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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 22:39

J'ai mis en lien sur mon blog le très beau site de la revue poétique  "fébrillations et autres arythmies", quand Jean-Marc Undriener m'a contactée et proposé de publier dans sa revue en ligne, fibrillations.net, un de mes textes.

C'est que lui connaissait mon blog. Il avait une longueur d'avance sur moi.

Je suis donc allée me promener dans ses archives,  dans le projet de sa revue perpétuelle, "une compilation informelle & irrégulière de coups de cœur & de tête" dit-il, dans son travail en cours, ses textes à lui :

  • "on tient à la langue — on parle on est là sur le fil. là du fil. on peut tomber. peu importe — on parle


  • ricoche de cailloux dans la tête. caillou de tête dans son peu d’équilibre. et on ne comprend pas tout. on n’avance à rien


  • caillou de tête & dans les valises de mots on porte lourd — finit par peser le tout à la longue du poids de soi"

 

Et voilà que ça me parle, son écriture et ses photos !  Pas de hasard tellement... dans la saisie de la perception des mots, ou bien dans cet espace où trouver des résonances est possible.

 

link

 

Je vous donne à lire et à voir ce que Jean-Marc Undriener m'offre comme vitrine de mon travail d'écriture. Je l'en remercie très vivement. Ravie et étonnée. La mise en page est la sienne, évidemment, ainsi que le choix de la photo.

Brigitte Giraud





Je ne sais pas où saisir le silence.
Un moment, tu oublies le roulement
des ferrailles sur les voies,
le défilement des arbres, des panneaux,
des tunnels, des orages…
Des couloirs où te perdre.
Courir ? La pensée court.
Cours !
Tu ne veux pas courir,
Tu n’as jamais voulu courir.
Tu veux oublier le couloir, et les murs,
tous les murs,
la couleur des murs,
tapisserie bleue à fleurs grises.
Une voix, à l’intérieur du jour et de la nuit,
« Une cuisine à l’étouffée, tu dis,
parce que ça étouffe partout, y’a qu’à soulever la
peau du monde. »

Le train sous les tunnels, sur les ponts suspendus
à des fils d’acier,
retenu à la terre par presque rien,
des regards vides et des drains,
une énergie qui bat,
la conscience au repos de la banquette,
les étincelles de la pensée dans les fibres
du tissu rêche
et le cœur seul avec ses traces.

Le corps tout entier gémit
dans la bouche.
Inondé d’un tremblement des lèvres,
du gémissement des lèvres.
Une image fixe dans le mouvement
du désir
Toi, dans ce train venant du nord,
perdu dans des regards comme givre sur les champs,
sur les villes du monde,
les barrages, les océans, le cri des oiseaux,
passant des gares vides,
à tout va,
à tout vent !
Tu veux croire à des lignes,
à des raccords possibles,
une corde à linge tendue d’un corps à l’autre.
Tu ouvrirais des armoires,
te souviendrais de tout ce que tu n’as jamais vu,
C’est si simple d’ouvrir une porte !
Vider ses mains comme on renverse un sac de clous
sur une table.
Le train ne s’arrêtera pas de si loin qu’il vienne.
Le bitume, près du carrousel, a des compressions irisées.
Son apparence se défait de la noirceur.
L’émotion enlève ses bas,
quitte ses oripeaux, et scintille quand même.

Tu inventes des histoires de carrousel rouillé,
un cheval, mors aux dents.
Tu voudrais purger tes mains,
tremper tes doigts dans le marc des mots.

Par la fenêtre du train,
des fils à linge dans un jardin et un drap
flottent.
Il pleut des canaux, des bocages.
Ca verse à torrents.
Essore des chiffons sales.
Le ciel n’a pas d’alibi.
Pleut. Re-pleut.
Pleut.
Pleut.
Pleut la pluie qui pleut.
Corps alourdit des bras.
Pleut.
Les grands bras
Et la pluie pleut.
La terre déployée
Et tes bras,
Grands,
Pluie,
Pleut.
Dans nous, pleut.
Faudrait une boite en fer
pour les traces :
doigts sur mon visage,
lèvres et doigts sur ton visage,
l’entier des mains sur ton visage.
Et puis ce qui saisit toujours.
Le tumulte décroit dans la trace.
Les panneaux des chemins deviennent signes et chairs,
une écriture sur la ligne blanche, à l’écorce,
une fissure du désir par laquelle tout entier le corps glisse.
Des temps rassemblés, les plus tendres,
les plus fragiles,
tant fragiles, tu sais !
Du sable, rien de mieux, entre deux phrases.


Ce texte est extrait de Seulement la vie, tu sais, éditions Rafaël de Surtis, 2012. Une très belle présentation en est faite par Dominique Boudou sur le site Recours au poème.
Brigitte Giraud tient également un blog, Paradis bancal.

 

 

14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 19:57

Les émouvances sont les tam tam du coeur !  

Ce sont les relais, la transmission, le don... ce qui est là, avec l'autre et pour l'autre. Pour la vie de l'autre au bout de son amour.

La bienveillance partagée et l'attention fragile.

Un trésor tenu dans le creux des ses mains, qu'on ne laissera pas tomber par terre, vous voyez.

 

Je regarde le fonctionnement du savoir médical, qui se passe, de l'un à l'autre, de l'autre à l'un. Pour la vie. Emouvance. Tam-tam du coeur.

Je sais tous les témoignages amis et leurs soins pour 5420_100065238289_4295326_n.jpgDominique toujours hospitalisé, et hors de danger à présent.                    Tam tam de l' émouvance !


Puis, je lis ce mot du 6 octobre, sur la page facebook de Souleylane Diamanka, un ancien élève de Dominique, si talentueux Souleymane ! Poète dans ses mots et son âme. Emouvance. Je le dépose ici, son mot. C'est si débordant des mots-mêmes ! Tam-tam du coeur !

 

"Aujourd'hui c'est l'anniversaire de Dominique Boudou
mon instituteur quand j'étais en classe de CE2
L'homme qui m'a fait découvrir et aimer la poésie

Il est à l'hôpital en ce moment

Je sais que les mots et les pensées d'amour ont un pouvoir
nous allons tous penser à lui en ce jour particulier
et lui souhaiter de toutes nos forces un bon rétablissement.

Que la lumière soigne !

Souleymane"

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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 13:42

Ma poche, ta poche, je me souviens.

Les nuages dedans y entrent tous.

Avec le vent.


 

Je me souviens de ça :

Il y avait Le poids du Monde de Peter Handke que nous lisions à voix haute, calés sur nos oreillers. De courts textes qui nous faisaient toujours penser à. Je  passais beaucoup de temps à penser à. On se racontait. Avec des mots tricotés par ceux des autres, reliés à la terre, aux oiseaux, à la mélancolie et où aucun mystère ne pouvait se nicher. Nous étions nous-mêmes un mystère total, "mystère total", c'est cela que nous disions dans la gravité d'un rire,  presque effrayés de nous savoir l'un à côté de l'autre. Nous étions peut-être les seuls à ne pas douter  de notre talent ajouté. 

La vie avait-elle déjà mal au coeur ? Ou bien nous-mêmes avions-nous le sentiment de ne rien peser dans un monde si lourd ? Est-ce que j'aimais déjà les papillons ?

J' avançais par rebonds, la voix soudée à la texture du texte qui me propulsait vers ailleurs...Je ne savais pas où. Et je m'en foutais bien.

Tu t'appliquais pour moi à la lecture.

 

Et puis un jour, j'ai vu ce film. Cette séquence m'a profondément marquée. J'y ai longuement pensé. Souvent longuement pensé. J'étais comme la poche en plastique. Chahutée. Un parachute sans équilibre, seulement des mouvements fous, de fous, des arabesques molles?

J'y pense souvent, je ne sais pas vraiment pourquoi. A cause de l'invisible du vent ? De la sensation d'être rejoint par quelqu'un à un moment de sa vie ? De la solitude ?  Et de la poésie qui niche toujours dans le réel quand on y met de la lumière ?  

C'est tellement important une poche de rien du tout. Qui parle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 03:56

J'ai trouvé ce lien dans ma messagerie ce matin.

  http://www.recoursaupoeme.fr/link

http://www.recoursaupoeme.fr/critiques/brigitte-giraud/dominique-boudou link

 

Merci Dominique, qui toujours m'étonne. Qui donc ferait naturellement cela ?

Brigitte Giraud


"On croit s'éloigner, on tend seulement la corde du retour.", écrit Brigitte Giraud dans Seulement la vie,  tu sais, sa dernière livraison poétique. Voilà qui illustre bien le chemin d'écriture de l'auteur. Comme dans ses précédents recueils, Brigitte Giraud nous offre une poésie de mouvements.

  Un train venu des brumes du nord file vers Bordeaux. Dans la cité girondine, le tram de la ligne B sillonne la ville.  "Mouvement dans le mouvement " des rails ici et là-bas, un carrousel tourne sur son axe avec ses chevaux de bois, des cordes à linge ou à songe se pendent dans le vent, des oiseaux griffonnent le ciel de leurs signes improbables.

  Mais " aucun pédalier n'actionne jamais le monde, aucune horloge jamais n'a indiqué l'heure juste ". Le retour est déjà là, avant même que de partir, dans le temps comme dans l'espace. Le retour de l'être aimé qui aime une autre femme aux yeux verts et au corsage bleu, au " sang jeune ". Le paysage ne tient plus debout. L'attente trébuche sur les corps lourds. Les mouvements mêmes du désir ne sont plus des lieux sûrs.  

  C'est que l'homme du train, qui revient sans être jamais parti, laisse deviner un autre homme, celui du tram, dans une géographie incertaine " sur l'échangeur des sentiments ". La narratrice, car c'est bien, aussi, un récit qui agit tout au long de ces pages enrayées, sent [son corps tout entier glisser dans la fissure du désir ].

  D'où, peut-être, la nécessité de retenir ce qui doit être retenu, des émotions comme des souvenirs, sur un calepin ou dans une boîte en métal. Mémoire et oubli, liés par le même souffle, se livrent un combat sans merci sur les berges de la fatigue. Le vide est à l'affût ; il ne faut pas tomber.

  " Je rattrape tous les fragments de toi-même. ", écrit Brigitte Giraud. L'enfance, ce rivage où l'homme fourbu revient toujours, égrène ses litanies de courtilières, de silences et de chiens jaunes. Un cheval passe aussi. Qu'on retrouve inventé sur le carrousel bientôt immobile. Une petite fille s'accroche à lui, demande à son père si l'animal est mort par temps de pluie.

  La plume de Brigitte Giraud, dans le transport des métaphores et le relevé des notations ordinaires, émarge une fois encore au registre des émotions qui troublent le visage de l'amour aussi bien que celui de la ville.

De nombreuses images, celle notamment du manège aux chevaux de bois, pourraient faire penser à Léo Ferré pensant lui-même à Verlaine. Il y a de la musique dans la poésie giraldienne. Les mots tament-tament, rauques ou feutrés, les notes parfois bégaient, " Pleut. Re-pleut. Pleut. Pleut. ", et l'alexandrin souvent, qui n'est pas invité, impose sa lenteur : " L'ombre sauve toujours une part de mémoire ".

  Parfois, dans une langue aux contours plus blancs, plus fragiles, c'est à Marguerite Duras que l'on songerait. " Elle dit que les amants du tram souffrent et jouissent en même temps, que les livres ont toujours une longueur d'avance sur la mort. Elle dit que cette pensée est insupportable. "

  Seulement lavie, tu sais, publié par Paul Sanda aux éditions Rafaël de Surtis, confirme un talent récompensé en 2006 par le prix Jean-Follain et remarqué par Antoine Emaz dans la revue N4728 qui publia un extrait de ce recueil.

 

"Seulement la vie tu, sais" | Brigitte Giraud

éditions Rafaël de Surtis, 55 pages, (15 euros + 3,50 de port)

7, rue Saint Michel

81170 Cordes sur Ciel

9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 02:41

Venir là-bas.  Forcément.

Qu'est-ce qu'on fait ?

Se sentir dans une expression d'enfant. 

Peler des fruits que j'installe sur une assiette.

Qu'est-ce qu'on fait ? Là.

Tu es attaché à tes fils, ton coeur bat sur des écrans et...

 ton sourire à la vue des fruits sur l'assiette,

le téléphone sonne, tu tends le bras,

violet et bleu, jaune aussi,

tu dis des mots accoudés à ceux des autres,

tricotés par eux,

tu dis : "tout va bien !"

 

Des mots pour moi en remontoir,

aux dimensions du rectangle de la chambre.

"Qu'est-ce que je fais à vivre là ?"

Tu souris.

Tu es content de sourire,

quand même

tout te ramène ici,

aux fils et aux écrans,

aux fruits coupés en quatre sur l'assiette,

à nos expressions presque d'enfants,

des sortes de mots/regards posés sur une page.

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7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 22:00

Début d'automne.

Temps de salle surchauffée.

Une chambre avec vue. 

 

Une fenêtre à coulisse, et des arbres dehors.

Ils ont des bruissements de pluie,

quand la lumière décroît.

Et la solidité d'un toit.

 

 

 

 

 

 

 

 

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7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 01:24

Quand un événement grave arrive à un être aimé,   

malgré soi, contre soi,

mais malgré tout,

les autres, amis, vous souhaitent souvent "du courage". Une commodité pour signifier le désir d'accompagner et de comprendre la souffrance de l'autre.

Mais dire le mot "courage", qui permet de surmonter la peur,  la peur d'un danger, la terreur de la mort, ne dit rien de la peur, ne dit rien de cette terreur...

Comment éviter la peur quand on est immergé dans son marais ? Comment faire autrement que d'être là, où juste on doit être forcément et sans réfléchir trente secondes, et de veiller, avec dans son corps à soi sa  terreur de la  mort qui rôde et enveloppe  tout ?

Ne pas éviter la peur, ne pas  surmonter la peur, serait-ce alors faire preuve de lâcheté,  le contraire du courage ? On voit bien que ça ne va pas !

 

Je ne suis pas courageuse, j'ai peur, immensément, du mal quand il survient à l'autre.

Je ne suis pas courageuse, je fais ce qu'il faut faire pour aider l'autre et le soulager, au plus tôt, au plus vite. Qui donc ne le ferait pas ?

Je ne suis pas courageuse, je ne peux surmonter la terreur de la mort, puisqu'elle est la terreur.

Je ne suis pas courageuse : la peur court dans chacun de mes gestes,  dans chacune de mes caresses, dans chacun de mes mots.

Je ne suis pas courageuse, mes membres tremblent. J'ai conduit la voiture jusqu'à l'hôpital, et j'ai eu peur mille fois : de ne pas arriver assez vite, de ne pas être avec lui, et... qu'il ait peur.

Voilà, par-dessus tout,

j'ai eu peur de sa peur.

 

Le "courage", alors, est un mot vide de l'éprouvé,

qui parle d'un tout, vite fait, mais pas du vrai de l'émotion.

 

Mais oui, j'entends, j'entends bien, savez-vous ! J'entends que ce mot "courage"  évoque une réelle compassion, cette prédisposition à la perception émotionnelle et solidaire de la douleur d'autrui.    "Je suis avec toi, et je te donne force par ma présence".

 

Merci à tous, de vos mots de sympathie aidants, bienveillants et solidaires !

 

 

Je mets notre chanson, Marie, ma soeur, elle va bien !

 

 La compassion, et non pas l'empathie, (cette capacité à comprendre les émotions d'un être sur une marge blanche et presque clinique : "je sais que tu as de la peine et, observant ton fonctionnement psychique, je la comprends" 

 

 

 

 

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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 00:51

 

100 1162-5

   Un coeur très grand ouvert  est-il plus fragile qu'un autre ?

    Dominique Boudou, mon compagnon de longtemps, a été escorté par deux motards, tandis que l'ambulance rouge l'emportait en stridulant à l'hôpital du Haut-Lévèque.

     Battements cardiaques dans le chaos et le souffle manque à sa bouche, à son corps.

 

Son coeur... abîmé ? On ne comprend pas comment  cette part imprononçable est possible.

 

Le chat ne sait pas où s'endormir.

 

Le silence, ici,

aujourd'hui,

s'étonne tout seul de lui-même.

 

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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 17:21

 

 

La PqB revient de plus belle... C'est-à-dire embellie ? Je ne sais pas : le projet est toujours celui du départ. Laisser tournez le monde et soi dedans, y'aurait à dire, spectateur et acteur de sa caméra et de son émotion au vif du vivant.

Tout a été dit, et tout est toujours à inventer, autrement, différemment, dans un énoncé qui fera toujours la différence,  par sa tension-même.

Une minute, c'est rien. C'est plein. Un regard parle toujours. 

 

 

Reviennent mes considérations :

- T'as un plan ?

- Qui n'est pas une figure plane.

- Euclide dans une poubelle  ?

-  Et dans ma poche.

- Des dimensions ?

- Multiples et variables selon la vibration de l'oeil et du corps.

- Des séquences ?

- Non sécantes. Il n'y a pas de lignes droites...

2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 21:47

004

 

 

"Tension" est un mot de l'urgence battante, cardiaque, sensible, extra-vagante.

Un mot de la présence. De la création à naître.

Tension. Tension de la présence qui est.

Donc de la vacuité. Du vide.

 

Un mot mélancolique aussi.

Décollé du monde et le saisissant dans sa matière brutale.

Le choc pas loin.

Etre dépourvu de tout, et à la fois offert.

 

Perdu, dans le désordre de sa chair,

et dans le vif de soi,

une main dans les cheveux.

 

Ta main sur la page. Un trait. Une ligne.

Noir sur blanc papier glacé, comme tu voudras...

 "Viens !"

 

Alors tout commence toujours !

 

 

 

 

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