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5 mai 2011 4 05 /05 /mai /2011 19:11

 

 

 

 

C'était le 15 mars dernier. Et puis ce sera bientôt. Et puis encore.

Je ne m'en lasse pas de cette musique...

Zhirayr Markaryan m'a fait cadeau de la mélancolie, je pourrais dire ça, oui.

Il n'y a parfois qu'à fermer les yeux et à se laisser aller à l'émotion des notes qui pleurent. Et même que j'en ai pleuré.

 

Je veux, là, offrir ce moment à Suzanne Lafond qui ce matin nous a quittés.

Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
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4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 04:43

Je parle le poizeau, le lapreuil bondissant et le vroon

dans le duché d'une seule langue,

Ma chance d' être au monde est de ce savoir.

 

Je pense, après le commentaire de Christine, à Valérie Rouzeau,

 "Pas revoir", et "Va où" aux belles éditions Le temps qu'il fait

 

Un jour je resterai si longtemps qu'au matin

J'aurai un oiseau sur l'épaule un oiseau sur l'épaule un oiseau sur la tête

Un jour jamais plus je ne saurai retourner dans ma vie

...

J'aurai d'autres mots malheureux fautes de mieux pour m'encore trahir et m'affubler de noms d'oiseaux

Merle à partir avec quel ciel

Plumes perdues saisons qui reviennent à moi dans leurs versions païennes

Mai mai oui mais comme je vous dis

J'aurai beau siffler goudronner ma route siffler dans l'air de rien tout du long on verra mon coeur littéral au pied de ma lettre en amour

Published by brigitte giraud - dans Intimité
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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 10:34

 

Besoin d'une géographie, d'un lieu,

cORINNE 3mai 2011 009

quelques-uns

Savoir non pas "ça" va,

mais d'où "ça" vient.

Et on ne sait pas dire toujours.

Pas toujours dire exactement ce qui déborde.

 

A prendre par coeur,

l'artère menant Place des Vosges,

à gauche, là, 

un ventricule qui demande la lune

parle d'une voix maigre

peut seulement cela : une accumulation de perles, de  pierres, de  grelots,

des fils, des liens à nos poignets,

qui libèrent

et ligotent.

 

Parmi les gens,  ensembles pleins, et vides,

 d'où ça vient,  ce qui déborde,

ces voix  déposées,

en nous.

Nous sommes d'un roman,

à l'intérieur et par coeur...

Peut-être...

 

 

 

Sur ma route, long ruban déroulé devant soi,

la voiture et Satie, Satie pour sa chanson, les yeux fermés...

2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 18:18

Il va pleuvoir. Quelque chose se prépare sur le bout de la peau : une moiteur,  une fraîcheur. Le ciel, je le vois bien, vire à l'aigre doux.

Une beauté immatérielle   bouillonne là-haut. 

Ca sent la terre. Ca sent la mer.

Ca gonfle au-dedans, par-dessous, des voiles dans l'air, une fumée, de la lumière qui bouge ?  Quelque chose...

Transporte. Quitte. Glisse. Les pieds se cambrent, la cheville devient  cou d'oiseau.

Se débrouiller avec ce mouvement, cambrure de l'oiseau, lait d'oiseau dans une miette de chocolat. Dans son livre d'images.

Et le silence parle.  Un chuchotement. Une voix dedans.

Une indiscrétion de soi : dire "Vouloir cela : aimer par coeur."

Pour le savoir vraiment.

Comme les poèmes appris par coeur, par coeur, j'en connais des tonnes. Pour être sûre de les retenir, une façon que j'ai de me retenir moi-même... Allez donc savoir ce qui se trame vraiment sous les points, au crochet de son tricotin ?.

Un souffle inventé pour remplir mon carnet à spirales, soufflets en accordéon  musique à quatre sous, mauvaise respiration, ...marcher en plein brouillard, dans l'est,  là-bas, vers l'hiver et le gel... Brûlure des doigts , "T'as tes gants? Hein ?" J'ai toujours aimé ça, les gants et les mitaines.

Et le mouvement en moi tenant par coeur.. Par le coeur. N'être rien, rien du tout ...et puis être tout.

  Se tenir en se retenant...à une réalité vivante qui n'était pas tout à fait vraie, mais vraiment juste...  Ca tenait  du sable ou du chewing-gum. 

A quoi fallait-il m'en remettre ?Me cramponner ?  On se cramponne toujours à quelque chose quand on est petit, jeune, encore enfant ? Quoi désirer ?  Est-ce qu'on demande quelque chose ? Est-ce qu'il y a quelqu'un ?  Je ne désirais rien, véritablement. Pourquoi le sable, j'en faisais pas des châteaux ?  Je n'y pensais  pas, aux châteaux ? Qui m'aura jamais demandé : "A quoi tu penses, hein  ?  A quoi ? Il est où ton château ? "

Si seulement je me souvenais de la mer. Mes yeux l'ont vue, à deux ans et demie. Mes yeux ont oublié ce qu'ils ont vu.  Est-ce que des gosses avaient fait un château, avec des portes et des pinacles en sable sur cette plage où j'ai marché? Les ponts du bateau  dont j'avais conservé l'émerveillement avaient emmerdé tout le monde, j'en faisais des tonnes de ce pont et de ce bateau, sur la mer que j'ai oubliée.

Quoi faire de ces châteaux jamais contruits ?...

Avec mes ponts, mes îles, ma boussole déboussolée, mes rames quelquefois, mes cartes qui tombent  à pique, à l'as de... , avec qui m'aimera sans mal... Moi.

 

Quelques ondes, 4578370277_54bc712b7d.jpg

apprises par coeur...


Une musique dans une voiture, une berceuse à Satie qui pousse la route au bout du monde, une Gnossienne,  je ne sais pas... peut-être la Mer, les Nuages, des Arabesques, et Debussy qui veut bien nous accorder ce silence du livre de l'après sable,

et ce trois fois rien d'un bercement

qui ne serait jamais compté par le temps...

 

29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 11:28

Téléphone ici, pas de réponse... Ca sonne, dans le vide !

Regard à la montre... ça devrait répondre...Le service administratif... Ah ! voilà la musique...

Quinze ans pour que la musique cesse, qu'une voix enfin parle... 5344524069_66b98dfb97.jpg

Attendre quinze plombes... mais c'est un disque "nos services sont fermés...",...disque rayé...

Répéter quinze fois les mêmes gestes, et l'impatience monte monte puis une petite rage, puis... 

Puis se heurter à une dame qui ne peut/veut pas me répondre, ...secret professionnel, secret d'état, secret de la chose importante qui ne peut pas être divulguée, secret du non-dit et de "j'ai un foutu pouvoir, moi et j'en use si je veux et je veux pas, na ! non mais !...on ne me l'arrachera pas comme ça, des années que je me bats pour ça, pour une once de petit pouvoir que je fais valoir, ah mais ! parce que je le vaux bien ce petit pouvoir merdique que j'ai tant attendu, de renvoyer les gens dans leurs cordes...!Si je veux..."

Voilà l'apprentissage de la zénitude qui manque, qui me manque,

j'enrage et je reste polie,

je reste courtoise,  mais j'enrage dedans (rage de dents !).

Téléphone ici, et encore ici,... Et là, miracle ! une voix tout de suite au bout.

C'est fou ce que ça fait du bien d'entendre une voix de femme, une voix d'homme, une voix vraie !

C'est fou ce que nos limites à la modernité du cellophane, de l'hygiaphone, et de la robotique sont approximatives !

 

Ou comment l'invisible humanité devient une humanité invisible, insupportable !

Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 10:45

 

Ce qui n'a pas de lieu, 

un grand désordre.

Published by brigitte giraud - dans Intimité
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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 22:17

"Rien ne devrait être dit. Dire c'est commencer à mentir."

C'est un vrai devoir de philo, ça. Faire comme si c'en était un. Etudier les termes et leurs agencements.

Dégager le vrai sujet, c'est-à-dire une problématique2306918907_4a596eeed8.jpg.

                       *             *           *

Rien ne devrait être dit, signifie que tout pourrait l'être.

Est-ce que tout peut l'être ?

Qu'est-ce que serait ce "Tout" qui pourrait être dit, et celui qui ne le pourrait plus ?

Mais qu'est-ce que "dire" ?

Enoncer une  vérité ?

Et venue d'où, en regard de quoi ? La sienne, mise alors en perspective avec d'autres, prenant du même coup une valeur très subjective ? 

Est-ce affirmer, affirmer ce que l'on avance, vouloir s'affirmer soi ?

Raconter, se raconter par extension ? Donc formuler une pensée, une volonté ?

Ou bien est-ce demander, par conséquent se demander à soi-même ?

Est-ce que dire revient aussi à se parler à soi-même ?

Dès lors, est-ce que se parler à soi-même par le truchement de la parole à l'autre est illégitime, si  "rien ne devrait être dit" ? Si dire est le parangon du mensonge ?

Est-ce que dire est forcément organiser un mensonge ? Une altération de la vérité ? De quelle vérité et dès lors, à quoi, à qui ment-on ?

En conséquence, la problématique dégagée pourrait être celle-ci :

Est-ce que le questionnement inscrit dans la parole qui a lieu doit être considéré comme une chose vaine ?

 

C'est une vraie question pleine d'embûches.

J'ai débroussaillé un peu le terrain. Enfin je crois.

Vous avez quatre heures sur table. Evidemment, le "thèse, antithèse, synthèse" ne convient pas. Le consensuel c'est pas bon : un peu ci, un peu ça et j'te trouve je juste milieu.

Moi, j'ai quelques éléments, entre autre : Dire est une nécessité absolue. 

Ecrire, c'est dire aussi, différemment.

Dire c'est se rejoindre. Se dire, Se rejoindre.

Les mots sont des déplacements intérieurs, des mouvements de l'âme et du coeur.  

C'est pour cela qu'ils doivent être entendus,

pour ces mouvements,

pour l'âme,

et pour le coeur.

 

 

Published by brigitte giraud - dans Intimité
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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 02:09

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Ca commence comme ça. Un peu au hasard de ce qui est : quelques images, et une voix...  de l'essentiel au fond des mots, un mystère, quelque chose d'inabordable... de précieux. 

Je prends du temps pour écouter. Ecouter la voix. Une fois, deux fois, l'air de pas y toucher, l'air de ne pas entendre complètement...  je regarde un peu au hasard les rideaux rayés de la fenêtre, le cadre du mur, la lampe prune... une contenance à trouver, j'allume une clope, je suis là... je reviens toujours vDSC01729.JPGers la voix...

Plus tard on élabore autour. On se dit que la mer serait juste, un décor convenable. Celui qu'il faut absolument. Un regard nous suffit pour s'accorder sur... "La mer ? Oui, ce serait juste bien, ça, j'aimerais bien !"  

Un assourdissant silence interminable qui n'entamerait rien de l'incroyable vision sous les mots et la voix. Après tout, les mots et la voix viennent peut-être de là, de la terre et de ses algues, un mystère inconsolable baigné de toute cette eau, de toute cette vie.  

Elle dit : "La mort apprend quelque chose de la vie".

                                                                                     Photo Clarisse Mèneret

 

 

"Dernières lettres à ma mère" de Thomas Mèneret et Claire Massart (éditions Pleine Page) a été mis en voix à La maison de la Culture de la Pointe -aux-Trembles, le 18 mars 2011, à Montréal, sous le titre "La maison des souffrants". Mise en scène | Marie-Louise Leblanc, avec Denis Lavalou et la voix de Françoise Fauchet

25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 21:24

100 3687

Même si dans le même temps je suis dans le tram

à côté d'un type à l'air mauvais,

même si je crois toujours que ça n'existe pas, les mauvais types,

même si je ne prends pas souvent le tram,

même si j'ai l'air de courir sans cesse après "sans cesse..."

même si les affaires courantes  courent  vite, vite et font bouffer de la misère,

même si je suis peu fréquentable,

même si je suis "danger public", pour les uns pour les unes,

même si,  faite comme ci pas comme ça,  le ci  s'accorde à rien,

même si j'écoute "requiem", une même histoire qui coule,

les boulevards à mon cou,

dans les phares des voitures, une autre voiture, toujours une autre...

même si je... suis pour l'enfer, ce qui brûle en torchis,

un alcool à l'Apollinaire, la tête qui se déchire et les rêves de grandeur,

les épaules finalement qui s'en foutent, une craven A entre les dents dit-elle,  ce  que mes yeux voient,

même je... si je... suis de l'est d' Eden,

et que le soleil se refuse,

même si les routes finissent toujours par nous croiser,

même si les lignes fuient au fond des mains,

s'enfuient,

même si demain,

même si...

et même...

Published by brigitte giraud - dans Intimité
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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 12:30

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                                               Photo | Isabelle Lagny

 

 

Regarde ! Le lit du fleuve n'existe pas.

Les hommes ont cousu la terre.

Les nuages portent des cicatrices.

Le trapéziste n'en finit pas de tomber,

la mer brûle.

 

Les hommes échancrent seulement des rêves, une cigarette aux lèvres,

accoudés à la table, ils penchent sur des flûtes, des becs à anche,

et des sons emplissent les cages, les chambres,

les toiles peintes, des escaliers,

mon livre à ton chevet.

 

Une enclave perdue, arrachée à la hache, des familles maudites,

des noms maudits, noyés et maudits...

 

Le sens unique déserte le fleuve, l'océan, la mer morte.

Je sais, dans le chant de Rouben, sur le bout de son alphabet,

dans le dessin du papillon ou de l'avion jeté par-dessus son épaule,

une litanie de traits, dans sa paille d'enfance.

 

Nous construisons une maison forestière, 

assemblages de tronçons de bois, de rondins à la hâte,

nous perforons des murs d'enceinte,

avec des oeufs durs couleur sienne

et des pelures d'oignon bouillies.

 

Nous ouvrons notre porte et nos fenêtres

pour entrer chez vous.

 

 

Published by brigitte giraud - dans Recueil de photos et textes
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