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8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 15:59

Il a quelque temps déjà, Robert Misrahi m'avait écrit ceci dans une de ses lettres, et ce passage n'a  cessé de me hanter,  et ces deux phrases surtout auxquelles je ne peux que souscrire :

 

"l’incertitude créatrice et prémonitoire est en réalité préférable au vide qui s’habitue..Il y a des baumes pour les blessures. .. "

 

Voilà ce fragment dans son entier :

 

"On se demande si notre présent, notre accoutumance, notre familiarité avec la grisaille ne sont pas préférables à l’angoisse de l’incertitude et au risque du grand vent qui préparent l’entrée dans l’être. Mais je suis persuadé que l’incertitude créatrice et prémonitoire est en réalité préférable au vide qui s’habitue. Ce risque de construire est déjà autre chose, mouvement qui mérite de se réjouir de soi et d’attendre des renaissances.

Oui, c’est une longue histoire qui commence. En un sens on pourrait croire qu’elle ne fait que recommencer et répéter. Il n’en est rien. En fait, elle commence vraiment. Tout est nouveau. Le vent et le regard, le fleuve et l’horizon. Tout être, toute vie, tout moment sont uniques et peuvent se renouveler en se recréant. Il y a des baumes pour les blessures. Ensuite, il faut bien dormir et bien se réveiller. Et bien serrer le manteau qui tiendra au corps."

6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 15:00

 

Les photos d'Hervé Bégou sont de partout, elles captent aussi bien la pluie de Paris que la lumière d'un ciel en Provence. L'ombre sur un mur, où qu'il se trouve, aura toujours l'originalité émotionnelle de ce magicien de l'image.

images-0391-01.jpg

On ne sait pas au juste d'où vient l'émotion. Mais chaque fois, elle est là, comme une intime météo du coeur et du corps.

Une présence qui consiste à troubler celui qui regarde. Qui triture les lignes et lesDSCF0803 Travail en cours 05 40 formes.

Alors on n'a pas envie de décortiquer le cadrage ou la focale. On se laisse prendre seulement par la sensation d'être devant quelque chose, témoin de quelque chose

 

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C'est qu'ici, dans l'univers photographique d'Hervé Bégou, la vie n'est jamais réduite par la vie-même. Tout est important :  le doigt d'un enfant, le regard d'un être parmi d'autres, un oiseau à terre, un mouvement suspendu dans l'air, une liseuse...

On sent bien que l'oeil est habité de visions de peu, essentielles et vivantes ; on sait que par-dessus le paysage, des ciels battent toujours des bouts de rêves, une sorte de  fragilitDSCF1950-11.jpgé généreuse.

 

 

 

Car la réalité gagneDSCF1927-01.jpg toujours en force d'expression par les noirs et les blancs tranchés au vif, dans une esthétique vibrante, très composée et étonnante.

 

Chaque image est une ode à l'humain. Au décalé dans l'humain. A sa porosité au monde. 

 

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C'est cette disposition à capter les ironies du quotidien qui vient bouger en nous ce que nous n'avions pas entrevu : un enchantement astucieux donne alors des ailes de papillons à notre imaginaire.

 

 

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La vie est là et nous la découvrons dans des combinaisons poétiques, vibrantes, excitantes, à ce point tel que nous l'aimons nous aussi, quand elle nous apparait ainsi, tout à la fois mystérieuse et magique.

 

 

 

Un couple d'amoureux sur un bord de Seine et c'est une bascule possible dans un ciel liquide.

 

 

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Le  labyrinthe où se perdre risquerait l'aventure. Un mur de mots d'amour dits, redits, perdus, écrits, demeurent. 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Pourquoi suis-je vivant ?" Hervé Bégou répond par ses photos, compilation  d'images entrevues depuis longtemps et des traces d'aujourd'hui, "de bave d'escargot", disait Francis Bacon "et s'il ne restait que cela ..."

 

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 03:03

 

charlot

Il y a bien longtemps, j'avais offert pour Noël cette affiche à un ami. A vrai dire, je ne suis pas sûre que ce soit vraiment celle-ci. Il me semble qu'il y  avait un coeur, ou bien quelque chose écrit sur l'affiche. mais Charlot avait un air mélancolique et généreux (un peu comme sur celle-ci)

Aujourdh'ui, me voilà sur la place de Pessac.     Auparavant, il y avait une fontaine au milieu et,lui faisant face, un café. Il y a toujours le café, mais il s'appelle aujourd'hui "Le boeuf sur le toit". Il ne ressemble plus à rien, sauf l'intérieur qui n'a pas beaucoup changé. Il y a des affiches de cinéma encadrées qui décorent les murs,   les tables semblent être les mêmes.

26-juin-2012-BIBI-8.jpg

 

Quant à la fontaine elle a disparu, les travaux sont en cours, les marteaux piqueurs faisaient même  un raffût du diable ! Ils vont installer des bacs avec des fleurs.

 

Charlot va, à présent, interminablement regarder des bacs à fleurs muettes, sans le murmure de l'eau pour distraire son immobilité.

En face, il y a donc ce cinéma, avec Charlot dans la vitrine, grandeur nature. Les portes sont mécaniques, s'ouvrent et se ferment toutes seules dès qu'elles sentent les vibrations d'une présence humaine.

Alors je me suis accroupie devant le cinéma. Je le voyais lui, avec cet air mélancolique que je lui préfère,  et moi, à l'extérieur, et en reflet. On était pour ainsi dire devenus des copains.

26-juin-2012-BIBI-7.jpg

Mon caméscope nous a alors filmés. Peut-être Charlot allait-il me parler ?

Des gens sont entrés et sortis du cinéma, sont passés devant le cinéma, et n'ont fait attention ni à lui, ni à moi.

Et c'est finalement le meilleur : un film se tourne et ça ne voit même pas.

 

 

Les images sont moyennes, je bouge juste un petit peu... Ma position était très instable et Charlot faisait exprès de me troubler.

Alors, je me suis relevée d'un mouvement souple et très élégant, j'ai pris mes clics et mes clacs et...on verra une autre fois, dans une autre vitrine... Pour d'autres transparences.

 

Question photos, je vous en promets de belles, de vraiment vraiment belles, et d'un vrai de vrai de photographe !

 

 

                        

 

Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 19:25

"Laissez le soleil sécher vos larmes, s'il vous plaît

allez danser sous la tempête

que la pluie essuie vos plaies"...

 

 J'ajoute que Souleymane Diamanka a été l'élève en Ce2 de Dominique Boudou, qu'il a été toujours reconnaissant à son jeune instituteur de lui avoir communiqué l'amour de la poésie et des mots, qu'il ne manque jamais une occasion de le rappeler et de le nommer, et qu'il vient de lui demander une préface pour un prochain disque. Ils se sont revus plusieurs fois, toujours suivis dans l'ombre et la lumière, et ça, ben je vais vous dire, c'est magnifique !

 

 

2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 17:25

 Reconnaître une vacuité de soi dans les gestes.

Une attente des mots,

des sauts en pointillés sur la ligne du matin.

Un manteau qui tiendrait au corps,

l'encre coulée dans nos yeux.


Il faudra écouter le silence,

une épure pour prévenir du froid.

Il y aurait du temps pour les saisons,

pour le fleuve, ici et là-bas,

un bras jusqu'à la mer

que nous sauverions.


Traverserait la pensée, quand parfois elle se vide.

 

"Dis, est-ce bien la route pour...?"

On ne sait pas finir.

 

Le sang cogne.

Mener une ligne de front rassure le sang.

 C'est une longue histoire qui commence,

recommence,

dans une écorchure de la peau,

ou

sous l'écorce d'un peuplier plié en deux.

 

"Dis, est-ce bien la route ...?"

 

Pour la peur que c'est parfois,

et la fièvre,

le monde tenu par des barreaux de chair,

un cercle tracé dans l'air,

avec un bout de bois. 

1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 19:46

 Une image déformée, par exemple de soi,

ou de l'autre, ailleurs,

un autre ailleurs, connu/inconnu,

façon d'enfouir les frontières, 26 juin 2012 BIBI

entre le réel et l'imaginaire,

le vrai et le virtuel,

façon de donner à percevoir ce qui justement n'est pas donné,

façon de percevoir une autre dimension du monde,

de s'échapper à soi-même  ... 

autrement,

et étonnamment de

prendre corps.

 

 

 

J'adore cette chanson d'Arthur H,

qui prend le temps de

l'anamorphose.

 


30 juin 2012 6 30 /06 /juin /2012 17:00

C'est à Saint-Loubès. A la Chapelle expo-cousette--29-juin-2012-041.JPGSaint-loup rue du Prieuré.

Catherine Cousy expose son dernier travail, une série de toiles de lumières et d'ombres.

 

On ne sait pas ce qui se donne en premier, ni quel est le territoire que l'oeil aborde d'évidence.

expo-cousette--29-juin-2012-042.JPGSans doute est-ce parce qu'il n'y a jamais vraiment d'évidence et que les frontières sont toujours poreuses.

 

 

 

 

 

Sans doute est-ce aussi que les bleus dominants sont des passeurs entre la expo-cousette--29-juin-2012-027.JPGpureté du blanc et celle du noir, des révélateurs d'ombres et de lumières en somme, d'intensité égale, des symétries fausses et brossées.

 

expo-cousette--29-juin-2012-029.JPG

 

 

 

 

 

 

Sans doute faut-il regarder longtemps les toiles de Catherine Cousy et laisser se déplier notre imaginaire, tout doucement, sans rien brusquer des apparitions à naître de ces drôles de nuages, des lignes et des formes passantes.

 

On y verra alors forcément quelque chose, un visage, un regard, un fragment de paysage que sais-je, et chacun trouvera là, au coeur des toiles, une humeur suspendue, ou un "état", la lente évolution d'un vertige qui parle.

Nous sommes dans la durée de Catherine Cousy, pris dans les traces de son "Passage nuageux", un univers bien à elle et (au) singulier.

 

Je pourrais chercher des pairrainages à l'oeuvre de Catherine Cousy, mais je n'en ai pas envie. Son travail est bien à elle, depuis longtemps, poursuivant sa ligne de couleurs et d'émotions.

Je reconnais toujours la qualité du geste, son mouvement, une sorte de trajectoire qu'elle conduit pour nous amener à ce mystère, un lieu dont on ne sait rien, rien...  qui poursuit, et qui, étrangement, nous console.

 

 

 

 

Le vernissage a eu lieu hier en présence de monsieur Pierre Durand, Maire de Saint-Loubès, de Siona Brotman, commissaire d'exposition, de Elizabeth Berrebi, directrice des services culturels, et de Joris Dijkmeijer, sculpteur invité de Catherine Cousy.

L'exposition est visible jusqu'au 6 juillet.

29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 21:57

Voilà ma spéciale. La PhotoQuiBouge a un an. Je ne vais pas gloser sur ce qui me plaît dans ce concept, et mettre tout plein d'intelligence dans cette idée.

Non, juste dire que c'est l'émotion que je cherche et -serait-ce présomptueux que de prétendre que je la trouve ? 

De la poésie débusquée, voilà !

Qui me donne à l'envie, envie de,  envie à,  en vie, quoi !

 

 

Published by brigitte giraud - dans "La photo qui bouge"
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28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 21:36

photo-hopper.jpgLes fenêtres sont des cadres fixes. Les fenêtres me font toujours penser aux tableaux de Hopper. A l'intérieur du cadre, tout est donné. Se joue une immobilité du mouvement. imageshopper.jpg

Des instantanés dans lesquels Edward Hopper peint la vie quotidienne des petites gens :   scènes de bar, devant une station essence, dans un pub. On se croirait au cinéma.

BHJ-copie-1.jpgLes personnages du film sont tous un peu perdus, un rien nostalgiques, avec cet air de tenir à la main un verre de gin et de mélancolie. indexedward-hopper.jpgDe la solitude qui passe par les vitres, par les fenêtres, par l'encâblure des portes. Autant de lignes de fuite pour échapper à ce qui nous contient toujours. Seul l'esprit vagabonde.

Les étendues des Etats-Unis ont été si vastes pour le peintre ! La vie américaine lui paraissait terrible après les rues de Paris. Alors, dans sa peinture, il lui a fallu sans doute déposer ici et là des repères, des axes, des points de lumière où se tamisent les heures... imagesfenetres-a-nuit.jpg


Exposition présentée au Grand Palais du 10 octobre 2012 au 28 janvier 2013

26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 21:24

On verra demain.

Aujourd'hui, la voiture m'a guidée. Ca pouvait être bien, ben oui, ben non ! Oui, à un moment, Non  tout à coup à un autre, comme ça, sans prévenir...

Les yeux ouverts sur :

la Garonne, des fleurs, les quais, la ville, des rues, la vitre baissée, mes cheveux qui volent, une tristesse, la rocade, la Garonne encore, côté gare Saint-Jean cette fois, les gens, l'herbe, le miroir d'eau, les bouteilles géantes de la fête du vin, le soleil en pleine figure...

On fait semblant tous autant qu'on est, le plus souvent on se déguise en somme, on prend l'air d'avoir l'air, mais quoi ! tous prisonniers d'un miroir, d'un labyrinthe, d'une cage, d'une posture...

Comment on sort de là ?

 

 

 

Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
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