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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 14:16

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Il y en a des ritournelles... qui lancinent en soi

et  sortent parfois de l'hivernage où elles étaient

tenues.

Avec une sorte d'innocence.

Nos ritournelles sont des blessures prêtes à s'ouvrir, prêtes à souffrir.

De l'amour heurté par-dessus un autre.                                               

C'est cela "Ritournelle de la faim". Ce qui prend place en place de.    

La Plate Forme a remplacé le Vel' d'Hiv. Une forme plate, vidée de ses fantômes. Un lieu neutre, paraît-il, où rien ne transpire de la peur et de l'ignominie des hommes.    

C'est où le Vel' d'Hiv, je me suis souvent demandée ?... A Paris, doit bien y avoir quelque chose. Une plaque, au moins une plaque...

Le Clézio dit que ça s'appelle la Plate Forme, que des immeubles ont poussé sur le "site", que d'autres enfants jouent sur des marches et y chantent comme les petits qui, il y a plus de cinquante ans, y ont (peut-être) chanté aussi, ignorant qu'ils allaient mourir.

"Ritournelle de la faim", c'est la mobilité de la vie qui est comme une faim de ce qui a manqué, bougé, de ce qui vieillit, se transforme, s'étiole, de ce qui reste quand même.

C'est l'énumération des camps, des lieux de transit, des partances, des déplacements des illusions.                                                                    

Respire !                                                                                                                 C'est un bouleversement...                                                                                     Respire !                                                                                                                qui monte lentement une côte, haletant...                                                        Respire !                                                                                                                    une ritournelle façon Boléro, vous voyez, une implosion des notes pour un final mémorable, une retenue d'abord pour l'histoire inoubliable. Ce qui clôt le livre de Le Clézio, remarquable, remarquable...

J.M.G. Le Clézio écrit :

"Je sais maintenant ce que signifiait cette phrase répétée, serinée, imposée par le rythme et le crescendo. Le Boléro n'est pas une pièce musicale comme les autres. Il est une prophétie. Il raconte l'histoire d'une colère, d'une faim. Quand il s'achève, dans la violence, le silence qui s'ensuit est terrible pour les survivants étourdis."

 

Allez, respire, respire, respire !
5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 21:24

Quand Federer, le tennisman suisse, a commencé sa carrière, on l'appelait Roger. Tout bêtement Roger.

Ben oui, Roger. 

Roger, un prénom de vieux copain, un  pote des familles françaises très ordinaires.  Roger, la gauloise à la lèvre et, en cas de  canicule, un débardeur de camionneur façon Marcel. Tiens ! Roger, il pourrait être mécanicien, avec Marcel ! au garage, du coin, sur une place et l'église pas loin, les mains charbonnées de cambouis, le sourire facile, une bonne pâte, le Roger ! un profil de prolo des films années 60, Gabin à l'affiche, ...à la fenêtre et beuglant... les yeux beaux et un accordéon pour les p'tits bals perdus, Bourvil à contre-emploi qui ne se souvient plus du nom...

Du nom ? Oui, son nom.

Je reviens donc à Roger.

Donc Roger, notre tennisman suisse, au début de sa carrière, on l'appelait Roger. Roger Federer.

Puis, les victoires enchaînant les victoires, et promis aux podiums, les journalistes ont peu à peu anglicisé son nom.

Et Roger est devenu ...Rodgeur. Un nom de gagnant, Rodgeur, et tellement plus dintingué ! Une anecdote qui parle de "notre temps de manigances et de léproseries", disait déjà Rimbaud.

 

Voilà.

Le petit bal perdu, et c'était bien, hein ? Il s'appelait comment ?

N'empêche ! C'est désuet, nostalgique, superbe ! (La nostalgie, on en parlait cet aprem sur la terrasse amie, elle a tant de chemins...)

Published by brigitte giraud - dans Intimité
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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 01:42
3 juin 2011 5 03 /06 /juin /2011 22:04

 

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106

C'était où ? C'était quand ?

Tu te souviens !                                                

Procéder par déduction, alors. Peut-être.

Pour qu'il n'échappe pas tout à fait entre les jours, ce jour.

Lequel il était ? Il faisait froid. 

J'ai un manteau. Donc il faisait froid. Je n'en ai pas trente-six de manteaux, alors je le reconnais, le bouton que l'on distingue, la laine du drap, le drap du manteau.

Je me prenais en photo comme souvent.

Dans un miroir.

Me dire : "Ca tu retiendras, l'instant, cet instant-là, le T, l'instant T, tu te rappelleras toujours..."

Je trouve toujours tas de raisons pour fixer l'instant T.   Et je sais que la pellicule fixe aussi la mémoire, que même parfois c'est idiot, que parfois c'est triste,   tristement idiot ou idiotement triste, allez savoir ! avec les couches et les sous-couches de la légèreté qu'on croyait.                                                 Finalement, c'est pas mal, les photos flous ; elles ricochent moins sur les émotions, les contiennent mieux, les protègent mieux aussi, peut-être.                

Mais si, bizarrement, c'était tout le contraire qui se produisait ?                            On n'est jamais à l'abri d'un écho...

 

.

Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
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3 juin 2011 5 03 /06 /juin /2011 12:21
 

"La dolce vita", ce film de Fellini, de 1960, dont on garde forcément des scènes en mémoire, celle de "La fontaine de Trevise" par exemple, magnifique, magnifique !

Ca se passe à l'aube. L'après-nuit.  

L'aube encore, l'aube toujours.  

 Je m'en souviens comme celui des aubes gigantesques, celui où la réalité se cogne à vous.

Petits matins des rêves éveillés,

et des rêves perdus, ceux qui hantent troujours,  

et celui de

 la « vie inimitable ».

 

 Allez, moi, j'aime bien Zazie, alors...

 

 

 

Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 18:00

Un texte contemporain de Michel Vinaver, porté par des comédiens au talent sûr, Christel Le Divelec, Myriam Bénard, Océane Marques, Nadine Dendary, René Duflos, Carole D'Antona, Alain Guillaume, Séverine Souquet, Thomas Dejean, Céline Page et Zineb Kairouani, sur une mise en scène de Marie Pustetto.

Trouver le bon chômeur pour une émission de télévision...C'est dire la bêtise de la télé-réalité, la tyrannie de l'audimat, du bon coup médiatique, et l'utilisation scandaleuse de la misère sociale.

 

1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 15:07

 

Le chant de mon oud

 

Sauras-tu écouter,

Sur le fil tendu éperdu des heures,

Mon oud fêlé, qui pour toi,

S’habille de mille feux d’oiseaux d’oueds ?

Je te viens, de bien loin, te dire, de mon levant

En courbes, le sang fatigué,

Pourtant, tant enchanté de mon attente,

De mon inextinguible soif

Qui boit à la Seine de tes courbes assoiffées

Et aux galbes dressés de tes seins parfumés

Par tant de désir retenu, détenu

Qui veut exploser et tuer ces inutiles morts lentes !

Pourquoi ne suis-tu pas les pas de nos pas qui nous dansent ?

Ecoute, donc, tout ce bois, toutes ces cordes,

Qui en nous, qui par nous, qui pour nous

Se font chair,

Se font voix,

De nos chairs,

De nos voix,

Voix de nos chairs,

Chairs de nos voix

Et renaissent à leur quintessence,

Sans peines ni souffrances,

De fontaine t’attendant, en stances

Se tendant, s’étendant

En oud, en ses pleurs fous d’incompris, en ses fleurs

S’offrant aux feux de tes lèvres,

A la chaude rosée printanière de tes seins qui ont soif,

Roucoulant à quatre mains tous ces jasmins en éclairs

Si lactés convolant en justes notes égarées

Puis retrouvées en fugues mineures, en fugues majeures égayées

Loin de toute frayeur, reniant les blêmes torpeurs,

En volutes fulminant de cris d’aimer tapageurs

De gémir, de soupirs, de complaintes et de bonheur

Dits dans nos couleurs d’après silences et douleurs,

En fusions enivrées de danseurs !

Ecoute-le, mon oud, prendre en ailes

Tes furtifs sourires d’apeurée

Pour les faire planer

Sur les plus hautes cimes des extases éclatées !

Ris-toi, mais ris-toi, donc, de ces cendres

Qui veulent étouffer les chaudes braises

De ton corps qui brûle dans cette geôle

Qui assassine ta liberté et ses radieux envols !

Ecoute-le, mon oud, mon cœur,

Te chanter en odes, toi qui l’as charmé :

« Ceins tes seins des lauriers de tes trophées

Qui méritent leur chemin de volupté,

Pour laisser fleurir, à jamais, l’or

De ce splendide bonheur,

Le sublime droit d’aimer ! »

 

Mokhtar EL Amraoui

 

mokhtar el amraouiJ'ai eu une surprise aujourd'hui : Mokhtar El Amraoui, que je ne connais pas, m'offre ce poème, avant de m'envoyer son livre.

C'est pas magique, ça, la poésie qui vous fait un clin d'oeil au petit jour !

 

Ainsi Mokhtar El Amraoui se présente à moi,   et j'entends, moi, un professeur de français à Bizerte, né en 1955  d’un père algérien et d’une mère tunisienne, poète dans l'âme et l'encre.

 

Alors en attendant d'ouvrir les pages de son livre bientôt, je vous livre le poème qu'il m'a envoyé, tiré "d'Arpèges sur les ailes de mes ans", dont  Giulio a chroniqué la parution, faisant des passerelles avec Pablo Neruda, alors ...

Il y a un souffle, qui me parle. Je te remercie Mokhtar, de ce cadeau.

  Je te viens / le sang fatigué / tuer ces inutiles morts lentes / les pas de nos pas / toutes ces cordes / qui pour nous se font chair, se font voix / d'après silences et douleurs / ton corps dans cette geôle /

 

 

 Mokhtar El Amraoui : « Arpèges sur les ailes de mes ans »  

ISBN 978-9973-05-892-8, peut être commandé à Monsieur Noureddine Limam, Librairie Science et Culture, 24 avenue Taïeb Mehiri, Bizerte, 7000 Tunisie.Fax : +216.72431372.

30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 22:55

Une pièce de Théâtre, c'est un texte et des comédiens. Un metteur en scène. Une scène. Des répétitions. Une, deux, quinze, et plus.

Et puis un jour, c'est le jour !

Mais d'abord, c'est un chantier  dans la bouche et le corps. Du sentiment.

Voilà. Marie Pustetto et Christian Sébille sont à l'oeuvre.

Moi, mon oeil suit mon stylo. Fascinée par leur entente artistique. 

"De l'émotion à venir !" je me dis.  

Je les écoute du bout des yeux.

 

30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 01:14

"Lettre à D." de André Gorz que tu m avais offert, prêté plutôt. A l'intérieur, tu as écrit ton mon et une date 01/10.

Bêtise de s 'étonner de la vitesse du temps ! C'est dire seulement l'attachement aux jours, aux petits cafés crème, aux grands crème, aux boites à trésors, parc bordelais, jardin public, jusqu à l'épouvantail, un bâton à planter dans rien, juste à conserver pour en sourire... Dans la boîte.

Avec les enfants de ma classe, on avait des boîtes : celles des rêves, celles des tristesses, celles des joies, celles des peurs...

Boîte de la peur... A quoi ça sert, la boîte  aux peurs ?

Je me disais que ça permettait en tout cas de les écrire, sans personne par-dessous l'épaule et que, une fois écrites, la parole pouvait suivre.

Parce qu'on y rechigne parfois, à dire ses peurs, ses hontes, pas assez de place dans la vie, la vie "courante", pour elles ? Ses peurs d'enfants ? Moi, j'ai encore les mêmes finalement.

003.JPGQu'un nom et une date s'effacent. Parfois , c'est simple comme ça!

 

Pour les mauvais rêves, j'ai ce qu'il faut : un attrape-cauchemars, direct de Toronto.                        Toronto ! C'est pas la porte à côté, Toronto !       Alors forcément, ça badine pas avec le "malin".

 

Le ciel ne peut pas s'effondrer !              L'effondrement se prendrait dans les plumes, les filets le retiendraient.

Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
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29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 16:46

zineb théâtre Pompignac 039Ca se passe à Pompignac. Un texte de Michel Vinaver. C'est du théâtre.

De notre temps. Précarité de l'emploi, grossièreté de la justice, rentabilité de la misère... Démonstration de l'instable.

Et les hommes qui y perdent toujours à ce jeu dont ils sont les pions retranchés dans des cases, où ils sont tenus et où ils craquent leurs frontières.

 

zineb-theatre-Pompignac-045.JPG

Théâtre pour un jeu de société.

Avec ses comédiens,

sa metteur en scène

ses lumières.

Un jeu d'orgue.

(J'adore ça, moi, les jeux d'orgue ! Une vidéo le suivra bientôt, bientôt...)

Du talent plein les poches des comédiens.

-  Ne vois-tu pas Zineb et Marie? Les cheveux qui brillent et le pantalon rouge ? ?

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