Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
10 juillet 2014 4 10 /07 /juillet /2014 14:17

Ne parle pas trop fort,

laisse les autres glaner leur soif

dans les hauteurs qui sont si peu,

lorsque les chemins se tordent

dans des flaques couleur de rouille.

 

 

9 juillet 2014 3 09 /07 /juillet /2014 20:49

bellan-013-1--copie-1.JPG

Monotype | Claude Bellan

 

 

Il a fallu planter loin dans ma tourbe

la hache de fer 

et disposer au même endroit

des épis de blé, des graines.

Quelqu'un a parlé de Pavese 

-je ne sais plus pourquoi-

mais cela me plaisait bien

ces histoires de vie dans des langes

à damiers blancs et noirs,

une espèce d'équilibre impensable.

Au carreau de la fenêtre,

cette sincérité pourtant, à perdre pied,

un tendre corps lâché dans un torrent.

Je sentais bien ces rocailles

cette herbe tendre,  

tendre aussi,  

tendre encore...

"Vers quoi, hein ? Tendre vers quoi ?"

Je la voyais bien, moi,

cette petite bulle isolée.

Je ne voulais rien d'autre que ça :

me suspendre éperdument à ce mot,

qui doucement me soulevait,

dans une sorte de vertige,

un peu plus haut que moi.

 

 

 

 

 

 

6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 00:03

5 juillet 2014.

Tourne avec moi. Encore une fois.

Une mécanique du temps.
Un jour, une nuit.
Un chemin qui raconte une histoire...
"J'ai oublié mon collier..."

 

 

 

5 juillet 2014 6 05 /07 /juillet /2014 17:17

C'est quand le monde fait peur.

On ne sait pas d'où vient le silence

passé entre les doigts et dessous.

Triturent grattent plient

chassent la poussière caressent

quand le monde fait peur

 chantonnent des mots de baudruche

pendent au bout des mains

quand le monde fait peur

 lâchent la nuit

agrandissent le jour.

 

- Si on poussait alors un cri, qui l'entendrait ?

 

Il ne meurt pas, le cri, je me disais,

il disparait seulement de la surface du ciel,

en s'attachant les yeux avec de la salive.

 

 

3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 21:35

 

giacometti_alesia.jpg

 Photo | Henri Cartier-Bresson 

 

 

 

Les mots ont toujours dépassé la porte.

Sans grenier

où puiser chacun de nos gestes.

 

Mains... sentir caresser mains voir

voir par la paume et par les doigts mains

dans la ruche mains dans le lit mains

la nuit mains coude omoplate et clacivule...

 

Une litanie pour la fraîcheur des balcons

baie ouverte

où j'entre.

 

Fleur d'épiderme à la tremblote 

dans les plis du corps

suspendue à des pensées sans borne d'arrivée.

Parce qu'on n'arrive jamais.

 

Je ne sais pas pourquoi

je presse le pas contre la brume.

Le chien de Giacometti pourrait naître là,

dans la marche,

surgi des plâtres sous la table.

 

 

 

 

29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 15:28

Japon, 1946, l'occupation américaine, les plaies de la guerre.mingarelli.jpg

 C'est l'histoire d'un homme qui a besoin de s'en sortir.

Dans le peu de la langue, dans l'essentiel des sensations et sans un mot de trop, Hubert Mingarelli raconte les rêves qui   hantent Hisao Kikuchi, la maladie de la soif, et la consolation. La consolation...

En pointillés : une feuille d'orme, un oeuf en jade dans une valise jaune, les lettres de Shigeko la femme aimée, une pierre sur laquelle ruisselle l'eau qui sauve, une chanson deTakeshi chuchotée tout bas, presqu'à l'oreille, parmi le bruit des pics,  des pelles et les soubresauts de la montagne qui explose dans la bataille de Peleliu, le filet de salive qui coule de la bouche d'un jeune garçon endormi, "il ne put en détacher son regard, et ressentit pour lui soudain et justement à cause de ce filet de salive, un drôle de sentiment, quelque chose qui lui faisait du bien et du mal", l'amitié entre les hommes, dans les interstices humains de  la fragilité, là où la solitude et de la peur se taisent.

C'est un livre sur la fraternité, plus grande que la vie-même, une offrande de la souffrance sans doute ! Elle se dit sans se dire. Un trou dans un mur par lequel  le ciel pleut.

On court avec Hisao, on est silencieux avec Hisao,  apeurés avec Hisao, désemparés avec Hisao, espérant quelque chose avec Hisao, une providence, une chance venue on ne sait d'où. Peut-être.

Quand tout est cassé, se reconstruire devient le seul recours possible de la vie. Une nécessité informulée qui contemple la soif. Une eau  qui étancherait, un moment, toutes les voix du malheur. Infiniment.

 

 

 

28 juin 2014 6 28 /06 /juin /2014 13:08

 

Pour ne pas oublier que ça a existé un jour.


La revue "Microbes" n° 84 vient de paraître et m'accueille, ainsi que Fabien Sanchez  Raphaëlle Blomberg, Massimo Bortolini, Pierre Castermans, Jehanne de Champvallon, Suzy Cohen, Pierre Desagre, Jean-Philippe Goosens, Véronique Janzyk, Jean-Louis Massot, Paul Poule, Jean-Philippe Querton, Thierry Roquet, Evelyne Roumier et Fabien Sanchez. 

Les illustrations sont de Tri Vero.

revue-Microbes-n-84.jpg
Mille mercis à Paul Guiot et Thierry Roquet

 

26 juin 2014 4 26 /06 /juin /2014 21:10

Tempete.JPG

                                                                                 Photo | Isabelle Lagny

 

 

Désordre de la lampe sur la marche de l'escalier.

Du miroir que je ne sais pas lire.

Une inquiétude vacille.

Garder dans ses doigts la mémoire de la table.

De la marche de l'escalier.

De la lampe et je...

Le ciel vert ricoche sur les murs de la chambre.

Je le casse, brique à brique. 

Plâtre et gravats.

Eboulis.

Monticule de pots de peinture, de papiers, de mégots,

un ou deux coussins, un verre, une tasse "La vie en couleurs" écrit dessus.

Le ciel se froisse

et je ne sais pas pourquoi.

Les couleurs tombent dans la couleur.

Un auvent claque dans le bleu.

Mes mains pourraient bien s'envoler

si elles ne tenaient pas ensemble,

là où je les ai laissées

en refermant tout doucement la porte derrière moi.

 

 

 

 

 

 

 

Published by brigitte giraud - dans Recueil de photos et textes
commenter cet article
23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 14:22

 

Tu passes ta main dans tes cheveux.

Je te regarde.

Et puis je regarde ta main.

Et puis je regarde ton geste.

Ce dessin de l'air au-dessus de ta tête.

Rafraichissant quand il fait très chaud comme ces jours derniers.

J'essaie de m'en souvenir tout le temps,

de ces quelques minutes de caresse.

 

17 juin 2014 2 17 /06 /juin /2014 16:00

Presque rien - une photo de ci de là - un oubli de la conscience -une délibération de la conscience - réfléchie sans point -  posée là -  déchirée

 

Presque rien - des mots posés/ pas écrits, pensés à l'être -  ceux qu'on voudrait dire, vraiment dire -  abandonnés - les hommes abandonnent toujours tout - trop fatigants

 

Presque rien - on y pense - on y  a pensé - on y pensera - plus tard - à l'heure d'été - mes mots sont dans l'eau

 

Presque rien - limite  - des points très loin - tu ne peux pas imaginer - faudrait s'asseoir, au moins s'asseoir

 

Presque rien - tu imagines en te forçant - un visage - une bouche - des mains

 

Presque rien - photo pochée dans un cadre en bois - un sourire dedans - un coeur  inférieur +3 - un mot que le dessin chuchote  - peut-être - je ne sais pas

 

Des hortensias dans un seau - ce qui est là - sous la main - on croit que moins vite ils passeront l'arme à gauche - tu n'aimes pas les armes

 

Presque rien - bonjour bonsoir -  il dit allez, je file !  -  tu crois aux mailles des mots - tu te manges les ongles - ton bas a filé -  toujours une paire dans ton sac -  tu t'accroches au monde

 

 2012-05-0999.JPG

 

Présentation

  • : Le blog de Brigitte Giraud
  • Le blog de Brigitte Giraud
  • : Donner mon regard sur le monde, ce qui me réjouit en cela que c'est la seule chose possible de faire.
  • Contact

Recherche