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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 22:34

Pour Nathalie

fen-tre-et-nuages.jpg

  Photo Isabelle Lagny

 


Pose ta tête à mon chevet,

Prends mes mains,

le suc de mes paumes

et leur écorce.

 

Les rues seront patientes

au pavé des veines battues.

Pour t'attendre, elles sont devenues plus longues,

les maisons toutes petites.

Tu marches. 

Tu dis : "en mode butinage..."

A rebours de ta peine,

un accroc dans le drap lissé jusqu'à l'épaule,

et le bras gourd,

et le bras lourd,

court pendu à ton souffle, la lampe.

 

La vie s'attable à ses bouillons aveugles,

crissent les fers à glace et la pointe du clou.

 

Prends mes mains,

l'écorce ne saigne pas.

Le ciel ouvre le vent.

 

Published by brigitte giraud - dans Recueil de photos et textes
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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 00:47

 

 

 

J'ai été sidérée par la musique de Giro. Il joue, concentré sur son duduk, un instrument aux sonorités douces et à la tessiture très grave. C'est un saisissement pour moi.

Je "vois" le talent et la maîtrise.

...Et c'est tout une poésie musicale qui m'est offerte.

Published by brigitte giraud - dans Vidéos
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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 21:44

La marche est un thème récurrent en littérature, en poésie, en peinture, et...en100 3205 philosophie.

Le créateur se soucie souvent de la marche.

Un pas après l'autre, une trace de pas après une autre trace de pas, il construit sa route, son oeuvre, sa vie. 

La marche est peut-être le paragon du mouvement créatif. J'avance, autant dire "je réfléc100 3205his".  On marche, donc on est.  Auquel cas, c'est le mouvement qui nous ferait être et non pas la pensée. Descartes aurait été trop vite dans ses déductions et à ce qu'il a tenu pour une évidence. "Je pense, donc je suis" serait impropre, mieux vaudrait l'inverse :  "Je suis, donc je pense". D'ailleurs, Nietzsche  lui-même  écrit : "On n'a de hautes pensées qu'en marchant".

La marche est une construction. J'avance, j'apprends, je pense, je me confronte à moi-même d'abord, puis et aux autres.

La marche, une  élaboration de soi. J'avance, je pense, j'agis. Basiquement, il y a mouvement.

La marche est un mouvement. Dès lors, l'action créatrive est mouvement, dépliement, déploiement de ses émotions et de son intelligence. 

Kant faisait sa promenade tous les jours, à la même heure, le même circuit, même parcours. Même paysage ? Pas sûr. Toujours dissemblable "Tiens, il pleut, je prends mon chapeau ! Tiens, il fait soleil, je flâne, et il y a des ombres collées aux arbres."

 

J'avance, je 100 3205marche, je pense, mouvement...je souffre, je marche, mouvement...je pense, je dessine, mouvement...j'écris, je marche, un mot après un autre mot, je pense, mouvement...j'apprends... 

Je marche.

Je marche.

Published by brigitte giraud - dans Intimité
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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 21:38

Une partition de musique, ...s'il n'y avait que la musique pour s'égarer !

C'est la baguette d'un musicien fou qu'on m'apporte? Maître Colissimo de l'Ecole de Venise, non ?

Non ! Il habite à Paris, à deux pas de Bastille !

A franchement parler, c'est plutôt un tube, oui, mais pas ordinaire, pas du genre tube/tube idéalement idiot dans lequel se serait recroquevillée une taupe !

Une baguette à musique, je vous dis, ou celle d'une fée à l'étoile entêtée de son ciel ... Je ne sais pas encore.

Je fais semblant, un peu, de ne rien savoir.

Pour la musique en moi. Qu'elle dure encore ! Qu'elle dure !

Parce qu'elle porte l'écho de toutes les pluies funambules aux battant des jours.  

dessin-Corinne-003-copie-1.JPG

Sur une feuille de dessin. Juste là.

Le mouvement est juste, chaque geste   m'enchante à le suivre.

 

dessin Corinne 002

Dessin de Corinne  avec détails

 

 

Le trait saisit la main,

dessin-Corinne-004.JPG

ici, là,

 

le fusain court,

 

carrés noirs, carrés blancs,

 

à l'angle des épaules

en tremblé

de nos vies.

 

 

 

 

 

 

 

27 février 2011 7 27 /02 /février /2011 16:14

Il sera question de valise, de voyage, d'errance, de gens qui viennent et de ceux quiVRAC 027 partent, de signes de la main qui accueillent ou rejettent, de mouvements du corps qui veulent bien, qui dévorent, qui dégueulent, qui râlent, qui hurlent aux éclats, et pleurent...

Qui dit, aux premiers cris du monde, qu'il sera toujours de ça, que de cela et de tout ça donné aux homm

es, et que "tu te débrouilleras avec Pandore".

Pandore, a-t-elle trahi les Dieux et Zeus ? Est-elle coupable ? Ou victime ? Savait-elle qu'il avait enfermé dans la boîte toutes les misères de l'humanité ? S'est-elle résolue à l'ouvrir, parce que c'était le rôle qu'elle devait prendre, le seul qu'on lui concédait, ou a-t-elle exprimé une volonté de nuire ?

Pandore est celle qui a puni les hommes de leur orgueil. Victime et bourreau. L'Espérance, restée collée au fond de la boîte. Un trouble, une quête toujours, une aliénation, une étoile aperçue qui leurre, qui accorde ses grâces et qui la demande grâce... VRAC 018

La vie en somme où on ne nous dit pas, qu'il sera question de valise au bout des mains, et de voyages et d'errances, et d'une longue marche sur des terrains de rien et en friche

, où trouver sa trace sera faire sa trace, parmi les broussailles, des butées de terre et des terres à perte de soi-même, et puis soi dans le regard de quelques-uns, pour quelques-uns, des yeux dans un cadre cloué sur la poitrine.

Published by brigitte giraud - dans Entre tiens et miens
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26 février 2011 6 26 /02 /février /2011 16:50

 

 

Une émission sur le net "Les chants de traverse", la mémoire du vent, de Maurice Benin.

Et c'est superbe ! Absolument superbe !

http://www.radiosaintfe.com/rsf/images/stories/mp3/RSF-CHANTS_DE_TRAVERSE_1_16360.mp3?a65c2e524edeee678432eb7806d3ccba=178b9df194b31abcdfe574dafa7251be

Nathalie, toi qui est attelée à ton attelle, ce sera pour toi, particulièrement que je  mets le lien, et puis pour tout le monde. Ecoutez cette émission, écoutez !

On y retrouve des chansons de loin, de loin, qui m'ont construite, aidée à vive et accompagnée toujours...Jacques Bertin, Jean Vasca (qui m'est revenu par Claire, oh émotion !), Léo Ferré, Nougaro,  Brel... et je découvre Bruno Ruiz.

Je me souviens alors, sourire en coin, de mes copains de lycée à qui je faisais entendre Jacques Bertin. Et ça les barbait ! Etaient trop jeunes, aimaient trop le rock, voulaient se battre les tympans pour s'entendre vivre fort...

Moi, je me recroquevillais pour écouter ses mots pour moi. Seule, c'était pas grave ! Je me sentais "en sidération" par la poésie et ce qui me venait entre nostalgie (de quoi ?), fragilité et grandeur, et il me semblait voir ce que, eux, n'entreverraient jamais. Je bâtirais des ponts entre les mots, je me disais.

 

Enfin, voilà, l'émission prend fin avec "La mémoire et la mer"

et je suis toute évanouie de cette beauté.

Que la vie vous soit mémorable, il dit, oui,

qu'elle soit mémorable !

23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 21:21

 

 

Tu es à la terrasse d'un café. Tu commandes un café. Tu relis les mots écrits un peu plus tôt sur ton écran. Il te semble lire dans un rêve. Tu te dis que, peut-être, ce n'est pas à l'homme que tu as écris, mais à toi-même. Tu deviens ta lectrice et tu décides de ne pas te répondre tout de suite. Tu vas attendre ta réponse. Quand ta pensée en aura fini de vagabonder dans ton alambic. Quand tu verras le depôt au fond du verre. Avant, elle peut toujours se casser sur une table en marbre. 

Tu es à la terrasse d'un café. Tu n'as plus envie de rien. Tu dis que tu es libre de tout. Ce sentiment de "tout" est une manière de d'exigence que tu t'adresses. Qui te comble et te terrifie toujours. Tu ne te répondras pas. Ou bien autrement. Tu n'attends pas ta réponse. Ou bien autrement. Ailleurs. Dans un chant venu du fond de toi. De plus loin encore. Tu es le personnage d'un roman et tu conduis ton histoire. C'est toi qui te tiens à l'encre.  Tu es ton bateau.

Tu es à la terrasse d'un café. Tu écris dans un cahier.     

 

23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 15:32

 

C'était le 4 novembre dernier à l'Atelier i.d. 109, à Bordeaux.

On savait Claude Bourgeyx écrivain, on le découvre peintre.

Et c'est un choc ! Paf !

C'est dire que cette secousse est une sorte d'alerte qui ne trompe pas.

On sait, sans mots d'abord, que l'on se trouve devant quelque chose d'important,  plus grand que soi-même. 

Puis on ajuste sa pensée à son émotion.

Il est possible alors de parler des couleurs, du découpage de la toile en carrés, des yeux perdus dans des visages baudruche, des visages qui hantent une géométrie ou bien hantés par elle...

On ne sait pas ce que disent ces regards .

On sait juste cette densité de l'intérieur qui se tient là.

Un "fantômisme" peut-être, dont quelquefois parlait Michaux.   "C'est cela qu'il faut peindre et non le nez, les yeux et les cheveux qui se trouvent à l'extérieur, souvent comme des semelles."

Dans les tableaux de Claude Bourgeyx, il y a des présences, des présences presque hallucinatoires traversées par la vie  qui, de l'une à l'autre,  s'agite, explose et se mélancolise. Des noms s'inscrivent ici et là, dérisoires solitudes...

Une exposition à ne pas manquer et que Art Chartrons propose dans son parcours. 

Le lieu est magnifique, accueillant et chaleureux, ce qui tient à la dame de ces lieux, plasticienne de talent elle-même, qui lui donne de son âme et c'est toujours ce qui fera la différence.

 

Atelier i.d. 109 

rue Notre-Dame à Bordeaux


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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 21:02

Copie-de-SANY0023.JPG 

 Le nom des rues et des docks,

le nom des parcs et des statues,

le nom des déchus dans des miettes de pain,

le nom des roses et des rats...

Allez !  Passez !

Le nom des vents à la traîne des balançoires,

et des ciels jetés n'importe où,

le nom des doigts qui tricotent du vide et rien, jamais , jamais rien...

Le nom écorché de mon chat,

le nom de la langue au bout d'un bout de bois,

le nom tordu des cailloux dans un seau,

des bleus de Prussse et des toiles de Jouy,

le nom à épeler sans faute

d'une taupe sur un sol de ciment...

Allez, passez !

Elle disait, elle, Marguerite Duras, son nom à elle :

"Je m'appelle Aurélia Steiner, j'ai 28 ans, j'écris !"

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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 01:58

 

 

Décidément, la nuit m'a toujours inspirée ses gammes, tantôt mineures, tantôt vibrato, ou molto,  allegro, ou malo...

Enfin, c'est une drôle de musique. L'est passé où le chef d'orchestre, au battant de la nuit ? Ailleurs dans une autre galaxie, pour un opéra quoi, un vrai, avec une baguette qui s'agite et des musiciens qui jouent.

Là, rien. C'est pas de l'opéra ! Du théâtre alors ? Oui, le théâtre populaire de la nuit. Avec du temps. Côté jardin au côté cour, faut des enjambements, de grands écarts, des ronds de jambe. Et des bras pour accompagner le mouvement.

Ou alors,... se replier sur soi. Les bras ? Autour du torse, entortillés à soi comme une racine de figuier maudit, ou celle d'un manguier. Les manguiers sont moins impressionnants, ils parlent. 

Ils racontent. Mon histoire, ton histoire... Se parlent entre eux. Laissent des espaces à occuper.                                              Se taire ? Non, pas se taire. Varier la narration au fil des années, y mettre des mots, d'autres mots peut-être sous d'autres lanternes et des émotions étayées par d'autres émotions. Ce qui en nous se modifie, s'atténue, se calme, se repose.

Et la sensibilité, qu'on s'est construite avec et par les autres, qui est à nous, rien qu'à nous, va son chemin de nomade. Nous sommes tous des nomades de sa vie. 

Il dit que ça n'a pas d'importance, que le passé est passé, et que c'est devant que "ça" se passe.

Mais ce qui, derrière soi demeure et pousse, doit bien en avoir une, puisqu'on est là à ressentir encore, à éprouver encore, à s'accorder le temps de son discours pour ne pas être une mouche qui volera infiniment d'un mur à un autre courant d'air, une trajectoire en angles droits.

Les mots ne sont pas des vérités, mais une manière de sens accordé à son histoire, à des mouvements de l'âme qui sont nos briques.

 

101

La nuit dans ses gammes ! La nuit dans ma nuit, avec ses gamelles, ses ramassées, de la peinture qui coule comm

e une eau de pluie sur la vitre de la fenêtre, un bris de tête glacée avec des yeux ouverts sur l'étrange profondeur du noir et de l'écran blanc pur où s'accrochent des lettres. Pour des mots à la mer...             

  A ressasser des notes, des courbes indéchiffrables avec des coronaires et des vaisseaux sanguins qui pulsent un sang rouge sombre, des coups de sang, des angoisses, des "je ne tiens pas en place", et puis, vous savez, tout ce qui fait battre le coeur, vous arrache vos colères, vos forces et même vos larmes... Quand à la fin de l'avenir,on 

disait qu'il durerait encore longtemps.

La vie l'emportera, il me l'a dit.

Published by brigitte giraud - dans Mémoire vive
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