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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 23:16


Prendre un rythme dans sa marche, se dire d'aller lentement, mais faire, faire ce qui se doit d'être fait, ce qu'on s'est dit en se levant. Pas envie. Non pas très envie d'aller et de venir. Chercher du sens.,,  et le trouver. Forcément. Alors raison de plus pour aller et puis venir. Se décentrer de soi et aller vers l'autre, venir à l'autre. Donc faire quand même et on verra plus tard pour soi-même quand on s'ecrasera dans sa fatigue. Puis voilà qu'il fait beau, une chaleur dans les veines, des gens aux terrasses des cafés, de la vie qui parle à la vie. Bouger sa peau, les yeux piquent à vouloir se fermer. Lumière à la verticale perçue au travers d' un tuyau pour "La beauté des loutres" d'Hubert Mingarelli.

- C'est beau une loutre, hein? 

- Oh oui alors ! 

- Tu en as déjà vues, toi ? 

- Ben non ! Mais je crois que je peux l'imaginer et que ça me plairait drôlement !

Voilà. Imaginer ce qu'on n'a jamais vu. Ce serait comme ça, ou peut-être comme ça...?

Non ! juste comme ça, tu vois, une "lumière juste", plantée dans les yeux, et on inventerait, on inventerait, on inventerait.,,

22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 22:10

Il y a des vidéos, des commentaires, mais quoi c'est de la vie...

La vie ! Ce serait quoi donc ?

Il y a des beautés à l'arraché de la vie. Mais quoi ? Ce serait quoi donc ?

Il y a des exils  qui ne pleurent pas, mais des larmes couleraient quand même...

Il y a des impossibilités coupables, des possibles à tenir, contenir, provoquer...

Il y a des êtres en désespérance et ça ne se voit pas. Non, d'abord ça ne se voit pas.

Champagne !

Une incandescence de la tristesse dans un verre au pied noir et des bulles dedans.

Ce n'est pas de la poésie, ce n'est pas des rimes, c'est juste une urgence.

Des papiers pour accueillir un air de musique, une mélancolie à anche, une mémoire éparpillée pour sa paix, un ventre rond, une vie à naître.

Voilà. C'est si simple à dire : la paix.

Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
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19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 02:37

 

 

 

 
18 mars 2011. "Demandez l'impossible" continue avec
Max Rippon vient de Marie Galante, avec une langue poétique très proche de la culture de son île.
Ce spectacle polyphonique, dont voici un fragment, mêle le français et le créole. C'est un voyage onirique dans les méandres chargés d'histoire du Musée d'Aquitaine, avec la complicité de la communauté antillaise.

Mise en scène | François Mauget
Comédiens | Daniel Crum, Caroline Ducau Martin et François Mauget 
Musique de et avec Jakes Aymonino et Fouad Achkir.
18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 13:13

Michel Demangeat est mort. Je l'ai appris hier soir. Une sorte de choc m'a saisie. Un éboulement soudain creusé en moi. Et les images sont venues. Une belle tendresse avait conduit nos rencontres égrenées de musique, de livres, de poésie, de moments de nos vies, d'instants légers et plus graves où la culture sensible avait toujours sa place. Il prenait ma main et la gardait. Il me racontait son enfance, sa psychanalyse avec Jacques Lacan, son désir d'écriture, et puis les fragments de vie d'un être simple qui voulait vivre. Un père, un ami, allez savoir... 

 

 Le docteur Michel Demangeat. archives « Sud Ouest »

  Une très grande figure de la psychiatrie vient de disparaître : le docteur Michel Demangeat est mort subitement avant-hier à 83 ans alors que l'âge n'avait altéré ni son énergie, ni sa curiosité actuelle, ni sa volonté d'œuvrer à une meilleure intégration des handicapés psychiques dans notre société.

Neuropsychiatre et psychanalyste, Michel Demangeat, homme d'une immense culture, ne se contentait pas de soigner dans son cabinet, ou dans des organismes spécialisés. Très tôt, il se préoccupa de contribuer à abattre les murs qui avaient été dressés entre la société et les handicaps psychiques. Pour employer les mots du vocabulaire des années 1960 et 1970, il fut un des artisans de la « désinstitutionalisation », c'est-àdire de la mise en place de solutions alternatives à l'enfermement asilaire.

 

Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
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17 mars 2011 4 17 /03 /mars /2011 02:05

Une question m'avait été posée un jour : "Est-ce qu'une image vaut cent mille mots ?"

Aujourd'hui, on ne la pose plus, le Japon attend sa catastrophe annoncée, le Liban s'épuise à compter ses morts, la Tunisie et l'Algérie ne sont pas en reste, l'Egypte est dans l'incertitude, le monde arabe vacille pour s'arracher à ses tyrans... Et les images d'un monde harcelé par la nature et les hommes remuent nos consciences étonnées des cruautés du ciel et de la terre.

Le très-bas et le très-haut trouvent d'approximatives intersections où les contours de la précarité humaine ont des visages d'hommes  et de femmes, des rondeurs d'enfants, des couleurs de cendre.

Un seul regard, là, dira plus que les mots ne le pourront jamais.

Ainsi, d'images en images, le monde s'écrit et crie et hurle et se disloque et ... Des êtres devant et derrière, pas moyen de tourner la tête, de détourner ses yeux. L'image est hantée par la mort et la mort la hante.

Une image, oui, peut valoir cent mille mots et tant d'autres encore. Elle les contient tous. Les mots font d'abord silence et écoutent et voient et se taisent.

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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 18:19

C'était samedi 12 mars. Le théâtre des Tafurs avec "Demandez l'impossible" donnait

"Poèmes sauvages" de Serge Delaive.

Voilà un fragment du spectacle, qui porte et emporte... Voyez donc vous-mêmes !

"Poèmes sauvages", éditions La Différence, 2009

 

16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 17:45

Je regarde ces images. Hébétée, tétanisée. Ces images me hantent. Probablement 10.000 disparus dans la seule ville d'ISHINOMAKI, dans la province de Miyagi, au nord-est du Japon. C'est le maire de cette ville ravagée par le séisme et le tsunami qui l'indique. Elle comptait 16.000 résidents avant la catastrophe.

 Paraît qu'un étrange calme règne au Japon, à Tokyo. L 'hébétude du calme. Dans les rues du centre de Tokyo, les passants passent.  

Les routes de montagne qui mènent à la côte nord-est du Japon, frappée par le tsunami, sont  recouvertes de glace.

Il fait froid.

Tout se joue en paradoxes : le chaud des réacteurs nucléaires et le froid / le calme et la peur...

Les autorités envisagent désormais d'utiliser un camion-citerne avec canon à eau pour arroser le réacteur 4. Un engin spécial de la police de Tokyo sera dépêché sur le site ce soir pour ce recours technique inédit.

L'attente. La mort et l'attente. Pas moyen d'échapper à ce qui va venir.

L'ombre d'HIroshima et de Nagazaki recouvrent les heures. L'instant.

Un homme parle d'un piège de la cuvette géographique où ils se trouvent, des routes sur lesquelles ils ne peuvent fuir, des points de chute qui n'existent pas,  seulement une chute... Un autre dit qu'ils ne êuvent rien faire, que partir est impossible, que l'argent manque, que les transports ne transportent plus rien, que...

 

L'instant. L'instant. Minute après minute. ....

 

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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 16:58

J'aime bien les articles de Giulio Pisani. Un passeur, lui aussi, qui nous  fait découvrir des écritures sur toile : là, le peintre Vadim Korniloff. Alors je ne peux, moi aussi, que "faire passer"...

 

Stupeur sans tremblements à la Galerie, ou

Vadim Korniloff et le sentiment tragique de la femme

Peintre lorrain autodidacte, né à Metz en 1972, où il vit et travaille, Vadim Korniloff est de retour à Luxembourg. Il s’y était déjà fait remarquer à La Galerie (1) il y a deux ans, et on ne peut que féliciter Claude Truchi, le galeriste, de le ramener une fois de plus parmi nous. Empêché à l’époque, je n’avais malheureusement pas pu vous le présenter. Mais qu’importe, puisque le revoilà, notre artiste, avec une bouleversante série d’oeuvres qui expriment magnifiquement la souffrance et le désespoir profond de la condition humaine à travers une série de «miroirs de Dorian Grey» féminins, véritables radiographies auxquelles se soumettent des spectateurs intrigués, touchés, rarement indifférents.

En fait, c’est la plupart du temps profondément troublés voire bouleversés par ces portraits qui reflètent leur propre désarroi, conscient ou inconscient, que les visiteurs passent devant ces grands tableaux à l’acrylique pour souvent y revenir et essayer de comprendre leur propre stupeur devant l’expression amère, désespérée ou résignée des femmes korniloffiennes. Rien que des femmes. Souverainement belles dans leur laideur reflet, tragiquement anorexiques, la griffe rapace, les ongles vains, les corps torturés, décharnés, tordus dans des oripeaux artistement drapés, mais qui les exposent plus qu’ils ne les habillent, elles crient leur colère silencieuse à la face d’un monde qui leur attribue cette image. L’uniformité apparente de leur dégoût d’elles-mêmes et de ce qui les a réduites à ça – les hommes? – éclate en autant de facettes que Korniloff peint de tableaux: arrière-fonds denses, chairs blafardes, tissus vifs, gais. Il travaille sans modèle. Y a-t-il maternité suppliciée sous roche?

Le modèle unique, imaginaire, en fait nul autre que l’image dramatique, déformée et difforme perçue par l’artiste, peut certes rappeler dans son expressionnisme impitoyable certains tableaux d’Edward Munch et d’Egon Schiele, mais il s’agit là davantage de coïncidence que de filiation. Parfaitement autodidacte, ainsi que je l’ai écrit plus haut, Vadim Korniloff, ne doit que fort peu aux grands maîtres du passé, et ce n’est qu’après coup, en exposant et en pénétrant dans l’univers de l’art qu’il découvrit sa parenté fortuite avec tel ou tel peintre et notamment avec les expressionnistes germaniques du début du 20ème siècle. Peintre figuratif par excellence depuis les premières années de sa trentaine, il a, déjà enfant, toujours aimé dessiner. Mais livré quasiment à lui-même et n’ayant pas comme Giotto connu son Cimabue ou Michel-Ange son Ghirlandaio, il en viendra bientôt à intérioriser ses pulsions et leur expression graphique et à rechercher derrière des apparences-miroirs son propre ressenti:

« Ma démarche est pour commencer très per­son­nelle…» nous confie-t-il sur son site. (2) Et il poursuit, quasiment à contrecoeur dirait-on – tout cela n’est-il pas évident? – «... et pour terminer, le restera... Tant il m’est difficile de mettre en mots ce que je couche sur mes toiles. Il n’y a pas de buts, de messages mais l’unique volonté de mettre en forme et en fond, non pas un instant précis dans le temps d’une expression ou d’un sentiment, mais une période d’une tranche de vie, d’une « rupture » longue dans le temps. A travers mon travail, j’essaie donc de délivrer non pas un sentiment mais des émotions. La distorsion de mes sujets reflète les cicatrices indélébiles qui sont enfouies dans chacun des êtres. C’est dans leur chair, leur posture, leur regard…sans mise en scène, sans artifice que mes sujets nous livrent leur fragilité, leur vulnérabilité. De plus, ma volonté n’est pas de peindre des femmes, mais ces dernières représentent pour moi une symbolique plus appropriée au sens même des « cassures », qui résultent le plus souvent de la bêtise, bestiale et primaire, des hommes ».

Si l’on ne tient pas compte de quelques expositions privées, quasi-confidentielles, Korniloff a commencé à exposer en grand style fort loin de chez lui. Sa première apparition remarquée se fit à la «Galerie Pièce Unique» à Beyrouth en 2007. Suivront la «Galerie Xavier Nicolas» à Paris, la « Caelum Galery » de New York, la galerie «Espace» à Saint Paul de Vence et enfin... dans les vastes espaces de l’église des Trinitaires à Metz, ce qui marque en quelque sorte un retour aux sources, une réintériorisation régionale de l’artiste. Aspiration inconsciente à un retour à l’enfance, voire in utero, à la manière poétique d’Ahmed Ben Dhiab (3), ou bien refus d’une dissipation-caricaturisation de l’âme exigée par cette superficialité de la globalisation si incompatible avec les abîmes mystérieux de l’esprit?

N’est-ce pas aussi le message que nous a transmis Nicole Malhamé Harfouche (4), dans « La Revue du Liban », sur l’expo de Korniloff à Beyrouth, où elle explique que « Toute la volonté de Vadim Korniloff est consacrée à explorer le développement de sa pensée et la profondeur de ses sentiments. La gestualité des formes dépouille les sujets de leur caractère particulier, pour leur donner une dimension physique tendant au collectif. Visions au-delà du réel, les peintures sont une sorte d’amplificateur d’intuitions qui suscitent l’intérêt du regardeur. Elles nous interpellent du fait de leur outrance et de l’émotion qu’elles suggèrent. Partout, l’expression est chevillée à l’interprétation de sentiments et d’états d’âme... »?

Difficile pourtant de deviner d’emblée tant d’outrance critique chez cet artiste, qui la mine avenante et la joyeuseté bon enfant vous accueille lors du vernissage avec toute l’amabilité du monde. Où est passée cette colère? Où se cache sa révolte? Sa fureur se dissimulerait-elle dans ses poèmes picturaux à la manière d’une « ... métaphore / astre dans l’abîme / visage mordu par le temps (...) danse ton nom / danse ton sang / avec le cerceau asthmatique de l’enfance », de cette métaphore donc, dans les vers de Ben Dhiab? La question va sans doute bien au-delà de la perception même de l’artiste, et le fait que celui-ci pense qu’« il n’y a pas de buts, de messages » dans son travail, ne signifie pas que vous n’en découvrirez pas, chers lecteurs, mais tout au plus qu’il n’est pas conscient lui-même de ce que ces éruptions subliminales expulsent comme ressenti mal enterré. Nulle certitude, bien sûr, dans ce que j’avance. Et pourquoi me croiriez-vous? Le mieux, n’est-il pas d’aller vous en rendre compte de par vous-mêmes? Mais je suis au moins sûr d’une chose: loin d’être une simple promenade esthétique, cette exposition vous interpellera en profondeur.

***** 1) La Galerie, 10-16 place de la Gare, L-1616 Luxembourg, tel 269 570 70, (Passage Alfa, en face de la gare), expo Vadim Korniloff jusqu’au 31 mars 2011 – lundi à vendredi 14-18,30 h, samedi 14-18 h.

2) http://vadimkorniloff.live­galerie.com/

3) V. mon article www.zlv.lu /spip/spip.php?article4490

4) Doyenne de l’Ecole des Arts-Plastiques, Académie Libanaise des Beaux-Arts (ALBA), Université du Balamand, Sin El Fil, Liban.

Giulio-Enrico Pisani

Montag 14. März 2011
15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 13:07

 

afficheb alifs 005Des écritures en atelier, en chantier, en partage et en création.

L'Association du Lien Interculturel Familial et Social, (ALIFS) présente un spectacle plurilingue.

Les textes sont ceux des ateliers d'écriture que j'ai menés dans une école et au CADA, mis en espace par Wahid Chakib et accompagnés par le duo Elodie Robine au vilon alto et Grégory Vouillat-Busillet à la guitare.

Trois temps dans le spectacle, avec des lectures de Mohamed El Amraoui, de Rome Deguergue et de moi-même.

QUATUOR-TAFTA-007.JPGEt toujours cette musique pour dire mieux et plus loin, un "Hors champ" du Quatuor Tafta (dont je reparlerai bientôt) qui donne souffle aux mots.

S'engager dans une aventure collective pour exister... dans des moments de fragilité de sa vie. Des rencontres et des temps nécessaires, pour l' humaine humanité qui relie tous les hommes.

Et je pense à Fathia qui ne peut être présente et qui manquera tout à l'heure.

 

14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 20:45

 

 

 

J'ai mené la rencontre avec Mohamed El Amraoui, à la bibliothèque des Capucins, samedi, ce 12 mars 2011.

Regardez la vidéo, allez jusqu'au bout pour entendre, juste cela, un texte dit en arabe et en français, par Mohamed lui-même. Un texte et deux langues mêlées...

Merci au lecteur qui a bien voulu prêté sa voix et au cinéaste pour la qualité de ses images.

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