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24 avril 2011 7 24 /04 /avril /2011 18:02

Je n'ai pas été bien loin. Le jardin public était mouillé, l'air était moite. L'enthousiasme manquait, les parkings étaient déserts. 

J'ai pensé aller offrir un lapin ou un oeuf au chocolat au petit. J'opterai pour l'oeuf, un symbole de paix et de recommencement.

J'ai roulé au hasard dans un périmètre restreint

et je me suis demandée pourquoi.

J'ai pensé à une perception tronquée de la géographie, à cette espèce de brouillard en moi, une sortie du sommeil mal négociée, à des pensées endolories.

Les rues me semblaient plus longues que d'ordinaire. 

L'essentiel restait à venir, une mer jamais étale sous mes yeux, qui ranimerait ce monde pluvieux qui partait en vrilles.

D'ailleurs il pleuvait vraiment. Je ne m'en étais pas rendue compte immédiatement. Cette ville comateuse m'avait assommée.

Respirer, c'était fait. Maintenant, j'étais en apnée.

Je suis rentrée.

Je n'avais plus qu'à me barricader.

Alors j'ai pensé à cette chanson de Viktor Lazlo, "Canoë rose".

 

J'ai allumé une cigarette en même temps que l'ordinateur.

 

 

 

 

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24 avril 2011 7 24 /04 /avril /2011 11:36

La philosophie serait apparue là-bas, où le soleil se lève, en Orient, la philosophie avec la pensée, chez les Chinois et les Hindous ; elle n'aurait débuté que plus tardivement en Grèce.

Une sorte de pré-philosophie alors, cette pensée-là, hors de notre champ occidental ? Elle ne peut pourtant ni être exotisée, ni rabaissée. Elle est une autre sorte de pensée impensable. Impensable d'abord. Non réductible à ce qu'on en sait, tant   galvaudée par ce yin et ce yang à toutes les sauces taoïstes, à la sauvette, en vente chez Eurasie, l'un renvoyant à l'autre. Tas de livres (que je fuyais et que je fuis encore), en faisaient des pensées magiques, des recettes miracles, des lectures faciles, une manière d' horoscopes.

 "l'Anthologie du Savoir" édité par le Nouvel Observateur me porte, ce matin,  à m'attarder sur queques pages. La philosophie orientale a des différences en Inde, en Chine et au Japon.  Des symboles, des hyperboles, des métaphores...

 "Nous, dit François Jullien, qui avons accordé tant de crédit à la perception, avons-nous pensé à la respiration ?" 

Un autre sens pour les mots : "vide", "vertu" , "corps", "action", "courage", "famille", "temps", ... 

Pour moi, ce sera quand même à petites doses,  la facilité n'est jamais qu'apparence ! Mais il y a une Présence poétique indéniable.

 

"La philosophie m'apparaît ici, dans ces yeux, en cet esprit qui m'enseigne, la réalisation comme présence."100 1162-4

"Celui qui repasse dans son esprit ce qu'il sait déjà, et par ce moyen acquiert de nouvelles connaissances, pourra bientôt enseigner."

"Ne vous affligez pas que les hommes ne vous connaissent pas,affligez-vous de ne pas connaître les hommes."

Je crois ne connaître qu'une personne de "la Totalité Dynamique", comme l'appelle le japonais Dögen, du "Trésor de l'Oeil", qui soit de cette atmosphère poétique, de ces visions secrètes et méditantes, et d 'une langue qui ne soit pas qu'un poème.

 

 

 

 

24 avril 2011 7 24 /04 /avril /2011 00:23

gg

 

 

C'est grand, c'est monumental, c'est géant, l'océan !

On est devant, sidérés.

Sidérant et désirant, l'océan ! Comme mon blog, ouvert sur l'horizon... Le mien, jamais que le mien, d'accord, jamais qu'un bord de la vie multiple et ouvragée, un vrai bordel parfois, une tempête prévisible/imprévisible, ras de marée y'en a marre, des limons, des cailloux, fait chaud et j'ai froid, ou bien c'est le contraire, tu ne sais pas à quoi t'en tenir à ce bord de l'eau pleine d'encre dedans, une épaisseur de papier avec des marges, un écran d'ordinateur (ah si on ne l'avait pas, dire qu'on a vécu sans, répété mille fois et s'en étonner du comment qu'on faisait, "avant" !)

Voilà, l'Océan Majuscule... Le poids du temps chuchotait des litanies avec tes mains et nos yeux rivés à un petit bateau frêle, une embarcation de rien, un esquif... alors à cause du mot "esquif", va savoir !, nos doigts traçaient des esquisses de rien, quelques traits, des plans sur une comète, une carte du ciel...Réunir ainsi les bleus et les mélanger, dégrader les couleurs, c'était trop, t'en perdais ton chapeau, alors enfin, enfin, tu trouvais en ton corps le rire du sable...

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23 avril 2011 6 23 /04 /avril /2011 12:07

Hauts plateaux de la balance imaginaire et amoureuse de la vie, les heures se téléscopent, 5h dans la nuit,  5h dans le jour, on se couche, on s'y lève, on fait n'importe quoi, "n'importe quoi" égal "quoi ?"

Sortir un peu, prévoir d'abord les mouvements,  le gant, la serviette, et les vêtements, et le sac, et les clés et les pas, les uns devant les autres. Les pieds sur les pédales, un jouet de gosse, la voiture qui conduit toute seule, pas besoin de moi là-dedans.  Parfois on n'y est pas.

" Pour la première fois, j'ai pris conscience de la la nature de Paris qui, pour grandir, a besoin de disparaître. Cette connaissance dela perte et de la création est troublante, mais c'est la règle. Un embryon humain est sculpté par la mort des tissus inutiles ; la destruction cellulaire dessine ses doigts, son nez, sa bouche, en faisant s'effondrer des myriades de cellules. Comme une disparition positive.

Alors conserver la ville, ses bâtiments, sa forme, tout en la faisant évoluer. Rester fidèle au passé sans s'y enfermer. Grandir, c'est se détruire au bénéfice de nouvelles constructions.

Une ville n'est jamais terminée. C'est un patient qui, depuis le jour de sa naissance, n'a jamais quitté l'hôpital. On détruit, on reconstruit, on consolide, on modifie le tracé d'une avenue, on élève un monument, on transforme un terrain vague et on y élève une tour. Tous les jours.

J'ai conclu en disant : "le vide restera. Il sera plus fort qu'un monument, plus marquant, et, par nature, indestructible. C'est du vide qu'il faut créer."

 

                                                                                        Martin Page

                                                                                    (La disparition de Paris et sa renaissance en Afrique)

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22 avril 2011 5 22 /04 /avril /2011 19:43

 

Un ciel poussière de pollen que le vent pousse. Presque du coton à mâcher si on voulait. Les voiles de la gorge ne font plus barrage à rien.

Un brouillard des paupières transpire une fatigue, de guingois, un foulard derrière soi  qui tremble ou un accessoire dans son sac, le sac à la main.

"Nous n'aurons de châteaux qu'au-delà de nous-mêmes".

Je crois que c'est vrai. 

L'ordinateur est allumé, le chat dort d'un oeil à l'oblique, une page à remplir, une voix, des clopes, des livres. Une fréquence dans ma harpe, les vibrations d'une corde  à noeuds qui tape.

Il faudrait écrire demain.

Ecrire est toujours possible à part le temps à tenir pour ça, et la cheville plantée dans le désir que ça suppose.

"Il faut écrire demain", je me dis ça, un regard sur l'écran de la télévision, aux bouches qui bougent  en aiguilles, des k, des cs, des uchg, une dentelle  incompréhensible, des consonnes sculptées dans le bois d'une langue un peu sourde.

Voilà, je me trouve finalement à la fnac avec ce livre-là dans les doigts :  Olivier Rolin "Bakou, derniers jours". J'achète. Forcément.  bakou-001.JPG

Bakou, j'y viens, j'y viens encore, ce nom-là lu et relu dans des documents où la vie et la mort se mélangent, quelques dates, des puits de pétrole, des martyrs, des massacres, Arméniens Azéris dans les rues, et moi, dans les pages du livre à chercher un sens à la tyranie des hommes... La mort de Rolin ne sera pas au rendez-vous près du monuments des 26 commissaires,  je le sais par avance, je ne lui en demande pas tant d'ailleurs, sinon d'avoir écrit ce livre, un hasard pour lui qui n'en était plus un, "l'ombre violente" il dit,  il faudrait écrire demain, venue sans prévenir elle pouvait,

forcément par hasard, forcément par hasard,... mais quoi, on le fabrique bien le hasard des rencontres, non ? Je le fabrique sans savoir que je le fabrique, c'est seulement après que...

...Merveille du hasard qu'on voulait !

"Il faut écrire demain !"

 

 

21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 19:53

C'était à Alger. J'en parlais cet après-midi de la ville résonnante.

Je me souviens de la lumière, 726727032 small-copie-1

de l'océan à ses portes,

des oiseaux même la nuit,

et du chant du muezzin, la nuit,

même la nuit sur les quatre heures,

une splendeur jetée sur la baie.

J'ai, dans ma boîte, des petits flacons de

lait pour le corps, un produit de bain, des

senteurs diaphanes. Je les garde là. Je n'ose pas les utiliser. Ils fleurissent quand

j'ouvre le coffre, et l'avion de la Compagnie de transports aériens  -Air Algérie-

s'envole.

Alger vient ce soir à ma rencontre.

Allez savoir le langage des signes, et la forêt de symboles qu'ils sont quand on les

sauve !

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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 11:53

 

 

C'est un vieil album. Jean Vasca. Un autre comme une confiance offerte, ce qui est   déposé et que je garde absolument "La machine imprévisible".

Faire avec ça. Pour sa désespérance et des forces.

"Vivre en flèche", ne vivre qu'en flèche ? des mots, rien que des mots...? 

Mais on s'y cramponne. A des promesses, des serments, des espoirs,  des musiques, des chansons qui portent plus haut que soi, des voix qui chuchotent recroquevillées parfois en une seule.

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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 23:00

"On regarde, on écoute, 

100 4497

l'enfant ou l'idiot en nous qui y croit",

écrit Daniel Mesguich dans

"L'éternel éphémère..."

La réalité et l'imaginaire s'accolent toujours.

A un moment.

 

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19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 21:16

Je prends des notes dans des assiettes en carton.

Ce qui m'est venu sous la main !

"J'écris dans des assiettes en carton !".

Rien ne sera en reste. Tout doit être là, bien rangé, bien noté. De l'organisation pour être efficace.

Aujourd'hui réunir ceci et ceci, demain téléphoner à..., aller à..., répondre à..., accompagner chez..., téléphoner une nouvelle fois à..., imprimer ceci et ceci...

Elles sont de bons supports. Je pourrais juste de temps en temps changer de stylo, juste pour la couleur. Mais la couleur n'est pas très importante finalement.

Les assiettes en carton sont comme des maisons, avec des ouvertures et des pièces borgnes. Faudrait juste pouvoir n'en garder qu'une pour le compte à rebours, une seule, une seule pièce où tout tiendrait debout, une seule y suffirait. 


Et sa présence est là, illisible.

 

 

 

 

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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 10:30

 

Disparition nocturne du rêve dans des godets,

croqueurs.pnggodets de la mémoire.

Je pourrais m'en souvenir,

si je tenais dans le revers de la veste

- une veste de lin bleu ?-

la présence du manège, Place Richelieu,

du bateau en cale sèche, au fond d'un trou,

et celle de l'escalier pour y descendre.

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