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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 02:08

J'ai cherché une couverture blanche. J'ai parcouru la maison, soulevé des draps, des édredons, des taies d'oreillers... et cette couverture blanche très très douce, celle-ci, précisément, je ne l'ai pas trouvée.

Alors je l'ai cherchée ailleurs, soulevé des pellicules de mémoire, des coussins aux jours d'images, des couvre-lits imaginables... et je l'ai retrouvée, là-bas, noyée de l'autre côté d'un pont.

J'ai repensé alors à ce livre : "La couverture du soldat" de Lidia Jorge. Une hyu.jpghistoire qu'une fille s'invente pour rejoindre un père absent/présent, et dont elle ne recevra jamais de lui que des images d'oiseaux,  un révolver et une couverture.

"Walter ne venait pas seulement d'Australie, il venait d'Afrique, il venait d'Afrique du Sud, du Tanganyika, d'Angola, il venait des côtes de l'Amérique du Sud et des Caraïbes, des Antilles, il venait du Nord, de l'Amérique du Nord, des terres froides du Canada. Il apportait un morceau du monde avec, l'âme du monde, la sensation du mouvement à travers l'espace."

Ainsi, ma couverture blanche, ma couverture à moi, sera donc devenue une douceur de nulle part et de n'importe où, un morceau d'étoffe où loger peut-être une émotion, par un  jour de grand froid, et  couvrir, incognito, un visage fatigué.

La disparition de la lumière infiltre les objets mêmes. Ils disparaissent de leur état initial, le sens n'y est plus.

Voyez donc cet homme à la poche plastique pendue au bout de sa main,

tel que je l'ai aperçu un soir,

s'arrêtant pour allumer sa clope,

tel que je l'ai aperçu un soir,

et s'en allant au bout du monde,

tel que je l'ai aperçu un soir...

 

Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 03:55

Je me suis attardée sur "la liberté", ce concept- là. Oui, c'est un concept.

A vrai dire, je m'interroge souvent sur son sens, les façons qu'ont les êtres de comprendre ce mot-là, si vite moralisé et passé à la moulinette des contraintes acceptées ou non, voulues ou non, obligées mais pas seulement, dépendantes de conditions financières, familiales, professionnelles, personnelles, ritualisées, et j en passe...

Donc la liberté , saupoudrée dans les sauces de chacun...

- Comment ça ? Je choisis tout, moi, j'ai mon libre arbitre, moi... La preuve, j'ai lu tout Jean-Paul !

Ouais ouais, tu parles Charles !  Tu confonds parfois Jean-Paul II avec Sartre, mais on t'en voudra pas, va ! Tout le monde dit des conneries !

Donc j'observe, j'écoute, je lis. Je suis un petit oiseau de la nuit qui tournIMAGES-0978.JPGe les graines et en picore quelquefois. Et je me dis que la Liberté n'est jamais posée comme une statue sur un socle, sauf aux States où elle a bafouillé longtemps et encore, qui tend la main pour qu'on la rattrape.

Je me dis qu'elle n'existe pas, que nous sommes tous des empêchés par nature, par notre humaine condition, qu'il y a juste des "issues".

En vrai, ( j aime bien, moi, cette expression très enfantine, parce qu' il y a le contrepoids du "en faux", et les enfants le savent bien).... Donc, en vrai, chacun peut se trouver des issues, s'il y a désir à vivre quelque secours dont on voudrait bien. 

J'écris ainsi ma petite phrase du soir des étoiles d'un ciel de pluie :

"La liberté, c'est des issues de secours."

Et puis  "Les chemins de la liberté" sont aussi les chemins de la non-liberté. Parler des uns c'est évoquer les autres, les chemins de gravats et des ornières.

La liberté c'nnnest aussi de la vie qui se cramponne à des points infernaux et précaires. Je citais cet extrait de Simone de Beauvoir, un grand écrivain, qui écrit dans les belles images :

"Il fait nuit en elle. Elle pense à une histoire qu'elle a lue : une taupe tâtonne à travers des galeries souterraines, elle sort et sent la fraîcheur de l'air ; mais elle ne sait pas ouvrir les yeux. Elle se la raconte autrement : la taupe dans son souterrain invente d'ouvrir les yeux, et elle voit que tout est noir. Ca n'a aucun sens ."

3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 21:34

Internet met un temps fou à se connecter, mais se connecte...

Tousse et chicane pour passer d'une page à l'autre, mais connecte...

Rechigne à télécharger une vidéo de rien, (on abandonne !)

désespère l'impatiente, ah ! ces doigts pressés qui vont trop vite !

et les liens en liens ne relient pas grand chose,

si peu,

sinon tous ces petits contentements oisifs et vaniteux...

ça énerve ! ça énerve !

Colère ! colère de ce qui remonte au sang et désempare.

"L'autre qu'on aimait bien..." tu sais !

 

 

Published by brigitte giraud - dans "La photo qui bouge"
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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 23:03

Thierry Metz a été manoeuvre, manoeuvre dans la langue aussi.

Mortier, ciment, briques... tout un chantier de mots qui s'arrangent de l'établi, sur l'établi, non par besoin esthétique, mais parce qu'un mot, un seul, "terre" par exemple, "terre", ou "travail", ou "barrière" ou bien "oiseau", ce mot-là, sera en charge d'une tension.

Il devra être sur la page à cause d'elle et, par le seul fait de cette tension, sera empli d'intensité.

Terre, ou barrière, ou travail, ou bien oiseau deviendront la construction du poème en train de se faire. C'est quelque chose comme ça qui se passe je crois bien. Parce que le mot seul n'a aucune force, à ceci près qu'il engloutit tout par une sorte d'urgence disponible et nécessaire.

Terre, barrière, travail, ou bien oiseau iront toujours au-delà de ce qu'ils disent seulement...

 

 

Thierru Metz a publié de nombreux recueils de poésie, chez L'Arpenteur, Jacques Brémond, Arfuyen, aux Cahiers Froissart, Opale, et Pleine Page à Bordeaux.

 

Le texte que je dis ici est tiré de "Le Journal d'un manoeuvre"

1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 22:13

"D'ordinaire... " ...Mais c'est toujours ternir... 

Ni dans mes "choses/créations", ni dans l'intime de mon existence, je ne veux d'espace pour ce mot-là. Aucune envie de ça. Aucune envie non plus de retour à une idée de l'enfance heureuse, de paysage heureux, d'idéal politique heureux. 

Je crois que tout ce que je puis faire, dire ou commettre résulte d'un engagement personnel et que cet engagement personnel, au sein d'un autre plus élargi, plus global et collectif, m'est prêté par une expérience sensorielle profonde.  C'est le constat que je fais, pour moi-même, comme je l'ai fait pour d'autres, à d'autres moments. Il n'y a par conséquent ni courage ni complaisance. Mais état de nécessité.

Là, sont les racines de nos actes et de nos choix.

La beauté des choses est une audace folle.

Et on traverse mieux le brouhaha des conversations, des répliques et des commentaires en baissant la voix. 

"Il n'y a pas d'engagement vrai par seule adhésion intellectuelle ; c'est plus profond, cela s'articule à du vécu plus ou moins loin, plus ou moins mémorisé, plus ou moins clair."

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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 16:09

23 novembre 2011.

Kristina Markaryan, mon amie, me raconte des souvenirs.

Hier et aujourd'hui mélangent leurs couleurs.

J'écoute.

Je note.

Ensemble, nous écrivons un texte.

Kristina écrit en Arménien.

Puis... sa voix... une pure émotion.

 

 

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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 01:04

Ah ! prends-moi le coeur, le cou aux jambes d'un ciel,

le long des fils, cours ! cours !

le long des voies, cours !

des arcs  aux nuages qui penchent, cours !

aux échancrures des doigts,

tes yeux aux yeux tout pendus à la langue,

accroche, accroche !

Accroche-moi.

 

 

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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 04:23

 

main 9-1-copie-1

Quand je l'ai rencontré l'autre jour à Paris, il venait "faire une voix". Il est comédien au Théâtre des Tafurs de Bordeaux, et sa voix allait accompagner les images d' un film chinois, aux longues séquences dépouillées et très lentes.C'était très bizarre de le retrouver dans le charivari du quartier Montparnasse.

 

Une voix, des voix, la mienne, la tienne : des intonations uniques et des pauses respiratoires, une chaîne sonore accordée à des gestes, faudrait voir, à des mouvements de gorge, à des trebuchements de la langue fourchée fourchue tournée retournée, mise en plis, en déplis, application laborieuse des mots à pelures d'oignon, dévergondage de la diction en contrepoint du sens, en tambourin, en rythmes and blues, en rupture de la syntaxe balancée hors des règles, etc., etc... main moi 2-copie-1

La voix comme une métaphore de l'être-même. 

Nous avons donc raconté la voix en faits divers bouleversés et bouleversants... Il dit qu'il ui fallait "être" dans sa voix, s'immerger dedans et la triturer comme une pâte à modeler du pain, une matière transportable par l'intérieur... "Fallait être dedans," il a répété.

 

 

   Suivre sa voix serait bien alors couler à l'intérieur de son chant propre,

de ses mesures insoupçonnées, des vocalises dans les mains, c'est comme tu veux !

 

 

 

 

 

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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 12:53

Je lis ça, d'Andreï Platonov :

"Il voyait bien que le temps est le mouvement du chagrin, un objet aussi perceptible que toute autre matière, mais inapte à être travaillé".

Avec ça, vivre, ...c'est-à-dire vouloir absolument des forces pour la vie.

Des désirs, pas une espérance.  "Espérance" ? L'impression d'une enveloppe vide et mortifère.  

Désir, pas d'autres mots que celui-là, un précipité de la vie dans une respiration lente !

 

 

  Pour la musique on verra plus tard, celle que je veux, je ne la trouve pas sur deezer, un texte de Duras...

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 22:52

Elle me dit : "Dérider les images, c'est ça qui fabrique nos rides."

Elle me dit : "Les repères de la vie sont des indices de vie."

Elle me dit : " "Les petites croix sont des repères de la vie."

Elle me dit : "On passe sa vie à faire des petites croix..."

 

 

 

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