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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 16:29
25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 02:30

Petit-arbre-sepia.JPG  Photo | Isabelle Lagny

 

Petit arbre tombé d'un livre

tu ne sais pas pourquoi

tu inventes le sable

 

Published by brigitte giraud - dans Recueil de photos et textes
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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 02:04

COULEURSE.jpg

 

Essayer et insister, la partie gauche du cerveau contre la partie droite, le mot contre la couleur du mot... Ceci est une illustration, seulement une illustration, à dessein schématique.

Etre dans une lecture rase. Mais c'est difficile, pour cause alors d'émotion asséchée. Même là. Même ici. La pensée du mot le déborde toujours. Parce que sinon, elle n'est qu'une pensée sans affect. Un exercice en quelque sorte. Auquel il manque quelque chose. Auquel il me manque quelque chose.

L'émotion avance avec ce qui est pensé, et inversement.

L'expérience de la pensée est expérience de l'émotion.

L'expression de la pensée est l'expression de l'émotion.

Je crois que ça ne peut pas "marcher" autrement.

Encore qu'il convient, de temps en temps, de cesser de se manger les peaux autour des ongles.

Et puis n'est-ce pas extraordinaire cette parole d'un chauffeur de taxi. Vivre, parler, penser... sur le tracé de l'émotion.

 

 

Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 03:20

J'ai perdu mon caméscope. Arraché par une main qui se trouvait sur le trottoir en face de la voiture garée. Je filmais l'autre côté de la rue, l'entrée d'une boulangerie où personne n'entrait, et dans laquelle il n'y avait personne non plus. Donc pas de silhouette, pas de visage, pas d'ombre vivante dans mon champ de vision. Il ne se passait rien, mais ce rien est quand même toujours quelque chose. Il est 6h45 du soir. Fermeture des magasins bientôt.

On a tous fait l'expérience de la variable des regards. Dans un bus, dans un tram, au hasard d'un croisement. Il s'agit de toujours doser le regard pour le faire parler. Parfois il parle malgré soi. Il est interprêté par l'autre : doux, agressif, charmeur, dérangeant, séducteur, etc... On ne sait pas toujours où s'en va le bout de notre lorgnette.

Le caméscope est menaçant, comme un regard peut l'être. J'ai l'expérience de la peur. Les êtres font peur et agressent, quand ils ont peur eux-mêmes. 

Et on ignore le point de basculement de la violence qui surgit. 

Le caméscope est un oeil. L'objet-même représente LE regard, capable de voir et qui met dans sa boîte.

"Si elle filme ici, elle filmera peut-être là, et là ce pourrait être moi."  La personne qui voit quelqu'un filmer autre chose que lui-même est aussi inscrite dans le paysage filmé. Il assiste. Il est en menace de l'image qui lui sera peut-être volée. Son paysage est volé.

Le caméscope devient alors un objet menaçant, provocateur, et, ...ben oui, autoritaire.

L'insupportable peut alors advenir. Une sorte de colère. On ouvre la portière de la voiture et on arrache l'oeil accroché au bout de ma main. Je n'ai pas vu venir ce monsieur. Je regardais la boulangerie déserte.

"Ici, il n'y a pas de paysage !" il a dit.

Moralité : Il vaut mieux s'attarder sur la devanture d'une librairie, les boulangeries sont dangeureuses.

 

 

 

Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 11:08

On longe toujours des murs. Des murs, des portes et des fenêtres dedans. On se demande ce qu'il y a derrière les murs, qui les habitent. Longtemps je suis passée devant  des maisons, au bout des boulevards, près d'une place. La place est devenue un carrefour, (le carrefour de Ravezies) et les maisons ont été démolies. On voyait sur les murs à moitié éboulés, un rien de carrelage, c'était la cuisine, un morceau de tapisseries à fleurs, une chambre à coucher. Et puis, sur le haut d'un pétale, une carte postale suspendait un coucher de soleil et une plage, le vent pour lire les mots.

 

 

 

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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 13:24

Je disais cela, un jour, regardant la mer, et pensant au désert :

- Le désert, ça doit être sûrement ça : une épreuve et une preuve.

Je reçois aujoud'hui des épreuves de lecture. Je me dis cette fois :

- Oui, les épreuves, c'est une preuve !

 

"Seulement, la vie, tu sais"  éditions Rafael de Surtis, collection Pour un Ciel désert

Ca ne s'invente pas !

 

 

19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 21:35

Repenser à cette expression : "être perché". Je ne sais pas pourquoi.  Aujourd'hui, c'est blanc.

L'envers il y a onze ans, et le monde écroulait quelques pierres.

On amasse un caillou après l'autre. Les pas qu'il faut pour cela.

Une coulée blanche sur tout ce qui bouge et parle.

Un vernissage. Des voix. Du vin blanc. Musique manouche. Regards croisés qui se sourient. Fumer une cigarette sur le trottoir et respirer la pluie. Toute fine sur mon écharpe et les cheveux.

"Vous aviez dansé sur l'aire du voyage, vous ressemblez à Arielle Dombasle."

Je dis que oui, oui, je me souviens aussi que j'avais dansé. Je peux danser encore. Tourner sur soi-même. Tourbillonner. Glisser ses ritournelles au-dehors. Les mots viennent aux lèvres. Au-dedans, on est perchée. 

La vérité, tu veux que je te dise ? Ben non, on n'a pas grand chose à dire. On l'a perdue.

Lavilliers passe à la radio. Et la chanson a des sursauts et des rebonds. La voiture conduit presque toute seule. On est perché.

Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 20:32

La vie regarde devant elle, un animal en attente qui sent l'air et le hume, immobilise le silence parfois, dans son corps stupide parfois, un bloc de chair frémissante, l'air de rien, et qui rit, et qui pleure en même temps.

Tu dis que, toi, tu n'as plus de corps, plus de mains, plus de bras...

Tu dis  : "Si tu savais..."

Ce soir, vers les 6 heures, soleil d'hiver sur le monde.

Anticyclone sur Bordeaux. Les yeux en sont lourds.

Je glisse sur des images. Papier brillant photo, sans aucune aspérité. C'est entré comme ça dans la mémoire. Avec cette terrible douceur, celle qu'on demande à la vie et qui écorche quand les doigts n'y atteignent pas. Qu'on n'y arrive pas. On ne sait pas au juste pourquoi on n'y parvient pas.

Comme si la vie, dans ce corps inventé, avait une "âme", et on bute sur le mot.

On n'y comprend rien, finalement, aux couleurs du ciel.

Je les regarde, étonnée de la vision, et je n'y comprends rien.

 

 

 

Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 23:15

Je... 

Je lis et relis
les yeux maquillés sous la lampe
oeil de biche
en sursauts je vois tout
en tranche fines d'un rien
en décousu n'importe comment
en pièces attachés détachés rapportés et jointes
en coin
en catimini tellement tant
en tendre je t'entends
en attente de
Seulement la vie, tu sais
 
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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 19:13

Un parcours urbain. Bordeaux. Un parcours d'un jour ordinaire. Allez d'un point A à un point B. Laisser sa pensée aller son rythme, c'est-à-dire dans la ligne musicale de l'heure. Il est dans les trois de l'après-midi. Prendre une cigarette. Ouvrir un peu la vitre, mais il fait froid. La refremer. Serrer son écharpe autour du cou. En sentir les paillettes. Jeter un oeil dans le retroviseur pour vérifier leur présence. Oui, elles sont bien là. Ca scintille.

 

 

 


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