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23 juillet 2011 6 23 /07 /juillet /2011 03:15

 

"Dis-leur qu'un beau jardin n'a pas besoin de lune

Qu'un désordre savant n'arrange pas ton dû

Parle-leur de la route ancienne et des fortunes

Qui coulent dans ta moelle au petit jour têtu"

 

Tout tient dans le derniers vers. Non, passe la gomme ! On enlève  Qui coulent dans ta moêlle, et on garde seulement le reste . Oui, c'est ça, toute la force du poème se tient là : "au petit jour têtu".  

Ca n'a l'air de rien, "au petit jour têtu", de rien du tout. Mais tout repose à l'intérieur de ces mots-là. Pas n'importe quand, pas n'importe comment, le jour.  On ne pourra jamais le confonde avec un autre : il est indéfini et défini tout en même temps, vous comprenez, c'est de cette singularité et de là, d'ici, "au petit jour têtu", que l'imaginaire peut être convoqué... Dans ce petit jour têtu, c'est Léo Ferré qui écrit, sans musique sur ce texte, ou bien je n'en connais pas.       

Alors le silence. Ou bien alors un "truc" en décalé, complètement décalé et plus du tout repérable, sauf par quelques vieux grigous qui se souviennent  ( en âge de se rappeler, en somme !)  Parce que tout à l'heure, je me suis achetée un foulard. J'adore ça, j'en ai des tonnes pour mon cou. Je ne sais pas résister au charme des voiles. J'ai toujours pris cet accessoire très au sérieux : c'est une légèreté avec soi ; une légèreté pour apprivoiser la légèreté, peut-être, quand chacun de nous est tant rivé à ses lourdeurs. Crochetés à la terre qu'on est tous, tac !

 

 

22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 04:23

 Le corps connaît ses limites, pas nous. L'excès arrive, on ne s'y attend pas. On savait puis on a oublié le moment venu. On mange trop, on boit trop... mais on n'aime pas trop.

D'où le soupir.

Le soupir ce serait donc le coeur. C'est une histoire de coeur. De muscle et d'émotion.

Le soupirant soupire pour sa belle (même si elle est moche, il soupire !)

Il est dans une tension. Le fil électrifié de la tension amoureuse. On prend le jus sans se rendre compte de rien. A l'école, on apprend que les sens sont trompeurs. Se méfier alors des belles ...et même des moches. Foutue morale de la méfiance !

Il soupire donc, l'amoureux. D'aise ? Pas si sûr. En tout cas il soupire.

Alors, voir un autre sens du mot : "le soupir de pas d'aise".

J'en connais, moi, qui soupirent longuement et ça a l'air d'être douloureux, à entendre ce ronronnement de pas d'aise, et le soulèvement de poitrine que c'est. Une histoire de muscle et d'émotion. Un état émotionnel bousculé. Le muscle respiratoire tire sur les poumons, le diaphragme s'étire, et l'air remplit un espace libéré plus largement. La respiration est forcée en quelque sorte, juste pour que l'oxygène appelé en urgence entre dans la cage thoracique, pour  cette détente que le corps se cherche et se procure instinctivement. 

Je souffre, je soupire. Je soupire donc je souffre ? Pas certain non plus. Degré de la souffrance à définir, âge et qualité de la souffrance aussi, à définir.

Reprenons : le soupirant souffre pour sa belle (même moche !) et soupire d'aise, un aise qui n'en est pas un, puisqu'il est dans le bousculement des sens qui veulent respirer. A croire que c'est pour ça que les fenêtres ont tellement d'importance  dans le romanesque amoureux. On guette à la fenêtre, on chante sous la fenêtre, on y accroche un mouchoir... On signe le soupir en quelque sorte, et tout à la fois, le soupir se signe, à tomber à genoux comme en prière.

Je soupire, donc je respire, ça c' est indéniable. Donc, je vis, doSEDnc je souffre, donc je soupire, je soupire d'aise, et de pas d'aise, à l'excès et  par peur : de ne pas être aimé, pas assez aimé, de me tromper, d'être trompé, de l'étroit dans mon coeur, des maudits mots dits, pas dits, mal dits, des départs, des arrivées, des retours, des non-retours, des illusions, gagnées ?  perdues, des ratages, des arcs-en-ciel, des comètes, des queues de comète, des fleurs coupées, de la pluie sur la mer, du chocolat à cracher, et de l'air qui manque, 

et de tout ce qui manque, 

...d'amour, de vie, de chant, de vérité, de signe, de mouchoir à la fenêtre, d'air, de respiration, de protection, de liberté, de paix, de bras autour des épaules, de nuits sereines, douces et de lune pleine, à la belle étoile, à la bonne étoile, à la polaire, à celle du Berger,

alors, parfois, c'est elle, l'étoile qui prend le relai, qui en a marre, et vaincue, écroulée, tombée par terre, c'est elle qui soupire, et pire...

Dès lors plus rien ne va plus, parce que l'étoile, elle, elle est bien obligée de tenir au ciel. Si elle n'existait plus, l'étoile, l'inaccessible étoile, on ferait quoi ? L'étoile est faite pour être inaccessible, c'est ça le désir, non ?   Alors on soupire on soupire on soupire on ... 

"Dis, je peux regarder dans le caléïdoscope pour voir le monde autrement ?" Je disais aux enfants que le monde a tout un tas de facettes différentes et qu'ils pouvaient les voir, qu'ils pouvaient, quand ils le souhaitaient ou quand ça n'allait pas bien en eux, mettre leur oeil sur la lorgnette, et que tout changeait toujours si on le voulait bien, que finalement on s'en foutait du monde, qu'il pouvait bien être ce qu'il veut, le monde, et que, même s'il était moche, c'était ce qu'on en faisait qui importait toujours. Je ne racontais pas d'histoire, je voulais simplement que soit symbolisée notre capacité à voir des beautés, malgré tout. Malgré tout...

 
21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 05:49

Les comédiens, Marie Pustetto et Christian Sébille, sont magnifiques, comme la musique originale de Fabrice Bernard et la mise en scène de Marie Pustetto. J'ai posé mon camescope qui a filmé tout seul.

 C'était le 19 juillet à Savignac.

 

 

Il s'est passé quelque chose.

On ne sait pas quoi.

D'abord on ne sait pas.

On sent bien que quelque chose a lieu.

Ici. On ne fait pas de bruit. 

 

On entre dans la pièce.

On regarde, on écoute, on sent l'air...

Tous les sens sont en éveil.

Ce sont les premières images sous les yeux qui sont les plus impressionnantes, parfois !

On ne s'en décroche pas les yeux si facilement.

On cueille l'essentiel, laissé là.

 Et  ça bouge et ça remue dedans,

en-dedans. 

 

 

19 juillet 2011 2 19 /07 /juillet /2011 23:57

Fou comme l'état varie, (avarie, nom féminin), dans la vie et au théâtre, le théâtre de la vie, des planches de bois, une scène, pas bon ménage parfois,

on ne veut pas être vu, et on se cache pour se montrer,

on pleure en douce au théâtre, quelquefois doucement,

on rit et c'est du tout pareil aussi quand c'est dedans que ça se passe.

Fou comme on sait bien ça, l'état intérieur, (sa "nature profonde" ?) qui inonde les bras, les paupières, et tout le corps.

Folle, la lumière iradiante des êtres, de certains albert-camus-noces-2.jpgêtres ! et puis les doigts qui pétrissent le crâne, les tempes amollies...

On est spectateur de soi-même, assis n'importe où finalement, dans la lenteur de son spectacle ordinaire, à guichet fermé. Ecouter une émission de radio. Camus qui se défend des invectives dont on l'abîmait et qui le meurtrissaient beaucoup. J'ai oublié pourquoi on reparle de Camus, un livre  sur lui peut-être qui paraît, allez savoir ! Fou comme Camus nous remue ! Un discours qui revient, et sa voix et ses mots, toujours frissonnants d'une "conscience éclairée".

On sent bien ça, les étapes qui glissent sur la peau,  la foulure que c'est là, comme au pivot d'un fauteuil qui pourrait ne plus tourner... On se dit qu'il ne craint rien, ce fauteuil, qu'il tournera bien après soi, mais on s'inquiète quand même tout d'un coup, pour le fauteuil...

Et puis on pense aux coussins des jours, monday,... sunday, monday, etc... "Et la vie, et la peine, et la mort"... Il chante, il est 14h20 à la montre, dans un film, "par-delà le chemin qui...", Le lys d'or est sur la table, il dort dans une ombre...

 

17 juillet 2011 7 17 /07 /juillet /2011 20:28

 

 

jgt

 

Ben voilà, moi je regarde les images de la pièce "Comment ça tu tournes plus ?" et ça me donne envie de voir au plus près, mon texte joué par ces deux-là, Christian Sébille et Marie Pustetto, sur une mise en scène de Marie, c'est rien que du bon à prendre, ça ! Et j'en ai besoin, na ! Pour une embellie...

 

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17 juillet 2011 7 17 /07 /juillet /2011 10:14

Photo Isabelle LAGNY

Terre-en-feu.JPG

 

Un visage

dans l'encoignure d'une porte

sur du jade

une racine tubéreuse à demie pendue,

terre tirée de la terre,

de ta bouche.

Le ciel crie ses gestes au noir qui virent,

à la limite d'une vibration,

haut silence calligraphié sous l'arceau.

Un arbre comme cil d'écriture,

déclinaison de l'arbitraire,

pétrification de l'écho.

ô quelle parole a donc été brûlée ?

Et ne sait pas se taire ?

Ce qui noue l'oeil à la bouche

la bouche à ma branche de fibres,

lacet double noeud

qui commence,

se déchire

et crépite.

Published by brigitte giraud - dans Recueil de photos et textes
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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 16:39

 

 

Dans le grand sac du "tout', il a ces "petits riens",

ce qui n'est pas rien !

Le sens en tous sens,

et les mots

et les yeux

dans leur biais.

 

Puis "tout", le monde, contenu là

dans un "rien", un geste, un regard, un silence.

"Tout", concentré dans un moment de peu,

ce qui soudain bascule

un "rien" qui bascule

et  "tout" s'émerveille ou s'épouvante.

Un précipité,

une décision,

une hâte,

quand c'est faire danser la vie qu'on veut

et  tout, quoi ! 

la vie et rien d'autre.

 

Published by brigitte giraud - dans Intimité
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16 juillet 2011 6 16 /07 /juillet /2011 01:47

Faire les choses dans l'ordre

trouver un ordre

assembler rassembler trier

ordonner

la pensée

et les émotions

dans l'ordre des choses désordonnées

un aveugle clairvoyant

du monde

défait

étranger

du monde étranger des choses défaites

à remonter

à assembler rassembler

trouver

une chose

une seule chose

une seule

une

"Avec qui, je ne me souviens pas...

on verra demain...avec vous !"

 

Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
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15 juillet 2011 5 15 /07 /juillet /2011 11:35

Je reprends ce livre-là : "Fragments d'un discours amoureux".

C'est quelqu'un (l'amoureux) qui  parle, qui se parle intérieurement,dans un mouvement de la pensée. Souvent inexprimable.

Ecrire . Leurres, débats et impasses auxquels donne lieu le désir d'"exprimer" le sentiment amoureux dans une "création" (notamment d'écriture)."


"D'un côté, c'est ne rien dire, de l'autre c'est dire trop : impossible d'ajuster. Mes envies oscillent entre le haîku très mat, résumant une énorme situation, et un grand charroi de banalités. Je suis à la fois trop grand et trop faible pour l'écriture : je suis à côté d'elle, qui est toujours serrée, violente, indifférente au moi enfantin qui la sollicite. L'amour a certes partie liée avec mon langage (qui l'entretient), mais il ne peut se loger dans mon écriture. 
Ce que l'écriture demande et que tout amoureux ne peut lui accorder sans déchirement, c'est de sacrifier un peu de son Imaginaire, et d'assurer ainsi à travers sa langue l'assomption d'un peu de réel. Tout ce que je pourrais produire, au mieux, c'est une écriture de l'Imaginaire ; et, pour cela, il me faudrait renoncer à l'Imaginaire de l'écriture. 
Vouloir écrire l'amour, c'est affronter le gâchis du langage : cette région d'affolement où le langage est à la fois trop et trop peu, excessif (par l'expansion illimitée du moi, par la submersion émotive) et pauvre (par les codes sur quoi l'amour le rabat et l'aplatit). 
Savoir qu'on n'écrit pas pour l'autre, savoir que ces choses que je vais écrire ne me feront jamais aimer de qui j'aime, savoir que l'écriture ne compense rien, ne sublime rien, qu'elle est précisément là où tu n'es pas - c'est le commencement de l'écriture."
Roland Barthes
14 juillet 2011 4 14 /07 /juillet /2011 22:43

De la gare à Auchan Lac,il se passe tout un tas de choses.

Il se passe, c'est-à-dire que je passe. En voiture.

Des gens sur les quais en pagaille à prendre les brumes du miroir d'eau.

Une volute monte.

Je suis d'un coup derrière un voile, isolée d'eux, avec la sensation étrange de ne pas faire partie de la ronde.

Je suis, moi, dans une sorte de mobilité passive.

La voiture roule et je regarde la scène. Je ne participe pas.

Plus loin, c'est la longue enfilade des quais de Garonne, plus ou moins déserts. Puis complètement déserts vers les Bassins à flot et la zone marchande.

Des publicités, des images vides, des voitures à la traîne des panneaux. Du rien, quoi !

Un 14 juillet consommable, et j'en suis aussi, fichtre je n'ai pas de respect pour les dates nationales !

Puis là, sur un coin de rocade, une vieille femme soulève ses jupes immenses, se déculotte en se baissant et fait pipi. Forcément je regarde. Le regard se défend, mais il est fasciné par la vision.

La misère est assise , et, recroquevillée, très abîmée en elle-même, ne peut plus distinguer rien du monde.

Parfois, c'est comme ça, on se sent coupable d'en faire partie, du monde. Et cela terrifie !

Alors je me dis que le feu d'artifice sera sans moi. Que le bal perdu sera quand même, et, en fermant les yeux, je bascule... Je le vois ...qui scintille.

 

Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
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