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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 03:00

CVT_Lamour-commence-en-hiver_9698.jpeg« La musique n'est mystérieuse que pour les gens qui réclament une explication. Musique et amour : aucune différence. »

C'est ainsi que commence le roman, par un concert de Bruno Bonnet
Bruno et Hannahont chacun leur poids de passé. Les souvenirs sont des fantômes : une moufle, des cerfs-volants, un livre : "l'Encyclopédie britannique des oiseaux", des pierres, des glands, et des passerelles poétiques qui se croisent pour relier tous ces objets/symptômes de deuils inachevés.

Bruno est hanté par la mort accidentelle de sa petite amie de douze ans Anna.

Hannah est hantée, elle, par la mort de son frère Jonathan qui s'était pris pour un oiseau, grimpé dans un arbre et piégé par le froid.

Cette rencontre amoureuse va cimenter un amour heureux où vivent les morts. Car comment faire de cette boule de chagrin : des notes assourdissantes et tellement silencieuses au loin en soi-même, "une folie tranquille tranquille mais obsessionnelle" ?

Comment éloigner le mal qui fait mal ? La culpabilité ?

Imaginer alors que "peut-être que ce que je pense à propos de quelqu'un d'autre peut convenir à un autre moi-même", et se caser dans une sorte de normalité factice...

Les chassés-croisés de la mémoire fonctionnent à la manière d'un puzzle. On connait Anna et Jonathan, les morts pas tout à fait morts, et la place qu'ils prennent  dans les corps de Bruno et de Hannah, "comme s'il s'agissait de remplir le vide en s'activant."

"Elle explique que les rêves peuvent signifier sot un conflit impossible à résoudre, soit le désir d'un accomplissement. Signé Freud, dit-elle encore."

Dès lors, Bruno et Hannah iront vers le désir, maintenant vivante, mais de façon moins obsessionnelle  et différemment, la sorte de crypte qu'ils avaient chacun bâtie en eux-même.

Une reconstruction sera possible.

"Pendant près de trente ans, j'ai gardé des glands dans ma poche. J'en cherche sans arrêt.

Je les fais parfois rouler dans la paume de ma main et j'entend rire, puis il y a comme un bruit de branche qui casse, quelque chose qui tombe de haut et qui produit un son très doux sur la neige.

Le chant d'un oiseau."

 

Puis plus bas,

"- Vous voyez ce livre vous appartient, dit Hannah tendrement.

-Mais non, ma jeune dame, dit l'oiseleur. Il est bien à vous, mais vous ne lui appartenez pas.

Il s'approcha et se pencha vers elle, et lui murmura à l'oreille :

- Vous vous appartenez."

 

 
  "L'amour commence en hiver" de Simon Van Booy, journaliste,essayiste,éditeur et écrivain anglais,  a été salué par le Franck O' Connor International Story Award. C'est son premiert livre traduit en français.
7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 21:02
crayons.eklablog.com
 

Je me suis assise au train des mots de Brigitte Giraud, me laissant bercer « pendue sur une corde à songes » aux paysages quelle fait défiler au-travers du voyage où se croisent des existences, des couleurs, des regards, des mains, des trams et des trains, des villes et des campagnes, sur des rails où parfois on déraille, où « lon ne juge de rien, où lon ne jure de rien »

Merci à toi, Marie-Claude, 
ton blog ici, dans mes liens.
Je vous invite à le visiter.
 
5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 04:00

Tu creuses le puits du jour

celui de la nuit,

ainsi les yeux fermés sur ta peau,

les ecchymoses du coeur dormantes depuis tant...

Tu brasses un sommeil de papier

qui craque,

tu as peur du bruit de la roue

sauf le vent pour t'en sauver

là-haut.

Te tenir aux bastingages,

du ciel...

 

je te garde-corps avec moi.

 

 

 

 

Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 00:00

 

 

 

Nuit.

Souffle/Essoufflement de la nuit.

Bouche abouchée à une aération de la nuit.

Couleurs variables dans la gamme des gris et noirs de la nuit.

Une curiosité de la lumière pourtant : des phares et un lumignon.

Le souffle accoudé au mur.

Je souffle rue Lecocq. Thiéfaine dans les oreilles.

Une fièvre insurrectionnelle et

un mimétisme de la vision : la bouche (de la pierre) et ma bouche.

Faut décoller pas vrai ?

Je souffle. Rue Lecocq.

Souffler sur la lumière pour attiser le feu. Le feu. Et...

Ne pas éteindre la nuit

où passent des fantômes qui rient,

des regards de fumée, là, les nôtres sur la page

des basculements,  tu veux ? A deux doigts,

le piège d'un soleil. 

 

 



 

29 octobre 2012 1 29 /10 /octobre /2012 20:46

victor-hugo-carte-de-corinne-29-octobre-2012-002.JPG

La carte reçue aujourd'hui. Cadeau d'elle. Parle à quoi se tenir. Où oser se tenir. Victor Hugo. A quoi s'accrocher. Où ? Amie. L'essentiel du monde au puits de la vie. Amour. Le poète, chacun sait, a toujours raison. Aragon l'a dit à Jean Ferrat.

Une lettre. Ensuite, une lettre. L'amitié dans des pattes de mouche. Elle "patte de mouche", tu "pattes de mouche" merveilleusement. Une parole. Beauté.

Dire. Ecrire.

S'écrire et s'ancrer là.

Les mots s'entourent, se serrent en brassées de baisers embrassés...

Tellement bon d'aimer qui on aime ! J'aime tellement aimer qui j'aime !

Et être aimé, soi ? Oui, évidemment ! Comme si c'était une faute de vouloir l'être, dès qu'on n'assure pas l'évidence de la réciprocité.

 

L'amour au sens large, (l'amitié contenue dans cet espace affectif) est le centre de tout.

Là où aller pour saisir quelque chose des êtres. Mais le mystère de ce territoire rechigne parfois à se dire, à s'écrire, à parler.

Je ne saisis jamais très bien pourquoi.

Je pense à la philosophe Simone Weil (Prologue à la connaissance surnaturelle), dans ses incertitudes où je me reconnais tant :

"Comment pourrait-il m'aimer ? Et pourtant au fond de moi quelque chose, un point de moi-même, ne peut pas s'empêcher de penser en tremblant que peut-être, ...malgré tout, il m'aime."

 

Alors la carte et la lettre sont des bonheurs. L'enveloppe s'est sentie papillon, hein ? Papillon de tissu, papillon d'écriture, papillon en papier. Butinant la langue. A quoi toujours s'adosser.

 

 

 

 

 

28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 13:23

L'homme, par deux fois, est tombé.

Pas plus de bruit que ça !

 

A un moment, on ne sera pas là pour voir...

 

 

 

Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 22:05

Ne pas regarder derrière soi.

Pour avancer.

Tenir debout. Le coeur battant.

(C'est si important le coeur ! je le sais, j'en connais un qui a flanché d'un coup...Ce qui arrive souvent, paraît-il, à  ceux qui en ont, du coeur. Je veux dire, surtout à ceux-là ! Ceux qui sont constitués ainsi et vivent de son énergie, pour être, pour donner, pour l'avoir trop grand... ou trop gros)

Donc le coeur battant !

Et hier fout le camp,

je l'observe et il se fait la malle. Je regarde dans le rétroviseur. Effet garanti. J'y suis, ou non. J'y suis. Je vois à rebours. Comme une marée d'hier.

 Il s'éloigne de moi,

ou c'est moi qui m'éloigne de lui.

Je regarde dans le rétroviseur, en plein, cadrage décalé.

Je suis là. Ou non. Comme j'aime. J'existe.

Avec ou sans moi. Décider comment.

 

Je regarde le monde à l'envers.

Devant et derrière moi.

Tirer des conséquences émotionnelles qui, à leur tour, me regardent. A moi de les lire. A plat. A plat est-ce possible ? Non, je sais bien cela. Je laisse quand même les choses aller, en me forçant, sinon, je sais que ça ne serira à rien.

Je filme. Droit devant moi, la route. Mon chemin. Des pavés, qu'importe ! Ils brillent sous la pluie de tout à l'heure. Et j'adore ça, la pluie.

Donc les pavés rutilent.

Puis voilà qu'il me parle de ce lieu : un restaurant-brocante. En partant, on peut acheter et emporter sa chaise, son assiette, un cadre, une cueillière, que sais-je encore !

Je trouve cela superbement surprenant. Se reconstituer sur un coup de coeur un décor d'hier qui ne nous jamais appartenu, une relique d'un autre temps, d'un autre lieu, d'une autre histoire dont on pourrait se souvenir, en brodant un peu autour.

Hier, c'est aujourd'hui remodelé, revisité, relu au-dedans de soi, mais avec d'autres gens,

d'autres livres et des fringues, de celles que je n'ai pas jetées aux orties du tempo.

(-Dis, tu aimes mes petits noeuds aux chevilles ?

Dit que oui.

- Oui, c'est mignon, ça te va bien, papillon !)

 

 

 

 

 

 

 

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 12:58

Naissance d'un pont sur la Garonne.

Une oeuvre magistrale de technologie, d'audace et de beauté.

Même si l'homme construit des ponts depuis des siècles, cette construction-là, originale et vénérée, a eu toujours une dimension métaphysique.

Parce que Le pont relie.  Une marge à une autre marge.

Ensuite, il suffira de le passer...

Avec toute la poésie et la liberté qu'on voudra/pourra y mettre. Une agilité soudaine pousse aux jambes et au coeur !

 

 

Bordeaux--pont-baba--23-octobre-2012-005.JPG

Bordeaux--pont-baba--23-octobre-2012-009.JPG

 

 

 

 

 

A 11h, puis 11h30...

 

 

bordeaux, suite et fin 001

                   A 15h30, la passerelle est presque ajustée aux colonnes.

 

 

bordeaux--suite-et-fin-005.JPG

 

 

 

 

20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 22:38

  20 octobre 1854, c'est la naissance de Rimbaud. C'est de là que tout est venu.

Je me suis demandé s'il pleuvait aussi ce jour-là. Puis je me suis demandé si la perception d'un arbre en pluie modifiait quelque chose à la perception que je pouvais avoir du monde, et je me suis dit que oui. Je ne sais pas bien dire pourquoi, sinon les circonstances, sinon l'environnement, sinon quelques voix, quelques mots qui ne s'effaceraient pas.

Je me suis demandé si un non-choix de circonstance devenait, à un moment, un vrai choix, et quand donc en était le point de basculement. Un non-choix est toujours un choix de circonstance. C'est la circonstance qui décide en quelque sorte... Mais le premier mouvement du premier arpège musical, il passe où ?

L'arbre est un arbre. La pluie ne le transforme pas, mais elle transforme  la perception que j'ai  de cet arbre, donc, pour moi, il n'est plus un arbre tout à fait comme les autres. Il s'anime, par la perception que j'ai  de la pluie, à ce moment-là, et de l'arbre au moment de cette pluie.

Mais quand est-ce que la mutation a vraiment lieu ? C'est-à-dire, quand est-ce qu'elle commence à avoir lieu, la nouvelle perception de l'arbre et de la pluie ? On ne sait pas cette frontière, sauf si on observe bien l'arbre, couler doucement de lui-même.

Alors, à force d'observer la pluie, les coulures des branches et des feuilles, je me suis demandé s'il était possible de décider de la frontière. Et ça, je ne le crois pas. Je crois, (aussi sûrement que le cri de Rimbaud a existé, ce jour-là, qu'il ait plu ou non) qu'il est vraiment impossible de suivre exactement la ligne de la frontière de la frontière.

 

Les liens sont tissés trop étroitement. Ca fait des noeuds partout. Les points de raccordements, ce sont eux, ficelés à pleurer dans le bois d'un arbre.Il n'y a rien à y faire. Il ne pourrait se produire qu'une répétition du schéma initial : infiniment, un cri.

 

 

 

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 03:13

C'est de loin qu'on la voit le mieux : la grande roue décolle du macadam dans l' aspiration lente de son mouvement,

une procession de loupiotes vers les nuages.

A quoi pense le vent ?

L'émotion  sur  les épaules,

tes mains batifolent,

un foulard autour de mon cou.

 

"Au-dessous du volcan", je pense toujours à ce livre-là. Malcom Lowry et sa grande roue du temps, le jour de la fête des morts, le mescal coagulé au fond du verre du consul, la lettre pour Yvonne qui n'arrivera jamais, et l'arbre coupé en deux par un terrible coup de foudre....

Je ne retrouve pas le livre dans la bibliothèque. Elle devrait être mieux dérangée pour que je m'y reconnaisse comme avant une tentative de mise en ordre. J'en aurais volontiers partagé un extrait...

En voilà un quand même, enregistré il y a quelque temps.

 

 

 

 

 

 

 

 


 

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