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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 23:19

BHJ.jpgChoix d'un titre. D'un livre. Un livre c'est d'abord un titre. On prend, on  ouvre, on n'ouvre pas. Finalement pas. On repose. On y retourne quand même. A cause de l'auteur. A cause d'un nom. Ou à cause de rien, du sale temps dehors, du brouillard, du vent, de la légèreté du moment, du copain croisé tout à l'heure, de la robe qu'on porte, d'une peine, d'un trouble... Pas si simple. Que ça embarque d'un coup. Que ça parle tout de suite.

Il peut être tellement simple, ce titre, si simple... à en tourner les pages. Et ce sera fait ! On sait vite quand quelque chose est là. On croit qu'on sait en tout cas.

On pourrait les épuiser les titres, les courts, les longs, les très longs (y'avait une mode du long), ceux qui nous éloigne, ne font pas envie. Puis ceux qui bouleversent, mais l'intérieur déçoit. Enfin, les magnifiques, posés sur une couverture très belle, et l'un ira avec l'autre, le dedans en sera rehaussé, (même si pas si formidable que ça pourtant), et les très beaux avec rien que du blanc autour, une sobriété identifiée de la première et besoin de rien d'autre.

Le titre impose son évidence. A un moment, ce sera forcément celui-là ! On cherche, on tourne autour, en cohérence avec le texte, avec le vent, avec la robe, et tout ce qu'il y a autour. Puis c'est là, les fils de la toile seront tous reliés : ce sera ça, ces mots et y'aura pas à y revenir.

12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 01:53

C'est ça.

Un texte que j'avais trouvé beau et impossible de savoir de qui il est.

Quel est ce livre que je tenais à la main ?

Mais c'est le long de la mer que ça se passe. Pour moi, c'est là !

 

 

10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 22:01

                                                                      Photo et créatures | Claude Bourgeyx

 

 

bourgeyx personnages

Comment ne pas savoir/savoir à ce point

de crochet

comme les mots

croisés/décroisés

parlent tant bien

que mal

en point

d'interrogation.

 

 

 
Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 08:03

En regard du billet du blog Le Tourne-à-gauche de Dominique Hasselmann "Ralentir travaux", le mien s'argumentera différemment.

Parce que la construction d'un pont s'effectue loin des regard et ne gène personne. C'est sur la Garonne que cela se passe, et donc... on passe.

On voit les piles s'élever depuis quelques mois. Un jour on s'étonne qu'elles soient déjà si hautes. On porte les yeux plus haut, mais c'est toujours aussi loin. Au milieu de l'eau.

Les hommes qui travaillent sont des fourmis orange qui se déplacent au pied d'une grue. On ne les aperçoit que si les yeux s'attardent. On passe.

En voiture, au bas de la rue Lucien Faure, c'est droit devant toute ! Le feu passe au vert, une grue balance un bloc de béton au bout de sa pince... On passe.

Alors j'ai traversé la quatre voies, et je suis entrée sur le chantier. Un vaste dépôt de ferrailles et de machines, un fouillis de containers, et d'Algécos. Je sors de la voiture, je m'approche. Je vois mieux les hommes et tout à coup, l'un d'eux aussi me voit et agite lentement ses deux bras, hurle un "chérie !". Moi aussi je lui fais un signe. Doit se sentir bien seul le type orange !

Mon camescope scope et zoome.

Faut bien s'approcher pour saisir ces vies et le labeur que c'est.

Le pont Lucien Faure reliera les deux rives de la Garonne. Il sera coulissant. La route s'élèvera pour laisser passer les grands bateaux.

Comment ça tient tout ça ? Comment ça se construit dans l'eau ? Je ne sais pas.

 

 

 

 

 

 

 

 

   
Published by brigitte giraud - dans Vidéos
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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 04:37

  Photo | Isabelle Lagny

Eblouissement

 

Loin du mur la page du mur

ombre blanche du mur

page du mur en éclats

mur éclaboussé de crêtes de crépi

éclats blancs de coqs à crêtes de vagues à la mer là-bas

plus loin

la mer plus loin que le mur blanc

longer le mur

le long de la marge du mur

jusqu'à la mer

montée derrière la marge en crépi

blanc de la page

du mur

l'ombre blanche du mur

et là-bas

plus loin que le mur et les mains

blanches les mains laissées

courir le long du mur

les doigts le long de la marge en crépi

du mur

tous les doigts de la mains sur le mur blanc

en crêtes blanches de coq de crépi

blanc

du mur

plus loin là-bas

 

la mer...

Published by brigitte giraud - dans Recueil de photos et textes
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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 19:31

Cette nuit, j'ai cru que des gens se battaient dans la rue. A l'arme à feu. Des cris, il y a eu. Ou bien c'était des rires.

Puis finalement plus rien. Plus de bruit.

Aujourd'hui, je n'ai rien entendu de la rue. 

J'ai vu une voiture entrer sur le parking derrière le portail à coulisse, et des gens passer, là, à côté, juste en tirant à peine le rideau. Dans le silence. La fenêtre qui fait écran au monde.

"La fenêtre qui fait écran au monde" pourrait être classée dans la rubrique des Choses qui sont éloignées bien que proches de Sei Shônagon, dans "Notes de chevet".

Nous sommes au Japon, au 11ème siècle, et c'est hier, ou tout à l'heure.

Elle a pris des notes et établi des jeux subtils sur les états et les mots.

Elle a trié et fait des listes,

des listes à n'en pas finir, et répertorié les choses. Pour chaque chose, je cite entre parenthèses un de ses exemples. Nous avons donc sur le registre :

Choses qui paraissent affligeantes (les gens irrités),

Choses qui ont un aspect sale (l'intérieur de l'oreille d'un chat),

Choses qui ne sont bonnes à rien (une personne laide qui a le coeur mauvais),

Choses qui distraient dans les moment d'ennui (les fruits),

Choses qui donnent une impression de chaleur (une femme très grasse qui a beaucoup de cheveux),

Choses qui semblent éveiller la mélancolie (s'arracher les sourcils),

Choses peu rassurantes (manger des fraises dans l'obscurité),

Choses détestables (un homme sans talent qui parle à tort et à travers),

Choses très malpropres (une limace),

Choses désagréables à voir (quelqu'un dont l'habit a la couture du dos tirée sur le côté),

Choses qui semblent pures (un vase de terre cuite non vernissée),

Choses effrayantes (un homme qui a beaucoup de cheveux, et qui les fait sécher après s'être lavé la tête),

Choses qui paraissent malpropre (de la morve blanche),

Choses qui remplissent d'angoisse (regarder les courses de chevaux), 

et celles qui paraissent pitoyables, qui font honte, qui rendent heureux, qui semblent vulgaires, etc...etc...

 

 

6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 07:33

akutagawa.jpgBon'yaritoshita fuan        ぼんやりとした不安

signifiant « vague inquiétude » sont les derniers mots de l'écrivain laissés sur un bout de papier.Il se suicide en 1927. Il a 35 ans.

Ryûnosuke Akutagawa est élevé par la famille de sa mère, devenue folle. Très vite, il se passionne de littérature et il écrit. Il parle d'une langue précise, au vif des sensations et les creusant sans psychologisme, dans l'économie du surplus et l'essentiel condensé sur le fil du haïku. 

 

Dans "Engrenage", le narrateur -l'auteur- ne cesse de se déplacer : au premier étage d'une librairie, à l'hopital psychiatrique, chez un voisin, dans l'hôtel où il loge (couloir, hall d'accueil), dans les rues, le long du canal, dans ses rêves, dans le récit qu'il écrit. 

Il se déplace et, par mouvements circulaires d'insécurité profonde, ne trouve de refuge que dans les lieux-mêmes de ses déplacements : un café, sa chambre d'hôtel, le hall d'accueil de l'hôtel, la librairie, le récit qu'il écrit.

"Me réfugier", il n'y avait pas d'autre mot.

C'est dire si l'esprit chemine douloureusement, hanté sans cesse par la peur de devenir fou, des souvenirs, le suicide du mari de sa soeur, des lectures ténébreuses, Crime et châtiment, A travers les ténèbres, Madame Bovary,   Mythologie grecque...

Et chaque mot donne lieu à des visions, des sensations féroces, coups de poing véritable en plein coeur de la tête   "Même Zeus, le plus puissant des dieux, n'est rien à côté des désesses de la Vengeance".  L'ombre sur une tapisserie dans les volutes d'une cigarette est apaisement, oui, mais une géographie dessinera une île d'exil.

Où donc réfugier son corps, son angoisse, sa peur ?

Les manteaux de pluie ont d'étranges apparitions. Le récit dans le récit ne peut plus s'écrire.

"Personne, pas un bruit dans le couloir plongé dans les ténèbres de la nuit. Mais parfois, derrière la porte, j'entendais comme un bruit d'ailes. Peut-être élevait-on quelque part des oiseaux."

Ainsi, des éclats  poussent  parfois dans la ténèbre.

Dans le miroir de sa vie brève et désastreuse, se collent parfois l'image de fleurs de palmier, le velours des ailes d'un papillon, un parfum de feuilles de rose, une pluie drue ou un bouquet d' étincelles violettes jaillissant d'un câble.  

Une étrange excitation le saisit. Dans la poche de sa veste était enfoui le manuscrit qu'il allait publier. Les étincelles déchiquetaient toujours la pluie. Il avait beau interroger la vie, rien ne lui faisait particulièrement envie. Mais ces étincelles violettes -ces étincelles extraordinaires qui fusaient dans l'espace-, il aurait, fût-ce au prix de sa vie, voulu les saisir dans sa main.

S'adressant à son éditeur, il lui écrit à bas-bruit la détresse qui le suspend dans l'air de l'existence : "Je vis à présent dans le plus malheureux des bonheurs. Dans ce récit, essaie- veux-tu- de rire de mon idiotie."

C'est sur Défaite qui se ferme le livre. Une dernière phrase encore : Il vivait seulement au jour le jour dans une sorte de pénombre  - en s'appuyant sur un sabre dont la lame mince avait pour ainsi dire fini par s'émousser.

3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 23:26

Tu ne te feras pas détester, aimeras le rose que tu n'as jamais aimé, les idées roses que tu n'as pas eues.

Dis-moi si le jeu de l'imagination en serait éclairé...

La fonte des étoiles a des pâleurs neigeuses. 

L'oeil est vulnérable, on trébuche quand le coeur tombe.

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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 02:43

Je me souviens quand nous lisions "Le poids du monde" de Peter Handke, et qu'il était léger, le monde, à ce moment- là. Je me souviens... Je me souviens... J'ai eu Robert Misrahi au téléphone et lui, ben oui ! je découvre toujours quelque chose, lui, il a écrit sur Perec dans la revue n' 76 de L'ARC. Je m'en suis rendue compte, il y a peu de temps. Je l'avais payée 20 francs, cette revue, elle date de 79. Je m'en souviens, "T'en souviendra-t-il ?" Le temps à la pluie m'est délicieux. Le reste... Faudrait essayer des lunettes de clown et faire le clown, mais non ! mon imagination a des visions bien pâles et ne peut m'exercer qu' à de sombres roulades qui ne feraient jamais rire personne. Ce début d'année pèse des tonnes d'absences, de rêves affadis, de noirceurs dans l'âme. Alors on fait des trucs qu'on ne devrait pas. J'ai feuilleté mon carnet d'adresses et j' ai barré deux noms. Là où Suzanne habite maintenant, c'est un lopin de terre sous une dalle. L'autre, c'est un Gilles, un vivant oublieux que j'ai moi-même oublié. N'empêche, j'ai enlevé deux noms, et il aurait pu y en avoir plus, mais ce n'est pas une chose qui m'est simple ça : enlever, vider, déchiffrer autrement des noms inscrits, des années plus tôt. C'est alors que c'est là, je me demande, avec étonnement, parfois avec terreur, pour d'autres, d'autres noms, comment les circonstances et l'enchaînement des circonstances ont pu conduire nos vies de façon si éloignée l'une de l'autre. A un moment quelque chose se séparait et on ne le savait pas ! Alors ceux-là sont encore là et m'ignorent... Combien de temps encore ? Combien de temps me reste-t-il à être dans un carnet à spirales ? Alors je reprends la revue L'ARC et je lis. "Dans le réseau que -tout cela- tisse comme dans la lecture que j'en fais, je sais que se trouve inscrit et décrit le chemin que j'ai parcouru, le cheminement de mon histoire et l'histoire de mon cheminement."

1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 05:04

Ce soir, le temps coule, il pleut !

Un petit café noir sur un petit verre de blanc.

Musique. Des livres. Parler des livres et de l'écriture.

De fenêtres, décrites comme des toiles, de cadre d'écriture et de cadre de vie, et peu à peu... un mot poussant un autre mot, de l'étriqué, de la curiosité, de la découverte, de l'année à venir meilleure que celle écoulée y'aura pas de mal à ça, de projets d'écriture, de balades dans la ville pour un projet, d'où les fenêtres, la curiosité, l'étriqué du vivant ...et les fulgurances de Bataille ou de Pessoa, l'écriture libre, la contrainte espace/libre, et la contrainte espace/fermé, de tout ce qui passe, se passe en soi, déçoit, fait mal, terriblement mal, forme, transforme, donne lieu à ce qu'on est, fait advenir et construit la charpente d'une fragilité singulière, donne force quand même, ne rassure pas, non ! mais donne matière à... des constats, féroces  et dont "on fera quelque chose", on se dit ça. On fera. On bouge. On photobouge l'espace de soi.

Mais ce qui est toujours étonnant, c'est cet invisible qui prend corps et vie. Rien ne se voit. C'est comme une petite pluie, vous voyez. On ne sait pas qu'il pleut. Mais, en se déplaçant un peu de biais par rapport à l'axe du reverbère, elle devient une réalité. La réalité de la pluie est une évidence qu'on ne voyait pas. C'est ensuite, seulement ensuite, qu'on en perçoit la moiteur, une bonne fraîcheur sur les cheveux que les doigts goûteront.

Faut se déplacer. La lampe sur un angle dans l'image qu'on ne savait pas être. Et le corps dans une géographie pour un autre espace du corps. Qu'on savait exister, lui. Mais qu'on explorera. Qu'on explorera.

Alors, sortir voir la pluie. Et la fête des braillards dans la rue qui hurlent à 2012. Allez savoir ce qu'ils envisagent de superbe pour eux, ce qu'ils savent, espèrent ou désespèrent !... De la vie en tout cas, juste à ce moment-là où l'aiguille a bougé sur son cadran.

 

 

 

 

J'ai filmé aussi mon visage dans le rétroviseur. Voir s'il tenait la route du miroir à traverser durant cette seconde où le codage du temps bascule. C'est comment une seconde sur un visage ? Une minute ? Un passage de la nuit ?  C'est quoi qui peut changer en une nuit ? Suffit que, oui, quelque chose se soit passé, avant,  et qu'alors quelque chose d'autre puisse avoir lieu ! Parce qu'on le veut,  à tant savoir que l'étriqué est une horreur absolue, et tout ce qui la fabrique et la consolide.

 

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