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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 14:34

Mokhtar El Amraoui est poète. Il vit à Bizerte, en Tunisie, "cette splendide cité qui renaît toujours de ses douleurs" dit-il.

Son recueil "Arpèges sur les ailes de mes ans" relie deux périodes d'écriture : "Elans d'espoir" (1970-1980, textes écrits sous l'influence de conjonctures socio-politiques bien reconnaissables) et "Rayons de lune pour funambule absent" (1981-2010, textes plus en liens avec une intériorité émotionnelle).

Trois poèmes sont ici mis en voix,

sur le fil d'un voyage.

 

4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 01:21

Tourner, retourner

"j'en suis toute retournée..."

ce qui est dit tourne le ventre à mots, là...

A penser, repenser au tournis que ça fait, dans l'oreille, 

 

une sidération du trou noir autant que le tapis est noir, 

une vitrification dans les règles de la disharmonie, pim4055980216_0931245376.jpgent rouge sur la langue,

pas d'importance, le tableau sera abstrait, la musique sérielle,

l'erreur toujours trouvée dans la partition ajourée de gestes et de silences...

Tourner, retourner

à vide des moulins,

des éoliennes en plein champ dans les maïs.

On ne dirait jamais que ça fait du tapage,

que les mots qui y bruissent 

sont ravage.

 

C'est si jolies, les éoliennes !

 

 

Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
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3 juillet 2011 7 03 /07 /juillet /2011 18:44

 

Quand de tout ce qui est, on ne retenait rien ?

 

Du sable filé entre les doigts.

Des billes d'encre qui s'égouttent, ploc ! ploc ! ploc ! d'une bouteille renversée. 

Une fascination du regard qui croit saisir le temps, 

quelques rebonds, ploc !

des sursauts passionnés,

un plongeoir qui tremble et l'eau d'un lac dessous, 

une mare avec des canards, des baisers ébrieux (et toc ! pour Claire)

et on n'en retiendrait rien, si peu ?

"- Car tout part quand on part !

-  ...Et même les amis, le sable, les billes, les sursauts, même le plongeoir, et même les restes ?...

- Car tout reste là et on s'éloigne...

- ...Des amis, et du sable, ... ?  Mais je ne veux pas, moi.

Je retiens tout, les billes d'encre,le sursaut et le tremblement du plongeoir. Je retiens. Par coeur. Je trouve ça bien le par coeur. Apprendre par coeur  n'est pas apprendre bêtement. Mais tenir à une connaissance. L'accrocher à soi.

Je suis accrochée à ce que je sais par coeur.

Et je prends Neruda à témoin, une permanence cordiale du battement de l'autre, un cardiogramme vivant, là-bas.

La poésie qui par coeur se promène à Paris et ne s'essouffle pas.

 

 

2 juillet 2011 6 02 /07 /juillet /2011 19:45

Robert Misrahi parle du bonheur, de la joie, du rapport à autrui...

J'ai conscience en tout cas d'avoir vécu, là, des moments rares.Je voulais qu'il parle de la fragilité et du comment faire avec cette magnifique idée du bonheur, pour qu'elle ne soit pas qu'une idée...

 

1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 23:02

Temps vacant

devant 

autour

 

une mousse sur la page

 poussent des blancs

 

à la marge

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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 06:19

Fête de la musique. J'ai filmé Zhirayr Markaryan, place Buscaillet à Bordeaux, Bacalan.

Deux morceaux, deux fragments des morceaux joués.

Des notes envolées, offertes au vent,

instants de vie qui demeurent.

 


21 JUIN Fête de la musique | Zhirayr Markaryan par Quani

 

 

 

 

Je reçois ce commentaire de Mokhtar  El Amraoui , qui à travers moi s'adresse à Zhirayr Markaryan, c'est tout cadeau ça !

"Chère Brigitte,

Je suis vraiment très content que mon poème t'ait plu.Je l'offre à ce virtuose du doudouk qu'est le talentueux Zhirayr Markaryan et à travers lui, à tous les Arméniens du monde entier."

 

Doudouk

 

Le doudouk n’est jamais doux,

N’est jamais doux,

Pour celui qui a perdu sa mère, son père,

Ses sœurs, ses frères

Et les cœurs aimants

De tant d’autres parents !

Le doudouk est une blessure en chants,

Pour ceux à qui on a arraché impitoyablement

La terre, les yeux et les cieux depuis des ans,

A en devenir fous, inexorablement.

Le doudouk n’est jamais doux,

Pour toi, l’exilé qui l’entend.

Il écrit, chaque jour, du levant

Jusqu’au couchant, patiemment,

Son chemin brûlé de sang

D’une lumière aveugle en quête de firmament,

Qui trébuche sous les fouets de l’exil et du vent !

Le doudouk devient loup

Quand on tue sa montagne, son aigle volant

Et ses danses en plein élan !

Mais il se fait doux, seulement,

Quand il sait que, bientôt, vivant,

Il reviendra fièrement,tout chantant,

Vers cette terre qui, chaque jour, l’attend,

Qui, toujours, l’entend !


                                                                Mokhtar El Amraoui

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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 03:26

Il faut résister. Contre tout. Pour tout.Toujours. Putain de morale ! d'éducation sans soin ! d'amour encagé, désubstancé, déchiré ! de fausses valeurs !

"Exigeons l'utopie !" La sidération et le désir. Ou l'inverse.

 

Résister. Pas un vain mot pour faire joli ou rebelle. Hein ? On n'a pas son pauvre de service, son indignation de service, son patient de service, pour faire de la retape visible à un ego en berne.

Non, l'engagement c'est pour chacun, dans son environnement, professionnel, familial, culturel, j'en sais rien, où tu veux quoi, puisqu'il est partout, jusque dans son attitude.Y'en a pour tout le monde, quoi !

Parce que nous sommes dans des paradoxes. J'en ai eu la preuve encore aujourd'hui, vous savez, oui, sans doute que, vous aussi, vous savez bien !

Les réglementations récentes discriminatoires à l'encontre des étrangers, des patients en psychiatrie (et je connais moins la donne, là) tout cela impose des mesures légales, mais pour autant illégitimes.

Il s'agit, me disait X, de trouver des astuces ou des failles dans le discours, pour continuer à travailler, avec sens et valeur.

Il y a des lieux professionnels où la résistance a une fonction importante qui entre en résonance avec la protection des personnes, 

et des êtres s'engagent alors dans des positionnements courageux, vivants et indispensables.

Positionnement vivant et indispensable, repris ici et là, sur d'autres modes, pour mettre la vie créatrice au coeur.

Désespérance de la vie par ce qui en est fait parfois,

ce que qu'on ne sait pas en faire

et qui  -le savait-on ?-  ne danse pas.

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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 05:42

Arrivée 17h43. 5199238367_e1101ed121.jpg

Textos.

Coups de téléphone.

On y va.

Chez les "gosses".

- Oui, je viens. Fumer une clope. Raconter Paris sur Seine.

- C'était comment ? Tu es fatiguée.

- Oui.

Ils savent. Retiennent tout. Ce qu'on dit sans dire. La voix. Juste la voix, un cahotement sur des pavés de gorge, un trébuchement au fond.

Retiennent la voix. Disent la voix autour des mots.

Comme Cela, Comme C, comme c'est. Dedans.

Avec un bouquet de roses pour le retour.

 

Les voiles se relèvent. Il le faut.

Un espoir fou, un espoir tenace et languissant...

et j'adore cette chanson de Reggiani, de rage, de tapage, de ... de plage.

Diable ! nous sommes de la même !

"ca existe, je l'ai rencontré", dit Misrahi et parlant du bonheur.

Moi, je parle du coeur,

pas peur de ce mot-là

pour moi, pour elle terminus Gare d'Orléans, ligne 1

je préfère,

pour toi, je préfère,

le moins pour le plus,

une protection de la litote

qui veut, et veut,

et ...veut encore.

 

Pour eux, surtout pour eux,

on attend.

 

Allumer alors toutes les flammes

choisies

des fleurs dans une vasque

"sun flowers"

Ce qui se passe de l'une à l'autre

de l'autre à l'un

comme une folie douce

chacun.

 

J'écoute cette nuit de l'instant

un instant de la nuit

une immense paix avec une clope copain.

 

 

29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 07:43

Sortir du champ

prendre un train

le métro de jour et de nuit

sortir du champ

des glaces sous toutes les coutures

des gouttes d'une pluie d'orage

du périphérique des gorges encombrées

sortir du champ

aux corbeaux noirs

oreilles et paroles coupées

Van Gogh qui ne sait plus la ride des blés

c'est l'été depuis une semaine

sortir du champ

de magnolias

du jardin de Tournedos

tourner la tête

puisqu'elle vous tourne, la tête !

 

"Sortie du champ", une moto passe sous les fenêtres

Paris a veillé sa nuit

comme une morte...

 

 

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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 03:58

Voilà, bientôt une vidéo suivra.

Sur les blessuress qui suivent et poursuivent,

la mort qui vient toujours à un moment et à laquelle on pense,

l'amour qui ligote et libère,

le couple qui n'a jamais de scènes apprises et de morales à décliner.

Au hasard, des petites phrases saisies au vif de notre échange :

 

"Se désintéresser de ceux qui ne s'intéressent pas à nous. Dans le couple, ne jamais répondre à la violence de l'autre par la violence de soi. On peut très bien ne pas y répondre et faire autrement. Il y a toujours un choix meilleur, plus positif, plus ouvert. L'autre peut alors suivre dans ces moments-là.

 

 

C'est la ligne ordinaire, mais il faut essayer de rompre avec la fierté, la volonté de dominer l'autre. On peut très bien influencer les autres et les autres, au fond, ne demandent que ça : être entraînés  dans une nouvelle voie. Soit le couple évolue à l'intérieur de lui-même, soit le couple se rompt. Parce que les réponses seront mal adaptées à la réalité, ou trop spontanées, maladroites et pas intelligentes. Laisser le temps  d'une autre attitude possible, une attitude toujours plus ouverte, plus compréhensive et généreuse.

 

 

Il y a une éducation à combattre. Dans une vraie rencontre, les gens qui sont dans une vraie rencontre, sont dans une perpective commune des valeurs et ils le savent.

 

 

C'est la conscience libre qui fait le malheur et le bonheur de l'humanité.

C'est la conscience libre qui crée les fausses voies, les impasses et les malentendus, les combats, les compétition. C'est uen conscience libre qui est mal éclairée. Alors il faut que cette conscience libre mal éclairée se mette à réfléchir et construire ailleurs autre chose. Il faut siouhaiter rencontrer des gens qui, soit ont commencé ce travail, soit  qui sont suffisamment intelligents et ouverts pour se laisser éclairer. On peut espérer ça : éclairer aussi par une conduite."

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