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16 juin 2012 6 16 /06 /juin /2012 01:32

Les plots de chantier sont des balises intéressantes. On ne sait pas vraiment comment naissent les idées. Une fulgurance, une plaisanterie sidérante, une idée qui a du sens... Voilà : lorsque je travaillais sur L'avenir dure longtemps avec François Mauget, j'avais glissé un spot sous un plot de chantier, et un rituel s'était mis en place, tout seul on aurait dit. Quand François arrivait, j'allumais le spot et le plot devenait luminescent, cela voulait dire : "Attention, travail en chantier !"   Faut dire que c'était un fichu travail et un foutu chantier. Donc c'était cohérent et le rituel me plaisait bien. Une balise vous voyez. Il repartait, j'éteignais le spot, et le truc en plastique redevenait bêtement truc en plastique rayé orange et blanc. Il abandonnait sa fonction signifiante du "Chantier à l'oeuvre".

Cette expérience de la présence du "Chantier"  (associée à d'autres expériences personnelles) a modifié plus en profondeur, et éclairé, pour une part, la perception de ma vie. Je pourrais sembler grandiloquente, pourtant il n'en est rien.

Je m'explique : deux autres plots m'ont été offerts. Ainsi, je peux réellement mettre en perspective des considérations objectives, concrêtes, et vivantes, telles que   penser que tout, absolument tout s'élabore toujours en chantier et à l'oeuvre m'est devenu une nécessaire évidence.

Ainsi dans le jardin, j'ai animé ces outils de compréhension : le "Chantier" figure à présent des êtres de pensées, des génies de la métaphorisation de la création et de la trituration de données jamais totalement définies : ainsi, Pablo Picasso cotoie la jeune fille à la perle qui fréquente l'homme invisible, chacun avec leur complexité et leurs questionnements légers et graves, de surface et de   profondeur ...de l'existentiel, le nôtre, le vôtre, le mien.

Prêtez alors l'oreille à leur silence troublant et bavard...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 21:55

1921451854_1f55a42845.jpgJe remarque que les mots en in n'ont plus la cote, ils sont dépassés, désuets, ou errants. Voilà errants.

J'entends aujourd'hui le mot "patelin"... Qui emploie encore ce mot-là ? Toc ! Je le repère qui accroche la phrase, plaisamment.

Prenez le mot "calepin" ! C'est pareil. C'est pourtant drôlement important d'écrire deux trois notes dans un "calepin", le fragment d'une phrase, l'esquisse d'une pensée, une idée passante, une liste de n'importe quoi, de courses à faire, pourquoi pas ? une date, un commentaire dessous...Ou une liste de ...mots en "in", désuets, inusités et errants...

Considérons un "lopin"... Ben il ne fait plus recette le "lopin", mon éditeur me l'avait déconseillé, et nous avions pinaillé sur ce mot-là, finalement, je lui avais laissé gain de cause, exit mon "lopin" que je regrette encore.

Voilà, alors vivons tant qu'il en est temps ! Et écrivons, peignons, dessinons dans des calepins, aimons sur des lopins d'herbe, dans des patelins, s'il le faut, si le coeur nous en dit, et toc ! 

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J'apprends tout de suite, par téléphone, que mon amie Catherine Cousy expose ses oeuvres tout bientôt, et je suis fière d'elle. Très fière d'elle. Même avant de voir, parce que je connais sa peinture, sa peinture revenue depuis quelque temps, en sommeil dans des calepins justement. Alors voilà qui me met en joie...

14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 11:55

Mots à ressorts, 3214456782_d374257887.jpg

par sauts,

en sursauts, en sautoir,

Ca passe de l'un à l'autre,

et résonne,

un chant tout bas tout bas chut ! 

rien que pour toi, chut ! tout bas !

rebonds du soleil sur le cerceau des bras de l'homme invisible,

- Mince ! J'ai perdu mon p'tit gilet blanc...

- Bah oui, je t'en offrirai un neuf.

- Si, tu l'as dit ! C'est trop tard, puisque tu l'as dit.

 

Un peu de dérision et SuperHéros à New-York veille sur la ville.

Quand soudain...

Je me demande quand même où il est passé mon p'tit gilet blanc.

 

 

 

 

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13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 16:36

Pour l'imagination enlacée à mon cou

imprimé jaune et or,

or le mauve tiré en ligne de ta mire

par la fenêtre

où passe un papillon...

Juste une écharpe.

 

Petit cumulus à verser au dossier

qui tombe de la chaise à Bashung !

 

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11 juin 2012 1 11 /06 /juin /2012 20:04

On échafaude toujours, ou bien on se contraint à ne pas échafauder... Moi j'ai l'art de me faire des films. J'adore ça, faire des films ! C'est pas donné à tout le monde de faire des films.

Je pense à Cerisy. J'ai participé à un film sur mon ami Robert Misrahi, et je n'ai pas vu ce film qui est projeté en ce moment ... Ah quelle bêtise que les hommes trimballent ! Ah quelles bêtises auxquelles ils se soumettent ! Quelle bêtise la guerre des pouvoirs et des mauvais sentiments ! J'entends au poste : "A bientôt mes amis !" C'est Mélanchon qui a enlevé sa cravate et qui s'en va, tandis que l'autre biche... Ca n'a rien à voir ? Non, ça n'a rien à voir ! Juste le droit d'être amère et désenchantée.

"L'autre", aujourd'hui, c'est celle qui  m' envoie un mail pour tenter ma chance des 5 je ne sais pas quoi... et avoir du fric.... Pourquoi elle m'envoie ça ? A moi ? Une mémoire arrachée à son rire qu'elle me rétorque, la méchante ! Quelle ironie ! Qu'est-ce que j'en ai à faire de l'argent et de la chance qui tomberaient du ciel liquide, ça pleut de partout, ça pleut ! Pôve cloche, la vie qui abandonne l'intelligence et s'en trouve rassérénée dans ses bottes en plastique !

 

Alors je suis sortie prendre le vent pour que s'envolent mes pensées sombres et ma pneumotruc. Une colère portéee sur des échafaudages. Là où ça vibre, la vie, là où c'est du vrai, c'est tout : il pleut  et ça va comme ça, un signe et ça va mieux comme ça, parce que c'est toujours ça, un signe !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 13:48

En attendant que là-bas se passe,  ah ! quelle bêtise quand même !  Il y a toujours un ailleurs en somme, où on est, où on n'est pas.

Le mieux est d'être dans une place, dans sa place, et s'y sentir en justesse. Pas si simple que ça. Sinon, quoi ? On saute d'un pied sur l'autre, on s'impatiente, fait semblant, pense à... , non, puis non, on s'interdit, on n'attend pas, on attend quand même, même rien, même rien ... juste que quelque chose se passe, elle sait pas quoi, la jeune fille.

 

 

 

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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 22:33

 

6a00e55001740b88340147e35fc1ef970b-500wiJR, est né en 1983. Photographe, affichiste, activiste chinois, il affirme vouloir amener l’art dans la rue et réalise dès 2006, "Portrait d’une génération", des portraits de jeunes de banlieue qu’il expose, en très grand format, dans les quartiers bourgeois de Paris.

Il est aujourd'hui à l'honneur de l'exposition Shanghai !, à Bordeaux, dans le pavillon du château de l'Institut Culturel Bernard Magrez, au 5 rue Labottière. Un magnifique espace pour de superbes photos qui déroulent le paysage.

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Un train passe, emportant sur son toit des regards d'ouvriers.

 

 

Des visages de femmes âgées grimacent sur les immeubles neufs ou sur des façades de maisons aux murs craqués ; elles observent le mouvement du monde, d'un monde qu'elles ne reconnaissent plus, qui ne les reconnait plus non plus...

"The Wrinkles of the city, Action à Sanghai" fait corps avec la ville. Et la ville a des yeux. Ouverts. Des rides. Un ébahissement. 827f8_livre28MM-17a27.jpg

 

Cela tient à la fois des emballages de Christo et des projections murales de Ernest Pignon-Ernest.

C'est surprenant, démesuré, émouvant et beau...

 

 

625x351!

473 Shanghai 2

9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 00:42

C'est là que j'ai vu rire un chien. Il s'appelle Rio. On s'embarque tout de suite vers les Amériques avec un nom pareil, la découverte, la musique.... (Bateau et barboteuse orange contre les mauvais grains.)

C'est là, aussi, dans cette fontaine-là, que Rio s'est jeté à l'eau, se souvenant comme moi-même, allez savoir ! de cette scène fabuleuse où Anita Ekberg et Marcello Mastroianni se retrouvent dans le bassin de la fontaine de Rome. Et c'est La Dolce vita de Federico Fellini, sorti en 1960.

Et ... Et c'est aujourd'hui, vous voyez, on pourrait dire comme ça, tout aussi bien. Non ?

 

 

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 01:39

Il est 1h et des brouettes et je viens de recevoir un message de Robert Misrahi. Il est encore debout, je me dis, passant d'un livre à l'autre, d'une musique à l'autre, puis, installé devant son ordinateur, il m'écrit. Une très belle et longue lettre comme d'habitude. Là, c'est à l'ordinateur, il est plus fréquent que ce soit sur papier. Ecriture régulière et aérée, l'âme respire sur la feuille. Paris en juillet, oui. Et des lettres avant, après Cerisy, juste après Cerisy, il me dit. Cerisy très bientôt, où je ne serai pas, quand bien même  le film auquel j'ai participé durant quatre jours autour de Robert Misrahi sera projeté et c'est très bien. L'important est toujours que les choses existent. Qu'elles soient donc reconnues, comme de l'existant. Un travail et une présence concrète pour une trace vivante et nécessaire. Et j'y étais. C'était en juin dernier, et c'est justement depuis ce juin dernier que nous nous écrivons, Robert et moi. Un tiroir pour ses lettres. Un an de corrrespondance suivie, de rencontres à Paris et à Bordeaux, en tête-à-tête et en beauté, avec de la gravité des sujets intimes et sérieux, et la légèreté qu'on y met. Voilà nous rions aussi. Et c'est bonheur, "Vitamines du bonheur" dirait Carver, sur cette même recherche de l'esprit "désencombré" (je parle pour moi) et de la liberté toujours voyageuse !

Je relis ce fragment, celui-ci. Puis un autre. Tout aussi beau. Tendre et chaleureux. Sans triche entre nous. Nous nous le sommes dit, ça : "Il n'y aura pas de triche."

 

"Il y a toujours quelqu'un  pour qui nous sommes réellement précieux.

C'est en pensant à toi que je me réjouis. J'ai très envie de te serrer dans mes bras. Ta parole et ta présence me sont précieuses.

Spontanément nous nous écrirons des poèmes de fait.

Nous ne sommes pas seuls et nous créons."

 

Je dis, moi, que je parlais de lui aujourd'hui à ma jeune amie. Hier aussi non, à une autre personne ?

Je dis que sa voix est sur mon blog, depuis deux jours, dans son interview "Des Grands Entretiens" de Busnel, sur France Inter.

Je dis qu'il a été une passerelle intelligente pour une autre  rencontre  (hi hi).

Je dis que sa pensée chemine et que je l'entends mieux à présent.

Je dis que je suis fière de le connaître, d'en être l'amie, et qu'il soit le mien.

Je dis que l'écriture n'est jamais fermée et que la sienne est ouverture sur le désir et le vivant.

Je dis cette j'aime l'idée d'être avec lui à la fois la plus absente et la plus présente dans le poème.

Je dis que le poème est aussi de l'infra-philosophique. Peut-être.

Je dis que je veux un Rötring pour des perspectives poétiques de nulle part.

Et des fleurs quelquefois. Bouquets fragiles et architecturées comme on veut...Mais ...oui, des architectures délicates, les plus belles, tu sais.

Published by brigitte giraud - dans Entre tiens et miens
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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 22:26

 

 

Au bord de la ville, il y a une fontaine, une place,

des taches de soleil,

et une fille 

comme elle veut

comme elle peut

comme elle marche

belle...

 

Published by brigitte giraud - dans "La photo qui bouge"
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