café, des regards, un désir, des dialogues durassiens, durassiens oui. S'ils ne se parlent pas d'un même questionnement, l'homme et la femme se répondent quand même. Noués par le désir. Un grand déferlement.   Si encore elle n'était pas morte,  la morte tchéchène, la noyée, l'obsédante ! Si encore Thérèse ne se faisait pas tant de soucis ! Si encore les êtres n'étaient pas si seuls !

Si sa copine se montrait enfin, si le peintre ne mourait pas, si elle pouvait se faire aimer, si la noyade était impossible, si on parvenait à se dépunir...

 

l'Espoir, alors, serait vraiment convoqué,

on ne serait plus jamais,

soi-même pour soi-même,

aux d'abonnés absents.

 

 

 

8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 16:56

Cette nuit, encore,  commencera en avance sur les miroirs nus. Nus et vides.
Ils parlent la langue du silence, n'ont pas l'ivresse brouillonne de la parole crâne, perchée haut sur la rampe au vertige, un vrai charabia. 

moi 26 d-cembre 014
Quatre clins noirs, l'œil a sommeil, les points cardinaux piquent piquent sur l'horizon.
Je ne sais pas dormir.

Hier, dans une salle d'attente, tu as... Attendu. Silence. Tu es arrivée en même temps qu un homme, fringuant et frisé, qui t'a souri. Tu es allée t'asseoir dans le fauteuil en cuir noir. Tu préfères le marron qui fait face à la porte du couloir et que tu occupes le plus souvent quand tu viens ici. Tu as regardé la femme qui s y tenait, un air de ressemblance avec... Tu as cherché avec qui, et tu n'as pas trouvé. Son visage te disait quelque chose, plus précisément le bas de son visage : le modelé du menton et de la bouche.
Tu t'es demandée s'il était possible que la description d' un personnage de roman puisse rencontrer sa parfaite incarnation charnelle ?
Des mots mis en un seul et unique corps, est-ce que c'était, ou non, une idée  saugrenue ?
"-... Dites madame, est- ce que vous aimez Aurelia Steiner ?"
Tu aurais eu l'air de quoi ! Fracassée  comme Aurelia, voilà ! Aurelia  Steiner, l'errante, la folle.


Le frisé et Aurelia s'oubliaient dans leur iPhone 2, 3, 4, 5,...  Ils faisaient des jeux. Dingue comme les gens dans les salles d'attente peuvent jouer, le nez avachi sur un écran aux dimensions d'une grosse boîte d'allumettes, ils coulent littéralement sur eux-mêmes à se creuser la tête l'air de rien : un sudoku à cheval sur un solitaire et c'est l' échec assuré ! Alors ils se méfient, ne lèvent pas les cheveux de leur machine, ou bien  vous jettent parfois un coup d' œil inquiet.
Tu t'es subitement sentie en menace. De temps en temps, la boîte d'allumettes du frisé éructait des bip bip qui semblaient l'énerver, lui donnaient mauvaise mine, des plis au front.           

Tu as eu une furieuse envie de te regarder dans un miroir, voir l'attente en face et le coin de vide où ton esprit vagabondait. Tu pensais que tu ne penserais pas, anesthésiée par le vide.

Tu ne joues pas. Devant l'écran, un miroir, tu ne joues pas.

Tu t'immerges dans une flaque de lumière.

Du noir autour. Pour mieux atteindre au regard. Un nombre de pixelles  X, ou des poussières microscopiques à trois dimensions accrochées à la nuit qui traîne, t'entraîne, ne lâche pas.

 

 

 

 

Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
commenter cet article
5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 14:41

Pensées flottantes à la surface de la  table.                                                               A cause du vent dans la nuit et ce matin, d'une telle vigueur que, faisant gémir les arbres, il fracassait des images les unes contre les autres. En silence.                                    

Des images et des pensées floues.  Qui manquent d'imagination finalement ; elles ressassent la table, et la chaise sur laquelle je me tiens, devant l' écran de l'ordinateur, petite bête agissante/réagissante.                                                Pagaille et compagnie des annonces faits divers en vrac, sac à malices et à souffrances.              

Pensées floues, emmêlées de suppositions, d'anticipations, de maintenant ici, et de lointain peut-être. La maîtrise n'existe pas. Il y a toujours des marges imprévisibles, un noeud sur l'envers de la toile, un repentir de la trace. Une direction neuve. On ne regrette rien de rien.

De façon certaine, il y a la table. Et la chaise. Puis cette ligne frontière glissée entre les heures, qui rassemble des fragments de qui on croit être, de ce qui a lieu. Une ligne qui nous tient, nous contient en quelque sorte. Nous pâlit, funambules lunaires,  parce qu'elle nous plaît.

On est d'une ligne comme on serait d'un paysage ?

 

 

Eblouissement

Photo | Isabelle Lagny

 
Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
commenter cet article
4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 19:29


 
 expo cousette, 29 juin 2012 027Toile | Catherine Cousy

 

Tu pourrais écrire une histoire

dans la nuit jetée 

Un phare au milieu de nulle part

Cabosse remplie de sentiments

les yeux longs murmurant

des mots indéchiffrables aux lèvres

les murs de la chambre en retard du monde

silencieux mouvements

à vitesse basse une lune passée

on lâche la peur de tomber

 

 

 

 

3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 13:22

 

 

safe image.php

 

C'était un appel à textes, 

une belle initiative des " Les Ecrits Vains n'existent pas".

Copié/collé ici deux liens,

que ces voix ne se noient pas dans le tumulte du net !

Seraient perdues à jamais...

 

La grande nuit  | Claire Massart

http://www.lesecritsvains.fr/appelatextes,capeyron-durant-la-nuit,2dedb2952e243190e3d8ab2ff54c43d5.html

  link

Loin le chemin | Brigitte Giraud

http://www.lesecritsvains.fr/appelatextes,brigitte-giraud-loin-le-chemin,1e44114f778e06596950d8ac03daa31f.html

  link

Merci à Laurent Vigier pour ses lectures.

 

 

3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 11:05
affiche traditions africaine bsm
A travers une exposition d'objets africains issus de 7 collections particulières, la Base sous-marine présente le voyage réel ou imaginaire de "l'oeil". Sur quels critères repose l'acquisition d'un objet :  l'émotion, le coup de foudre ? D'où proviennent ces objets ?
Comment les lire et les garder, regarder ?
Corinne-et-thierry-22-au-27-fevrier-2013-044.JPG
 A travers le colonialisme et la société qu'ils incarnent ?
La mise en espace des oeuvres est volontairement émouvante, saisissante, en ombres chinoises sur les murs,
comme si les statues, dédoublées, imploraient de nous une compassion, une sorte d'ultime compréhension de leur solitude.
C'est bien ce qu'on leur doit !
 
Corinne et thierry 22 au 27 février 2013 036
Corinne-et-thierry-22-au-27-fevrier-2013-042.JPG
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 19:26

40 ans du CAPC 

donc 40 tonnes...

40 tonnes de pneus, qui arrivent par bennes entières pour occuper dignement l'espace de la Nef et la transformer en un gigantesque espace de déséquilibres, d'escalades hasardeuses. 

Allan Kapprow définissait son oeuvre en 1961 comme "quelque chose à mi- chemin entre une vaste décharge et un terrain de jeu", une Amérique en délire... 

Je suis allée voir sa page sur wikipédia :

"Allan Kaprow commence comme peintre lyrique abstrait. Ancien élève de  Hans Hofman , il suit les séminaires de John Cage qui  familiarise ses élèves avec la pensée de Duchamp, le bouddhisme zen,  Artaud et Satie. Kaprow devient la tête de file de ceux qui rejettent toutes les idées reçues concernant l'art, au point d'effacer toutes les frontières entre art et non-art."

 

Je me suis avancée vers le gardien de musée qui a bien voulu me répondre. Ce que c'est qu'un gardien de musée quand même !

Merci à lui.

 

 

 

 

En paralèlle, démarrage de l'expo "La sentinelle", un parcours patchwork constitué d'oeuvres d'artistes tirées du fond ou liées à l'histoire du musée (Benoit Maire, Jean Pierre Raynaud, Boltansky, Godard... )

 

 

Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
commenter cet article
1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 00:00

20 février 2013.

La pensée file. Comme l'étoile.

Pas une étoile, mais un avion.

Un avion/étoile, c'était !  Voilà !

 

 

 

 

 

Published by brigitte giraud - dans Vidéos
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Brigitte Giraud
  • Le blog de Brigitte Giraud
  • : Donner mon regard sur le monde, ce qui me réjouit en cela que c'est la seule chose possible de faire.
  • Contact

Recherche